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6 juin 2021 7 06 /06 /juin /2021 09:57
Amiens. Loge du Cirque Municipal. Eté 1979. © DR

Amiens. Loge du Cirque Municipal. Eté 1979. © DR

Alice Dona. Chanteuse yéyé. Pas seulement. Pas très nombreux sont ceux qui se souviennent de Mademoiselle Donadel. Son vrai nom, raccourci à la demande du directeur artistique de sa maison de disques. Donadel, c'est trop long. Dona, ça passe mieux. Tous les noms des artistes d'aujourd'hui ont deux syllabes. Bécaud. Vartan. Sheila. Lama. "Alors Aznavour, Dalida, ça ne marchera jamais !", risque la jeune effrontée. Avant d'accepter. Le soir, en rentrant chez ses parents, elle déclare "je suis Alice Dona !" Son père en a les larmes aux yeux. La même chose lui était arrivée quand, musicien amateur, il donnait de petits spectacles. Tony Dona était son nom d'artiste. En novembre 1962, au petit Conservatoire de la chanson, où Françoise Hardy, Pierre Vassiliu, Daniel Prévost, et même Hallyday, sont tous passés, Mireille présente "Mademoiselle Donadel, auteur-compositeur-interprète" et celle qui n'est pas encore Dona donne ce jour-là "Les prétendus prétendants", une de ses créations paroles et musique. Mais très vite, la musicienne prend le pas sur l'auteur. Compositeur lui suffit. Même si mélodiste lui convient mieux. Compositrice, c'est excessif pour celle qui confie simplement traduire "des choses qui chantent dans sa tête". 

 

Faire l'interview d'Alice Dona, un beau défi pour l'apprenti journaliste que je suis en ce début d'été 1979, au Courrier Picard. Un beau moment. Même si je ne sais plus ce qu'est devenu l'enregistrement de cette interview-là. En revanche, chantent toujours dans ma tête les paroles de la chanson de Serge Lama...

 

" Elle arrive à huit heures, personne n'est encore là
Elle ferme à double tour sa loge, et la voilà
Qui d'un air attendri, sourit à son miroir
Ça fait bientôt trente ans qu'elle fait ça tous les soirs..."

 

 

© Jean-Louis Crimon

 

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5 juin 2021 6 05 /06 /juin /2021 08:57
François Mitterrand à Amiens. Samedi 4 Avril 1987. © Gérard Crignier

François Mitterrand à Amiens. Samedi 4 Avril 1987. © Gérard Crignier

987-1987. Naissance de la France en Picardie. Charles Baur accueille François Mitterrand pour la célébration du Millénaire capétien. Pas évident de réussir à glisser le micro au bon moment au bon endroit. Classique bousculade pas très confraternelle quand l'invité prestigieux surgit. Il faut juste en souplesse sortir vainqueur de la mini mêlée. Le Président de la République accueilli sur le parvis de la Cathédrale d'Amiens par le Président du Conseil régional de Picardie, est un évènement important de la vie locale. 

Le 1er juillet 987, à Noyon, Hugues Capet a été élu roi de France par les grands seigneurs du royaume, exaspérés par la faiblesse des derniers héritiers de Charlemagne. Sacre, deux jours plus tard, dans la cathédrale de Reims, par l'évêque Adalbéron. Hugues Capet devient roi des Francs sous le nom de Hugues Ier. Ses descendants régneront sans discontinuer jusqu'en 1792 et l'abolition de la royauté. L'avènement et le sacre du premier des Capétiens, davantage que le baptême de Clovis, marquent la véritable naissance de la France. Une France née en Picardie. Charles Baur n'est pas peu fier de rappeler la chose au Président Mitterrand. 

 

© Jean-Louis Crimon

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 12:27
Rubempré. Casilda Vilbert. 16 Mars 1980. © Miguel Benadès / PMHP.

Rubempré. Casilda Vilbert. 16 Mars 1980. © Miguel Benadès / PMHP.

Casilda. Le prénom déjà vous embarque. Prénom comme une chanson d'Espagne. En fait, Casilda viendrait du latin casella qui signifie maisonnette. C'est dans sa maisonnette que Casilda m'accueille ce dimanche matin de la mi-mars. Casilda et moi, on se connait depuis plus d'un an. Depuis nos premiers enregistrements pour la radio, Radio France Picardie. Casilda est un personnage. Une femme originale. Qui n'hésite pas à aller à la ville en auto-stop. A près de 87 ans. Qui le dit avec des mots bien à elle, des mots picards, pour elle, une langue naturelle, une langue vivante, non pas un patois moribond. Faire de l'auto-stop, en picard, Casilda dit ça comme ça : " J'm'in vo à l'sortie d'ech villache, pis j'foais l'pouce !" Faire le pouce, lever le pouce, faire signe. Les gens s'arrêtent. Casilda monte dans la voiture. L'aventure commence.

Casilda raconte : L'auto-stop, j'en foais tout le timps, je n'ai coère foait hier. J'avoais envie d'aller à Amiens. J'vais donc jusqu'au bout du villache, l'dernière moéson à droète, celle d'ech' notaire. Pis j'voés éne bielle voéture qui s'amène, avec éne dame tout' seule au volant. J'foais l'pouce, l'dame all' s'arrête, all' dit : où ch'est equ'vos allez, madame ? ej' dis : "à Pierregot" ! Pis, ej'monte dins s'voéture, et pis ej'd'vise avec l'femme. Gintimint. All' étoait bien gentille, l'femme-lo, pis all' causait bien. Elle m'a plu tout de suite. O causons, o causons... Pis elle me red'minde : allez-vous à Pierregot ou ailleurs. J'li dis : marchez, j'e m'rinvos qu'au soèr, j'ai l'timps, j'déchindrai plus loin, j'descendrai à Rainneville. Ch'étoait por êt' plus longtimps avec elle dins l'voéture. Pour causer davantage."

Elle est comme ça, Casilda. Ce qu'elle aime, c'est parler avec les gens. A tout jamais, elle est l'une des plus belles rencontres des mes débuts de journaliste. Je me souviens du chapeau, de l'accroche rédigée pour la Une du Courrier Picard, à l'occasion de la publication de son interview : "Ils n'écrivent pas, ils parlent, et s'ils écrivent parfois, c'est quand l'heure de la retraite a sonné et que leurs mains, enfin libres des outils, prennent le temps de dessiner des mots et des idées, pour dire cette terre picarde. Ils nous donnent alors avec des "mots-paroles", des "mots-images", non pas de la littérature, mais de la "vie livrée", liant à la perfection le vivre et le livre. Ils sont des livres vivants."

 

Je ne dirai pas mieux aujourd'hui. L'inconvénient, c'est que cette histoire, je l'ai écrite il y a... 42 ans. J'avais 30 ans. J'en aurai bientôt 72. L'âge de commencer à mettre mes pas dans les pas de Casilda.

 

© Jean-Louis Crimon

 

Articles disponibles aux archives de la Bibliothèque Louis Aragon, rue de la République, à Amiens. 

Courrier Picard. 11/12 Août 1979. (En Une et page 3.)

Courrier Picard. 13 Août 1979. (Page 3.) 

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 08:57
Amiens. Léo Ferré. 12 Juin 1979. Première interview. © DR.

Amiens. Léo Ferré. 12 Juin 1979. Première interview. © DR.

 

Vous n'allez pas me croire, mais la nuit dernière, j'ai rêvé de Ponge. Oui, de Ponge. Francis Ponge. Parfaitement. L'auteur du Parti pris des Choses. L'auteur de La Seine. L'auteur du Carnet de Bois de Pins. L'auteur aussi de Proèmes. C'est une chose qui m'arrive assez souvent de rêver des absents. Des partis. Des en allés. Des disparus. Il y a trois ou quatre mois, j'ai rêvé de Ferré. De Léo. De Léo Ferré. C'était curieux. Il me parlait comme de son vivant. Je l'ai bien connu de son vivant. Phrase absurde. Comment pourrais-je l'avoir connu autrement que de son vivant ? Comment nous serions-nous croisés autrement que de son vivant ? Donc, il me disait "Petit, tu vois..." Il m'appelait toujours "Petit", même si, en fait, on devait avoir à peu près la même taille. Dans mon rêve, il semblait plus jeune, il n'avait pas la soixantaine comme quand je le rencontrai pour la première fois. Aujourd'hui, d'ailleurs, j'ai l'âge qu'il devait avoir au moment de notre première rencontre. Dans mon rêve, Léo me disait : Tu sais, petit, j'ai appris que tu étais devenu bouquiniste, tiens, j'ai préparé ça pour toi, ce sont de vieux livres que j'ai lu et relu, ils viennent d'ailleurs presque tous des quais, j'aimais m'y promener dans mes premières années parisiennes, allez, prends-les, ils sont pour toi, tu les vendras en pensant à moi. C'était vraiment étrange comme situation. On était là, tous les deux, dans un petit appartement mansardé. On parlait comme on parle sous les toits. On buvait du café. Léo fumait. Je me disais que ce n'était pas possible. Dans mes rêves, souvent, je suis capable de m'extraire de la scène, et de dire au rêve qu'il est absurde. Que ça n'a pas de sens. Que ce n'est pas possible.

 

Le lendemain de la nuit du rêve de Léo Ferré, il y avait, devant ma porte, une pile de vieux bouquins qui n'y étaient pas la veille. Mon nom et mon prénom griffonnés à la hâte sur un bout de papier glissé sous la ficelle qui tenait l'ensemble. La concierge de l'immeuble, sans doute. A moins que...

 

© Jean-Louis Crimon

 

( Première parution : 3 Déc. 2012.)

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 08:57
Londres. En direct du Service Français de la BBC. 1er Sept. 1988. © BBC

Londres. En direct du Service Français de la BBC. 1er Sept. 1988. © BBC

"Sans TGV, on va VGT". Plutôt fier de ma trouvaille. Ma géniale contribution à la bataille pour le TGV par Amiens. Le journal de 18 heures de Radio France Picardie en direct de la BBC, à Londres, c'était le défi sublime. Le couronnement d'un combat faussement dérisoire. A la gauche du Maire communiste d'Amiens, René Lamps, à la droite d'Elisabeth Durin, rédactrice en chef, et avec Philippe Milstead, nous avions porté haut les revendications picardes dans le studio du service français de nos confrères britanniques.

De Londres à Paris, comme de Paris à Londres, voie des airs, voie du rail, on passe par Amiens. Nécessairement. Mais pour le tracé du Train à Grande Vitesse, des ingénieurs SNCF pas vraiment ingénieux en avaient décidé tout autrement. Ablincourt-Pressoir, à mi-chemin entre Saint-Quentin et Amiens, commune de 272 habitants, fut choisie pour être le lieu de l'implantation de la gare TGV picarde. La gare des betteraves, la mal choisie, mais la bien nommée. Une absurdité. Une infamie. 

Aujourd'hui, de nos illusions perdues, ne reste rien. A peine un vieux slogan typiquement Crimonien. Sans TGV, on va VGT.

 

© Jean-Louis Crimon

 

 

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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 15:37
Paris. France Culture. Avec Ivan Levaï. Déc. 2003. © DR

Paris. France Culture. Avec Ivan Levaï. Déc. 2003. © DR

Cette année-là, je présente le journal de 7 heures de France Culture. Ivan Levaï assure la revue de presse de France Musique. On se croise chaque matin. Ivan et sa revue de presse, j'adore. La voix, le ton, le style. L'homme. Chaleureux et fraternel. Inimitable dans sa façon de traduire en mots de radio les articles et les reportages de la presse écrite. Avec ce qu'il faut d'ironie, parfois, ou d'humour, souvent, pour parcourir les journaux du matin. Leur lot de malheurs du monde et de petits bonheurs des petites gens. A côté d'Ivan, je me sens tout petit. C'est lui qui m'a aidé à devenir un peu plus grand.

Je me souviens du jour où pour clore une discussion avec un confrère pointilleux, sur l'art et la manière de faire une revue de presse, j'ai détourné le slogan d'une célèbre moutarde pour affirmer à haute voix : "Il n'y a que Levaï qui m'aille."

Ivan ne l'a sans doute jamais su. Je ne me souviens pas le lui avoir dit. Peut-être que j'aurais dû.

 

© Jean-Louis Crimon

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31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 11:49
Paris. Avenue des Champs-Élysées. Juin 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Avenue des Champs-Élysées. Juin 2012. © Jean-Louis Crimon

 

Sans paroles.

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30 mai 2021 7 30 /05 /mai /2021 08:57
Ljusekulla. Scanie. Suède. Déc. 1973. © Jean-Louis Crimon

Ljusekulla. Scanie. Suède. Déc. 1973. © Jean-Louis Crimon

 

Sans paroles.

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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 08:57
Copenhague. Gammel Strand. Juillet 2009. © Jean-Louis Crimon

Copenhague. Gammel Strand. Juillet 2009. © Jean-Louis Crimon

 

Sans paroles.

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 08:57
Amiens. Rue des Trois Cailloux. 22 Mars 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue des Trois Cailloux. 22 Mars 2015. © Jean-Louis Crimon

 

Sans paroles.

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