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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 19:02

 

Annonce à 16 heures... Annonce en fin de journée... Annonce imminente... Imminente, mais plus tard que prévue... De report en report, et d'annonce imminente en annonce imminente, on se dit que ce n'est pas si facile de faire un gouvernement. Entre l'Elysée et la Croisette, les radios font la causette. Les auditeurs font leurs emplettes. Entre le perron de l'Elysée, à Paris, et la montée des marches, à Cannes, on hésite, on pianote. On s'impatiente.

Finalement, pourquoi pas aller voir Moonrise Kingdom de Wes Anderson ? Film de cet Américain à Cannes pour la première fois ? Moonrise Kingdom avec Jared Gilman, Kara Hayward, Bruce Willis, Edward Norton... ce film qui fait l'ouverture du 65e Festival et qui sort simultanément en salle, dès 20 heures. Même si, du peu que j'en ai vu et lu, son côté remake américain d'une Guerre des boutons très française, encadrée par des chefs scouts attardés, a de quoi dérouter. A Cannes, la cérémonie d'ouverture vient juste de commencer. A L'Elysée, on attend toujours.

La voix familière de France Info ponctue l'attente. Un petit coup de météo. Un petit tour sur la Croisette. 19 heures 13, toujours rien. Toujours suspendu à l'annonce de la composition du premier gouvernement Ayrault. Ayrault, héros discret d'une distribution apparemment pas évidente à distribuer. Casting difficile et délicat.

Relance de la voix d'Info : A 19 heures 23, quels sont les pronostics les plus plausibles ? Réponse immédiate de la journaliste : Vincent Peillon à l'Education, Aurélie Filippetti à la Culture...

Seule information confirmée : Martine Aubry n'en sera pas. Ne fera pas partie du gouvernement. La radio nous refait le coup du bal des égos. Moi, ça m'est égal. Je retourne au Festival...

Moonrise Kingdom et ce court extrait de la chanson de Françoise Hardy, ça me tente bien ... Le temps des copains, le temps de l'amour, et de l'aventure... 

Finalement, ça traine trop, je coupe la radio. Veste, écharpe, je sors. Le Gaumont de ma ville n'est pas très loin. La composition du gouvernement, je verrais ça demain. Ou tout à l'heure, après le cinoche. Filippetti à la Culture et Peillon à l'Education, ça me plaît bien déjà. Le reste peut attendre.

M'attendra bien.

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 21:36

 

Pluie. Grêle. Cette année, les giboulées de mars nous reviennent en mai. Averse. Coeur à la renverse. Certitudes que le vent disperse. Eclaircies intermittentes. La pluie, aujourd'hui, ne supporte pas l'attente. Bourrasques de vent pour chasser le règne d'avant. Définitivement. Météo insolite ou insolente. Pas de quoi effrayer quelqu'un dont les ancêtres, sans doute, sont venus de Hollande. Aller aux Champs sous une pluie battante, n'a jamais fait fuir un paysan. Paysan, celui qui habite le pays. Celui qui est habité par le pays. Hollande, le bien nommé.

La remontée des Champs sous une pluie battante. Une pluie froide. Tenir pourtant la tête "roide". Le sortant était un battant qui mouillait son maillot. Le nouveau ne craint pas l'eau. Cette façon de braver les intempéries, cette volonté d'être stoïque sous la pluie, cette manière de se tenir debout dans le mauvais temps, message subliminal d'un nouveau Président à son peuple .

Très sobre et très solennel à la fois. Il était une fois. Cette fois. Pour la première fois. Le nouveau dit des choses nouvelles. Essentielles. Justice et confiance, comme double point de départ.

"La première condition de la confiance retrouvée, c'est l'unité de la Nation. Nos différences ne doivent pas devenir des divisions. Nos diversités des discordes."  Dehors, il pleut des cordes. C'est l'ancienne présidence qui peut aller se faire pendre. La confiance est de retour. Avec elle, la République exemplaire.. La séparation des pouvoirs, qui va de pair.

Un Président qui prend la pluie pour que la République ne prenne plus l'eau. Un Président qui se mouille. Immobile comme dans une papamobile. Mais sans toiture. Au risque de signer la déconfiture. Franchie la grille du coq, quelques UMP agitent leurs ergots. Mais n'ergottons pas. Soyons magnanimes. Ils ne savent pas perdre, ces gens de droite. Leur éducation a dû être maladroite. L'alternance doit être renaissance.

"L'Etat n'appartient pas à ceux qui en ont reçu, pour un temps limité, la charge."

En creux, la critique est cinglante. Critique souveraine du quinquennat qui s'achève. Définition du quinquennat qui commence. En ce jour d'investiture, elle a belle allure, la France. Vraiment. Elle et moi, on redevient amants. Même si, tant pis pour la rime, encore un peu trop de frime. Ce parfum d'Ancien Régime. Ce goût de Monarchie Républicaine. Heureusement, beau signe des temps : embrassade féminine. Ces premières Dames qui ne sont pas les dernières à se faire la bise. Résolument modernes.

Place de l'Hôtel de Ville, on embarque dans l'Arche De(la)noë. Mais on n'échappe pas au déluge pour autant. Averse à nouveau et foule maigrichonne que Mai en automne disperse.

 

Plus tard, pour revigorer les amours allemandes, Angela a voulu, au menu du dîner, maintenir des asperges. Pourtant, tout au long de la journée, aspergé, le Président Français l'a suffisamment été. Des asperges ! et pourquoi pas des champignons... à la grecque ! Angela, tu vas te faire... engueuler ! Le coup de foudre sur le nez de l'avion présidentiel, c'était déjà toi, vieille sorcière teutonne ! Attends-toi à ce que François, de rien, ne s'étonne.

Au même moment, dans le vieux village d'Auteuil, dans un bel hôtel particulier, soirée particulière. Celle d'un sortant qui a réussi sa sortie. Qui pense, sans doute, à ce Président "entrant", qui a réussi, lui, son entrée. Dans son premier discours de Président de la République. Dans sa façon de dire comme dans sa façon d'être. Dans ce vieux Palais aux coutûmes compassées, sûr ce matin, c'est pas peut-être, un peu d'air frais est entré par la fenêtre.

Le sortant, pour la première fois depuis dix ans, depuis vingt ans, depuis vingt-cinq ans, redevient... simple citoyen. Quelque part, ça doit lui faire du bien. Un air de grandes vacances. Pour lui souhaiter "bonne chance", le septième Président de la cinquième République n'a pas hésité à prendre les devants. Enumérant les six Présidents qui l'avaient précédé, les gratifiant au passage d'un mot aimable ou, pour Mitterrand, d'un mot aimant, François Hollande a simplement dit :

" Nicolas Sarkozy, à qui j'adresse mes voeux pour la nouvelle vie qui s'ouvre devant lui."

La moindre des choses. Mais, c'est vrai, service minimum.

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:07

 

Il y a les badauds qui poireautent des heures sous le soleil et rêvent de la photo qu'ils ne prendront jamais. Il y a les journalistes professionnels qui sont là pour leurs chaînes. Il y a des passants de hasard ou de vouloir. Des gens qui s'arrêtent et qui s'attardent. Qui veulent "le" voir. Le voir de près. Qui ça ? Le nouveau. Le nouveau Président, bien sûr. Le futur. Celui qui prépare la transition. Celui qui va vivre ce soir son dernier soir de "Président élu" et qui, demain, après la passation de pouvoirs, sera le "Président". Le "Président, tout court". Le nouveau Président. Le Président "en activité". En exercice. 

Il y a le service d'ordre. Plutôt sympa, ces jours-ci. Il y a ceux qui anticipent sur le chemin que prendra "Le Patron" quand il sera allé serrer quelques mains sur le trottoir d'en face. Le chauffeur a déjà pris place dans la voiture. Il y a ceux qui s'agitent. Ceux qui restent cois. Il y a moi qui suis là sans vraiment savoir pourquoi.

Si, au fond, je sais très bien pourquoi. Mais ça ne se dit pas. Ou pas comme ça. Et  d'abord, comme j'aime à le dire à mon ami Marcel qui n'habite pas très loin du 59, je suis là pour "La venue de Ségur"  ! Comme dans Beckett, comme dans Godot, je ne sais pas si Ségur viendra. Quoiqu'il advienne. A moins que Ségur ne vienne. Ahah !

L'avenue de Ségur ! L'avenue la plus demandée aux taxis parisiens depuis le 7 au matin. Le QG de campagne devenu QG de transition. Le 59 de l'Avenue de Ségur, le lieu le plus prisé même s'il est, désormais, hors de prix. Ce n'est pas le même charme que la petite rue de Bièvres. C'est différent. C'est un peu la même ambiance pourtant. Un Président qui prend son temps. A chaque sortie. Qui prend le temps d'une photo. Avec un anonyme qui se couvre soudain de célébrité soudaine. Une jolie femme qui veut s'immortaliser, en immortalisant l'instant. L'instant historique où la simple citoyenne tutoie l'Histoire de France en train de s'écrire. Un petit côté touchant et agaçant à la fois.

Je vais vous faire un aveu : je termine ce soir un reportage commencé il y a tout juste 31 ans. Un reportage commencé avec François Mitterrand, en mai 1981, et que je suis heureux de conclure, ce soir,  en mai 2012, avec François Hollande. C'est juste une histoire entre "moi" et "moi". Une histoire de fidélité. Aux deux.  Aux deux François. François 1er et François II.

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 21:11

 

- Monsieur, vous rêvez !

- Pardon, madame, je contemplais la forme des nuages. Les nuages, vous savez, pour moi, c'est fascinant...

- Vous feriez mieux de contempler vos ouvrages et vos éventuels clients !

- Vous savez, ces temps-ci, sur cette portion du quai, si les promeneurs sont nombreux, les acheteurs sont plutôt rares.

- Au fond, vous n'avez pas tort, le bleu du ciel et les nuages qui s'y promènent ont des vertus apaisantes...

- Surtout dans cette époque violente où les gens sont très vite agressifs.

- La faute à la politique, monsieur, tout ça !

 

Le dialogue avait quelque chose d'insolite. Le ton de la dame surtout. J'avais l'impression d'avoir été pris en faute par une vieille maîtresse d'école. D'ailleurs, je ne me privais pas, trouvant cette dame plutôt sympathique, de lui raconter l'origine de ma passion pour les nuages.

Enfant, on disait de moi : il est toujours dans les nuages. Les grandes personnes pensaient pouvoir, en toute impunité, stigmatiser, avec cette formule, ma propension à m'embarquer dans des rêveries profondes et légères à la fois. Les nuages m'ont fasciné très tôt. Leur forme, leur aspect, leur texture. Enfin, ce que j'en imaginais. Dans un vieux Larousse, j'avais recopié la définition du mot "nuage". Je l'avais enrichie avec des notes prises sur un livre de Sciences Naturelles. De cette façon, à 10 ans, je connaissais les noms de dix genres de nuages différents. De cumulus à stratus, en passant par cirrus ou nimbo-stratus.

Mon récit, je le sentais, intriguait mon auditrice. Pour ne pas être en reste, elle voulut se lancer dans une énumération des différents noms des nuages : cumulus, cumulonimbus, stradivarius ! Je l'arrêtais net :

- Non, madame, Stradivarius, n'est pas un nom de nuage, c'est le nom d'un instrument de...

- Monsieur, voyons, j'en suis sûre !

- Madame, c'est le nom d'un célèbre luthier italien. Antonio Stradivari, dit Stradivarius. Les plus beaux violons sont sortis de son atelier de Cremone, entre 1700 et 1725. On les appelle depuis des "Stradivarius"... 

- Suis bête, je voulais dire "Stratus" ...

- Bon, vous êtes toute pardonnée, madame... mais promettez-moi de ne plus jamais confondre "Stratus" et "Stradivarius" ! Même si en écoutant le son particulier des cordes du violon, je suis "sur un nuage" ... 

 

La dame éclata d'un petit rire étrange qui me fit prendre conscience qu'en fait, elle devait être très âgée. Beaucoup plus en tout cas que je ne l'avais cru au départ. Je lui proposais de faire, ensemble, à deux voix, l'énumération des dix genres de nuages à ce jour répertoriés. Elle trouva l'idée sympa. On se lança.

- Cumulus, Cumulo-nimbus, Cirrus, Stratus, Cirrostratus, pour les plus faciles parce que les plus courants...

- Altocumulus, Altostratus, Nimbo-stratus, Cirrocumulus, Strato-cumulus, pour prendre un peu de hauteur...

 

Pour terminer notre dialogue de météorologie impromptue, je proposais à ma nouvelle camarade de lire ensemble la définition de "nuage" dans l'édition 2000 du Petit Larousse Illustré que j'ai toujours à proximité. Je le consulte parfois, pour vérifier le sens précis d'un mot.

Page 703, nuage : ensemble visible de particules d'eau très fines, liquides ou solides, maintenues en suspension dans l'atmosphère par les mouvements verticaux de l'air.

Fascinante définition. Simple et complexe à la fois. Précise en tout cas. Une définition comme seuls les dictionnaires savent en faire.

Sur ce, nous décidâmes, moi et la dame, d'aller prendre un café au petit bistrot d'en face. En chemin, elle me dit qu'elle adorait le café noir. Sans crème et sans sucre. Je lui avouais que moi, allez savoir pourquoi, c'est toujours avec... un nuage... de lait.

 

 

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 23:14

 

Le livre est là depuis bientôt deux ans.  288 pages de textes et de schémas. De chiffres et de croquis géométriques. C'est le mot "Arpentage" qui me plait vraiment. Le livre dort dans l'espace réservé aux livres scolaires assez anciens. Des livres d'avant-guerre, aiment à dire mes clients octogénaires. Toujours heureux, et assez fiers, de mettre, parfois, la main sur quelques uns des ouvrages avec lesquels ils ont grandi. Appris. Etudié. Rêvé.

"Arpentage" vient de "Arpent", ancienne mesure agraire divisée en 100 perches et qui varie selon les endroits. 35 à 50 ares selon les localités. Un are vaut 100 mètres carrés.

"Des arpents de neige". L'expression me revient  maintenant en mémoire. Sans que je sache si elle est de Félix Leclerc ou de Gilles Vigneault. Sans que j'arrive à savoir précisément dans quel texte de quelle chanson, elle se trouve. Ce doit être dans "Mon Pays, ce n'est pas un Pays, c'est l'hiver..." de Vigneault. A moins que  ce ne soit dans ce texte de Félix Leclerc où c'est le Pays tout entier qui est à vendre. A vendre à l'encan.

A l'encan, autre expression  très ancienne pour dire "aux enchères". Des arpents de neige. Faudra que je demande à mon ami Marc Legras qui a publié, il n'y a pas si longtemps, un très beau Vigneault.

 

"Traité Pratique d'Arpentage, Nivellement, Levé des Plans", c'est le titre complet de l'ouvrage en question. Un ouvrage au format de Poche. Arpentage. Arpenteur. Chaîne d'arpenteur.

Un jour de juin 1963, je crois, à l'Ecole Primaire, notre Instituteur nous avait appris à nous servir de la chaîne d'arpenteur. On avait mesuré la grand place bordée de tilleuls centenaires. Arpenteur. C'était beau comme une profession d'aventurier. Arpenteur. Je me voyais trappeur des grands espaces. Chasseur d'animaux à  fourrure dans le Grand Nord. Tout ça grâce à la chaîne d'arpenteur.

La chaîne d'arpenteur n'était pas de ces chaînes qui attachent et qui retiennent prisonniers. La chaîne d'arpenteur était de ces chaînes qui libèrent. Qui vous ouvrent le monde. 

Le soir de ce jour-là, en m'endormant, je m'imaginais, ma chaîne d'arpenteur à l'épaule, m'en aller mesurer le tour de la Terre entière. Rêve absurde, aurait dit ma mère, si je lui en avais parlé. Elle qui me disait sans cesse "arrête d'arpenter" quand je tournais en rond dans la petite cour carrée de derrière la maison. Rêve au contraire très sérieux pour l'enfant que je n'étais déjà plus. Rêve tout à fait accessible.  A une seule condition : accepter d'abord de mesurer le tour du jardin et  le tour du village. Le reste viendrait après. Naturellement. Pour qui le voudrait vraiment.

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 21:57

C'est souvent comme ça. Tout simple. Très simple. Envie de bouger. Envie de partir. Besoin d'ailleurs. De jours meilleurs. Problème pourtant. Pas l'argent. Pas le temps. Ou pas suffisamment.

Pas de quoi se lamenter pour autant. Le livre est là. Embarquement immédiat. Destination inconnue. Le livre est fait pour ça. Quel qu'en soit l'auteur. Quel qu'en soit le sujet. Le thème. La forme. Roman. Nouvelle... Le livre est à la fois le compagnon de voyage et le voyage. Le livre, c'est le voyage imprévu. 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 13:32

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© Jean-Louis Crimon   

 

 

 

 

Je sais, avec un titre pareil, vous pensez déjà, va encore nous faire le coup du Père François. Un petit papier à la gloire de... L'éloge du nouveau Président... Une déclaration d'amour aux idées de gauche...

Eh bien non ! détrompez-vous ! "Place au changement", ça n'a rien à voir avec qui vous pensez. "Place au changement", c'est juste le titre d'un 20 pages de pub, en quadrichromie, qui vient de trouver, je ne sais par quels chemins, le chemin de ma boîte à lettres. Fabuleux. Génial. Génial coup de pub.

Notez, je pense la chose depuis longtemps, mais cette fois, j'en ai une nouvelle preuve. La preuve. Les publicitaires sont des gens incroyables. Extra-ordinaires. Des voleurs. Des piqueurs. Des récupérateurs forcenés. Il n'inventent rien. Ils n'inventent jamais rien. Ils prennent. Ils comprennent. Ils empruntent. Ils copient. Ils détournent. Ils empruntent pour mieux laisser leur empreinte.

Ils détournent. Des mots. Des idées. Des slogans. Payent jamais leurs droits d'auteur, mais, bien sûr, se font payer, à prix d'or, leur forfait. Dans tous les sens du terme. Du détournement permanent. Du piratage de mots et d'idées. Cette fois, ça atteint des sommets. Le sommet. Le sommet de l'Etat.

Ben oui, quoi, le plagiat est flagrant. "Place au changement", ça rappelle immédiatement : "Le changement, c'est maintenant". Voilà, c'est comme ça. Ensuite, chemin classique : boîte à lettres, appartement, maison. Ils rentrent chez vous. Sans sonner. Sans frapper. Sans effraction. Une fraction de seconde suffit. Ils sont dans la tête. Dans votre tête. Comme ça. Presque par inadvertance. Vous, le premier samedi, autrement dit dès demain, vous prenez le chemin du lieu indiqué. Moi, c'est 9, Boulevard de Grenelle. Le catalogue en question, je ne vous cache rien,-d'ailleurs, sans doute, est-il aussi déjà chez vous- c'est le dernier catalogue de Castorama. En titre de "une", en capitales : PLACE AU CHANGEMENT. Sur-titre : du 11 au 28 mai. Sous-titre : des prix à suivre, des idées à vivre. 299 euros le meuble sous vasque. 99 euros le mitigeur lavabo. Ou si vous préférez, ça fait pas forcément marrer, le mobilier "pliant" : 19 euros 55 la chaise. 39 euros 90 la table. Pliante, la chaise. Pliante, la table. Le tout signé "Blooma Papaya". J'en passe et des meilleures. J'oubliais un petit slogan, dans le coin droit de la "une" du catalogue : Castorama, c'est castoche. Casto... castoche. De là à se dire : Castoche... fastoche !

Non, y' a mieux. J'ai une meilleure idée. Mon idée, c'est une contre-pub. Mon idée : c'est "Casto... casse-toi !"

Casse-toi, pôv c...! Non, non, pas ça. C'est déjà fait. C'est déjà pris. D'ailleurs, mal lui en prit. Mal lui en prit à ce mal appris.

Moi, c'est vraiment : "Casto... casse-toi !" J'irai pas dans ton magasin demain. "Place au changement", d'accord. Mais retour à l'original d'abord : "Le changement, c'est maintenant."

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 22:40

 

Le socialiste François Hollande a été, aujourd'hui, officiellement proclamé Président de la République avec 51,6 % des voix, ce 10 mai 2012, soit exactement 31 ans, jour pour jour, après l'élection de François Mitterrand, le 10 mai 1981. Résultats définitifs annoncés, très solennellement, par le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré qui a déclaré : Au second tour de scrutin, le 6 mai 2012, M. Hollande a recueilli 18.000.668 voix (51,6%) contre 16.860.685 voix (48,4%) à M. Sarkozy.

Déclaration faite au siège du Conseil, au Palais Royal, à Paris. Ce sont donc quelque 1.139.983 électeurs qui ont donné la victoire à François Hollande.

Jean-Louis Debré a également précisé : Ainsi le Conseil constitutionnel proclame M. François Hollande, Président de la République Française. Son mandat de cinq ans, fixé par la Constitution, débutera au plus tard le 15 mai à minuit. D'un commun accord, la passation de pouvoir entre le Président sortant, Nicolas Sarkozy, et le Président élu, François Hollande, a été fixée au 15 mai.

"D'ici-là, y peut s'en passer des choses !", a commenté, ce soir, un vieux monsieur du Bus 72, assis juste devant moi.  "Rien du tout, voyons !", lui a rétorqué sa voisine. Sa femme sans doute. Pas pu m'empêcher de prendre part à la conversation :

Votre épouse a raison, monsieur, vous ne croyez tout de même pas que François Hollande va nous jouer Piccoli dans Habemus papam. Prendre la fuite, au dernier moment, victime d'une peur panique devant l'immensité de la tâche qui l'attend !

Rire général dans le fond du bus. Même dans le seizième, on a de l'humour. Enfin, on fait mine. Pour ne pas trop afficher grise mine.

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 18:09

 

Retour sur le quai. Retrouvailles avec le quotidien du quai. La fin de cette campagne présidentielle a par trop passionné et détourné les esprits. Ce fut un grand moment. Un moment où lon croit voir l'Histoire s'écrire sous nos yeux. Plutôt sous nos doigts. C'est souvent dans le journal que l'on est témoin de ce qui est, au propre comme au figuré, en train de s'écrire. Dans le journal ou à la télévision, ou à la radio. Même si, pour comprendre, vraiment comprendre, le journal, la presse écrite, c'est beaucoup mieux. On peut relire les articles. Podcaster n'est pas encore dans les us et coutumes de tout un chacun.

 

La femme du Président sorti, elle, est formelle. C'est la faute aux médias. Tous de gauche. Ou presque. C'est ma voisine sur le quai qui me l'a dit. Elle l'a lu dans Le Figaro. Ou dans Le Point. Elle ne sait plus très bien. Carla aurait déclaré quelque chose comme : Si mon mari a perdu, c'est la faute aux journalistes. Incroyable pouvoir du quatrième pouvoir. Incroyable pouvoir du contre-pouvoir. Avoir le pouvoir de renvoyer celui qui détient le pouvoir. 

En fait, la phrase exacte a été prononcée le 17 avril. Cinq jours avant le premier tour. Un coup de fil passé à la rédaction du Point par Carla Bruni-Sarkozy. Un échange courtois avec un journaliste. Un échange qui dérape sur la fin. Avec cette déclaration :"Sachez seulement que si mon homme est battu, c'est la fin de votre métier." Phrase mémorable, même si elle ne restera pas dans toutes les mémoires. Phrase suivie, selon le journaliste du Point par cette autre phrase :"Qu'est-ce que vous allez bien pouvoir raconter sur l'autre ? Il va falloir vous renouveler."

La femme d'un Président en exercice accusant les médias d'avoir fait campagne pour l'adversaire de son mari, insolite et incroyable à la fois. D'autant que la détermination de la première Dame n'avait d'égale que son obsession :"Je sais que la volonté des médias est de faire élire l'autre candidat, mais je pense quand même qu'on va gagner et ça démontrera combien vous êtes déconnectés des Français."

Curieux, y'a comme un air ancien qui me trotte soudain dans la tête. Une chanson douce. Des paroles et une musique envoûtantes.

Quelqu'un m'a dit... quelqu'un m'a dit que...

Les déconnectés n'étaient pas tout à fait du côté où on l'imaginait.

 

 

Le soir, bel éclat de rire de ma libraire de la rue La Fontaine :

- Je vis dans un quartier déprimé, maintenant !

Bon rire de ma libraire, pour ponctuer la belle envolée ! Ma libraire insiste :

- Vous auriez dû venir lundi, tous, ils faisaient une de ces têtes...

Elle nuance :

- Non, tout de même, François Bayrou, ce qu'il a fait, je ne comprends pas... il est fou... on ne lui pardonnera jamais.

Moi, faux derche :

- C'est un long cheminement...

Moi, encore, pour dédramatiser :

- Tiens, vous avez encore vos trois Huma ! Je vais vous arranger ça...

Elle, jubilatoire :

- Mais j'ai vendu tous mes Figaro ! mes 75 Figaro !

Moi :

- Vous savez, moi, Figaro, Trocadéro...

Elle, à nouveau :

- En même temps, y'a plus grave dans le monde, non ?  cinq ans, c'est vite passé ! ça durera peut-être même pas cinq ans...

 Moi :

- J'adore votre humour amer, on croirait un lendemain d'orage au bord de la mer.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 18:08

 

L'image du jour. Paris, Place de l'Etoile, au pied de l'Arc de Triomphe. La photo. La photo qui fera la une de tous les quotidiens demain matin. Deux Présidents, côte à côte. Un drapeau et deux Présidents. Une image pour l'Histoire. Une image qui offre l'image d'une France apaisée. Réconciliée. Le Président en exercice et le Président élu, ensemble, pour la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945. Passage en revue des troupes. Dépot de gerbe devant la tombe du soldat inconnu. Une première pour l'un, une dernière pour l'autre. Nicolas Sarkozy a même offert à François Hollande de raviver la flamme du souvenir. François Hollande a décliné l'offre, estimant que cet honneur revenait au Président en exercice jusqu'au 15 mai.

Excès de délicatesses et de prévenances après des excès de perfidies et de méchancetés ? Même pas. Simple passage de témoin dans le respect des règles républicaines. Retour à des relations correctes à défaut d'entente cordiale. Parenthèse républicaine. Ponctuation bienvenue. Démocratie Française. Toute Française. Bien Française. Armistice. Au nom des pères, au nom des fils. Le Président élu a intelligemment commenté : C'est la France du rassemblement. Nous nous devions d'être ici tous les deux. Le Président en exercice et le Président élu qui va prendre ses responsabilités le 15 mai. L'un et l'autre, nous devions être ici, unis, pour rendre hommage à toutes celles et à tous ceux qui sont tombés pour la France.

 

Juste après la cérémonie de l'Arc de Triomphe, François Hollande n'a pas tout de suite repris le chemin de l' Avenue de Ségur. Il a d'abord déjeuné avec le Président du Sénat. Retour au QG de transition en fin d'après-midi, Au programme, bien sûr, la composition du gouvernement et d'abord le nom du Premier Ministre. Parmi les plus souvent cités pour être le Premier : Martine Aubry, Jean-Marc Ayrault, Pascal Lamy, Pierre Moscovici et Manuel Valls. Mais au fond, juste pour sourire, une question : pourquoi pas Mélenchon ? Pourquoi pas Bayrou ? Bayrou, pas si fou ! Non, je sais, c'est un peu tôt. Alors, beaucoup mieux : pourquoi pas Ségolène ?

Ségolène ! Ce serait grandiose. Ce serait géant, Ségolène...

Souverain, François Hollande l'est désormais et Ségolène, depuis toujours,  est... Royal.

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