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13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 08:27
Paris. Juin 2014. © Jean-Louis Crimon

Paris. Juin 2014. © Jean-Louis Crimon

Parfois, tu passes devant l'arbre sans le voir, sans lui accorder le moindre regard, sans même lui dire Bonjour. Lui te regarde. Cyclope de la mythologie urbaine. Le cyclope sort ses moutons pour qu'ils aillent pâturer. Toi, tu te prends pour Ulysse. Sans posséder son art de la ruse. Sans voir que l'arbre te regarde. Le géant avec son oeil unique. Le géant reste de marbre. L'oeil fixe te fixe. L'oeil de l'arbre.

 

© Jean-Louis Crimon

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12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 08:27
Québec. Montréal. Face au Saint-Laurent. 1534-1984. © S.H.

Québec. Montréal. Face au Saint-Laurent. 1534-1984. © S.H.

 

Passant par hasard sur le quai du vieux Monde

Je suis l’embarqué de l’antépénultième seconde

 

© Jean-Louis Crimon

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11 décembre 2021 6 11 /12 /décembre /2021 08:27
Paris. Boulevard Edgar Quinet. 25 Avril 2019. © Jean-Louis Crimon

Paris. Boulevard Edgar Quinet. 25 Avril 2019. © Jean-Louis Crimon

Ce printemps-là m'a d'emblée semblé bizarre. Il y avait du sarcasme dans l'air. Il poussait aux arbres d'étranges fruits en forme de croquenots bien mûrs. Se balançant sur sa branche, une paire légère en toile blanche faisait un délicieux contrepoint, pour ne pas dire contrepied. Histoire de vous refiler l'envie de courir arpenter le bleu du ciel.

Osant braver le géant feuillu, je m'entendis répondre un tonitruant : De quoi j'me s'melle !

Je pressai le pas. Avec les arbres, on ne plaisante pas.

 

© Jean-Louis Crimon

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10 décembre 2021 5 10 /12 /décembre /2021 08:27
Paris. Quai des Orfèvres. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Quai des Orfèvres. 2012. © Jean-Louis Crimon

Avec l'ombre de leurs bras, mains posées à plat sur la tête, elles dessinent deux ombres comme deux yeux, paire de lunettes inattendue. L'appareil photo bien posé sur sa tête, la fille de droite prend la photo de leurs ombres. Elles n'ont pas vu que je les ai vues, et que moi, photo de photo, je les immortalise s'immortalisant. C'est amusant, cette photo au second degré. Captation d'une scène dont je ne suis pas le metteur en scène. Simple passant voyeur voyant.

 

© Jean-Louis Crimon

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9 décembre 2021 4 09 /12 /décembre /2021 08:27
Bourdon. Somme. Picardie. Cimetière Allemand. Août 1978. © Jean-Louis Crimon

Bourdon. Somme. Picardie. Cimetière Allemand. Août 1978. © Jean-Louis Crimon

Cet homme, en bras de chemise, au pied de la croix, c'est mon père. C'est l'été, les vacances. Lui qui est jardinier au cimetière anglais, employé de la Commonwealth War Graves Commission,  a voulu venir jusqu'au cimetière allemand de Bourdon, au nord-ouest d'Amiens. Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs d'enfant, je l'ai toujours entendu dire, sans connaître Michel Manouchian ou Louis Aragon : "Je n'ai pas de haine pour le peuple allemand". Déporté du travail pendant deux années à Dortmund, d'abord dans une usine puis dans une ferme, il n'a jamais voulu nous raconter ces années-là. Invariablement, il se bornait à nous dire à nous les trois enfants : "J'ai été arrêté par des gendarmes Français" et "j'ai été libéré par des soldats américains". Prisonnier et déporté STO. Service du Travail Obligatoire. Déporté du Travail.

 

© Jean-Louis Crimon

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 08:27
Amiens. Marie-sans-Chemise. Fin 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Marie-sans-Chemise. Fin 2017. © Jean-Louis Crimon

Quand Amiens la grise corne dans la brume l'entrée du grand paquebot gothique, je vois la mer au loin qui remonte des faubourgs. Les faux bourgs, vrais villages engloutis par la brique et le bitume. Seule à surnager dans la brume, ma petite sirène d'Andersen, ma belle promise, ma muse, s'amuse et se déguise en Marie-sans-Chemise. Chacun la célèbre à sa guise.

© Jean-Louis Crimon

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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 08:27
Chengdu. Sichuan. Confucius applaudit Laoshi Crimon. 23 Octobre 2013. © Baptiste Resse

Chengdu. Sichuan. Confucius applaudit Laoshi Crimon. 23 Octobre 2013. © Baptiste Resse

Ponctutation finale. Ultime. Dans tous les sens du terme. Venir lire au pied de la statue géante du géant, les extraits de ce roman que tu lui dois. Lui, c'est Kong, Conf' pour toi, Confucius. Celui que tous les étudiants Chinois appellent "Le premier des professeurs". Laoshi, professeur, tu l'as été pendant un semestre, dans cette université du Sichuan. Professeur de "Conversation française". Tu avais promis au Doyen du Département des Langues étrangères de ne pas te servir de ta présence en Chine pour effectuer des reportages de journaliste, ton premier métier. Tu as tenu parole.

Le roman, tu en as eu l'idée dès la première semaine de ce semestre incroyable. A moins que ce ne soit l'idée de Confucius. Puisque le reportage t'était interdit, le roman s'imposait. Le roman, la forme supérieure du reportage. Malraux l'avait expérimenté bien avant toi. Mais "Du côté de chez Shuang" n'a pas eu la reconnaissance ni le succès de "La Condition humaine".

A le relire aujourd'hui, tu te dis que ce petit roman rêvé et écrit, au cours de l'automne sichuanais, fin 2011, au pied de la statue de Confucius, a peut-être obtenu, sans le savoir, la plus belle récompense qui soit, le plus beau des Prix littéraires possibles, le Prix du roman... passé inaperçu.

 

© Jean-Louis Crimon

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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 08:27
Auvers-sur-Oise. Le cimetière. Deux frères. Deux tombes. Sept. 2009. © Jean-Louis Crimon

Auvers-sur-Oise. Le cimetière. Deux frères. Deux tombes. Sept. 2009. © Jean-Louis Crimon

Côte à côte, Théo et Vincent. Vincent et Théo, deux frères, au cimetière d'Auvers. Pour l'éternité. L'éternité des hommes. Quelques siècles à peine. L'éternité n'est pas de ce monde. D'un autre non plus. Enfant, j'aimais le côté paisible des cimetières. Il y avait trois cimetières dans mon village. Le cimetière catholique, le cimetière protestant et le cimetière militaire britannique.

Les musées sont des cimetières. Des cimetières où les vivants processionnent devant des pierres tombales de bois et de toile parfaitement alignées sur les murs. Survivances du passage terrestre de ceux qui, souvent, de leur vivant, n'ont recueilli qu'indifférence ou mépris. Ainsi va la vie, diront les cons. Moi, ça me révolte. Vincent Van Gogh au catalogue. D'une vie, l'épilogue.

 

© Jean-Louis Crimon

 

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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 08:27
Francis Lubrez. Le dernier laboureur de Brillon. 59178 Hasnon. 25 Février 1981. © Jean-Louis Crimon

Francis Lubrez. Le dernier laboureur de Brillon. 59178 Hasnon. 25 Février 1981. © Jean-Louis Crimon

C'était fin février de l'an 81. De la route, cet homme guidant d'un bras ferme le soc de la charrue, derrière son cheval, s'imposait. Coup de frein immédiat. Voiture garée sur le bas-côté. Il fallait fixer l'instant. L'arrêter pour l'éternité. L'éternité des hommes. Ephémère éternité. Le paysan, d'abord surpris de ton surgissement soudain, en pleine campagne, te déclara tout de go : "Vous êtes bienvenu, c'est mon dernier labour avec mon cheval, sa dernière année." Tu n'as pas osé parler de l'achat du tracteur. De la fin d'une époque. Tu as emboîté le pas du paysan et tu t'es dit que ta mission de ce jour-là, c'était de fixer pour toujours ces images qui semblaient déjà d'un autre temps. 

 

© Jean-Louis Crimon

 

 

Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’Août.
Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

— Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine, Le Laboureur et ses enfants.

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4 décembre 2021 6 04 /12 /décembre /2021 08:27
Corse. Spasimata. GR 20. Jour de repos. Juillet 1974. © F.G.

Corse. Spasimata. GR 20. Jour de repos. Juillet 1974. © F.G.

Un mot, un seul, pour ce sentier de randonnée qui traverse la Corse du Nord au Sud : mythique. De Calenzana à Conca. 200 kms à travers les montagnes. Sans conteste, l'un des sentiers de grande randonnée les plus durs d'Europe. Le plus beau aussi. A raison d'une étape par jour, il faut 16 jours pour un bon randonneur. Sauf, si vous décidez de vous octroyer, après une journée éprouvante, une bonne halte et un bon jour de repos.

 

© Jean-Louis Crimon

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