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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 17:42

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© Jean-Louis Crimon                                Paris, Place Monge. 2011.

 

 

 

C'était encore l'hiver. Ou bien le tout début du printemps. Un début de printemps frileux. Tristoune et frisquet. Place Monge, à Paris. Pas très loin du quai de la Tournelle. Place Monge et sa brocante d'objets en ribambelle. Place Monge et sa brocante qui, toujours, m'enchante. C'était l'hiver. Ou les premiers jours du printemps. Je ne sais plus précisément. C'était déjà le soir. Cela, je m'en souviens très bien. La nuit tombe vite en hiver. Assez vite aussi au tout début du printemps. Même si l'on sent, alors, que le jour rallonge. C'était Place Monge. Il avait un peu plu, - ce qui ne m'a pas déplu, en fin d'après-midi. Le miroir était ponctué de gouttes de pluie. Des gouttelettes, pour être honnête.

Les marchands de choses ne disaient plus grand chose. Ils avaient, comme on dit, fait leur journée. Ils emballaient tranquillement, soigneusement, précautionneusement, leurs porcelaines. Leurs tableaux de Maître qui n'avaient pas trouvé de nouveaux Maîtres. Leurs petits meubles à écrire, qui resteraient sans servir. Leurs guéridons. Leurs tables de nuits. Leurs couverts en argent. Vendus par des gens désargentés.

L'homme à casquette s'approche. Il se regarde dans le miroir, sans se rendre compte qu'un autre miroir le réfléchit. Je veux dire le reflète. Le miroir se met à parler. Je l'entends dire quelque chose d'incompréhensible. Je tends l'oreille.

L'homme doit dire : Dans le miroir où je me mire, je me marre.

Le miroir répond : Il y a des jours où j'en ai marre. Des jours où ça va pas trop mal. Des jours où ça empire. Des jours où je larguerai tout. Tiens, ce soir, ma gueule de miroir pour un empire.

L'homme aux trois visages a dû dire encore quelque chose, mais là encore, je n'ai rien compris. L'homme aux trois visages s'est commandé une bouteille de Champ'. Elle est dans le seau. Le seau à champagne.

Vous ne croyez pas à l'histoire de l'homme aux trois visages. Il y a pourtant, sur la photo, une preuve. Une preuve irréfutable. Dans le bas de la photo. Dans le haut de la table.

Regardez bien, entourant la bouteille de champagne, il y a trois verres pour l'homme... Trois verres, ou trois timballes. Normal. Pour l'homme aux trois visages.

 

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 01:25

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Rome. Septembre 2012.                                                                              © Jean-Louis Crimon 

 

 

 

Allée des bouquinistes, Via delle Terme di Diocleziano, Angelo me l'avait dit, de vrais bouquinistes, il n'y en a plus guère. Trois ou quatre, pas davantage. Les autres vendent une curieuse littérature. Sans fioritures. Le X est devenu l'alphabet du commerce. Je traîne un peu pour jeter un oeil aux étals. Quelques photos en passant. Très discrètement. Un masque dévisage une dame qui baisse les yeux. En souriant. Face à face étonnant. N'a rien d'une diablesse. Le face à face, je le confesse, plus subtil que le fesse à fesse.

Me revient en mémoire la musique de rimes intérieures Verlainiennes : Masques et Bergamasques. Souvenir fantasque. Le Masque n'a rien à voir avec la ronde traditionnelle dansée autrefois à Bergame. Le masque n'est pas bergamasque. Mais c'est souvent comme ça, chez moi, pour entrer dans la danse, le son des mots aime à prendre le pas sur le sens. Peut-être que la dame est de Bergame. Qu'elle danse la bergamasque. Avec ou sans masque.

Masque et Bergamasque... Je me souviens des premiers vers du premier poème de Fêtes Galantes. Le Clair de Lune de Paul Verlaine.

 

Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques

Jouant du luth et dansant et quasi

Tristes sous leurs déguisements fantasques

 

Si ça vous dit, je connais aussi par coeur les deux autres strophes :

 

Tout en chantant sur le mode mineur

L'amour vainqueur et la vie opportune,

Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur

Et leur chanson se mêle au clair de lune,

 

Au calme clair de lune triste et beau,

Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres

Et sangloter d'extase les jets d'eau,

Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

 

Bergamasques, c'est le nom des habitants de Bergame. C'est aussi le nom des anciennes danses populaires très en vogue, dans cette ville, dès le XVIe siècle. Arlequin et Brighella, deux personnages de la Commedia dell'arte, nés à Bergame, étaient qualifiés de "Bergamasques". Bergamasque, cette danse de couples disposés en cercle, vive et sautillante. Verlaine emploie le mot "Bergamasques", non comme adjectif, mais comme nom pour désigner les danseurs. Avec une étrange douceur.

Je ne sais pourquoi j'adore autant ces deux vers-là de Verlaine :

 

Votre âme est un paysage choisi

Que vont charmant masques et bergamasques...

 

 

 


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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 08:19

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Rome. Mardi 4 Sept. 2012.                                                                           © Jean-Louis Crimon

 

Une journée de vrai déluge. Comme Rome n'en a pas connue depuis des lustres. La ville transformée en cité lacustre. Le pavé romain que la pluie lustre. Des fidèles dégoulinants qui processionnent en rustres. Place Saint-Pierre, une pluie d'enfer. Pas une petite averse. Des trombes d'eau que Dieu déverse. Le dos gelé que le froid transperce. Femmes en talons qui auraient dû choisir les Converse...

Soudain, clin d'oeil au Paradis perdu, miracle très inattendu : des Anges apparaissent sur la toile... d'un parapluie. Larmes divines que le ciel essuie. Pas très loin du Pont Saint-Ange. Le bien nommé.

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 00:28

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Rome. Septembre 2012.                                                                                   © Jean-Louis Crimon

 

No, non per me ! Non, pas pour moi. Corso Vittorio Emanuele, le pas est déterminé. La jeune femme ne s'attarde pas. Pas de rêverie en blanc devant la vitrine. La robe de mariée, ça ne l'intéresse pas. Elle accélère le pas. Le mariage est loin déjà. Loin derrière elle. Ou loin devant.

Nous n'en dirons pas plus pour aujourd'hui.

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 08:39

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Rome. Septembre .2012.                                                                                 © Jean-Louis Crimon

 

 

 

Apparemment, aujourd'hui, à Rome, il n'y a aucun endroit pour saluer la mémoire de Vercingétorix. Aucun lieu pour rendre hommage au vaincu. Au prisonnier de César. A l'homme exhibé comme un Trophée. Depuis toujours, on le sait, l'Histoire est écrite par les vainqueurs. L'Histoire ne garde mémoire que des vainqueurs. Mais, plus de 2000 ans plus tard, Europe aidant ou pas, on pourrait, -enfin, je le rêve- de ce temps-là, réunir Vainqueur et Vaincu. César et Vercingétorix. 

Du Vatican au Colisée, dans cette ville où foisonnent les noms de saints, en vain, je cherche le chemin vers... Saint Gétorix. Bien sûr, l'homme n'a sans doute pas été, au sens où on l'entend ici, un Saint. Mais, en tout cas, il a été un homme. Un homme qui a combattu. Pour l'union de son peuple. Un homme qui a livré bataille. Un homme qui a perdu. Un Chef qui s'est constitué prisonnier. Pour épargner des dizaines de milliers de vies humaines. Un homme qui a choisi de déposer ses armes au pied du conquérant victorieux.

Le lieu : Alésia. Au bout de quarante jours de siège, ses troupes meurent de faim. Vercingétorix se livre à César. En 52 av. J-C, tout le monde le sait. Le Chef Gaulois offre sa vie en échange de celle des 53 000 survivants d'Alésia. Les combattants Gaulois sont désarmés. Ils sortent de la citadelle et sont emmenés en captivité.

 

A Rome, dans sa prison, Vercingétorix, prisonnier de César, a sans doute su ce que devenait la Gaule, sa Patrie. Les Gaulois, ses amis, ou ses ennemis d’autrefois, enrôlés de force dans l'armée romaine. Obligés désormais de se battre pour le compte de l'empire romain. Jusqu'à en oublier le souvenir des campagnes d’Avaricum, de Gergovie et d’Alésia. Ces batailles d’Afrique, où tant de Celtes vont mourir du fait de César, écrivent le dernier épisode de la destruction de la patrie gauloise.

Plus tard, Juin 46 av. J-C, César, vainqueur de l’Afrique, revient à Rome pour triompher solennellement de tous les ennemis qu’il a vaincus. A commencer par les Gaulois. C’est à la glorification de leur défaite que sera consacrée la première journée de son triomphe. 

Dans le cortège, des écriteaux et des tableaux rappellent au peuple romain ce qu’a été la guerre des Gaules : trente batailles rangées, livrées en présence de César, 800 places prises de force, 300 tribus soumises, trois millions d’hommes combattus, un million de tués, un million de prisonniers. Des hommes portent les armes des vaincus, l’or des temples, les bijoux des chefs. Et, derrière les victimes destinées aux dieux, la Gaule apparaît elle-même, en la personne de Vercingétorix enchaîné.

Le dernier acte de son sacrifice s’accomplira le soir même. Vercingétorix avait vu le triomphe de son vainqueur, il ne lui restait plus qu’à mourir. Au moment où le cortège, sortant du Forum, gravit les pentes du Capitole à la lueur des lampadaires que portent quarante éléphants, le roi des Arvernes est conduit dans la prison creusée au pied de la montagne sacrée. Pendant que César amène ses autres victimes à Jupiter, Vercingétorix est mis à mort. On dit qu'il a été étranglé.

 

César honoré comme un Dieu, au Forum, à Rome, où chaque jour, des fleurs fraîches sont déposées sur sa tombe, d'accord. Mais, officielle proposition à l'Etat Italien et à l'Italie d'aujourd'hui : que Vercingétorix, lui, ait aussi, ici, un lieu où il puisse être salué comme... un Homme.

 

© Jean-Louis Crimon

 

Frappé en 48 av. J.-C. à Rome, ce denier d'argent
pourrait représenter Vercingétorix qui y était alors captif.

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 22:25

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Rome. Pont Sant'Angelo. (Sept. 2012).                                                        © Jean-Louis Crimon

 

 

Chaque jour que Dieu fait, - comme on doit dire au Vatican -, la mendiante de Sant'Angelo, est sur le pont. Qu'il fasse soleil ou qu'il pleuve ardemment. Comme ces jours-ci. Elle joue l'imploreuse, la prieuse, la quémandeuse.

Elle a une technique bien à elle. Mains jointes pointées vers le ciel. Agenouillée, non pas comme à l'église, mais comme à la mosquée. Attitude un peu trop alambiquée.

Timballe à images pieuses, pour recueillir le don ou l'offrande. Le Tibre, en dessous, s'en moque. Il en a coulé de l'eau sous le pont. Mais qu'importe, le passant, passant ou repassant, lui accorde son obole. 

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 10:54

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© Jean-Louis Crimon                                          Roma. Amor. Via Nazionale. Septembre 2012.

 

 

Je me souviens de ce roman de Moravia. La Belle Romaine. Adapté au cinéma par Luigi Zampa. Avec Gina Lollobrigida, Daniel Gélin et Franco Fabrizi. La Belle Romaine. Croisant par hasard, Via Nazionale, cette superbe silhouette brune, je me dis que c'est elle. Pas un regard échangé. Une évidente détermination très italienne. Elle regarde droit devant. Sait qu'on la regarde, mais ne regarde personne. D'un pas décidé, elle marche vers son destin vespéral.

Trop belle. Trop inaccessible. Aérienne. Pas de doute, c'est Adrienne. Aérienne Adrienne. L'Adriana de Moravia. D'une si parfaite beauté que sa mère la rêve top modèle. Mais, dans le roman de Moravia, cette exceptionnelle beauté fait le malheur de la jeune Romaine. A chaque fois, elle croit trouver l'amour. Le grand amour. A chaque fois, seule la déception est au rendez-vous. Une immense déception. J'ai oublié la suite de l'histoire.

 

Je file à la Librairie française de Rome. Piazza San Luigi dei Francesi. Je veux relire le roman. Ce soir, absolument. Déception. Trahison. Ils ne l'ont pas. Epuisé chez Flammarion. Epuisé en Poche. Pas réédité. La Belle Romaine. Roman introuvable à la Librairie française de Rome. Pas davantage à la Libreria S. Agostino, Libri rari e d'occasione, et son stock de 1563 ouvrages en français. La Libreria S. Agostino, Via S. Agostino 17. Agostino, pourtant, titre d'un autre roman de Moravia.

Je ne relirai pas ce soir La Belle Romaine. En rêve, je pars à sa rencontre. Sous une pluie battante. Il n'a pas cessé de pleuvoir, tout au long de cette journée du mardi 4 septembre. Rome a le coeur en pluies d'automne. Une seule petite éclaircie. En fin d'après-midi. Pour La Belle Romaine.

Escapade lumineuse. Juste avant que la pluie ne retombe. Je la cherche. Entre deux averses. Avec un peu de chance, qui sait... Via Nazionale... Je la trouve. 

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 19:41

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Rome, 3 Septembre 2012.                                                                            © Jean-Louis Crimon

 

 

C'est à deux pas de Piazza della Repubblica. Juste à l'entrée de la rue des Termes de Dioclétien, la Via delle Terme di Diocleziano. Une petite maisonnette. Style guérite des marchands de billets de Loterie Nationale d'autrefois. Années cinquante ou soixante. Vraie petite maison. D'ailleurs on peut s'asseoir à l'intérieur. A l'abri du soleil ou de la pluie. A titre tout à fait exceptionnel, Rome a eu droit, cet après-midi, à quelques belles averses. Les marchands de parapluie ont fait rapide fortune auprès des touristes que trois gouttes d'eau paniquent.

La maisonnette d'Angelo possède une double façade de livres. Le bouquiniste romain a le commerce des mots chaleureux. Le commerce des livres généreux. On peut faire, chez lui, de belles acquisitions. La Nouvelle Héloïse, en quatre petits volumes, à couverture verte. Le premier, daté en chiffres romains, ça s'impose, M.DCCC.VI et les trois autres, en chiffres arabes, 1829. A peine au prix de quatre Poche.On a le droit de feuilleter chez Angelo. Sans obligatoirement acheter.

La page de titre voulue par Rousseau est toujours assez impressionnante. Trop de texte. Beaucoup trop de texte. On relit :

Julie ou La Nouvelle Héloïse; ou Lettres de deux amants, habitants d'une petite ville au pied des Alpes; recueillies et publiées par J.J.Rousseau. Non la conobbe il mondo, mentre l'ebbe; Connobil' io, ch 'a pianger qui rimasi. PETR. Le monde la posséda sans la connoître; et moi je l'ai connue, je reste ici bas à la pleurer.

Pétrarque bien sûr, pour la citation en vieil italien, traduite en vieux françois par Rousseau. Pétrarque qui a si bien célébré Laure de Noves. Dans son recueil Le Canzoniere. Recueil de poèmes dédiés à la belle Provençale.

Sur cette même page d'ouverture de La Nouvelle Héloïse, juste en dessous de Tome Premier, on précise côté imprimeur : Edition Stéréotype D'après le procédé de Firmin Didot. A Paris. De l'Imprimerie et de la Fonderie Stéréotypes. De Pierre Didot l'Aîné, et de Firmin Didot. M.DCCCVI.

 

Autre trésor parmi les livres d'Angelo : Les Commentaires de César sur la Guerre des Gaules. En deux tomes. Rédigés, ça ne va pas de soi, en vieux françois. Tome Premier et Second imprimés à La Haye, chez Jean Swart. M.DCC.XLIII. 1743, pour ceux qui ne lisent pas dans le texte les chiffres romains.

A Rome, selon Angelo, on dénombre une quarantaine de bouquinistes. Pas davantage. Une petite vingtaine Via delle Terme di Diocleziano, dont quatre vrais, précise Angelo, -les autres vendent surtout du porno, quelques uns près de la Villa Borghese, d'autres enfin près de Sant'Angelo.

Angelo vend aussi des cartes postales anciennes, des revues de cinéma, des publicités, des photos de la dernière guerre mondiale, - documents de l'Italie Mussolinienne apparemment toujours très recherchés, des soldats de plomb et un peu de littérature contemporaine. En prime, et en permanence, le passionné de Militaria offre gratuitement un sourire désarmant et une conversation savoureuse. En dialecte romain. Trop bien. On se revoit demain.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 19:09

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© Jean-Louis Crimon                                          Amiens. Fin des années 1970.   

 

 

 

En ce temps-là, les murs avaient la parole. En ce temps-là, nous écrivions sur les murs. Because Les paroles s'envolent. On nous l'avait dit, parole, et on l'avait cru, parole. Sur parole. La parole s'envole. L'écrit reste. On écrivait, la nuit souvent et du reste, le scribe nocturne, fier de son geste, se cavalait sans demander son reste. En  ce temps-là, on n'avait pas encore inventé le verbe taguer. On disait bomber. Comme bomber le torse. Pour se donner la rage. Pour se donner la force. Se donner courage. Hiéroglyphes militants. Slogans déroutants. Alphabet latin et mots français. Lettres capitales et message magistral.

Au fronton du bâtiment de la Sécurité Sociale : On perd sa vie à la gagner. Rue des trois cailloux, en guise de mauvaise herbe, ce pavé superbe: Vivre, c'est inhumain.

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 11:32

 

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© Jean-Louis Crimon                                                                                   Paris. Février 2012.

 

 

 

 

"Si j'avais su qu'on ne vendrait rien, sûr, j'serai pas venu !" Dernière déclaration grandiose de mon voisin Julien. Bouquiniste au grand coeur.  Mais grand coeur défaillant. Bouquiniste aux sacrés coup de blues. Déprimé et déprimant. Même pas le moral quand il fait beau.

 

- Cinq ou six heures sous le soleil. Pour 5 ou 6 euros...

- A passer pour des héros.

- Tu parles, faut être marteau ! 

- Non, patient... 

- Bon, pas la peine de raconter ça dans ton blog, hein ?

- Non, je ne dirai rien !

- Ouais, comme à chaque fois, tu dis rien, mais tu balances quand même !

- Julien, c'est pas méchant, juste des tranches de vie. 

- Des tranches de rien ! Des tranches de que dalle. Des tranches à deux balles.

- Parfois, quand même, de bonnes tranches de rigolade.

- Ouais, et c'est moi qui régale...

- Bon, allez, Julien, déprime pas, ça ira mieux demain. 

- Ah ouais, et pourquoi ?

- Simple, Julien : ceux qui vont lire le blog, ce soir, sûr, demain, y viendront t'acheter !

 

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  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
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