Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 23:21

DSCN0970.JPG

Paris. Avenue du Président-Kennedy.                                                       © Jean-Louis Crimon   

Partager cet article

Repost0
1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 14:00

 

DSCN0954.JPG

Paris. 2012.                                                                                                © Jean-Louis Crimon 

 

 

Pas vu passer l'année. Dernière brocante. Si ça vous chante. Décembre déjà. Déjà décembre. Mois 12 de l'année 12. Année qui file en dou... ze. Même pas fini ma chanson en "ouze". Celle où, en douze couplets, avec des vers de douze pieds, je voulais tordre le cou, façon Renaud, aux douze mois d'une année de malheur. Mes alexandrins, césure à l'hémistiche ou pas, ne sont que de faux décas. Au mieux de beaux octos. Avec des rimes de trois fois rien, même en passant pour un vaurien, chanter le spleen Baudelairien, me dis que ça ne sert à rien... Le manque de pèze, ça me pèse. Pas de vieille Aupick pour me refiler le fric que le fisc me pique. Manque de pèze, manque de flouze. Nouvelle rime en "ouze"... celle qui vous blouse. La prochaine fera partouze...

 

Je bade, je blues,

Je suis le roi de la loose,

De ma vie, ma mort n'est pas jalouse...


La météo de la radio conjugue à nouveau les brouillards givrants. Je ne comprends pas pourquoi. Picolent pas les brouillards, normalement... et pourtant sont toujours givrés. L'hiver nous pousse à la révision de nos connaissances géographiques. Soudain, les régions à l'actualité modeste, avec l'agenda des frimas, en finissent avec leurs respectifs anonymats. La page d'info météo est là pour ça. Le froid qui s'installe ne dévale pas que les reliefs, il donne du relief aux endroits, aux villages, aux pays ou aux paysages qu'habituellement on ne nomme pas.

Je la trouve chaque année jolie, la phrase qui dit : de la neige aussi sur Champagne-Ardenne et Picardie. Froid d'hiver avec trois semaines d'avance. Nuit glaciale. Zéro à moins quatre sur toute la France. Moins 5 à Mont-de-Marsan. Journée froide. Deux à quatre degrés sur le Nord de la France. Cinq à Paris. Quelques ondées près de la Manche. Pluie et neige mêlées. Quelques flocons sur l'Auvergne et les deux Savoie. Nuit prochaine souvent en blanc. Neige du Berry à la Brie. Neige du Massif Central à la Bourgogne. Sur Rhône-Alpes et Pyrénées à basse altitude aussi.

 

Dans nos vies au tracé d'autoroutes, la page météo est une plage de repos, une aire où l'on se sent tout entier suspendu aux prédictions du seul ciel qui nous menace et nous glace : le ciel du météorologue. Loin du décalogue. Loin des dix commandements divins réceptionnés par Moïse. SMS gravés dans la pierre. SMS. Sa Majesté Sinaï. SMS céleste. Ciel, mon Moïse ! Y'a Dieu qui textoïse !

Redescendons sur terre. Quand le ciel commande, je suis sur... un nuage. Quand la météo commande, j'en redemande.

Chaque année, c'est comme ça, l'annonce de la première neige me ravit. Je suis ivre de revivre l'impatience de l'enfance. Quand on nous disait qu'elle allait venir et qu'elle ne venait pas. L'hiver me grise. Je revisite les proverbes. Suis assez fier de celui-là : Qu'importe le flocon pourvu qu'on ait l'ivresse.

Partager cet article

Repost0
30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 18:44

DSCN0160

Paris. Novembre 2012.                                                                              © Jean-Louis Crimon 

 

 

Vélo + Automne = Vélautomne.

Dernière équation répertoriée dans la mathématique citadine, quand le vélo, abandonné dans le soir qui bruine, semble perdu sans sa roue avant. Un instant, il croit la retrouver dans le reflet de sa roue arrière... Mais l'image d'une roue, jamais, ne permet de redonner vie au deux-roues. L'image d'une roue arrière, ce n'est pas suffisant pour faire une roue avant.

Partager cet article

Repost0
29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:07

DSCN1064.JPG

Paris. Novembre 2012.                                                                               © Jean-Louis Crimon 

 

 

Rousseau, prénom Jean-Jacques. Face à face inattendu. C'était dimanche dernier. Sous un beau ciel bleu. Un homme au regard mystérieux. Un homme silencieux. Ses affichettes pour nous inviter au spectacle. Soudaine envie de tout relire. La Nouvelle HéloïseL'Emile, Le Contrat SocialLes Rêveries du Promeneur Solitaire, les Confessions... Début de semaine trop chargé. Pas une minute pour Jean-Jacques. Juste cette photo comme un rappel à l'ordre.

A la radio, ce soir, une Italienne parle du jour où elle décide de se rendre au Musée Carnavalet toucher le manteau de Proust. Elle a téléphoné de Rome. Tout simplement. Elle raconte que Visconti voulait tourner La Recherche. En avait touché plus que deux mots à Marlon Brando. Avait déjà réuni les fonds pour le film. Mais le film ne se fera pas.

L'Italienne vient de publier Le Manteau de Proust. Une quête en forme d'enquête. Une chasse aux objets pour mieux cerner le sujet. A la mort de Robert Proust, l'épouse, la belle soeur de Marcel, la femme du petit frère, celle qui ne portait pas le "grand", dans son coeur, veut se débarasser de toutes les choses ayant appartenu à Marcel. De ses meubles. De tous ses écrits et de toutes ses lettres surtout. Pour elle, incroyable puritaine, aucun doute, une grande partie des manuscrits doit contenir des choses dégoûtantes. Des horreurs. Elle sollicite un brocanteur. L'homme sera le réceptacle de tout ce dont la belle-soeur veut se défaire. Se défaire parce qu'elle n'en a rien à faire.

 

La radio va trop vite. On aimerait pouvoir appuyer sur la touche pause. On n'arrive pas à tout retenir. Autant laisser filer. S'accrocher à des instants comme autant de titres de chapitres. La solitude de Marcel :"on ne parlait pas dans sa famille". Avenue Hoch, n°2, domicile de Robert, le petit frère. Jacques Guérin, l'infatigable passionné de Proust, a pu, grâce à la fréquentation assidue du brocanteur, sauver les petits cahiers de brouillon, le début de La Recherche. En bas du Temps Retrouvé, quelques annotations précieuses. De la main de Marcel. Les fameuses paperolles. Véritables petits accordéons de méticuleuses corrections en bandelettes de papier. Une multitude de bandelettes de papiers collés. Ont dû s'amuser à l'imprimerie, les ouvriers du livre, pour composer les quinze volumes de La Recherche.      

62 cahiers, de vrais cahiers d'écolier, sur lesquels Proust à écrit La Recherche. La rue Hamelin, le dernier domicile de Marcel.

La première édition de Du côté de Chez Swann, Grasset, 1913. A compte d'auteur. Gallimard avait refusé d'éditer Proust. La dédicace de Marcel Proust à Robert Proust : A mon petit frère Robert, avec lequel je retrouve le temps perdu, chaque fois que nous sommes ensemble.

Les objets parlent à la place des personnes. Donner au brocanteur le bureau et les lettres de Marcel Proust, c'était le faire taire. En partie. Sinon, dans un certain domaine, à tout jamais. Folie des médiocres quand ils côtoient les génies. Jacques Guérin a voulu sauver la mémoire privée de Proust. Cette mémoire privée que sa famille voulait effacer. La canne, la pelisse, la paravent chinois, la petite table de nuit...

La voix de Maurice Rostand, racontant sa rencontre avec Proust, chez Marcel, 102 Boulevard Hausseman : il me lût les premières pages de Du côté de chez Swann. Avec son extraordinaire voix brisée. Son génie était tout entier dans Swann.

Légende celtique glissée par Marcel dans Swann : l'âme d'une personne que nous avons aimée est emprisonnée dans les objets qu'elle a aimés ou portés.

Objet après objet, Jacques Guérin réussit à reconstituer la chambre de Proust. Chambre aujourd'hui visible au Carnavalet. Le lit dans lequel Marcel a écrit La Recherche, le bureau, le canapé, la chaise longue, le paravent chinois, l'encrier... et le manteau.

Ce manteau de Marcel Proust que la belle soeur avait offert au brocanteur : Vous aimez la pêche, prenez-le. Vous le mettrez sur vos jambes pour ne pas prendre froid. Le manteau de Marcel sur les jambes du brocanteur pour ne pas qu'il prenne froid, sur les bords de la Marne. Fabuleux, hein, la haine, la puissance de la haine, dans les familles.

Le manteau de Proust, cette pelisse en loutre, dont la belle-soeur n'avait que... foutre.

En 1983, les treize cahiers sauvés par Jacques Guérin, entrent à la Bibliotèque Nationale, au département des manuscrits. Commentaire sur les annotations de la main de Marcel Proust sur les deux premiers cahiers qui donneront A l'ombre des jeunes filles en fleurs. Les photos du petit Marcel et de son frère Robert, son petit frère Robert. Arrêt sur une photo où c'est Robert, le petit, qui semble protéger Marcel, l'aîné. Le petit frère dont il n'est pas question dans l'oeuvre majeure du grand Marcel : le narrateur de La Recherche est fils unique. Les images comme les objets sont la présence de l'âme absente. Objets inanimés, avez-vous donc une âme...

Le Manteau de Proust, de Lorenza Foschini. Quai Voltaire. Envie irrépressible de l'acheter, ce livre, dès ce soir. Impossible : les librairies n'ouvrent pas la nuit. Obligé d'attendre demain. Pour le lire, toute affaire cessante. Promis Marcel. Pardon Jean-Jacques.

Rousseau va devoir attendre. Encore un peu. D'autant qu'après Le Manteau de Proust, j'ai soudainement l'envie de relire... Le Manteau de... Gogol.

 

Partager cet article

Repost0
28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 22:47

DSCN9629.JPG

Paris. Avenue Marceau. Nov 2012.                                                  © Jean-Louis Crimon   

Partager cet article

Repost0
27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 14:49

DSCN9635.JPG

Paris. Avenue Théophile Gautier. Nov.2012.                                                © Jean-Louis Crimon   

 

 

J'aime le geste du balayeur. Quelle qu'en soit l'heure. Le lieu. La ville ou le pays. Le moment. Soir qui tombe, fin de journée ou plein midi. Sans doute parce que ce geste me rappelle la présence de mon père. Jardinier de son métier. Dans sa vie de jardinier, il en a donné des coups de balai, mon père. Feuilles mortes ou poussière. Eté, printemps, automne, hiver. En toute saison, son balai avait raison. N'a jamais lésiné. Chaque jour de sa vie. Pas un jour sans un coup de balai. La cour, côté jardin. Le trottoir, côté rue. Impeccable. Fallait que ce soit impeccable. Impeccable. Nickel. Ses deux mots préférés. Pour parler de ces choses essentielles à ses yeux.

 

Moi, dans ma tête d'enfant, j'imaginais qu'il balayait aussi les jours au calendrier. Pour que le temps passe plus vite. Hop, un coup de balai sur aujourd'hui pour qu'il se nomme hier. Hop, déjà se pointe demain pour balayer les soucis d'aujourd'hui. Hop, demain effacé en un tour de main. Dans mes conjugaisons enfantines, les éléments aussi étaient de la partie. Le vent balaie la campagne. Le ciel balaie les nuages. La pluie balaie la poussière.

Aujourd'hui encore, avec toutes ces années amoncelées, il y a toujours un coup de balai à donner quelque part. Le balai Aujourd'hui efface toujours Hier. Rien à faire, il y a toujours quelque chose à faire. Dernier balayage du soir. Déjà pointe le premier coup de balai de demain matin.

Seule différence : s'est enfui à tout jamais le temps de la belle enfance. Mon père a changé de destin. Il s'est absenté. Pour toujours, disent les gens. Je n'en crois rien.

Moi, je pense qu'il balaie l'envers des nuages.

 

Partager cet article

Repost0
26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 19:05

DSCN0944.JPG

Paris. Nature vive. Novembre 2012.                                                        © Jean-Louis Crimon    

Partager cet article

Repost0
25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 17:35

DSCN9580.JPG

Paris. Salon du Livre de Radio France. 25/11/12.                                          © Jean-Louis Crimon       

 

 

L'occasion était trop belle. Offrir à Zheng Ruolin le tapuscrit de "Du côté de chez Shuang". Avoir comme premier grand lecteur l'auteur du tube de la rentrée : "Les Chinois sont des hommes comme les autres". Zheng Ruolin, correspondant à Paris de Wen Hui Bao, grand quotidien national édité à Shanghai. Correspondant aussi de Wen Wei Po, quotidien publié à Hong Kong. L'homme est charmant, souriant et ouvert. M'a promis de me lire. De me lire et de me dire ce que vaut mon petit roman.

Lu par un Chinois, journaliste et écrivain, francophile et francophone, fils du traducteur de Balzac en Chine, vraiment, ça ne se refuse pas. Son verdict sera ma plus belle critique. La lecture de cet homme-là, la plus précieuse des lectures. Forcément, le plus beau des encouragements.

Sûr qu'après m'avoir lu, Zheng Ruolin dira, à Shanghai, à Pékin, à Hong Kong ou à Paris : Crimon est un Chinois comme les autres.

Partager cet article

Repost0
24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 06:07

DSCN0952.JPG

Paris. Rue La Fontaine. Nov. 2012.                                                            © Jean-Louis Crimon                 

 

 

J'adore quand la réalité m'échappe. Quand la réalité s'échappe. Quand une autre réalité s'impose. Supérieure à la réalité première. Réel soudain transformé. Transcendé par un sur réel. Vrai surréalisme. Qui s'impose à moi. Qui m'en impose. Qui réinvente le sujet.

Avec cette délicatesse extrême, cette humilité rare, cette générosité sublime, de me laisser croire que j'en suis toujours... l'acteur.

L'acteur et l'auteur.

Partager cet article

Repost0
23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 11:02

DSCN0932.JPG

Paris. 116, avenue du Président-Kennedy.                                              © Jean-Louis Crimon 

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens