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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 00:04
France. Mai 2016. Droits réservés. Capture d'écran © Jean-Louis Crimon

France. Mai 2016. Droits réservés. Capture d'écran © Jean-Louis Crimon

Cher retraité révolté,

 

Cette fois, c'en est trop, tu te dis que tu vas écrire au Président de la République. Tu vas lui dire ton agacement, ta déception, ton écoeurement, devant le peu de considération pour le Peuple qui l'a élu, il y a maintentant 4 ans. Elu pour une illusion: "Le changement, c'est maintenant".

Aujourd'hui, tu te dis que le changement, c'est jamais, c'est râpé, c'est foutu. Que de changement, il n'y aura jamais. Que le pouvoir corrompt. Que la Gauche au pouvoir, c'est la Droite en plus présentable. Au départ. Au début.Très vite, la différence, on la voit plus.

 

 

LETTRE AU PRéSIDENT:

 

Mon cher François,

Partir au Japon en pleine contestation de cette Loi Travail dont personne ne veut, franchement, je pensais que ce n'était guère judicieux. Me suis dit, malicieux comme tu es, que c'était une manière de nous dire que tu savais que tu allais te faire... NIQUER.
Ce matin, après ta dernière déclaration nipponne: " aller jusqu'au bout ! ", je me dis que tu veux tout simplement te faire... HARA-KIRI.
Finalement, tu as raison, le Japon, métaphore de tes états d'âme, c'était une bonne idée
.

 

​Signé: un citoyen qui a cru en toi, mais que tu as déçu, terriblement déçu.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 16:12
Paris. 25 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Paris. 25 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher petit mortel si sensible aux signes,

 

Clin d'oeil du hasard ou signe du destin. Destin, l'autre visage du hasard. Hasard, l'autre face du destin. Passage d'Enfer. La vie n'est qu'un passage. L'ennui: la vie, c'est... mortel. Pas un ennui mortel. Non, on se marre quand même au cours d'une existence humaine. Enfin, parfois. De temps à autre. De temps en temps.

Pas de quoi s'en faire: avant de passer Passage d'Enfer, tu passes à table. Sans à priori: Cuisine Authentique !

 

Le nom de cette petite rue très calme vient de l’ancien nom du boulevard Raspail, qui lui est perpendiculaire. En effet, le boulevard Raspail répondait autrefois au doux nom de boulevard d’Enfer, en souvenir du petit Bois d’Enfer qui poussait par là. Il y avait même un chemin de ronde d’Enfer.

Le Passage d’Enfer débouche même sur le Café d’Enfer qui se trouve un peu plus loin: rue Daguerre. A Daguerre comme à Daguerre...

 

Daguerre, inventeur français, celui qui perfectionna la photographie et donna naissance, en 1837, aux premiers daguerréotypes. Daguerre, qui parvient à fixer une image sur une plaque de cuivre argentée.

 

Hasard, clin d'oeil du destin, le livre qui te tend les bras ce matin, là, sur le rayon des auteurs en " L". Un livre qui n'est pas là par hasard.

Tu plonges la main et tu te replonges dans cette monumentale et fabuleuse Histoire du Hasard de ton ami Jean-Marie Lhôte.

Immense bonheur de lecture.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 00:01
Paris. 25 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Paris. 25 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher... petit piéton photographe,

 

Tu le sais bien, ça ne peut pas être autrement. Tu le sais d'instinct. C'est comme ça que fonctionne la capture de l'instant. Instant et instinct. Instinct de l'instant. L'oeil en éveil permanent. Ne jamais relâcher l'attention. Juste voir avant d'avoir vu. D'avoir vraiment vu. Entrevoir. Juste penser qu'il va se passer quelque chose. Sentir. Pressentir. Quelque chose va se produire. Doit se produire. Va advenir. Va venir.

Quelque chose ou quelqu'un. Qui va entrer dans le champ. Occuper l'espace. Tout l'espace. En un instant. La photo se révèle à ce moment précis. Il s'agit simplement de la saisir, de la cueillir.

Trouver le contrepoint ou le contre-pied. Sans faire de contresens.

Photographier, c'est donner du sens à ce qui n'en avait pas. Pas forcément. Donner un sens différent. Un nouveau sens. Un autre sens. Détourner le sens en détournant le regard. Inventer le second degré de l'image.

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 00:01
Amiens. Avril 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Avril 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher..​. métaphysicien,

 
Tu te méfies du quotidien, ce quotidien dont se repaissent et s'abreuvent les Quotidiens. Ce matin, tu n'y comprends plus rien...
Barrages routiers: ​ dépôts pétroliers bloqués, pompes en disette. Raffinement suprême, les raffineries bientôt réduites à l'extrême...
 
Mai 1936, Mai 2016, 80ème anniversaire, attention messieurs du gouverne-ment ", à trop tromper, à trop berner, le peuple, un jour se révolte... A trop vouloir le voir baisser la tête, son front se relève, son front se redresse, pour faire front, le front... populaire...
 
Le peuple a horreur de l'affront, il affronte les effrontés qui prétendent lui tenir tête. Lui, sait faire front... Sans façon, sans manière. Il a le front... populaire...
 

 

 

Tu te demandes bien qui a pu dire un jour: "L'existence précède l'essence" ?

Ne fais pas semblant,  tu le sais bien.


Aujourd'hui, Sartre, si tu savais, c'est exactement l'inverse: c'est " l'essence" qui précède l'existence...

C'est comme dans la vie, si t'as pas fait le plein, ton existence est comme ton réservoir: elle est... vide !

 

Ciel, tu oubliais, l'essentiel: le Président a repris du bide: qu'il fasse des... pompes !

 

 

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 00:01
Rome. Vatican. Sept.2012. © Jean-Louis Crimon

Rome. Vatican. Sept.2012. © Jean-Louis Crimon

Cher... pauvre idiot qui peste contre la pluie d'aujourd'hui...

 

Amiens, ville d'eau, pour toi, c'en est tr'eau. Pourtant, les sangl'eau de l'eau sont b'eau... Ne sois pas si s'eau !

Tu ne te souviens pas assez de toutes ces pluies, subies, endurées, essuyées... aimées, détestées, adorées.

Paris, Londres, Berlin, quand le temps est chagrin... Madrid, Rome ou Athènes, quand les pluies sont diluviennes. Partout où il pleut, qu'on soit seul ou à deux, le "doux bruit de la pluie" mélancolise l'aujourd'hui. L'eau efface la poussière de la villle. La ville, qu'à celà ne tienne, même quand il pleut, tu te la fais tienne.

Toujours et encore, te fascine le ballet des parapluies sous la pluie. Tu aimes la pluie. Tu aimes les parapluies. Les parapluies sous la pluie, c'est parfois sexy. Parfois ça lasse, ça agace, et ça nous dépasse. Quand il a beaucoup plu, quand on n'en peut plus, parce qu'il a trop plu.

La pluie, ça te plait. Comme te plait aussi, quand il ne pleut plus, le bonheur de pouvoir dire à la pluie: ça m'a plu.  

Pluie Londonienne. Pluie Berlinoise. Pluie Madrilène. Pluie Romaine. Pluie Athénienne... Pluie Parisienne... Pluies de tous les pays, unissez-vous et... lavez-nous !  De nos bêtises nationales ! Faites-nous une pluie... Européenne.  

 

T'en souvient-il de cette pluie-là de ce jour-là, à Rome, levant soudain les yeux au ciel, comme pour interroger la puissance divine, geste à l'appui, sur la durée de la pluie, la fulgurance s'impose: parapluie... parabole... Christique !

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 00:03
Kunming. Yunnan. Au bord du Lac Emeraude. 1er Janvier  2012. © Jean-Louis Crimon

Kunming. Yunnan. Au bord du Lac Emeraude. 1er Janvier 2012. © Jean-Louis Crimon

Cher... infatigable bourlingueur,

 

Dimanche 1er janvier. Premier jour de l'année. Près de Kunming. Dans le Yunnan. Tout au Sud. Au dessus du Laos et du Vietnam. Fin de journée. Une journée printanière. Kunming que tous ici appellent  la ville du printemps éternel. Rituel annuel, les Chinois sont allés, en famille, admirer cette montagne étrange qui a la forme d'une femme géante, allongée mollement au bord de l'eau. Balade incontournable. La longue et belle déesse est nue. Ses seins tutoient le ciel. La montagne semble se coucher doucement dans l'eau du Lac. Nul ne sait quel géant de terre et de pierres a poussé au fond de l'eau si belle créature. On dit qu'elle a survécu. Qu'elle s'est métamorphosée en montagne langoureuse pour ne jamais cesser d'être amoureuse.

Au bord du Lac Emeraude, tu pars en maraude. Comme photographe, tu n'es pas un chasseur. Plutôt un guetteur. Guetteur d'instant. Tout le temps.     

Vrais mariés ou simples mariés de pub, ils terminent près du lac leur séance photo. Shengbin et Shanshan, mes deux guides, deux étudiants de 4ème année, sont fatigués d'avoir trop marché. Ils cherchent un banc. La batterie de ton petit Nikon est à plat. Tu as trop photographié. Shengbin te propose gentiment son appareil. Tu dis non. Tu n'oses pas. Un appareil, c'est personnel. Ton ami Chinois voit ton désarroi. Il insiste. Cette fois, tu lui dis... oui

Cette photo, tu la lui dois. Sans lui, sans Shengbin, sans son boitier, elle n'existerait pas. Cette photo, elle te fait penser à une photo de Guy Le Querrec. Une mariée à la traîne, et sa traîne que le vent entraîne. Une photo des années 70. Superbe. Prise, tu penses, devant un commissariat. Si ton souvenir n'est pas trop flou. Ou trop faux. Parfois tes souvenirs te trahissent.

Ta mariée à toi fait face au Lac Emeraude. Le marié s'est éloigné. Les photographes aussi. Il ne se passe rien. Plus rien. Tu regrettes de ne pas avoir dit oui à Shengbin plus tôt. Beaucoup plus tôt. Dommage.

 

Soudain, comme en voix off, ce geste adorable de la mariée: du bras gauche, légèreté exquise, elle soulève le bas de sa robe...

 

Tu l'as, ta photo.    

 

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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 00:01
Jean-Pierre Chabrol. Portrait aux bras croisés. © droits réservés.

Jean-Pierre Chabrol. Portrait aux bras croisés. © droits réservés.

Cher écrivain de paroles,

 

Souvenir soudain. Comme un flash. Pensée fugitive. Début des années 80. Picardie. Festival International du Film d'Amiens contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples. Titre impossible. Titre trop long. Une raison, une bonne raison. Festival créé par des cinéphiles proches du MRAP. Soirée d'après projection. Tu le retrouves au bar. Echange de regards. Premiers mots, premières paroles. Assis côte à côte. Puis face à face en pivotant les tabourets. Lui, il parle. Toi, tu écoutes. Tu bois ses paroles. La magie opère. Avec ce conteur né, le comptoir devient contoir. Tu aimes sa voix, rugueuse, rocailleuse, comme le pays de rocailles d'où il vient. D'où viennent ses ancêtres. Chabrol écrit avec la voix. Tu ne te souviens pas de ce que vous avez bu ce soir là.

Bu passablement. Parlé ardemment. Une bande magnétique garde quelque part le souvenir précis de votre conversation. Question: où est-elle ? Où est surtout le Nagra, qui pourrait lire les sons de la bande magnétique. A l'heure du son numérique, l'analogique n'a presque plus cours.

Envie de relire ce matin, à trente et quelques années de distances cet écrivain oublié. Passé de mode. Même pas. Avec Chabrol, c'est commode, on avait le droit de se moquer des modes comme de la mode. Envie de retrouver cette voix fraternelle.

A portée de main, ça tombe bien, le rayon des auteurs dont le nom commence par la lettre C, Curiol, Curtis, et puis, tiens, un peu avant, Cohen, et encore un peu avant... Chabrol, Contes d'Outre-Temps, recueil de textes, d'abord écrits à la voix, chroniques pour la radio. Un rytme. Un ton. Un sens de l'ellipse. Un souffle particulier. Une vraie musique.


Ecoutez plutôt. La Bonne Pluie. Page 33.

 

 Les Parisiens pestent contre la pluie.

- Vous croyez que ça va tomber ce week-end ?

- Bah ! il pleut tout le temps.
Moi, je viens du pays des pluies heureuses. Quand le ciel crève sur lui, mon village lève le nez. Les paysans soupirent d'aise, ils disent, de la pluie: "Elle fait respirer le vallon."

Elle a sa chanson pour le toit, sa chanson pour les feuilles, son vernis pour les couleurs, elle exalte les senteurs, refait une beauté au paysage.

La Pluie, c'était l'Eau -on vivait si près de la terre !- on l'attendait.
Mon grand-père me disait gaiement : "Viens, on va marcher sous la pluie."

On allait, sans se presser, en offrant son visage au ciel.

 

Sans le savoir, deux "Jean-Pierre" t'ont tracé le chemin. La route. T'ont ouvert la voie. La voix.  le goût des mots-paroles. Le goût des mots parlés. Tu n'as jamais eu l'occasion de le leur dire. Leur dire ce que tu leur dois. De leur dire comme ça. Simplement. Tu le fais ici. Où qu'ils soient, la chose leur sera rapportée.

 

Heureux, vraiment, de les avoir croisés ces deux-là dans ce siècle ancien déjà. Lui, Jean-Pierre Chabrol, et l'autre Jean-Pierre, son copain, Farkas. Chabrol, l'écrivain, le conteur. Farkas, le journaliste, le baroudeur, l'inventeur du "Journal inattendu". Chabrol et Farkas, deux vrais humains croisés dans ce siècle vingt, et pas vain, deux vrais êtres humains comme trop rarement il en passe.

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 00:01
Paris. L'oeil de l'arbre. Juin 2014. © Jean-Louis Crimon

Paris. L'oeil de l'arbre. Juin 2014. © Jean-Louis Crimon

Cher citadin,

 

Tu le croises plusieurs fois par jour. Sans lui prêter le moindre regard. Lui te voit. T'observe. Sais où tu vas. Ce que tu fais. Avec qui tu parles. Qui tu fréquentes. A quelle terrasse tu aimes t'attarder, prendre un café ou un verre de vin blanc. Parler ardemment, jusqu'à très tard le soir, avec des amis, des copains, ou des voisins de table.

Jour de marché ou pas, tu lui passes devant, rapidement, sans même t'excuser quand tu lui marches sur les pieds, qu'il a longs et bien enracinés.

 

Cette fois, tu viens de l'entendre très distinctement t'adresser quelques mots. Tu as cru à une illusion. Une illusion sonore comme il y a des illusions d'optique. Tu t'es arrêté, face à lui. Tu lui as murmuré, très discrétement:

- Tu peux répéter, s'il te plait ?

N'a rien répondu. Tu as attendu. En vain. Tu n'as rien entendu. Tu as tourné les talons, en pensant, -honte sur toi- très fort, tout bas: vieux con !

 

C'est exactement à ce moment-là qu'il t'a balancé:

- Gaffe ! Je t'ai à l'oeil !

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 00:01
Libération. L'Appel des 40. Jeudi 19 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Libération. L'Appel des 40. Jeudi 19 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher... signataire,

 

Aucun doute, ce texte-là, tu signes, tu le signes ! des deux mains et des deux pieds, sans traîner les pieds, si tes deux pieds savaient signer.

Enfin !

Depuis le temps ! Car ça en a pris du temps. Vraiment.

 

Dans son Edito, Laurent Joffrin pose la question, la seule qui vaille. Celle à laquelle tu te heurtes depuis 20 ans, au moins.

"Comment un homme qui n'a pris aucun risque, qui n'a inventé aucun procédé révolutionnaire, qui a fait en général une carrière linéaire au sein de vastes organisations, peut-il valoir 300 fois un autre homme ou une autre femme qui travaille dans la même organisation ?"

 

Abîme social et philosophique, dénonce plus loin l'Editorialiste de Libération, en rappelant que cela a toujours été condamné par "les moralistes de toutes obédiences".

A chacun selon son travail, à chacun selon ses besoins, recommandait, en d'autres temps, l'auteur d'un certain Manifeste. Manifestement, tous les hommes n'ont pas les mêmes besoins.

 

 

Parmi les premiers signataires:

Thomas Piketty, Economiste, Christophe Alévêque, Humoriste et patron de PME, Patrick Chamoiseau, Ecrivain, Nicolas Hulot, Daniel Cohn-Bendit, Anne Hidalgo, Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT, Arnaud Montebourg, Entrepreneur et ancien ministre, Jean-Michel Ribes, mais aussi Serge Papin, PDG de Système U et Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du monde.

Serge Papin qui explique: "J'ai signé ce texte parce que je crois en la vertu de l'exemplarité."

 

Toi aussi, sans tarder, tu t'associes et tu signes:

"Nous demandons au gouvernement de légiférer pour qu'un patron ne perçoive pas plus de 100 Smic".

 

100 Smic ! C'est même encore un peu, beaucoup, TROP, non ? 

Smic, Salaire minimum pour les prolos !

Smic, Salaire Maximum pour les patrons ! Salaire Maximum Interprofessionnel de Croissance !

 

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SMIC :

 

Le "SMIC" (salaire minimum interprofessionnel de croissance) est la rémunération légale minimum que doit recevoir tout travailleur âgé de plus de 18 ans, il varie en fonction du coût de la vie et de l'augmentation des salaires. Il est fixé chaque année par Décret. Le Décret n° 2014-1569 du 22 décembre 2014 a relèvé le salaire minimum de croissance à compter du 1er janvier 2015. Le montant du SMIC brut horaire est porté à 9, 61 € (augmentation de 0, 8 %), soit 1 457, 52 € mensuels sur la base de la durée légale du travail de 35 heures hebdomadaires.

Le salaire minimum de croissance assure aux salariés dont les rémunérations sont les plus faibles, la garantie de leur pouvoir d'achat. Le manquement de l'employeur à son obligation de paiement d'une rémunération au moins égale au salaire minimum de croissance cause nécessairement un préjudice au salarié dont il appartient au juge d'apprécier le montant (Chambre sociale 29 juin 2011, pourvoi 10-12884, BICC n°751 du 15 novembre 2011 et Legifrance).

Lorsque les salariés ne sont pas à la disposition de l'employeur de sorte que les pauses ne constituent pas du temps de travail effectif, les primes qui ne sont pas la contrepartie du travail, doivent être exclues du salaire devant être comparé au SMIC. (Chambre sociale 21 mars 2012, deux arrêts, pourvoi n°10-21737, Observations du SDER, BICC n°766 du 15 juillet 2012 et Legifrance). Consulter la note de M. Nicolas Léger référencée dans la Bibliographie ci-après.

Textes

  • Code du travail, Articles L3231-1 et s.
  • Loi n°2003-47 du 17 janvier 2003 relative aux salaires, au temps de travail et au développement de l'emploi.
  • Décret n°2007-1052 du 28 juin 2007.
  • Décret n°2008-617 du 27 juin 2008 portant relèvement du salaire minimum de croissance.
  • Décret n°2009-800 du 24 juin 2009 portant relèvement du salaire minimum de croissance.
  • Décret n°2009-1584 du 17 décembre 2009 portant relèvement du salaire minimum de croissance.
  • Décret n°2010-1584 du 17 décembre 2010 portant relèvement du salaire minimum de croissance.
  • Décret n° 2011-1926 du 22 décembre 2011 portant relèvement du salaire minimum de croissance.
  • Loi n°2012-387 du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allégement des démarches administratives.
  • Décret n° 2012-1429 du 19 décembre 2012 portant relèvement du salaire minimum de croissance.
  • Décret n° 2013-123 du 7 février 2013 relatif aux modalités de revalorisation du salaire minimum de croissance.
  • Décret n° 2013-1190 du 19 décembre 2013 portant relèvement du salaire minimum de croissance.
  • Décret n° 2014-1569 du 22 décembre 2014 portant relèvement du salaire minimum de croissance.
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 06:01
"Verlaine avant-centre". Répétitions de Saint-Quentin-en-Yvelines. Mars 2009.  © Jean-Louis Crimon

"Verlaine avant-centre". Répétitions de Saint-Quentin-en-Yvelines. Mars 2009. © Jean-Louis Crimon

Cher pêcheur de mots,

 

Au départ, tu le sais, c'est un souvenir d'enfance. Juste un souvenir d'enfance. Un souvenir d'enfance qui peut tenir en trois lignes. Avec ta petite soeur, de trois ans ta cadette, fin des années cinquante, tu adores, l'été, patauger dans l'eau de la rivière qui borde votre jardin. Objectif: essayer de capturer des épinoches.

Un souvenir d'enfance devenu - aux dires de nombreux lecteurs et de lectrices, d'ailleurs -, les trois plus belles pages de "Verlaine avant-centre".

Va savoir pourquoi, tu les relis aujourd'hui ces lignes qui éclairent à tout jamais ton existence. Dans ces heures magiques, incontestablement, s'est enraciné, sans que tu en aies vraiment conscience, ce dur durable désir d'écrire.

 

" Chaque midi, elle est au rendez-vous. Fidèle, ponctuelle, précise. Dans son fuseau en lamé, elle scintille dans l'eau claire, avec sa grosse épine dorsale dressée. Epinoche, petit poisson magique. Sur le tapis de cailloux blancs qui dansent dans le fond de la rivière, l'épinoche s'amuse à faire du surplace, à contre-courant. ça peut durer dix secondes ou de longues minutes, le temps que l'échappée, capitaine du peloton aquatique, soit rejointe par d'autres épinoches plus petites, plus jeunes. La troupe poursuit alors sa remontée de la rivière, procédant par étapes, comme si, d'instinct, les premières sentaient qu'il faut faire des pauses, en pagayant des nageoires, pour que les attardées recollent au peloton liquide.

"Des heures durant, je contemple au ras de l'eau ce spectacle étrange du ballet silencieux des danseuses en tutu d'écailles. D'or et d'argent sont les petits rats de l'opéra aquatique et je suis maître de ballet. D'une tige d'herbe sauvage ou d'une fine branche, je dessine des ronds dans l'eau. Mes épinoches jouent dans les cercles. Je suis le chef d'orchestre de la mise en ondes, mais mon pouvoir est illusoire. Jamais encore je n'ai réussi à piéger la moindre princesse de l'eau pour en faire, ne serait-ce qu'une heure entière, ma belle prisonnière. L'épinoche est vive, futée, habile. Elle seule sait changer instantanément de trajectoire si un obstacle ou un danger se présente. Impossible à saisir de la main, comme on peut parfois le faire avec une jeune truite qui se chauffe au soleil, près de la berge. Impossible à prendre avec une petite épuisette. Les épinoches s'éparpillent en tous sens, pour mieux échapper aux mailles étroites du filet. Plusieurs étés de suite, je restai systématiquement bredouille. Jusqu'au jour où ma soeur et moi découvrîmes par hasard la clé qui allait nous permettre de réaliser des prises extraordinaires.

"Ce jour-là, nu-pieds, nous étions dans l'eau jusqu'à mi-mollets, à soulever des pierres pour voir si ne s'y cachaient pas ces curieux poissons à têtes plates, gros têtards myopes qui se dissimulent dans la vase et que nous appelions camborgnes ou caborgnes. Chats borgnes sans doute en français. C'est vrai qu'ils avaient un peu des têtes de poisson-chat. D'une main leste, je sortis de l'eau une boîte à conserve métallique que quelqu'un avait dû jeter dans la rivière et qui avait dérivé jusque devant chez nous. Incroyable : la boîte contenait trois épinoches. La chose tenait du miracle. Avec ma petite soeur qui allait avoir six ans, on se dit qu'il devait bien y avoir une raison. Une explication. On se mit à jouer au jeu des pourquoi et des comment. On gambergea, on réfléchit. La boîte n'avait pas dû séjourner très longtemps au fond de l'eau. Elle semblait neuve. Ne comportait aucune trace de rouille. L'intérieur et le fond brillaient comme les parois d'un palais des glaces miniature. Nous tenions notre explication: rassurée par son image qui se reflétait contre la paroi, une première épinoche s'aventura sans crainte jusqu'au fond de la boîte, puis un autre, rassurée par la présence de la première, puis une autre encore. Trois épinoches trompées par le miroir parfait de l'intérieur de la boîte métallique. Le piège était fabuleux. Ma soeur ne voulait pas croire qu'on puisse le reproduire à volonté. Je décidai qu'il fallait tenter l'expérience.

"Le lendemain matin, on se mit en quête des restes métalliques des repas du voisinage. Haricots verts, petits pois, épinards et même cassoulet, firent notre bonheur en boîtes. Avant midi, on décida de disposer dans la rivière, à contre-courant et lestées d'un gros caillou, les boîtes à conserve vides ainsi récupérées. On laissa volontairement passer une nuit, un jour entier et une autre nuit, pour que les épinoches aient le temps de visiter leurs différents appartements et s'habituent à y séjourner. Puis ce fut le grand jour.  

"Dès la première boîte, relevée très vite, par surprise, pour éviter toute tentative de fuite, nous sûmes que le piège était parfait : deux grosses épinoches et cinq petites. Dans les autres boîtes aussi, les prises étaient extraordinaires. Nous décidâmes de relâcher les plus petites pour ne garder que les grosses épinoches dorées et argentées. En guise d'aquarium, notre mère nous octroya un grand bocal vertical, au préalable vidé de son contenu de fruits en conserve. La soirée fut inoubliable: la famille au grand complet en cercle autour du bocal où, inlassablement, glissent et glissent nos belles prisonnières qui brillent dans l'eau qui soudain s'éclaire. Ce soir-là, nous venons d'inventer l'eau-lumière.

"Bonheur de courte durée, hélas ! Après un jour ou deux passés dans le bocal, nos épinoches semblèrent perdre de leur brillance. Comme si, prisonnière, l'épinoche perdait sa lumière. Façon de nous dire : rendez-moi la liberté. Libre, l'épinoche brillerait à nouveau, et pour toujours. Je persuadai ma petite soeur que c'était la seule issue. Pour que l'éclat de nos pierres précieuses vivantes ne se ternisse jamais, nous devions les rendre à l'eau vive. On décida de toutes les relâcher dans la rivière. Le jeu pourrait continuer. Se renouveler. Inlassablement. Davantage que la prise ou la pêche miraculeuse, c'est le jeu qui était magique. C'est le jeu qui comptait. Il fallait pouvoir le répéter, le reproduire à l'infini."

 

Verlaine avant-centre. Jean-Louis Crimon. Le Castor Astral. 2001.                 

 

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