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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 07:57

 

                                                                        INDEX

 

Les numéros renvoient aux numéros des " Je me souviens d'Amiens ".

 

 

Abbé Pierre, (Henri Grouès, dit ) 1912-2007, 105

Ailes d'argent (Aux), 21

Ambianum, 20

Ambiens, 41,

Amiens, 41

Ange (blanc), 39

Ange (d'Or), Escalier de l', 6

Ange (pleureur), 2, 83

Aufray (Hugues), 227

Auvet Jacques, 7

 

 

Bardot (Brigitte), 72

Barni (Jules), 75

Baudelaire, 1821-1867, 36

Bayrou (François), 416

Béal (Jacques), 32

Beaucarne (Julos), 427

Beck (Julian), 1925-1985, 98

Bedos (Guy), 218

Ben Redjeb (Tahar) 379

Bréart (Bruno), 210

Billy (André), 45

Biolay (Benjamin), 77

Bouctot-Vagniez (Hôtel), 13

Brainard Joe, 1942-1994,

Branly (Edouard), 93

 

Cabotans (Chés), 7

Café, 21,

Cagnard (Alain), 293

Cartonneux (Chés), 57, 63,

Celtiques, 36

César (Jules), 20

Charte d'Amiens, 12, 51,

Cicciolina, 388

Cinéma (Salles de)

- Le Gaumont,

- Le Pax,

- Le Rio, 228

- Le Rex,

Cirque (Municipal), 38, 39

 

Clergue (Lucien), 1934-2014, 204

Colin (Jean), 42, 69

Collet (Georges-Louis) , 23

Coliseum, 37

Cosserat (François), 10

Couderc (Roger), 39

Courrier Picard, 229, 372

Culture (Maison de), 225

 

 

 

Darras (Jacques), 234

David ( Edouard), 73

Dekervel ( Marcel), 377

Delambre ( Jean-Baptiste), 1749-1822, 68

Deleuze (Gilles) 1925-1995, 448

Delsey, (Montdidier),373.

De Robien (Gilles), 10

Des Grieux, (5)

Devauchelle ( Bernard), 216

Devos (Raymond), 1922-2006,

Dorgelès (Roland) 1885-1973, 397    

Dupont (Jean-Bernard), 7

Duquef (Marie-Madeleine), 1922-2016,

Duthoit  (Louis), 13

 

 

E

 

Falize (Jacques), 226

Ferré (Léo), 1916-1993, 36

 

 

Gambetta, (place) 371

Gare (routière), 90

Garnier (Pierre), 1928-2014, 234

Giscard d'Estaing (Valéry), 224

Godefroy (Raymond), 417

Goldmann (Pierre), 1944-1979, 219

Gothiques (Les), 37

Guillier (Vincent), 69

Guisembert (Abbé), 15

Grardel (Daniel), 70

Gresset (Jean-Baptiste-Louis), 1709-1777, 33, 99, 100

 

Helluin (Serge), 9

Henri IV, 382

Henriville (quartier), 42

Hortillonnages (Les), 40, 77

 

 

I

 

 

 

 

Janvier (Auguste) .... -.... , 61

 

 

Kleber et Marie-Louise, 11

Krasucki (Henri), 1924-2003, 373. 

Kremer-Marietti, 1927-2013, 211

 

 

Laclos (Pierre-Ambroise-Choderlos de), 1741-1803, 28

Lacoche (Philippe), 381, 449

Lamotte (Léon), 1912-2011, 155

Lamps (René), 10, 23

Lecavelé (Roland) dit Roland Dorgelès, 1885-1973, 397

Lemaire (quatre frères), 25

Lescaut (Manon), 5

Lhôte (Jean-Marie), 11

Licorne (La), 30

Living Théâtre, 98

Luzarches (Robert de), 71

 

Magnence, 303-353, 82

Malina (Judith) 1926-2015, 98

Mallet (Robert), 1915-2002, 79

Malraux (André), 1901-1976, 48

Manon (Lescaut), 5, 6

Marchand (Robert), 24

Marconi (           ), 93

Marie sans Chemise, 18,

Marquis des Dessous chics, ( alias Philippe Lacoche) 381

Martelle (Librairie), 240

Martin, Légionnaire romain, 43

Massy (Jean-Luc), 67

Michou, (Catty, Michel Georges Alfred), 76

Miget (Loïc), 417

Mitterrand (François), 1916-1996, 62, 87

 

 

Nafa (Nasser), 89

Napoléon III, 94

Noyer (Jacques), Evêque d'Amiens, 74

 

 

O

 

 

Paoli (Pierre-Marc), 78

Pelossof (Nisso), 1921-2011, 22

Perrec (Georges), 1936-1982,

Perret (Auguste), 1874-1954, 8,

Perret (Tour), 50

Petit séminaire, 15

Pinchon (Joseph-Porphyre), 26

Pise (Tour de) 50

Poulidor (Raymond), 34

Prince (Le Petit), 39

Pronier (Raymond), 85

Proust (Marcel), 86

 

 

Q

 

Rambour (Jean-Louis), 236

Rappo (Pierre), 1934-.... , 84

Reggiani (Serge), 1922-2004, 38

Renaux (Jean), 74

Ricœur (Paul), 1913-2005, 80

Robien (Gilles de), 29

Rosas (Luiz), 384

Rose (Françoise), 7

Roy (Paule), 217

Roze (Albert) 1861-1952, 18

Rousseau (Jean-Jacques), 1712-1778, 390

Rue Debray, 42

Rue du Bout du Monde, 221

Rue Henri Martin, 21

Rue Rigollot, 12

 

Saint-Leu (quartier), 32

Samarobriva, 14,

Sarrazin (Albertine) 1937-1967, 60

Sarrazin (Julien), 1924-1991, 60

Seigneur (Eddy), 74

Sourire d'Avril, 32

Sutcliffe (Christian), 27

 

Tour de France (1979), 34

Troch (Denis) 30

Trogneux (Alain), 389

 

 

U

Verlaine, 1844-1896, 36

Verne (Jules) 1828-1905, 19, 35,

 

 

Wallut (Charles), 1829-1899, 35

 

 

 

 

X, Lettre distinctive de l'atelier monétaire d'Amiens.

 

 

 

 

Y

 

 

 

 

Zic-Zazou, 214

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 00:01
Amiens. 17 février 17. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 17 février 17. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                         471

Je me souviens de la voix de Paul Léautaud dans ses entretiens radio avec Robert Mallet, diffusés sur Paris-Inter. Robert Mallet aussi malicieux dans ses questions que le faux cynique de Léautaud dans ses réponses. Mallet souvent envoyé sur les roses par le vieux grigou de Fontenay-aux-Roses.

 

                                                                         472

Je me souviens des coquillettes du Pèr' Lustucru, les pâtes aux œufs frais dont mon père raffolait. Lustucru ? L'eusses-tu cru ?

 

                                                                         473

Je me souviens de Paul Briois, boxeur talentueux de l'immédiat après-guerre reconverti en chef du rayon fruits et légumes du Saveco de l'Hôtel de Ville, qui disait souvent : "La gloire n'a pas voulu de moi."

 

                                                                         474

Je me souviens de l'affaire des fausses statuettes gallo-romaines d'Amiens et de la façon dont Tahar Ben Redjeb avait, le premier, clairement contesté leur authenticité.

 

                                                                         475

Je me souviens de Mario Cipollini vainqueur au sprint de la cinquième étape du Tour de France 1999. Cipollini, déjà victorieux la veille à Blois, remporte sur le Mail Albert 1er d'Amiens  sa deuxième victoire depuis le départ, sa dixième dans le Tour de France, auquel il participe pour la septième fois. Le Toscan de l'équipe Saeco, trente-deux ans, a devancé d'une longueur le Belge Tom Steels, avec lequel il est désormais à égalité. Deux succès chacun dans cette édition 99.

 

                                                                         476

Je me souviens que dans cette arrivée d'étape sur la très longue ligne droite de 1 700 mètres, c'est l'Allemand Erik Zabel qui avait lancé le sprint.

 

                                                                         477

Je me souviens que les Hortillons qui ont le verbe facile et parfois le verbe haut, ont aussi le proverbe pertinent sinon déroutant, c'est selon. Exemple : " Qui veut bon navet le sème en juillet." ou bien : "Ciel pommelé, fille fardée, ne sont pas de longue durée." ou encore " Temps qui se fait beau la nuit, dure peu quand le jour luit."

                                                                      

                                                                          478

Je me souviens avoir cherché longtemps, dans le petit cimetière de Renancourt, la tombe de Sebastian Senz, l'Espagnol avec qui je travaillais comme manutentionnaire Travaux Lourds à La Ruche Picarde et pour qui j'ai voulu écrire Oublie pas 36. Devant sa tombe, mon manuscrit à la main, j'ai bredouillé quelque chose comme "Tu ne le sauras peut-être jamais, mais c'est pour toi, Sebastian, que j'ai écrit ça, pour toutes les conversations que nous n'avons jamais eues, et aujourd'hui, trente années plus tard, je le regrette encore."  Sebastian ne m'a pas répondu, mais au fond de moi, je persiste à penser que ça lui a fait plaisir de m'entendre.

 

                                                                          479

Je me souviens du premier Salon du Livre d'Amiens, sous le triple parrainage de Manon, de Roland et de Pierre-Ambroise-François. Rien que ça, oui, et Jules Verne n'en revient toujours pas : Manon Lescaut, née à Coisy, près d'Amiens, héroïne de l'Abbé Prévost, Roland Lecavelé, dit Dorgelès, né à Amiens, immortel auteur des Croix de Bois, et Laclos, Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos, né à Amiens, et ses Liaisons dangereuses, mondialement connues et reconnues.

 

                                                                          480

Je me souviens d'Amiens

 

 

                                                                                                           ( à suivre...)

 

 

 

 

                                                                           FIN

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

 

 

 

 

                                                                         BONUS

 

 

                                                                             481

Je me souviens que Marguerite Yourcenar ressemblait étrangement à ma Tante Laure. Dommage, vraiment, qu'elles ne se soient jamais rencontrées, la Dame du Mont-Noir et l'alerte centenaire de Contay.

 

                                                                              482

Je me souviens du Professeur Léon Schwartzenberg qui disait, un soir de débat à la Maison de la Culture  : " Il faut être fou ou stupide pour croire que la douleur purifie. La douleur avilit l'homme, elle le punit sans raison" et aussi : "Le mensonge, c'est la première mort du malade."

 

                                                                              483

Je me souviens de mon ami Richard Goldenberg, grand maître de la simultanée. Les échiquiers sont disposés en cercle ou en carré autour du champion qui a les Blancs sur chacun des échiquiers. Le maître passe d'un échiquier à l'autre dans un ordre déterminé, et ses adversaires jouent au moment où il se présente devant leur échiquier. La réponse du maître est généralement rapide pour éviter que l'évènement ne dure trop longtemps. Particularité de la simultanée : contrairement à la règle du jeu en tournoi, le maître dispose du droit de reprendre son coup après l'avoir joué, aussi longtemps qu'il n'a pas joué de coup sur l'échiquier suivant.

 

                                                                               484

Je me souviens du jour où Nicolas Auvray, directeur de la Comédie de Picardie, m'a dit qu''il était intéressé par la mise en scène de mes "Je me souviens d'Amiens".

 

                                                                               485

Je me souviens d'Amiens, Centre de Formation de Journalistes de renom, pour l'audiovisuel surtout. Pour preuve : Philippe Dessaint, Henri Sannier, Jean-Pierre Pernaut, Laurent Delahousse, Catherine Matausch...

 

                                                                                486

Je me souviens que Roland Dorgelès a pratiqué le journalisme dans de nombreux journaux, au Sourire, à Fantasio, au Petit Journal et, de 1917 à 1920, au Canard enchaîné. En 1939, il rempile et devient correspondant de guerre pour Gringoire. C'est Dorgelès qui serait à l'origine de l’expression  « Drôle de guerre » qui passera à la postérité.

 

                                                                                 487

Je me souviens de mon premier photo/poème du temps où je n'avais pas encore d'appareil photo : Le vieil homme marchait, Balançant le bras, Horloge humaine, Rythmant le temps des choses.

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 20

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 00:26
Amiens. 1980. Rue de la République. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 1980. Rue de la République. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                        461

Je me souviens de Catherine Ribeiro au grand théâtre de la MCA. Début des années soixante-dix. Vraie diva populaire. Voix qui ouvre la voie. Terriblement impressionnante sur scène. Si simple et si fragile, dans sa loge, après le spectacle.

 

                                                                        462

Je me souviens des photos de Pékin de Marc Mangin. Une dizaine de voyages dans l'empire du Milieu, entre 1991 et 2006, et plus de 7.000 photos. En 2009, Mangin en présente une sélection sous le titre En passant par la Chine. En novembre 2015, à la Maison de la Culture d'Amiens, il choisit de présenter son travail en noir et blanc sous une nouvelle approche. Vagabondages sera le titre générique de cette exposition. 

 

                                                                        463

Je me souviens du jour où j'ai rendu copie blanche au partiel de philosophie générale. Le sujet était : Qu'est-ce que l'idéalisme ? J'ai répondu : C'est ça ! En laissant neiger quatre heures durant sur ma copie. Beau silence blanc. La semaine suivante, notre Professeur, Florence de Mèredieu, m'a gentiment recadré en me rendant ma copie zéro pointé, et en me disant simplement : vous valez mieux que ça.

 

                                                                         464

Je me souviens d'une double ligne de gardes mobiles barrant le bas de la rue de la République pour empêcher les manifestants d'aller chahuter le Préfet dans sa Préfecture.

 

                                                                         465

Je me souviens d'une confidence de René de Obaldia qui, enfant, habitait chez sa grand-mère, dans un petit village, près d'Amiens, et qui devait prendre le train, chaque matin, pour se rendre au collège. Trajet très court, trajet trop court, qui faisait dire au petit René : "Un jour, je prendrai un train qui ne s'arrête jamais".

 

                                                                          466

Je me souviens de la route vers Boves et de ch'catieu brûlé.

 

                                                                          467

Je me souviens d'une photo d'herbe sauvage, bien verte, qui prend son aise entre deux briques, bien rouges, du mur de la maison de mon voisin et de la légende que la chose m'inspire : si on se faisait un joint.

 

                                                                          468

Je me souviens du jour où mon fils a composé sa première chanson, métrique et musique parfaites. Sensation étrange de se dire : il a trouvé. Pas évident de savoir faire une chanson. 

 

                                                                           469

Je me souviens des bourrasques de vent qui m'assaillent au coin des rues, un automne qui n'en peut plus de pluies qui ont trop plu.

 

                                                                           470

Je me souviens de cet air composé un matin d'été très tôt à la fin d'une nuit de travail au Labo Qualité de Philips-Laden, un air lancinant et entraînant, fredonné lèvres fermées, avec Michel Bertin, le plus musicien de nous quatre. En sourdine, les paroles de la chanson de l'usine... Où est-ce, où est-ce, le temps où nous étions O.S. ?

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 00:25
Amiens. 15 février 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 15 février 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                       451

Je me souviens des Picartophiles et de leur 20e Journée de la Carte Postale. 14 février 1999. Salons du Crédit Agricole, 500 rue Saint-Fuscien. Picards cartophiles, collectionneurs invétérés, fondus vraiment de cartes postales anciennes. De grands rêveurs. De grands passionnés. Qui ne comprennent pas toujours que le temps passé a mis longtemps avant de devenir le bon vieux temps

 

                                                                       452

Je me souviens d'un marché à réderies d'Avril où j'ai trouvé la réderie la plus incroyable qui soit. Sur une table débordant d'objets disparates. Bimbeloterie FacteurChevalesque. "Ma réderie", entendez "cette petite chose à petit prix qu'on ne cherche pas vraiment, mais qui était là pour vous, vous tendait les bras et vous va comme un gant". Rien d'extraordinaire pourtant. Un livre. Un livre forcément. Un livre au titre pas très attractif. "Georges Mandel, le moine de la politique". Le titre m'a suffi. J'en connaissais l'auteur. J'en savais la valeur.  Document on ne peut plus intéressant. Je n'allais pas manquer pareille occasion. Surtout au prix de l'occasion.

- Combien, monsieur, cet ouvrage ?

- Le prix est indiqué à l'intérieur !

Le livre avait été protégé de la pluie de la matinée par une pochette plastifiée. L'homme sortit le livre de son emballage rudimentaire, l'ouvrit et, devant sa femme ébahie, déclama, comme au théâtre : trois euros, Monsieur.

-  Trois euros pour monsieur Sarkozy, je ne marchande même pas, monsieur, les voici.

- Ah bon, c'est le Président qu'a écrit ça ! Tiens, je ne le savais pas.

S'adressant en aparté à son épouse affairée à déballer des bibelots de leur papier journal, l'homme ajouta : tu te rends compte, chérie, fortiche l'Président, l'écrit même des livres.

 

                                                                        453

 

Je me souviens que beaucoup plus tard dans l'après-midi, je me décide à sortir enfin mon achat de sa pochette plastifiée. Je déguste d'abord la quatrième de couverture. Un régal. "La politique fut pour cet homme illustre et énigmatique une passion sans partage, dévorante, destructrice. Il y perdit sans doute son existence, mais il y gagna son destin."  Après le détour par la quatrième de couverture, j'ouvre enfin le livre par le début. Surprise. Incroyable surprise. Clin d'œil du destin. Page trois, une superbe dédicace pleine page. Superbe envoi d'une assez belle écriture. Pour Virginie M..., l'histoire de Georges Mandel, le moine de la politique, avec ma bien cordiale amitié, le 3 mars 1994, et c'est signé... mais oui... Nicolas Sarkozy.

Trois euros, un envoi de Sarko, elle est vraiment extraordinaire ma réderie d'avril 2012, non ?

 

                                                                         454

Je me souviens de Traversée des Jardins, un film de Jean-Jacques Dubois et de Pierre Bouteiller, avec Jean-Marie Pelt. Texte de Raymond Godefroy. Une coproduction Carmen/Jean-Jacques Dubois. Belle découverte des lieux clos qui témoignent des rapports entre l'homme, l'espace et le paysage. Combinaisons multiples du minéral et du végétal dans l'espace/temps du jardin. Valloires, la Madeleine, à Amiens, Chantilly, Compiègne, Ermenonville. Jardiniers, botanistes, historiens ou simples amoureux des jardins. Jean-Marie Pelt parle de la vie des plantes et des rapports entre l'homme et le végétal. Des textes de Gérard de Nerval, le Marquis de Girardin et Jean-Jacques Rousseau sont aussi du voyage.

 

                                                                          455

Je me souviens de François Ruffin me demandant cinq minutes à la reprise de mon cours "Reportage, enquête, investigation", pour présenter à l'ensemble des étudiants de Licence de Lettres Media/Com son projet de journal, dont il a déjà une idée très précise de la ligne éditoriale et surtout déjà le nom Fakir. Titre et personnalité qui vont faire leur chemin. L'un à l'autre se faisant une jolie renommée.

 

                                                                           456

Je me souviens d'un repas sympa avec Claude Le Roy, entraineur de l'ASC, et Marc Berdoll, avant-centre arrivé à Amiens en cours de saison. En 82, je crois. Il arrivait du SCO d'Angers où il ne jouait plus. Berdoll, 16 sélections en équipe de France et 5 buts chez les tricolores. De 1973 à 1979. Meilleur buteur de Division 2 en 1976 (25 buts) avec Angers. Discussion vraiment chouette. Le Roy aimait beaucoup les poètes, Verlaine et Rimbaud, mais Baudelaire avant tout. Berdoll avait un côté footballeur rocker. Un rien Mick Jagger des surfaces. Moi, je rêvais d'écrire Verlaine avant-centre, mais je ne savais pas encore comment m'y prendre.

 

                                                                           457

Je me souviens de Chutt le Hutteux de Paul Vimereu, né dans le Santerre. Roman des roseaux et du marais picard, paru pour la première fois en 1927. Vimereu a manqué le Goncourt d'une voix, avec son premier roman Le Rire du Vilain, publié en 1920.  

 

                                                                           458

Je me souviens de ma première expo photo chez Synapse, Rue Saint-Leu. Une cinquantaine d'agrandissements noir et blanc. Photos jamais développées, jamais montrées, jamais vues. Négatifs, soigneusement développés et coupés par bandes de six vues, qui dorment, à l'abri de la lumière et de la poussière, pendant trente ou quarante ans. Aujourd'hui, parfaitement intacts. Comme neufs. Comme développés, et séchés, il y a quelques heures à peine. Comme si les images argentiquement supportées et transportées à travers le temps, avaient été prises la veille ou l'avant-veille. Je suis sans aucun doute le seul photographe au monde à avoir passé la majeure partie de sa vie "au stade du négatif ".

 

                                                                           459

Je me souviens que c'est par manque d'argent que je ne développais que les négatifs, dans ma mini salle de bain transformée en Labo Photo. Manquer d'argent, au temps de l'argentique, le comble du photographe.

 

                                                                            460

Je me souviens du jour où, jeune prof de philo, étudiant la notion de Travail avec mes élèves de Terminale C, à commencer par cette origine étymologique commune avec le mot Torture, je décidai, devant leur indifférence crasse, de les emmener la semaine suivante visiter l'usine Dunlop, sur la Zone Industrielle. Pour qu'ils voient de leur yeux ce que c'est que le travail à la chaîne. Qu'ils comprennent une fois pour toutes le sens du mot "aliénation".

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 00:17
Amiens. Atelier du marionnettiste Facquier. Fin des années 70. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Atelier du marionnettiste Facquier. Fin des années 70. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                              441

Je me souviens que le coiffeur du Faubourg de Hem avait les cheveux tout blancs et qu'il se prénommait Clotaire.

 

                                                                              442

Je me souviens d'Amiens Capitale Européenne de la Jeunesse. Amiens for Youth, Amiens 2019.

Amiens ville candidate. Amiens qui prend date.

 

                                                                               443

Je me souviens de Georges Brassens qui chante, "à guichets fermés", au Picardy, en mars 1958.

 

                                                                               444

Je me souviens de l'Association des droits du piéton créée au début des années 80.

 

                                                                               445

Je me souviens qu'en février 1951, l'émission de Jean Nohain Reine d'un jour se déroule pour la deuxième fois en direct du Cirque d'Amiens. Succès considérable. A l'époque, on ne dit pas "énorme succès".

 

                                                                               446

Je me souviens que Jean Catelas a été guillotiné le 24 juin 1941 sur ordre de Vichy. Ses funérailles officielles ne se dérouleront que quatre ans plus tard, le 14 octobre 1945. Plus de 20.000 personnes y participeront.

 

                                                                               447

Je me souviens que Charles de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, vient à Amiens le 11 août 1945. Trois heures d'une visite historique, de midi à quinze heures. Enthousiasme et ferveur chez les Amiénois. Un regret chez les communistes : le général de Gaulle n'a pas eu un mot pour saluer la mémoire du député d'Amiens, Jean Catelas.

 

                                                                                448

Je me souviens que Gilles Deleuze a enseigné la philosophie à Amiens. Une photo de classe prise en 1952 en témoigne. Deleuze est au milieu de ses élèves amiénois.

 

                                                                                449

Je me souviens du Théâtre de l'Alambic qui joue à la Comédie de Picardie la pièce de Philippe Lacoche. Une mise en scène façon polar années cinquante et un texte loufoque qui enchante. L'écharpe rouge, version film en noir et blanc. Déroutant et fascinant.

 

                                                                                450

Je me souviens de "Je suis une betterave qui rêve de voir la mer", définition hardie de ma Picardie natale, et du rire de Pierre Rappo face à l'énormité de l'incongruité... géniale. Je l'entends rire encore, de cet incroyable rire sonore, mon confrère Rappo, mon ami Pierrot... prête moi ta plume, pour écrire nos maux... plume que tu maniais si bien.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 00:07
Amiens. Rédaction du Courrier Picard. Août 1979. © Gérard Crignier.

Amiens. Rédaction du Courrier Picard. Août 1979. © Gérard Crignier.

 

 

                                                                       431
Je me souviens de mon arrivée au Courrier Picard. Eté 1979. Rédaction d'Amiens. Deux mois à l'essai. Le rédacteur-en-chef, Georges-Louis Collet, me met d'emblée le contrat entre les mains. Le mot challenge n'est pas encore entré dans les habitudes langagières. Un papier par jour. On vous garde si vous êtes bon. Suis resté trois ans.
 
 
                                                                       432
Je me souviens de l'entrée en matière qui avait précédé mon entrée dans la Rédaction du Quotidien d'Amiens. Est-ce que vous savez écrire ?, m'avait lancé Georges-Louis. - Oui, comme un prof de philo, avais-je maladroitement répondu. Pas vraiment comme un journaliste. Mais je ne demande qu'à apprendre. Deux mois, deux mois, pour me montrer ce dont vous êtes capable, fut son seul commentaire. Avant de se replonger dans l'écriture de son Edito. Deux derniers mots par la porte entrebâillée : au boulot !
 
 
                                                                         433

Je me souviens que Léon Lamotte, enfant, voulait être menuisier, comme son grand père. Mais en chemin, il oublie le CAP de menuiserie et choisit l’École des Beaux Arts d’Amiens. A 25 ans, Il décide de s'installer à Montières, dans la maison de son grand-père, pour y commencer sa carrière. Une vie d'artiste influencée par les expositions internationales de Paris de 1932 et 1937. Avec un intérêt certain pour l’art africain.

 

                                                                          434

Je me souviens que Léon Lamotte travaillait aussi bien la pierre, le bronze, le bois, le grès ou le marbre. Qu'il aimait également peindre. Des toiles volontairement non achevées. Dans le souci, précisait-il au visiteur, de laisser à la pensée de chacun la liberté de s’exprimer.

 

                                                                          435

Je me souviens que certaines sculptures de Léon Lamotte sont visibles en différents endroits de la ville. Par exemple, on peut admirer le bas-relief La Joie de vivre, place Saint-Jacques, et Saint Antoine, rue de Noyon. Sans oublier Gloire au travail, square Montplaisir.

 

                                                                          436

Je me souviens de Madeleine Michelis, professeur de Lettres Classiques au Lycée d'État de Jeunes Filles d'Amiens, à la rentrée 1942. Elle y anime un atelier de théâtre pour les élèves. Elle héberge alors une jeune juive, Claude Bloch - dont le père, l'architecte Jean-André Bloch, a été déporté - avant de réussir à lui faire passer la ligne de démarcation pour l'envoyer chez des amis cultivateurs dans le Gers, les Orlhac.

  

                                                                           437

Je me souviens de Vince Taylor en concert au Cirque un soir où les lacrymos pleuvent place Longueville. Tout ça pour moi, s'étonne le plus français des rockers britanniques, auteur du génial Brand New Cadillac.

 

                                                                            438

Je me souviens de cette petite grand-mère de la ligne de bus n° 2, celle qui dessert l'ancien village de Montières et de ses mots picards pour exprimer son contentement d'être "allée en ville" et de rentrer chez elle : chés geins, y sont' fin conteints ed' preind' ch'bus, pis mi eussi  !

 

                                                                            439

Je me souviens du Bulletin mensuel d'information du P.S.U. de Mai 1975 - je venais d'adhérer- et de Pierre Lepetit, Directeur de publication. Sept pages ronéotées, et cette info en forme d'impératif catégorique : La formation étant à la base de tout militantisme, six stages sont proposés durant cet été aux sympathisants, aux adhérents et militants du parti. Parmi les six propositions, deux avaient retenu toute mon attention de jeune militant : le socialisme autogestionnaire et l'acquisition de la théorie et de la pratique de l'affiche. Quarante et quelques années plus tard, je me dis que je m'inscrirais volontiers à nouveau pour les deux formations.

 

                                                                             440

Je me souviens de l'année 1988, quand je suis amené à écrire Gilles de Robien, Atout Cœur. Jean-Philippe Moinet, journaliste au Figaro, a pour mission de portraiturer le postulant à la Mairie d'Amiens sous l'angle national, - GdR était député UDF -, et moi, je dois jauger et juger le candidat au plan local. La première interview se fait en voiture, GdR au volant, pour mesurer, très concrètement les "blocages", les "verrous" et les "verrues" dans la circulation amiénoise. Rue Saint-Fuscien, Boulevards de Pont-Noyelles, de Bapaume, de Saint-Quentin, de Dury, de Châteaudun, Route de Rouen, Avenue Foy, Boulevard Carnot, Rue Saint-Maurice, rue de la Hotoie, Chaussée Saint-Pierre, Citadelle, etc... Vrai tour de ville automobile qui fut le départ de la conquête de l'Hôtel de Ville.

                                                                           

                                                          

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 00:00
Amiens. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                          421

Je me souviens du Coliseum et de la patinoire des Gothiques.

 

                                                                          422

Je me souviens de Lucien Ménis, adjoint aux sports de René Lamps.

 

                                                                          423

Je me souviens de la rue du Don. Juste à côté de la place du même nom. Où il y avait une Librairie, créée par Alice Petit.

 

                                                                          424

Je me souviens de Yakoub Abdellatif et de sa fête du Cloître Dewailly, chaque année, en juillet. Vrai Voyage au cœur de l'été. Des musiques et des chants du Sud pour endiabler le Nord.

 

                                                                          425

Je me souviens de l'heure mauve où s'en viennent boire les licornes. J'ai vu La Licorne mauve s'en venir boire la lumière des projecteurs, et l'incroyable sourire de l'ami Yakoub qui l'adoube. Ça aussi, c'est le mektoub.

 

                                                                          426

Je me souviens du premier samedi de chaque mois quand les bouquinistes s'installent place de la gare. De cette dame bibliophile avertie qui n'achète que des demi-chagrin et moi, gentiment provocateur, qui veut lui vendre mon chagrin tout entier.

 

                                                                           427

Je me souviens de Julos Beaucarne qui dort dans la mansarde de la maison de la rue Delpech, après son concert au Cirque municipal. Son pull arc-en-ciel aux couleurs de son cœur de poète chanteur rêveur, posé sur un dos de chaise. Julos, éternel vrai frère.

 

                                                                           428

Je me souviens de Marie-Madeleine Duquef et de son amassoère, dictionnaire de tous les mots picards possibles. Marie-Madeleine Duquef qui gagna autrefois le concours d'insultes en picard. Les insultes en picard, grand chapitre pour l'épitre du pitre.

 

                                                                           429

Je me souviens de cet homme étrange, toujours en jupe, et qui tenait son sac à mains à deux mains, devant sa jupe. Les gens disaient qu'il se faisait appeler Sophie.

 

                                                                           430

Je me souviens de ce moment bizarre des soirs de janvier, quand la lumière a cet accent particulier qui indique le retour des beaux jours.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 00:00
Amiens. Rue Laurendeau. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Laurendeau. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

  

 

                                                                         411

Je me souviens du jour où mon fils, François, a déclaré solennellement à toute la famille réunie - il devait avoir 5 ans - "Moi, dans la vie, je veux faire rire les gens". C'était en août, dans le jardin de la maison de la rue Laurendeau.

 

                                                                         412

Je me souviens de la première édition des Journées Cinématographiques d'Amiens contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples et de l'enthousiasme des trois Jean-Pierre : Garcia, Bergeon et Marcos.

 

                                                                         413

Je me souviens de Chiche Magazine créé par Jean-Claude Bouton, Frank Frommer et Françoise Thuillier.

 

                                                                         414

Je me souviens du Bouquiniste Langlois rue de la Hotoie.

 

                                                                         415

Je me souviens des petits jardins publics qui ponctuent le chemin de la place Longueville à la Gare du Nord.

 

                                                                         416

Je me souviens de François Bayrou déclamant un poème en occitan dans le studio de Radio France Picardie, pour se faire la voix avant une interview croisée avec Gilles de Robien.

 

                                                                         417

Je me souviens de Raymond Godefroy et de Loïc Miget.

 

                                                                         418

Je me souviens de ces maisons où sur l'appui de fenêtre on donne encore une tasse de lait au chat de passage. Quand il est bien sage.

 

                                                                         419

Je me souviens que l'usine d'électroménager Whirlpool s'est installée à Amiens en 1950 et que 620.000 sèche-linge sont sortis des chaînes de production de la route d'Abbeville en 2016.

 

                                                                         420

Je me souviens de la phrase de ma fille, Florence, un matin de petit-déj' dominical : "Moi, je me demande où on est quand on n'existe pas encore ?" Un dimanche matin de la fin mai de l'an 2000.

 

 

 

 

 

 

 

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 00:01
Amiens. Rue Delpech. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                         401

Je me souviens de la façon dont le jeune maçon monte son mur de parement. Brique à brique. Patiemment. Monter un mur, sûr, c'est une forme d'écriture.

 

                                                                         402

Je me souviens d'une belle conversation avec Pierre Seghers, à la Maison de la Culture d'Amiens, et de sa manière de me dédicacer ses " Chansons et Complaintes" en écrivant sous mon nom : "ami des poètes et de leurs chansons". C'était en 1977. Il y a 40 ans.

 

                                                                         403

Je me souviens de l'Association Les Voisins de palier.

 

                                                                          404

Je me souviens des Chansons de Lafleur  qu'on trouvait chez Solo Editeur, 9 Rue des Trois-Cailloux : El Rue d' l'Andouille, Ch'Pistolet, L'boin paysan, Ch' Baptêm' ed' Nicodème et aussi A l'veille, créée par le Comique Lepac.

 

                                                                          405

Je me souviens de Parlophone, le disque de qualité, et de sa publicité qui disait : " Parlophone a enregistré pour vous les chansons que chante le Comique Lepac. Voyez votre agent habituel."

 

                                                                           406

Je me souviens du "Romancier de la brume et de la nuit", Pierre Mac Orlan, et de son roman Picardie, qui comme l'indique la quatrième de couverture d'une édition de 1949, est une "émouvante histoire d'amour qui se déroule, tout enveloppée de mystère et de surnaturel, au long des routes que parcourut jadis l'un des plus glorieux régiments du royaume." Pierre Mac Orlan, né à Péronne, dans la Somme, le 26 février 1882. Lui aussi passé par Amiens.

 

                                                                           407

Je me souviens des Amis de la Terre, 19, rue Saint-Leu.

 

                                                                           408

Je me souviens du bus de la ligne 2, Etouvie - Hôtel de ville - Gare du Nord, un jour où, rêveur, le chauffeur s'est trompé de parcours. "Chauffeur ! chauffeur !" ont hurlé les passagers, " vous vous trompez ! "

Dans le rétroviseur, le sourire de l'employé de la Semta, Société d'Exploitation Mixte des Transports Amiénois, en dit long sur le Boeing 747 qu'était devenu son Bus. L'homme planait paisible au-dessus des nuages. Le rappel à l'ordre de ses passagers l'a fait atterrir, d'un coup, sur des problèmes plus terre à terre. Des problèmes de terre ferme. Des problèmes de circulation et d'arrêts de bus. Pas question d'avoir la tête dans les nuages.

 

                                                                           409

Je me souviens de Macadam Trottoir et de cette bande d'amis qui veulent faire du théâtre dans la rue.

 

                                                                           410

Je me souviens des boulevards extérieurs et de l'Avenue du Général Foy qui furent tracés entre 1870 et 1875. Il n'y avait alors aux abords que deux constructions remarquables : le Château-Fort, à l'extrémité du boulevard de Strasbourg, et une vieille masure, une chaumière délabrée, où séjournaient ceux qu'à l'époque, on appelle des Romanichels.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 00:11
Amiens. 21 Septembre 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 21 Septembre 2015. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                       391

Je me souviens de VDH, Jean-Luc Van Den Heede, et de son bateau Algimouss. Dix-huit mètres de long, deux mâts de vingt-quatre et onze mètres pour un poids de presque 9 tonnes. Algimouss en cale sèche place du Cirque en janvier de l'an 2000. Pour accueillir tous les enfants des écoles de la ville. VDH a mis dans le mille.

 

                                                                       392

Je me souviens du balayeur de la place Gambetta. De sa gestuelle, de son attitude et de la position de ses bras. De ses mains. Cela tient du torero qui s'apprête à toréer. Son jeu de cape, digne de la muleta du matador, vaut de l'or. Le balayeur torée un taureau imaginaire. Vraie danse d'automne que les jets d'eau saluent.

 

                                                                       393

Je me souviens de mon projet "Balayeurs de tous les Pays". Belle idée de livre et d'expo mondiale. Née, vraiment, en Chine, à Chengdu, Sichuan, Septembre 2011. Au  temps où je suis faguo Laoshi. Cinq ans que je photographie systématiquement, méthodiquement, les hommes, les femmes, les attitudes, les gestes, les outils. Plus de 2000 photos déjà. Chengdu, Pékin, Shanghaï, Oulan-Bator, Paris, Montréal, Québec, Saint-Malo, Cannes, Nice, Rome, Copenhague, Glasgow, Londres, Oslo, et... Amiens.

 

                                                                        394

Je me souviens que c'est le geste du balayeur qui  fascine. Quelle qu'en soit l'heure. Le lieu. La ville ou le pays. Le moment. Soir qui tombe, fin de journée ou plein midi. 

Geste qui me rappelle mon père. Dans sa vie de jardinier, il en a donné des coups de balai, mon père. Feuilles mortes ou poussière. Eté, printemps, automne, hiver. En toute saison, son balai avait raison. N'a jamais lésiné. Chaque jour de sa vie. Pas un jour sans un coup de balai. La cour, côté jardin. Le trottoir, côté rue. Impeccable. Fallait que ce soit impeccable. Impeccable. Nickel. Ses deux mots préférés. Pour parler de ces choses essentielles à ses yeux.

 

                                                                        395

Je me souviens que moi, dans ma tête d'enfant, j'imaginais qu'il balayait aussi les jours au calendrier. Pour que le temps passe plus vite. Hop, un coup de balai sur aujourd'hui pour qu'il se nomme hier. Hop, déjà se pointe demain pour balayer les soucis d'aujourd'hui. Hop, demain effacé en un tour de main. Dans les phrases de l'enfance, les éléments aussi étaient de la partie. Le vent balaie la campagne. Le ciel balaie les nuages. La pluie balaie la poussière.

 

                                                                        396

Je me souviens, aujourd'hui encore, quand je pense à toutes ces années amoncelées, qu'il y a toujours un coup de balai à donner quelque part. Le balai Aujourd'hui efface toujours Hier. Rien à faire, il y a toujours quelque chose à faire. Dernier balayage du soir. Déjà pointe le premier coup de balai de demain matin.

Seule différence : s'est enfui à tout jamais le temps de la belle enfance. Mon père a changé de destin. Il s'est absenté. Pour toujours, disent les gens. Je n'en crois rien. Moi, je pense qu'il balaie l'envers des nuages.

 

                                                                         397

Je me souviens de "Roland Dorgelès, au nom de tous mes camarades" à la Bibiothèque municipale. Une exposition consacrée à l'écrivain né à Amiens, rue Vascosan, en 1886, et qui présida le jury de l'Académie Goncourt après la mort de Colette, en 1955, et jusqu'en 1973. Dorgelès ne doit pas être considéré comme l'auteur d'un seul livre, Les Croix de bois, fut-ce son chef-d'œuvre, où il transcrit la vie quotidienne des poilus pendant la Grande Guerre, il faut tout lire de lui, à commencer par Le Cabaret de la Belle Femme et Sur la route mandarine, ce roman né de son séjour en Indochine.

 

                                                                         398

Je me souviens de la première Fête dans la ville et de cette autre façon de fêter Carnaval.

 

                                                                         399

Je me souviens de l'Amicale des Indiens Picards, de Jean-François Paux, de Robert Landard, de Marc Monsigny, de Laurent Devismes et de la Lune des Pirates.

 

                                                                         400

Je me souviens de Zic Zazou et de sa preuve par 9... Jean-François Hoël, Hervé Mabille, Patrice Boinet, Pierre Denis, Bruno Hic, Frédéric Obry, Alain Graine, François Trouillet, et Michel Berte

 

 

 

 

 

 

 

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