Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 00:17
Amiens. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                           291

Je me souviens du jour où je me suis dit que je devais arrêter de me sous-estimer et que j'avais autant de valeur qu'un autre, que tous les autres.

 

                                                                           292

Je me souviens de "Comme l'eau qui goutte à goutte tombe du toit ", premier vers de mon premier poème, en classe de troisième, avec cette "géniale allitération en t", -dixit ma prof de français, qui peinait à nous convaincre de l'intérêt des sifflantes du fameux "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes". Le  jugement de ma professeur me parut excessif. Mon "gouttagouttetombedutoit" n'auraient jamais rien à voir avec la prouesse en "s" d'Andromaque, Acte V, scène 5.

 

                                                                            293

Je me souviens de mon ami Alain Cagnard me racontant, émerveillé comme l'enfant de 10 ans qu'il était alors, sa fascination pour le slogan publicitaire du Café Delaporte,14, quai de la Somme : "Autant boire ici qu'en face". Sûr, mieux vaut s'en jeter un, que de se jeter dedans.

 

                                                                            294

Je me souviens des Bâtiments Bleus et de la Cité Brossolette.

 

                                                                            295

Je me souviens des noms des photographes du Courrier Picard  du début des années quatre-vingts : Jacky Almeda, Pierre Chardon, Gérard Crignier, Henri Duchêne, Roland Lécuyer et Claude Rawbone, le Chef du Service Photo.

 

                                                                            296

Je me souviens, quai de la somme, de l'architecture surprenante de l'ESIEE. L' École supérieure d'ingénieurs en électronique et électrotechnique d'Amiens que tous les Amiénois appellent la "Soucoupe volante".

 
 

                                                                            297

Je me souviens du bibliothécaire de la Bibliothèque Municipale qui chuchotait en permanence ses conseils de lecture, avec une rare délectation. La délectation de celui qui sait toutes ces choses que vous, vous ne savez pas, et qui adore vous mettre sur la voie.

 

                                                                            298

Je me souviens de Bernard Douzenel, prof de lettres et d'arts plastiques, génial acteur du Carquois dans La Cruche cassée. Der zerbrochene Krug, comédie écrite en 1808 par l'auteur allemand Heinrich von Kleist.

 

                                                                             299

Je me souviens de L'Eclat de Verre, 73, Boulevard du Cange.

  

                                                                             300

Je me souviens de Théo Gosselin, étudiant photographe, et du conseil de son professeur de l'Esad, Ecole d'art et de design d'Amiens : fais ton sac et pars faire le tour du monde. Redoutable conseil. Suivi à la lettre. Désormais, ce sont les photos de Théo qui font le tour du monde.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 00:00
Amiens. Eglise Saint-Honoré. Janvier 2017. Les trois rois mages qui sont... quatre. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Eglise Saint-Honoré. Janvier 2017. Les trois rois mages qui sont... quatre. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                            281

Je me souviens d'un marché à réderies d'octobre où j'ai acheté un pied à coulisse et comment j'ai bluffé le vendeur en lui en expliquant le fonctionnement. Juillet, mon prof de Techno du Lycée Lamarck aurait été fier de moi.

 

                                                                             282

Je me souviens du "Bœuf sur le toit", Route d'Abbeville, et d'un dîner d'après spectacle, avec Véronique Sanson et ses musiciens.

 

                                                                             283

Je me souviens qu'en 1975, Madame France était une Amiénoise qui a fait la Une du Point.

 

                                                                             284

Je me souviens de Jacques Darras arpentant à grands pas le siècle finissant et s'indignant que nous ne soyons pas déjà dans le siècle débutant.

 

                                                                             285

Je me souviens  d'Amiens-Acheuléen et d'avoir prétendu, en bon Oulipien, que nos ancêtres préhistoriques se déplaçaient à vélo-silex.

 

                                                                             286

Je me souviens de la recommandation de Bernard Bocquillon dans sa Préface à "Chemins Verts et Pierres Grises au Pays de Somme " : Par pure convention, les sept circuits sont établis à partir d'Amiens et occupent chacun une demi-journée à une journée entière. Mais il est bien évident que ce ne sont là que suggestions. Le promeneur peut suivre tout ou partie de l'itinéraire en commençant au point qui lui convient.

 

                                                                              287

Je me souviens que Bernard Bocquillon signait souvent ses billets d'humeur et ses éditos BdB .

 

                                                                              288

Je me souviens - petit boulot d'étudiant proposé par le Crous-, avoir nuitamment agrafé aux feux rouges de toute la ville des affichettes du journal Détective sur le "Vampire vert d'Amiens".

 

                                                                              289

Je me souviens avoir passé deux heures en garde à vue à l'Hôtel de Police pour avoir photographié un agent en train de rédiger une contravention à une automobiliste mal garée. Une photo banale qui, pour moi, s'inscrivait parfaitement dans le cadre du stage que je suivais et dont le thème était "L'homme au travail". Le commissaire voulait me faire dire que j'étais un militant Maoïste de La Cause du Peuple.

 

                                                                              290

Je me souviens d'Amiens capitale régionale, quand la région avait une identité, un nom, un centre, un cœur et de vrais poumons.

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 01:01
Amiens. 25 Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 25 Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                              271

Je me souviens d'Amiens 2028, Amiens Ville Olympique.

 

                                                                              272

Je me souviens des discussions philosophiques du 214, rue Saint-Honoré, avec mes deux colocataires, Philippe Demarcy et Richard Goldenberg. La dialectique du Sage face à la diagonale du Fou. Un philosophe face à un joueur d'échecs. Nuits blanches fabuleuses pour des petits matins incroyables.

 

                                                                               273

Je me souviens d'Achille Zavatta, clown à grimage humain, qui me reçoit dans sa caravane un samedi après-midi, juste avant le spectacle.

 

                                                                                274

Je me souviens d'un match Amiens-Lens, au Stade de La Licorne, et comment en trois minutes, une défaite 1-0 se transforme en victoire 2-1. Magie du foot où jusqu'à la dernière seconde, tout est toujours possible. Métaphore sublime de la vie, tout simplement. Tant que nous ne sommes pas morts, nous sommes... vivants.

 

                                                                                275

Je me souviens des pavés de la rue Delpech et de l'année où ils ont été bitumés.

 

                                                                                 276

Je me souviens de Jack Carlys et de sa troupe de musiciens et de comédiens d'un autre temps. Tellement attachants.

 

                                                                                 277

Je me souviens de Goodyear, de Valeo et de Whirlpool. Des Coopérateurs de Picardie, de La Ruche Picarde et de Jacques Dian.

 

                                                                                 278

Je me souviens de Maurice Gest, Chef du service des sports du Courrier Picard et créateur du Tour de Picardie, dont le départ et l'arrivée avaient lieu à Amiens, capitale régionale.

 

                                                                                 279

Je me souviens de l'assassinat du Président Kennedy, le 22 novembre 1963, et d'avoir eu, cette nuit-là, l'oreille collée au Transistor d'un camarade de l'internat.

 

                                                                                 280

Je me souviens, en mars 1961, avoir levé les yeux au ciel, avec les prêtres, -nos professeurs-, et tous mes camarades de sixième, pour y observer le passage d'un Spoutnik. Avec à son bord, la chienne Tchernouchka. C'était au Petit Séminaire, à Saint-Acheul.

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 00:09
Amiens. 24 Janvier 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 24 Janvier 2016. © Jean-Louis Crimon

 

                                                                       261

Je me souviens de la voix de Giani Esposito quand il chante Le Clown. Cafète du Bâtiment B, Résidence du Bailly, tout début des années 70. Fine fleur de la chanson française, présentée par Luc Bérimont.

" D'une petite voix comme il n'en avait jamais eue,
D'une petite voix comme il n'en avait jamais eue,
Il parle de l'amour, de la joie sans être cru
..."

 

                                                                       262

Je me souviens du clown Rafistol. Robert Landard. Alias Pedro. Mime et musicien. Sait tout faire ou presque. Joueur de saxo dans une fanfare burlesque.

     

                                                                        263

Je me souviens de François 1er qui fait son entrée à Amiens le 29 Mai 1517, et qui est accueilli par le mayeur, Jean Le Prévost. 500ème anniversaire en cette année 2017.

 

 

                                                                        264

Je me souviens d'Amiens-Nord quand l'espoir existe encore.

 

                                                                        265

Je me souviens de Roland Lecavelé, né le 15 Juin 1885, rue Vascosan, à Amiens. Au numéro 71, une plaque témoigne de la date de sa naissance de celui qui deviendra Roland Dorgelès.

 

                                                                        266

Je me souviens d'In'hui et des éditions 3 Cailloux.

 

 

                                                                        267

Je me souviens d'Amiens, capitale régionale. Quand la Région avait un sens et un droit à l'existence.

 

 

                                                                        268

Je me souviens des beaux dimanches de Ballon au poing, Esplanade de La Hotoie, et de ces joueurs qui se bandent le poignet et l'avant-bras à l'aide de plusieurs bandes Velpeau.

 

                                                                        269

Je me souviens d'Amiens-jours de pluie et de mon premier poème en picard :

Avu d'el pleuve qu'all' n'in finit point ed'tcherre,

Et pis eine vielle ramonchelée à ch'coin d'sin fu,

Qui conte pis qui raconte s'n'histoère,

Avu des mots qu'o n'coprind mie pus...

 

                                                                        270

Je me souviens d'un spleen ancien qui tombe soudain sur la ville, jolie pluie fine pour essuyer le bitume bleu des soirs pleureurs.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:18
Lafleur "timbré". Mai 2011. © Jean-Louis Crimon

Lafleur "timbré". Mai 2011. © Jean-Louis Crimon

 

                                                                        251

Je me souviens de la couturière de Montières qui parlait si bien du "Temps d'avant " qu'elle n'appelait jamais le temps passé. Pour elle, "Temps d'avant", ça devait dire encore un peu "Temps présent."

 

                                                                        252

Je me souviens du 28 Mai 2011, premier jour du Lafleur Timbre Poste. Valeur faciale : 58 centimes d'euro. Tarif d'affranchissement d'une lettre prioritaire ne dépassant pas vingt grammes. Dessin de Cécile Millet.

 

 

                                                                        253

Je me souviens du Jimmy's Club, créé par Jimmy Walter, pianiste, auteur avec Boris Vian de plusieurs chansons grandioses dont Sans blague et le célèbre J'suis snob.  Jimmy Walter fut, dès 1954, le pianiste et le compositeur de Boris Vian. Un beau matin de juillet, le réveil...

 

                                                                        254

Je me souviens de cet homme qui disait " il est dix heures au soleil" quand il était midi. L'heure au soleil, j'adorais ça.

 

                                                                        255

Je me souviens du Prix Jean Renaux, critérium d'après Tour de France, juste au lendemain de l'arrivée à Paris, sur le circuit de la Hotoie. A chaque fois, des vainqueurs prestigieux : Louison Bobet, en 1955, Roger Walkowiak, en 1956, Jacques Anquetil, en 1957, Charly Gaul, en 1958, Federico Bahamontes, en 1959, et Gastone Nencini, en 1960.

 

                                                                        256

Je me souviens de Leitura furiosa et de Luis Rozas.

 

                                                                         257

Je me souviens de Pierre Rappo et de son roman Les guetteurs, paru, en 1975, aux Lettres Nouvelles, chez Denoël.

 

                                                                         258

Je me souviens du temps où j'étais timide et où je ne me sentais pas à la hauteur de mon interlocuteur.

 

                                                                         259

Je me souviens du Jardin des Vertueux, Chaussée Jules Ferry.

 

                                                                         260

Je me souviens des soirées vinyles chez Marc et Annie. Rue Blaise Pascal.

 

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 00:01
Amiens. 1978. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 1978. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                         241

Je me souviens de trois fois rien, car... trois fois rien... c'est déjà quelque chose. Dixit Devos, bien sûr, bien avant moi.

 

                                                                         242

Je me souviens que le quartier Henriville a été nommé ainsi en hommage au Roi Henri IV.

 

                                                                         243

Je me souviens de ma première manif et du regard porté sur nous par les passants scotchés sur les trottoirs, sidérés de nous voir gueuler, poing levé : "Ta réforme est foutue, tes étudiants sont dans la rue !"

 

                                                                         244 

Je me souviens de "Tas de feignants, au boulot ! " qui jaillissaient par endroit, quand le cortège stationnait devant des banques ou des commerces.

 

                                                                         245

Je me souviens du bonheur que nous avions à acheter et à lire Combat, à tout jamais, pour nous, le journal d'Albert Camus.

 

                                                                         246

Je me souviens de mon doublé en match corpo, une lucarne et un péno, avec l'USCP, contre l'équipe des forains de la Foire de la Saint-Jean. Suprême honneur : la Coupe du meilleur buteur reçue en ouverture de la troisième mi-temps.

 

                                                                           247

Je me souviens de cette maison où Jules Verne vécut 14 ans et où il mourut le 24 Mars 1905, à l'âge de 77 ans. Elle se trouve au 44, Boulevard Longueville, désormais Boulevard Jules Verne.

 

                                                                           248

Je me souviens de Jean-François Danquin et de son art de la portraitrise, le portrait trahi volontairement par son auteur. Avec une délectation rare et un sens aigu de l'humour vache.

 

                                                                           249

Je me souviens que René Lamps m'aimait bien.

 

                                                                           250  

Je me souviens de ma première rentrée universitaire et de mon incapacité à parler en public, désemparé, apeuré, tout en bas de l'amphi des étudiants de philo-psycho-socio. Une centaine de paires d'yeux et moi, perdu au milieu.  

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

                            

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 00:07
Amiens. Place de la Gare. 1970. © DR.

Amiens. Place de la Gare. 1970. © DR.

 

 

 

                                                                         231

Je me souviens de Joseph et du temps où nous étions, de minuit à 7 heures du matin, les OS du Labo qualité de Laden-Philips. Quatre étudiants pour quatre-vingts prototypes qui, non stop, tournent 24 heures sur 24. Lessives de nuit pour nous. Nous, complétement lessivés au petit matin.

 

                                                                         232

Je me souviens du Stade Delaporte, terrain d'entrainement de notre équipe de foot de Fac de Lettres et de Margerin, notre entraineur que personne, en ce temps-là, n'aurait osé appeler coach.

 

                                                                         233

Je me souviens de l'Eglise Saint-Honoré et de ses trois Rois mages, qui sont... quatre, mais je ne retiens jamais le nom du quatrième. Gaspard, Melchior, Balthasar et...

 

                                                                          234

Je me souviens de Pierre Garnier et de Jacques Darras, vrais grands frères d'écriture, mais tellement trop loin devant, à... dix mille, cent mille encablures.

 

                                                                          235

Je me souviens du pont de la Dodane et de la colonne érigée à proximité en hommage à Jules Verne. Œuvre du sculpteur Ivan Theimer, cette colonne en bronze est surmontée de deux enfants représentant Jules Verne et son frère Paul. L'un tient un gros poisson et l'autre, un pigeon.

 

                                                                          236

Je me souviens du Mémo d'Amiens de l'ami Rambour et de ce début de poème qui évoque Cazé et Patte, les deux boulangers de la rue Vascosan, spécialistes du gâteau battu : "Chez l'un et l'autre, ça sent le beurre doux... "

 

                                                                          237

Je me souviens des Trois Grâces, non pas des Trois Grâces de Botticelli, pas non plus des Trois Grâces de Raphaël, pas davantage des Trois Grâces de Rubens, les Trois Grâces de Morlaix, Emile Morlaix. Juste devant l'entrée de l'immeuble appelé les ISAI, à l'angle de la rue Jean Catelas et de la rue Martin Bleu Dieu.

 

                                                                          238

Je me souviens que ISAI, sigle étrange pour la plupart des Amiénois d'aujourd'hui, signifie Immeubles Sans Affectation Immédiate. Beau comme un poème Oulipo.

 

                                                                          239

Je me souviens de René Anger et de son projet fou et sérieux pourtant, d'Île mystérieuse au-delà de La Hotoie. Traduire en espace urbain le roman de Jules Verne.

 

                                                                           240

Je me souviens de la signature de Verlaine avant-centre, chez Martelle, un samedi de janvier 2001, et de cette queue immense qui déborde sur le trottoir et sur la rue, et de cette voix, identifiable entre toutes qui répète en boucle : "Je suis la mère de l'auteur ! Je suis la mère de l'auteur !"  L'auteur de mes jours pas peu fière du fils devenu auteur tout court.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 00:01
Amiens. Fin des années 70. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Fin des années 70. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

                                                                            221

Je me souviens de mon premier article publié par Le Courrier Picard et de son titre : Rue du Bout du Monde. Une vraie rue de Renancourt, à l'époque petit village à l'ouest d'Amiens, désormais quartier de la grande agglomération.

 

                                                                            222

Je me souviens des noms de toutes les rues où j'ai habité à Amiens : rue des cannettes, en 1969, rue Eloi Morel, rue Claudius Serrassaint, rue Saint-Honoré, au 214, rue Chevalier, rue Boucher de Perthes, en 1988, rue Laurendeau et rue Delpech.

 

                                                                            223

Je me souviens des mots écrits sur les murs, slogan épure pour dire la vie dure qui perdure.

 

                                                                            224

Je me souviens que Valéry Giscard d'Estaing est venu tenir un meeting au Cirque Municipal pendant la campagne de la Présidentielle de 1981.

 

                                                                            225

Je me souviens de "no future" bombé sur le mur de la Maison de la Culture.

 

                                                                            226

Je me souviens  de Jacques Falize, joueur de l'ASC-Football, aussi  fort au ballon au poing qu'au ballon au pied.                   

 

                                                                             227

Je me souviens d'une rencontre avec Hugues Aufray, "Chez Marc", route d'Abbeville, et d'avoir oublié, en le quittant, la pochette de 33 tours qu'il m'avait dédicacée.

 

                                                                             228

Je me souviens du Cinéma porno Le Rio, tout en haut de l'Avenue Foy.

 

                                                                             229

Je me souviens des linotypistes du Journal et du Secrétaire Général, Pierre Loubère, qui m'avait réservé, pour cinq mille francs, une linotype avec ses lingots en plombs, quand Le Courrier est passé à la photocompo.

 

                                                                             230

Je me souviens du goût fabuleux des fricadelles de la Baraque à frites du Boulevard Faidherbe.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

 

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 00:10
Amiens. Juin 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Juin 2016. © Jean-Louis Crimon

   

 

                                                                       211

Je me souviens des cours de philosophie d'Angèle Kremer-Marietti, dans une salle du Cloître Dewailly, en Octobre 1969.

 

                                                                       212

Je me souviens de l'Hippodrome du Petit Saint-Jean et du soir où j'ai cru voir les chevaux prendre leur revanche sur les hommes. Assis dans les gradins, ils applaudissent des quatre fers les hommes harnachés qui soufflent et transpirent en courant et tirant les sulkys sur la cendrée. Pour le bonheur des chevaux hilares qui boivent des bières et mangent des frites.

 

                                                                        213

Je me souviens des auto-tamponneuses de la Saint-Jean, des rires et des cris des femmes et des enfants.

                                                                        

                                                                        214

Je me souviens de Zic Zazou, neuf incroyables musiciens, comédiens, chanteurs, qui décident de ne pas jouer perso et tournent le dos à la carrière individuelle. Entre fanfare punk et rock musette. Piano, gratte électrique, trombone, des cordes et des cuivres, et tous les instruments les plus incongrus qui soient, pieds de chaise, marteaux pas piqueurs et bouteilles pas forcément vides au départ. Une troupe de déjantés aussi talentueux que malicieux.

 

                                                                         215

Je me souviens de la dernière minute du dernier jour du dernier mois de l'année 1999, juste avant le passage à l'an 2000, et de l'incroyable angoisse du Responsable Technique de la Radio qui craint que nos ordinateurs ne comprennent pas l'an 2000 et reviennent à l'an 1900.

 

                                                                         216

Je me souviens de Bernard Devauchelle, auteur de la première greffe partielle de visage. Le chirurgien opère en musique, souvent sur des airs d'opéra. Titre immanquable : le chirurgien opéra sur un air d'opéra.

 

                                                                          217

Je me souviens du premier tome de la Chronique des rues d'Amiens de Paule Roy, publié au CRDP au milieu de l'année 1980. Un vrai travail de moine Bénédictin. Rues, ruelles, impasses et Places, Paule Roy jamais ne lasse.

 

                                                                          218

Je me souviens de Guy Bedos à la MCA et de son sourire altruiste. Le rôle de l'humoriste ? Faire du drôle avec du triste.

 

                                                                           219

Je me souviens de ma première photo dans Politique Hebdo : Pierre Goldmann quittant le Palais de Justice d'Amiens, menottes aux poignets, mais sourire aux lèvres.

 

                                                                           220

Je me souviens de la mélancolie mauve de la nuit fauve quand le jour hésite à avouer qu'il se sauve.

 

 

                                                                 

 

 
© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.
Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article
23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 00:59
Amiens. 22 Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 22 Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                            201

Je me souviens du mot Hortillonnage, mot venu tout droit du bas latin hortellus, qui peut se traduire par « petit jardin », diminutif du latin classique hortus, « jardin ». Le mot Hortillonnage désigne dans cette ville les marais, entrecoupés de canaux, où l'on pratique la culture maraîchère.

 

                                                                            202

Je me souviens de la rue Eloi Morel où j'ai habité un temps au 159. Eloi Morel, génial inventeur du grand louchet, outil avec un manche de 4 à 7 mètres, qui facilite considérablement, à l'époque, - on est en 1786 - le travail d'extraction de la tourbe. Le tourbier peut, grâce à ce grand louchet, creuser à plusieurs reprises au même endroit et réussir à extraire la tourbe jusqu'à 6 mètres de profondeur.

 

                                                                            203

Je me souviens du mot "coquetière", nom donné à la jeune femme qui allait ramasser les œufs dans les fermes pour aller les vendre ensuite sur les marchés.

 

                                                                            204

Je me souviens de Lucien Clergue à la Maison de la Culture d'Amiens et de ses Nus nés de la Vague.

 

                                                                             205

Je me souviens d'une halte familière à l'Auberge du Vert Galant  au tout début du chemin de halage, avant se mettre en marche pour Camon..

 

                                                                             206

Je me souviens de Thérèse et René Nowak, hortillons au grand cœur, infatigables défenseurs de la cause hortillonne.

 

                                                                             207

Je me souviens de La Barque sur le Rieu, de Gaston Chantrieux, paru dans la Collection des Romans Picards, et imprimé à Amiens par l' Imprimerie Moderne, 165, Rue Saint-Maurice.

 

                                                                             208

Je me souviens des Hortillons remontant la Somme le samedi matin, dans leurs barques à cornet, pour vendre leurs légumes face au quai Bélu, sur la Place Parmentier. 

 

                                                                              209

Je me souviens de la légende qui voudrait que la cathédrale d’Amiens ait été construite en 1220 sur un champ d’artichauts, offert par un couple d'hortillons. L'histoire est belle, mais, foi d'hortillon et foi d'hortillonne, on ne cultive pas encore l'artichaut au début du XIIIe siècle.

 

                                                                              210

Je me souviens de la joie de Bruno Bréart découvrant, à la Bibliothèque Municipale, le mot "ortillon" dans un manuscrit du XVe siècle. Ortillon, - sans " h " -, mot attesté pour la première fois en 1492. L'année où Christophe Colomb découvre l'Amérique, Amiens découvre l'Hortillon.

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

Repost 0
Published by crimonjournaldubouquiniste
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens