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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 11:13
Paris. 2013. © Jean-Louis Crimon

Paris. 2013. © Jean-Louis Crimon

Cher...amoureux de la dérobée,

 

Diptyque pour un duo, le clin d'oeil est trop beau. Sitôt vu, sitôt capté. L'instant n'attend pas.

 

Prendre à la dérobée, tout un art. Voir sans se faire voir, sinon tu risques d'aller te faire voir... Ailleurs.

 

Tu leur dérobes leur image mais tu les rends éternels, enfin éternels d'une éternité humaine, un siècle ou deux, maximum trois, pas davantage. Le temps que nos descendants perdent complétement le savoir de... savoir lire les images.

 

Diptyque: Œuvre d'art composée de deux panneaux, fixes ou mobiles.

Diptyque photographique: Œuvre d'art composée de deux passants, en mouvement.

Mais aussi, dans l'Antiquité, tablette à deux volets sur laquelle on écrivait avec un stylet...

Mais encore, oeuvre littéraire en deux parties: " Telle est la première partie de mon oeuvre qui sera, si vous le permettez, un diptyque."  Léon Bloy.

 

Pourquoi t'arrêtes-tu sur cette citation de Bloy ? Tu n'as jamais rien lu de de Léon Bloy. Tu ne sais rien de lui. Tu ne connais aucun de ses écrits. Pas même un titre. Tu crois savoir qu'il devait être catholique et monarchiste. Un écrivain de droite. Parmi d'autres écrivains de droite. Pas franchement tes auteurs de prédilection.

 

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Pour ta  gouverne:, petite Bio de... révision.

Léon Bloy, (1846 - 1917) est pamphlétaire et romancier français. Son père était un franc-maçon voltairien et sa mère une catholique dévote.

Bloy fut retiré de l’école assez tôt en raison de son indiscipline. Son père, exaspéré, le vouait à une carrière de petit fonctionnaire. Mais le jeune Bloy s'intéressait à la peinture, au dessin et à l'écriture en autodidacte.


En 1867, venu à Paris, il fit la rencontre – décisive – de l’écrivain Jules Barbey d’Aurevilly, qui allait devenir son maître et ami. C'est d'ailleurs sous l'influence de l'auteur des Diaboliques qu'il se convertit au catholicisme en 1869. C'est aussi grâce à Barbey d'Aurevilly, qui réunissait chez lui le dimanche des auteurs débutants, que Bloy fit la connaissance de Paul Bourget, François Coppée, Joris-Karl Huysmans et Jean Richepin.

Après sa conversion, Bloy se plongea dans les œuvres de Joseph de Maistre, Louis de Bonald, Ernest Hello et Blanc de Saint-Bonnet, qui l'orientèrent en religion vers un catholicisme ardent, en politique vers l'option monarchiste, en lettres vers le pamphlet.

À trente-huit ans, Bloy écrivit son premier livre,
Le Révélateur du Globe, mais son génie d’écrivain ne se manifesta vraiment qu’avec Le Désespéré, roman en partie autobiographique, qui passa presque inaperçu lors de sa parution en 1886.

Après plusieurs histoires tumultueuses et tragiques avec les femmes, Bloy se maria en 1890 avec Jeanne Molbech, fille du poète danois Christian Molbech. De cet union naquirent trois enfants: Véronique, Madeleine et André, qui mourut en bas âge.

C'est véritablement avec la parution du
Salut par les Juifs en 1892 que le style de Bloy se révéla dans toute sa splendeur.

Plusieurs écrivains et penseurs aux XIXe et XXe siècles ont puisé leur inspiration chez Bloy. Parmi ses héritiers spirituels directs, on compte Jacques et Raïssa Maritain, Georges Bernanos, Pierre Emmanuel, Stanislas Fumet et le géologue Pierre Termier.

 
Source : agora.qc.ca

 

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 00:01
Amiens. Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher... auditeur des journaux du matin,

 

Une brève à la radio, à 7 heures et à 7 heures et 1/2. Confirmé le salaire du patron de SANOFI: plus de 16 millions d'€uros pour l'année 2015, ça, c'est à 7 heures. Une demi-heure plus tard, ta radio préférée t'apporte une précision désarmante: le patron de Sanofi est devenu le patron le mieux payé du CAC 40.

Olivier Brandicourt  devance donc largement Carlos Carlos Ghosn qui lui, - le minable - n'a perçu qu'un peu plus de 7 millions d' €uros pour la même année 2015. Dans les deux cas, les actionnaires ont donné leur feu... vert. 

Tu te demandes quel genre d'homme on doit être pour accepter un tel niveau de salaire, - certes pour un travail, une fonction, et des compétences incontestables -, quand tant de gens, ici, en France, et partout dans le monde vivent dans une vraie misère. Quels mécanismes mentaux, pour ne pas dire intellectuels, peuvent aboutir à ce genre de fatitude absolue ?

 

Plus un mot sur le sujet dans le journal de 8 heures. Tu es allé ailleurs, sur le net, chercher quelques précisions. Dérisoires et scandaleuses à la fois. Tu ne comprendras jamais rien à ce monde-là. Tu t'es trompé d'époque. Tu t'es trompé de siècle. Tu a de plus en plus le sentiment de ne pas appartenir à cette société-là.

 

Les actionnaires de Sanofi ont voté à 63 % pour, et 37% contre, le salaire d’Olivier Brandicourt, le directeur général du numéro un français de la pharmacie.

Il faut dire que son statut est différent de celui de Carlos Ghosn. 80% du capital de Sanofi est du flottant, 8% appartient à L’Oréal et 5% au fonds BlackRock. Rien, donc, entre les mains de l’Etat, contrairement à Renault. Cela n’avait pas empêché le cabinet Proxinvest de placer, il y a un mois, Olivier Brandicourt en tête des neuf patrons du CAC 40 disposant d’une rémunération "choquante" en 2015, c’est-à-dire supérieure à 240 Smic, le niveau de "rémunération maximale socialement acceptable" aux yeux du cabinet.

La rémunération de 16,760 millions d'euros d’Olivier Brandicourt se décompose ainsi : une rémunération fixe de 895 440 euros (au pro rata des 1,2 million d’euros qui lui aurait été donnés pour une année entière), un variable de 1,491 million d'euros et 2 millions d'euros d'éléments exceptionnels (la prime de bienvenue ou "golden hello" qui avait fait scandale lors de son arrivée début 2015). Les actions promises au cours de l'exercice sont évaluées à un montant de 12,37 millions d'euros. Un niveau de salaire élevé, mais qui reste dans la moyenne du secteur très concurrentiel et mondial de la pharmacie.

 

Voilà, c'est dit. Sanofi, suffit.

 

Tu te demandes simplement quel remède il faudra trouver pour en finir avec la fièvre salariale des grands patrons qui, au fond, ne sont que de grands... malades.

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 00:01
Amiens. 3 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 3 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher voyeur voyant voyou,

 

Toujours cet irrésistible attrait pour le non sens. L'absurde. Le détournement de sens. Le moindre doute et tu tailles la route. Injonction du Maître du temps. Impératif catégorique. Ordre indiscutable. Tu lis parfois les simples panneaux indicateurs comme si tu étais dans une autre dimension. C​'est devenu comme une langue nouvelle, une autre façon de voir ou de parler. Messages codés du grand jeu de piste de la vie urbaine. Belle aubaine. Des titres de romans en pagaille. Des textos citadins.

Dépose Minutes. Fabuleux titre. Fabuleux texte, pour toi, l'obsédé textuel.

 

 

Tu as envie de dire à celui ou à celle qui ne sait pas vraiment déchiffrer: si tu as du temps à perdre, c'est ici l'endroit idéal.

 

L'orthographe fantaisiste t'égare. Arrête de rêver que tu t'évades. La ville est un piège automobile duquel on met des années à s'échapper. Il y a "dépose-minute" et "dépose minutes". A moins que ce ne soit une annexe du Palais de Justice pour aider au classement vertical. Ou bien l'annonce de l'arrivée prochaine d'un horloger fameux. Ou le début d'un conte... à rebours.

 

Un dépose-minute, Kiss and Ride en anglais, est un emplacement de parking réservé uniquement pour un court arrêt et pas pour un stationnement. L'idée est que le conducteur débarque son ou ses passagers et reparte immédiatement pour laisser la place au véhicule suivant.

 

Problème: dans ma ville, on a aussi débarqué... l'orthographe !

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 00:01
Paris. Plateau Beaubourg. Début des années 80. © Jean-Louis Crimon

Paris. Plateau Beaubourg. Début des années 80. © Jean-Louis Crimon

Cher... piéton des années 80,

 

Bizarre la mémoire. Les flashs de la mémoire. Pourquoi penses-tu à lui aujourd'hui ? Tu l'aimais bien. Lui t'aimait aussi. De beaux souvenirs ensemble. A Bourges, aux premières éditions du Printemps, quand Foulquier faisait vivre sur la place publique "Y'a d'la chanson dans l'air", à Paris, Plateau Beaubourg, à Amiens aussi, supporter inattendu d'un match de foot corpo Courrier Picard-Forains de la Saint-Jean. Tellement attachant. Drôle et insolent. Jamais méchant.

C'était le plus gentil des harangueurs. Le plus insolite des prêcheurs. Bénissait la foule de ses fidèles avec une balayette. Avait toujours une phrase ou un mot chouette. Un mot rigolo. Jamais un de trop. Le regard ironique derrière ses lunettes plutôt comiques. Commentait l'actualité. A sa manière. Sans manière. Sans façon. Plutôt bon garçon. Toujours caustique. Sainte horreur de l'encaustique. Ne cirait les pompes de personne. D'ailleurs, pas souvent les siennes. Son journal "Le Mouna Frères" se voulait "Le Journal le Moins Lu de la Presse Sporadique". Mouna. Aguigui Mouna. Alias André Dupont. Dupont, mais pas de Nemours, comme aimait à dire celui qui se baptisa, un beau jour, Mouna.

Dans tes boîtes de bouquiniste, il y a déjà plus de trois ans, tu avais quelques exemplaires de son journal Humaniste, Poétique, Insolite et Philosophique.

Tu as même gardé ce n° 0007 du 4ème trimestre 1965 et tu as aussi  le MOUNA'LMANACH de 1965. Un 32 pages sidérant. Par exemple, page 7, une contribution de Jean Rostand titrée : Hiroshima, jamais plus. Jean Rostand et Mouna, deux pacifistes convaincus.

Dans le Mouna'lmanach, à la Une, cette déclaration d'intention en forme de charte éditoriale:

 

" Le journal ANTI-ROBOTS !...

Rien sur le tiercé ! Rien sur l'horoscope !

Rien sur les porte-clés ! Rien sur Mireille !

Rien sur la dernière tentative de suicide de la vedette !...

Il n'y a rien !

Si ! Faut rigoler, mais foutez-nous... la paix ! "

 

Deux citations en prime. Antidéprime aussi. Mouna adorait les citations.

TERENCE : Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger.

UNAMUNO : Je me propose d'agiter et d'inquiéter les gens, je ne vends pas le pain, mais la levure

 

Mouna faisait du journalisme. A sa façon. Sans façon. Une forme de journalisme qui a, aujourd'hui, complètement disparu. Dommage. Le temps des harangues avait une certaine tenue. 

Au tout début, tu as cru qu'avec la toute première Nuit Debout, le temps des harangues était revenu, mais tu as vite déchanté... l'esprit n'y était plus.

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 00:01
Amiens. Lycée Saint-Martin. 2 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Lycée Saint-Martin. 2 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher... provocateur,

 

Un ami de trente ans, croisé dimanche à La Hotoie, au rassemblement du 1er Mai, t'avait dit -  super beau défi - " tiens, demain, tu devrais offrir Oublie pas 36  à Sarkozy". Le genre de vanne à pas te servir deux fois. Sarko dans ta ville, dans ta rue, - la rue Delpech -, chez tes voisins de Saint-Martin, Lycée Hôtelier Privé, c'est vrai, ça ne se produira pas deux fois dans le siècle. Trop belle occasion de te faire accréditer Républicain. Républicain, d'ailleurs, tu l'es depuis toujours. Bien avant qu'ils en annexent le mot pour rebaptiser leur UMP moribonde.

 

Moralité, ton pote peut être fier de toi: tu y es allé, et tu lui as dédicacé, au Sarko, ton petit roman politique, publié en 2006, - dix ans déjà ! - et on ne peut plus d'actu. Juste, page 217, à remplacer CPE, Contrat Première Embauche, par Loi El Khomri. Mais qui se souvient aujourd'hui du CPE ?

Ta dédicace ? Simple, réaliste, et on ne peut plus objective:

"Oublie pas 36, roman de l'ouvrier des mots, en hommage à sa famille ouvrière." L'a à peine fait sourire. T'a juste dit - l'homme est courtois: "c'est gentil, merci !" Mais ne t'a pas promis de te lire.

Pourtant celui qui, dans une autre vie, prenait plaisir à citer Jaurès, Blum, et convoquait Guy Moquet dès son arrivée à L'Elysée, ferait sans aucun doute de belles découvertes en lisant ton petit roman prolétaire.

Se rafraîchirait en tout cas sa connaissance du Front Populaire et son opinion sur le mouvement ouvrier. Comprendrait enfin que les premiers congés payés, les droits sociaux, la sécurité sociale, la retraite, ne sont pas brusquement tombés du ciel patronal soudain touché par la grâce ou l'amour du prochain, un patronat miraculeusement converti à l'obligation morale du partage des richesses.

Comprendrait, en étant de bonne foi, l'auteur de Georges Mandel, le moine de la politique, que ces droits dits sociaux n'ont été acquis que dans les luttes. Que ceux d'en haut n'ont jamais rien donné à ceux d'en bas que sous la menace ou la contrainte: grève générale ou révolte aux accents de révolution.

Rêve + Evolution = Révolution. Equation soixante-huitarde toujours aussi magique quand ceux qui gouvernent voudraient nous ramener au 19ème siècle.

 

Lira, lira pas ? Sait-on jamais ? Celui qui avoue dans La France pour la vie, best seller au titre absolu: "J'aurais aimé être écrivain", ne peut pas te lire en vain.

 

Preuve page 121 de son dernier opus: "Je ne peux concevoir le bonheur de vivre sans discussions passionnées avec des cinéastes, des romanciers, des architectes... en un mot avec des créateurs et des artistes. J'aime leur monde, leur liberté, leur imagination. J'aurais tant voulu être des leurs." 

 

Pas de prob', Sarko, lis "Oublie pas 36" et, franchement, tu vas aimer. Le roman et le romancier.

 

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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 13:09
Amiens. La Hotoie. 1er Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. La Hotoie. 1er Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher... militant,

Tu as beau déambuler dans les rues, dans les allées, à la recherche de ces années en allées, la question te trotte et trotte dans la tête, comme un vieux refrain qu'on reprend à tue-tête: où sont les 1er Mai d'antan ?

Pourtant, il est toujours vivant, bien vivant, celui qu'on appelle le militant. D'autant que les raisons de militer sont plus que jamais d'actualité. Tout a changé. Rien n'a changé. The Times, They are a-changin', chantait il y a bien longtemps l'ami Bob Dylan... Plus que jamais dans l'air du temps, plus que jamais dans le réel, dans la réalité, dans la réalité sociale, les temps sont en train de changer... Sûr, ils changent, les temps, mais comme me dit un vieux camarade... en pire !

Même si, à Paris, le premier secrétaire du Parti qui se prétend toujours Socialiste, un certain Cambadélis, en appelle à Blum et à Jaurès, pour affirmer que la Loi El Khomeri renoue avec les acquis de 36, tu sais très bien qu'il n'en est rien. Faussaires et fossoyeurs sont au contraire les instigateurs d'une impensable marche arrière. Comme dit l'autre, En Marche, oui, pourquoi pas, mais pas en marche arrière, en marche avant ! Avanti...

1er Mai Fête des Travailleurs, et pas Fête du Travail ailleurs que les rois de la délocalise ont planqué dans leurs valises...

Fête des Travailleurs qui sont de moins en moins à la fête. Surtout pas Fête du Travail. Qui se souvient aujourd'hui que le mot travail a la même origine étymologique que le mot torture ?

Tu imagines une... Fête de la Torture ?

Oui, The Times, they are a-changin', mais que c'est long le chemin pour que ça change... vraiment. Même si quelqu'un t'a un jour chanté un remake prometteur, avec un superbe slogan, tu sais, un truc du genre: Le changement, c'est maintenant.

La prochaine fois, sûr, je vote... Dylan !

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Rassemblez-vous braves gens
D'où que vous soyez,
Et admettez qu'autour de vous
L'eau commence à monter.
Acceptez que bientôt
Vous serez trempés jusqu'aux os,
Et que si vous valez
La peine d'être sauvés,
Vous feriez bien de commencer à nager
Ou vous coulerez comme une pierre,
Car les temps sont en train de changer...

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Venez écrivains et critiques
Qui prophétisez avec votre plume,
Et gardez les yeux ouverts
La chance ne reviendra pas.
Ne parlez pas trop tôt
Car la roue tourne toujours,
Et elle n'a pas encore dit
Qui était désigné.
Le perdant de maintenant
Pourrait être le prochain gagnant,
Car les temps sont en train de changer...

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Allons sénateurs et députés
S'il vous plaît écoutez l'appel,
Ne restez pas dans l'embrasure
N'encombrez pas le hall.
Car celui qui sera blessé
Sera celui qui n’a pas avancé.
Il y a une bataille dehors,
Et elle fait rage,
Elle secouera bientôt vos fenêtres
Et ébranlera vos murs,
Car les temps sont en train de changer...

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Venez mères et pères
De partout dans le pays,
Et ne critiquez pas
Ce que vous ne pouvez pas comprendre.
Vos fils et vos filles
Sont au-delà de vos ordres,
Votre vieille route
Est en train de vieillir rapidement.
Ne restez pas sur la nouvelle
Si vous ne pouvez pas nous aider,
Car les temps sont en train de changer...

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La ligne est tracée
La malédiction est lancée,
Ce qui arrive lentement maintenant
Va bientôt s'accélérer.
Comme le présent de maintenant
Sera plus tard le passé,
L'ordre établi change rapidement.
Et le premier maintenant
Sera bientôt le dernier.
Car les temps sont en train de changer.

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Bob Dylan.

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 00:02
Amiens. 28 Avril 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 28 Avril 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher citoyen passablement... écoeuré,

Tu te dis que ceux qui sont au pouvoir n'ont qu'une ambition, qu'une seule raison d'être: le perdre. Ils ont passé toute leur vie pour être au pouvoir et une fois aux affaires, c'est comme si, vraiment, il leur fallait tout faire pour se faire... remercier par leurs propres électeurs.

Il y a exactement 10 ans, les tenants du CPE voulaient faire croire aux jeunes gens qu'on allait les recruter davantage et plus facilement si l'on pouvait les licencier sans motif.

Aujourd'hui, la loi El Khomri, c'est du Pareil au même puisqu' il s'agit de faire croire qu'on embauchera davantage si l'on peut licencier plus facilement.

En fait, une explication, une seule, à cette similitude: majorité de droite ou de gauche, c'est toujours le MEDEF qui est au gouvernement.

Tu veux une preuve, une seule ? Pas plus tard que jeudi dernier, le Gattaz, celui qui, toujours, met de l'eau dans le gaz, le Gattaz Pierre, fils de Gattaz Yvon, - car chez les Gattaz, ça ne choque personne, on est patron des patrons de père en fils -, le Pierre Gattaz a suggéré que la France sorte de la convention 158 de l'Organisation internationale du travail, convention 158 qui oblige à justifier un licenciement. Un "frein à l'embauche" selon l'actuel président du Medef. Raison invoquée par le rejeton Gattaz:

"Les chefs d'entreprise, quand ils peuvent embaucher, craignent de se trouver devant les prud'hommes s'ils rompent le contrat. C'est un des principaux freins à l'embauche", a déclaré Pierre Gattaz dans une interview accordée au journal L'Opinion.

"Reste que pour lever le frein juridique, il faut sortir de la convention 158 de l'Organisation internationale du travail qui nous oblige à justifier les motifs du licenciement. Tant qu'on aura cette contrainte supranationale, peu importe le contrat, le fond du problème ne sera pas traité", estime le chef de l'organisation patronale.

"Nous avons signé en 1982 cette convention, très peu de pays l'ont ratifiée, l'Allemagne ne l'a pas fait...", argumente Pierre Gattaz, affirmant que "la flexibilité du marché du travail est un sujet prioritaire pour débloquer notre économie".

Toi, tu te dis que ce n'est pas l'économie qui est à débloquer, c'est le patron des patrons qui... débloque.

Pour mémoire, adoptée en juin 1982 et entrée en vigueur en novembre 1985, cette convention de l'O.I.T. a été ratifiée par 36 pays dont un, le Brésil, l'a dénoncée en 1996. En Union européenne, elle a été ratifiée par Chypre, l'Espagne, la Finlande, la France, la Lettonie, le Luxembourg, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède.

Son article 4 stipule qu' "un travailleur ne devra pas être licencié sans qu'il existe un motif valable de licenciement lié à l'aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l'entreprise, de l'établissement ou du service".

Pas si mal cet article 4. Clair et précis. Equilibré. Balancé. Pour qu'on ne balance pas les travailleurs sans raison véritable. Qu'on ne considère pas simplement les travailleurs comme "variable d'ajustement", curseur pratique pour payer, par exemple, - tu le sais bien, même si ce n'est pas monnaie courante - leurs dividendes aux actionnaires.

Et pendant ce temps-là, Carlos Ghosn se palpe en toute légalité​ plus de 7 millions d' €uros par an. C'est pas dégoûtant ça ?

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 00:03
Paris. Balais du soir. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Balais du soir. 2012. © Jean-Louis Crimon

 

   Cher amoureux du quotidien dérisoire,

 

"La beauté, elle est dans l'oeil de celui qui regarde." Premiers mots du matin. Belle phrase. Tu la connais cette phrase. Par coeur. Tu pourrais en être l'auteur. La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde. Tu le sais. Depuis longtemps. Sans fierté excessive, mais sans aucune honte, tu peux l'avouer: c'est ce qui, depuis le début, guide ton oeil de photographe.

La seconde phrase, elle t'a touché en fin d'après-midi. Une émission avec une voix familière. On y lisait Flaubert. La phrase, c'est étrange, elle est venue comme en écho à la phrase entendue le matin. Bien sûr, la voix du matin ne le savait pas. La voix du soir, pas davantage. La voix du soir ne pouvait pas savoir qu'elle viendrait comme en contrepoint à la voix du matin. La phrase, ce sont les mots de Flaubert. Gustave Flaubert. La phrase, c'est: "On se réfugie dans le médiocre par désespoir du beau dont on a rêvé."

 

Impressionnant Flaubert qu'on rêverait aujourd'hui en éditorialiste politique.

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 10:01
Amiens. Véranda. Soir de pluie. 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Véranda. Soir de pluie. 2015. © Jean-Louis Crimon

Cher rêveur mélancolique,

"Vous ne m'écrivez plus de lettres d'amour tendre..."

Tu as cette chanson dans la tête depuis ce matin. Chanson de l'ami Julos Beaucarne. Chanteur au pull arc-en-ciel. Qui savait si bien, années 70, années 80, chausser les mots simples pour inventer des chansons neuves. Semer des étoiles dans le cœur des gens. Petit poucet chantant qui égrène dans sa course des idées belles. Rien que de l'essentiel.

Le début de sa chanson, dans un demi sourire, ça devait dire:

" Vous ne m'écrivez plus de lettres d'amour tendre
De vous, je ne sais plus qu'un regard, qu'une nuit
Vous n'essayez plus, je crois, de me comprendre..
. "

et puis plus loin:

" Je n'ai de vos nouvelles que par des prospectus
Qu'un facteur ivr
e apporte aux heures du matin... "

Tu adorais l'image de ce facteur ivre aux heures du matin, et surtout la malicieuse mélancolie du chanteur à ce moment-là.



La fin de la chanson contenait, comme souvent chez Julos, un clin d'œil philosophique:


" Taxé de passéisme dans les journaux du soir
J'apporte un correctif et mon droit de réponse
M'autorise à vous dire que si je broie du noir
C'est pour mieux apprécier la lumière derrière l'ombre."

Me va parfaitement ce dernier quatrain. Aujourd'hui comme dans les années 80. Essayer de le dire autrement serait vain.

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 00:01
Chengdu. Sichuan. RPC. Octobre 2011. © Jean-Louis Crimon

Chengdu. Sichuan. RPC. Octobre 2011. © Jean-Louis Crimon

Cher Faguo Laoshi,

Tu ne peux pas oublier Vladimir Ilitch Oulianov. Une de tes premières escapades en dehors du campus et cette halte dans ce mini supermarché plutôt délabré. Cette affiche peinte à même le béton du mur, et puis, ta question aux étudiants qui t'accompagnent: que signifie le texte ? Eclats de rire en cascade devant le portrait du camarade. Le rire, souvent la meilleure manière de fuir. La meilleure façon de ne pas répondre.

Une autre fois, c'est avec ton étudiante préférée que tu te retrouves face à Vladimir Ilitch. Tu lui demandes ce qu'elle sait de Lénine ? Réponse instantanée: c'est une marque ?

Tu prends ça pour un génial trait d'humour, mais tu vas vite réaliser que c'est en fait très près de la réalité.

Tu attendras la troisième fois avant de connaître la réponse. Cette fois là, tu imagines ce que peuvent bien signifier les caractères chinois. Tu proposes à Shuang une idée de traduction: "Un pas en avant, deux pas en arrière". Moue désabusée et regard désapprobateur. Dans un demi sourire, Shuang consent enfin à te donner la signification du texte. Un vrai slogan publicitaire: "Notre magasin est à l'étage !"

Ce soir-là, regagnant à pied, sous la pluie, ton bâtiment réservé aux Professeurs étrangers, tu t'es dit : "Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !"

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