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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 00:01
Amiens. Picardie. 11 Mars 2016. © droits réservés

Amiens. Picardie. 11 Mars 2016. © droits réservés

 

Cher Picard... bientôt sans... Picardie !

 

Désespérant ! Lamentable ! D'une médiocrité rare !

Te faudra-t-il supporter encore longtemps autant d'infamie ?

"Hauts-de-France", "Nord-de-France", "Terres-du-Nord" ? Tu réalises que le nom de cette nouvelle grande région sera choisi parmi ces trois propositions. Tu comprends que cela signifie l'effacement définitif du mot "Picardie". Impensable. Incroyable. Inacceptable. Manque d'imagination. Manque de talent. Manque de culture. 

 

"Hauts de France" ? faussement pédant: être en haut de la carte de France, géographiquement parlant, ne donne pas aux gens du Nord le droit de se dire, de façon subliminale ou pas, de la Haute

"Nord de France" ? pourquoi pas "Sud des Pays-Bas" ? Sous une Présidence Hollande, serait très drôle, non ? 

"Terres du Nord" ? complétement has been ! Tant qu'à effacer "Picardie", "Nord" suffirait !

 

Tu te demandes ce qui peut présider aux choix d'un Président ? Le nom de la nouvelle grande Région Nord Pas-de-Calais Picardie serait ainsi définitivement établi. Ad vitam æternam.

Tu ne comprends pas pourquoi, toi, tu n'as pas été consulté ?  Pourquoi la seule consultation à laquelle tu as eu droit, c'est la consultation électorale ? Pourquoi on ne s'est intéressé qu'à ton vote, qu'à ta voix. Une fois la voix empochée, on t'ignore, on te méprise, on ne te consulte pas. On ne consulte que la jeunesse. Etrange conception de la démocratie. Pour quelqu'un qui prétend par ailleurs vouloir tenir compte de tous les points de vue. 

Pourquoi, cet homme-là, tout à fait arbitrairement, a décidé de ne consulter que les Lycéens et les Apprentis ? Qui, forcément, n'ont de connaissances que partielles, pour ne pas dire superficielles, connaissances en devenir. Pourquoi Xavier Bertrand n'a pas choisi d'interroger des poètes, des philosophes, des artistes, des écrivains, des romanciers et des universitaires ?

Triste signe des temps, les "politiques" seront toujours incorrigibles: vous leur confiez, à regrets, un CDD, et ils se comportent déjà en CDI. Vous leur accordez un petit pouvoir temporel et ils se comportent comme s'il s'agissait d'un droit divin. Le droit de nommer. De désigner. De tracer les identités, les territoires et leurs contours, les destins. Il est grand temps de leur réapprendre la qualité qui leur fait défaut depuis le début: l'humilité.

Car ça suffit ! Assez de ces usurpateurs, de ces petits tyrans qui jouent les agneaux pour vous attendrir et qui, dans votre dos, décident à votre place. 

 

Toi, citoyen lambda, tu réaffirmes plus que jamais ton idée première (Courrier Picard, 21 Déc. 2015, Courrier des lecteurs) : C'est la langue qui définit le pays, la région.

" Juste à jeter un coup d'oeil sur le nouveau territoire: EXACTEMENT LE TERRITOIRE DE LA LANGUE PICARDE ! De fait, n'en déplaise à certains, et surtout aux Flamands, le picard est le dialecte qui se parle dans le Nord, dans le Pas-de-Calais, dans l'Aisne, dans l'Oise et dans la Somme. Comment appeler cette Région où l'on parle - où l'on a parlé - majoritairement, la langue picarde ? Tout simplement la... Picardie."

 

En Picardie, que tu le veuilles ou non, tu as la... Pique Hardie   !

 

 

 

Hauts de France : faussement pédant, être en haut de la carte ne donne pas aux gens du Nord le droit de se dire de la Haute.

Nord de France, pourquoi pas Sud des Pays-Bas ?

Terres du Nord, complétement has been !

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 00:01
 Paris. Nov. 2012.  © Jean-Louis Crimon

Paris. Nov. 2012. © Jean-Louis Crimon

 

 

Cher toi sans... toit

 

Tout le monde te voit. Personne ne te regarde. On se dit: il a bu. Il a dû boire. Il cuve son vin. Sans comprendre que, peut-être, tu es à jeun. Tu as faim. Tu n'as rien mangé depuis longtemps. Quand on a faim, parfois, on a... sommeil. 

Qui dort dîne. Sans doute ta triste vérité, à toi, l'homme qui dort dans la cabine.

 

Tu n'as pas bu. Tu es au rebus. Ta vie est un rébus. La vie ne tient qu'à un fil. Qu' à un coup de fil. Le combiné n'est pas loin, mais la main s'est endormie en fermant le poing. Main gauche posée sur le genou. Protectrice. Position foetale. Pour éviter la position fatale. D'instinct. Pour mieux te rêver, dans ton sommeil, un autre destin.

 

Sûr que si c'était un chien ou un chat, recroquevillé dans la cabine, personne ne resterait insensible.

Ô le pauvre chien, l'adorable Toutou ! Ô le mignon minou !

Tu les entends déjà, les braves gens. Et je t'apporte des croquettes. Et je t'emmène chez moi. Mais c'est un homme. Juste un homme. Un homme qui a faim. Un homme qui a froid. Un homme qui est mal. Pas un animal.

Alors, mon vieux, c'est normal, c'est banal, c'est humain, nous, les braves gens, on passe notre chemin, et toi, l'homme qui a faim, tu dors... dehors.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 00:01
Paris. Rue de Rennes. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Rue de Rennes. 2012. © Jean-Louis Crimon

 

Salut Citoyen,

 

Tu te dis que peu nombreux sont ceux qui le savent. Ou qui s'en souviennent.  "Le bonheur est une idée neuve". Jolie trouvaille. Jolie formule. Saint-Just ? C'est juste ! 

Mais qui s'en souvient vraiment ? Qui se souvient de la citation exacte du Citoyen Sain-Just ? "Le bonheur est une idée neuve en Europe". Le bonheur, une idée neuve, tu plaisantes ! Une idée neuve, qui plus est, en Europe ! Tu parles, Charles ! Parlez-moi de bonheur en Europe et j'vous fous mon poing sur la gueule

Aujourd'hui, le bonheur, c'est relou. Preuve : l'idée neuve, ça se relooke. Vise l'affiche ! La pub' te vend le nouveau chic. Etre heureux, ce n'est plus le but de la vie, l'objectif d'une destinée humaine, être heureux c'est à la mode. Ont plus qu'à aller se rhabiller les sans-culottes. Ou alors, Révolution, je suis morgan' de toi !

 

Etre heureux, c'est le nouveau chic. Manière de faire dire à l'époque: le bonheur, le vrai, on s'en tape, c'est du toc. Etre heureux, c'est mieux, parce que c'est chic. Etre heureux, c'est le nouveau chic. Le nouveau chic, variante du bonheur.

Etre heureux, la nouvelle mode. La mode, c'est son métier, adore jouer la nouveauté. Le registre de la nouveauté. La nouveauté, variante dégradée de l'idée neuve. La nouveauté, forcément passagère. L'idée neuve, durable. Pour le bonheur, les temps sont durs. Par les temps qui courent, c'est le malheur qui a la vie dure.

 

Sûr que Saint-Just n'en reviendrait pas. Son idée neuve a été relookée. Nouveau chic. Formule faussement choc. Le bonheur est une idée neuve, c'était d'une autre tenue. Passée à la postérité, la célèbre affirmation du Conventionnel n'avait rien de conventionnel : elle incarnait le génie de l'époque révolutionnaire. La formule se trouve dans le Rapport sur le mode d'exécution du décret contre les ennemis de la Révolution. Rapport présenté et défendu par Saint-Just le 13 ventôse An II, traduisez le 3 mars 1794. Ce Rapport sur le mode d'exécution du décret contre les ennemis de la Révolution devait permettre l'adoption des Décrets de ventôse. Pour légaliser - IMPENSABLE DE NOS JOURS - le transfert aux miséreux des biens confisqués aux "ennemis de la Révolution". Il s'agissait de procéder à une gigantesque redistribution de la richesse nationale. En ce temps-là, on ne lésinait pas. On ne chipotait pas. Le bonheur était de bon aloi. Pour le permettre, on refaisait la loi.

 

Deux siècles plus tard, elle a bien changé la France. Ce sont les patrons qui protestent et qui parfois manifestent. Les petits comme les grands. Qui se plaignent. Du code du Travail et de leurs conditions de travail. Pensez-donc, on leur rend la vie trop dure aux patrons. Ils ont un mal fou à rester riches. Tout juste si dans leur aveuglement, ils ne prennent pas les pauvres à témoin. Tout juste si, pour préserver leurs biens, ils ne leur demanderaient pas, aux pauvres, un petit coup de main. 

 

Etre heureux, désormais, c'est tendance. C'est à la mode. La pub' ne recule devant rien. Slogan incroyable. Digne des Incroyables. Déroutant. Bien dans l'air du temps.

 

Le bonheur, une idée neuve ! Saint-Just, oublie tout ça ! Tu ne la reconnaîtrais pas ta France.

Le nouveau chic, - nuance -, c'est le bonheur... en apparence.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 00:01
Amiens. Sujet de Philo sur le mur de la Sécu. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Sujet de Philo sur le mur de la Sécu. © Jean-Louis Crimon

 

Cher citoyen désabusé, écoeuré, révolté, trahi, bafoué, laminé, 

 

Tu ne peux pas ne pas savoir. Tout le monde en parle. Ça fait la une de tous les journaux, les titres et les sujets de toutes les radios et de toutes les télés. La ministre du travail, Myriam El Khomri, devrait présenter, demain, mercredi 9 Mars, en conseil des ministres, son projet de loi "visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs". En prime, au cas tu aurais des doutes, on te précise que le texte entend donner un poids accru à la négociation collective.

Un poids accru. De nouvelles protections. Les actifs ! Tu imagines le vocabulaire: ils n'osent plus dire "ouvriers, employés, cadres, salariés". De nouvelles libertés et de nouvelles protections  pour les entreprises. Quel aveu ! Les entreprises avant les actifs. Désolé pour la grossièreté de mon propos: c'est une loi pour les patrons, pas pour les travailleurs. Incroyable, non, pour le 80 ème anniversaire de 36. 

Si tu pensais qu'un gouvernement de gauche avait pour première priorité la défense et la protection des plus faibles, des plus fragiles, des petits et surtout des petits salaires, te voilà éclairé: comme disait Léo Ferré "La gauche, c'est l'antichambre de la droite !" De fait, la gauche au pouvoir, ça réussit à mettre en place des mesures auxquelles la droite n'osait même pas rêver.

Leur loi, c'est du MEDEF à DONF ! C'est du Gattaz dans le texte. Du Yvon revisité par Pierre. Au nom du père, au nom du fils !

Valls, Macron ? des infiltrés de l'UMP dans le gouvernement de "gôche". Rendez-nous Jaurès et Blum ! Toujours la même attitude du côté de cette gauche libérale ouverte au marché mondialisé. Toujours les mêmes arguments à la manoeuvre. En fait, des mesures qui ne sont qu'un retour au passé. Au siècle du CNPF. 

 

Ne vous étonnez donc pas si dans la loi, y' a que dalle sur le plafonnement des salaires des grands patrons, rien sur la suppression des parachutes dorés, mais bien sûr, - on ne prête qu'aux riches et on ne pique qu'aux pauvres -, tout sur le plafonnement des indemnités de licenciement, tout sur le fractionnement des jours et même des heures de repos, tout sur la désormais non indemnisation des temps d'astreinte, tout sur les heures supplémentaires payées au moins 10 % (pour plus devoir les payer 25 %), tout sur la clarification (sic) des règles régissant les licenciements économiques, tout sur la planche à raboter les droits.

Les droits acquis, oui. Souvent chèrement acquis. Les droits à qui ? Aux salariés !

 

 

Florilège d'une loi un peu... lège:

 

" L'assouplissement " du temps de travail : 

 

La durée maximale de travail pendant une journée reste fixée à dix heures, mais un accord collectif peut porter ce seuil à douze heures "en cas d'activité accrue ou pour des motifs liés à l'organisation de l'entreprise", à condition de ne pas aller au-delà.

De même, la durée maximale de travail pendant une semaine est fixée à quarante-huit heures mais les services du ministère du travail peuvent, ponctuellement, élever ce plafond à soixante heures, en cas de "circonstances exceptionnelles et pour la durée de celles-ci ".

En outre, les salariés peuvent, si un accord collectif le prévoit, être amenés à travailler quarante-six heures par semaine, au maximum, pendant seize semaines. Et voir leur temps minimal de repos quotidien provisoirement réduit.

 

Le plafonnement des indemnités de licenciements:

 

Les dédommagements accordés par les prud'hommes aux travailleurs du privé victimes d'un licenciement abusif seront plafonnés en vertu d'un barême fondé sur l'ancienneté. Si le salarié est employé depuis moins de deux ans dans son entreprise, il percevra, au maximum, trois mois de salaire en cas de licenciement "sans cause réelle et sérieuse". 

La somme montera à six mois de salaire s'il s'y trouve depuis deux à cinq ans; à neuf mois de salaire s'il y est depuis cinq à dix ans; à douze mois de salaire si son ancienneté est comprise entre dix et vingt ans; à quinze mois de salaire au-delà de vingt ans de présence dans l'entreprise.

 

La reformulation des motifs des licenciements économiques:

 

L’avant-projet de loi précise les motifs qui peuvent être invoqués pour prononcer des licenciements économiques: difficultés caractérisées notamment par « une baisse des commandes ou du chiffre d’affaires pendant plusieurs trimestres consécutifs », « pertes d’exploitation pendant plusieurs mois », « importante dégradation de la trésorerie ».

Peuvent aussi être mises en avant des « mutations technologiques » ou une « réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ». Un accord de branche peut fixer la durée de la baisse de commandes ou du chiffre d’affaires, qui ne peut cependant être inférieure à deux trimestres consécutifs, ou la durée des pertes d’exploitation (au moins un trimestre).

A défaut d’accord, ces durées sont respectivement fixées à quatre trimestres consécutifs et un semestre.

 

 

Tu relis "Oublie pas 36 ", ton roman publié en 2006, au Castor Astral, pour les 70 ans du Front populaire. Les 70 ans des premiers congés payés, des premiers vrais droits sociaux, de la sécurité sociale et du droit à la retraite. Des mots et des réalités que tu qualifiais déjà, il y a 10 ans, - parodiant les faussaires et les fossoyeurs de l'époque -, de vulgaires et d'obsolètes. Avec le temps, manifestement, ça ne s'est pas arrangé. Les fossoyeurs sont plus déterminés que jamais. Ils se sont déguisés en socialistes.

Faciliter les licenciements, pour créer des emplois ", argument  de sophiste, raisonnement faux qui n'a que l'apparence du vrai. 

 

Toi, tu gardes ton analyse et tes convictions intactes. Tu penses à ce que n'a jamais cessé de dire ta maman tout au lond de sa vie: On a souvent tort d'avoir raison trop tôt !

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 00:01
Amiens. 5 Juillet 1975. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 5 Juillet 1975. © Jean-Louis Crimon

 

Cher pigiste débutant,

 

Tu l'avais oubliée cette première parution. Photo incroyable. Prise au juste moment, comme te l'écrira, plus tard, Louis Althusser. Photo pas prévue. Pas programmée. Pour une bonne et simple raison. Raison suffisante. Tu n'as pas d'appareil photo. L'appareil, un Mamiya, tu l'achètes, sur un coup de tête, le matin même. Un samedi. A crédit. Trois chèques. Alors que tu n'as que quelques dizaines de francs sur ton compte en banque.

A l'époque, souviens-toi, tu n'es qu'un intermittent. Pas du spectacle. Intermittent des métiers manuels. Manutentionnaire, OS, Ouvrier spécialisé, mais sans spécialité, manoeuvre, magasinier... Ton parcours, tes études, tes diplômes ne te servent pas à grand chose. Tu traînes, tu prends ton temps. Licence de Philosophie, Licence de Sociologie et Licence de Lettres modernes, au 2/3 ( tu as raté le Certificat de grammaire générative !) ne te servent à rien.

Relisant aujourd'hui - 40 ans plus tard - le compte-rendu publié par Le Nouvel Observateur daté du Lundi 7 Juilet 1975, d'une soutenance de thèse peu commune, tu t'attardes sur deux passages qui ont pour toi une résonnance particulière. Premier passage, c'est Louis Althusser qui parle, ses propos sont rapportés par l'auteur de l'article du Nouvel Obs.

 

" Il ne faut pas s'étonner des paradoxes et des provocations, des approximations et des erreurs, dont mes livres sont émaillés. Oui, je me suis trompé. Oui, je me suis enferré. Bien entendu, je le sais, je vous ai parfois choqués. Mais la philosophie, pour moi, c'est un peu un champ de bataille. Elle a ses lignes, ses tranchés, ses places fortes, ses frontières. Je me suis servi de Hegel pour prendre d'assaut la forteresse Descartes. J'ai utilisé Spinoza comme machine de guerre contre Hegel."

 

Plus loin, dans l'article, sous la plume de l'auteur du reportage: " Parce qu'un hégélien, c'est grosso modo, quelqu'un qui croit en une dialectique où l'on retrouve tous les traits de la providence chrétienne, où les contradictions n'apparaissent que pour se résoudre aussitôt, où l'histoire a une fin vers laquelle, tout doucement, sans péril et sans surprise, le cours des choses nous mène. Parce que, du coup, un marxiste trop hégélien, c'est quelqu'un qui, reproduisant en politique, ce shéma métaphysique, croit que la dialectique est là pour régler tous les problèmes, que la bourgeoisie produit ses fossoyeurs, le Capital ses anticorps, et que le nouveau monde est là, dans les flancs de l'ancien, qu'il suffit d'accoucher."

A quoi Althusser a voulu opposer, poursuit le journaliste, que ce n'est jamais ainsi que se passent concrètement les choses; que les révolutions se glacent, que d'autres avortent ou ne se font pas; que l'histoire peut errer, insensée et décentrée; que la révolution n'est pas fatale et qu'aucun mécanisme n'y conduit; et que la politique, autrement dit, reprend ses droits, contre l'économisme des partis communistes en place.

 

 

L'auteur du papier ? BHL. Oui, Bernard-Henri LEVY. Etonnant, non ? Fabuleux de relire ça aujourd'hui.

 

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 00:01
Amiens. Sous la verrière. Février 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Sous la verrière. Février 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher ex Bouquiniste,

 

Chaque premier samedi du mois, c'est le rituel des Bouquinistes qui s'installent sous la verrière de la Place de la Gare. Un rendez-vous que tu ne manquerais pour rien au monde. Les livres, bouquins, poches ou éditions originales, avec ou sans envoi, brochés, reliés, c'est fait pour toi. Que serait une vie sans livres ?

Cette fois, tu as encore été chanceux. Belles rencontres et belles conversations, même si le fond de l'air était plutôt frisquet. Bonnes pioches aussi.

Rien qu'un violoneux de Hans-Cristian Andersen, un petit livre bleu que tu avais dû t'acheter une première fois, au début des années soixante-dix, à Paris, sur les quais, que tu avais dû prêter et, comme trop souvent, que l'emprunteur ou l'emprunteuse, a oublié de te rendre. Ce titre du plus célèbre des Danois n'est pas le plus courant, ni le plus facile à trouver. Joie intense quand, par hasard, tu as mis la main dessus. 5 €uros, à ce prix là, le bonheur de retrouver un vieil ami perdu depuis plus de 40 ans, ne se négocie pas. Ne se boude surtout pas.

Vers retrouvés, de Charles Baudelaire, 1929, Editions Emile-Paul Frères, Introduction et Notes de Jules Mouquet, t'intrigua pour ses six premières lignes: Au cours de l'automne 1839, Baudelaire, qui avait été renvoyé de Louis-le-Grand le 21 avril précédent, fut mené par un camarade de Collège, Louis de la Gennevraye, à la pension Bailly. Cet établissement ressemblait fort à la Maison Vauquer, "pension bourgeoise des deux sexes et autres" du Père Goriot.

Les décisions d'achat sont souvent très inattendues. 

Dernière jolie trouvaille, un petit Actes Sud de 25 ans d'âge, traduit du chinois par Isabelle Bijon: Chienne de vie ! de Ma Jian, peintre, reporter, photographe et écrivain. Un nouveau vrai frère. Inconnu jusqu'à cet après-midi. 

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 00:01
Chengdu. Chine. Oct. 2011. Université Normale du Sichuan. © Jean-Louis Crimon

Chengdu. Chine. Oct. 2011. Université Normale du Sichuan. © Jean-Louis Crimon

Cher fou d'images,

 

Tu le sais depuis toujours. Tu le sens dans l'instant. Parfois, c'est la forme d'ensemble qui attire l'oeil. Le sens n'est pas premier. La forme a pris le pas. La forme s'impose. D'elle-même. Il y a juste à trouver l'angle. Le mouvement. C'est simple. C'est complexe. C'est limpide. L'histoire se joue entre deux concepts. Evidence. Transparence. Il faut que ça transparaisse. Oui, c'est excatement ça. Avant que ça paraisse, faut que ça transparaisse. Que ça s'impose. D'emblée. Que ça sonne. Que ça résonne. La photo, c'est du son. Du son avant le sens. Une photo, ça doit s'entendre. Avant de se voir. Pour ne pas décevoir. Puis, enfin, se laisser voir.

La moindre des choses, pour une image.

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 00:01
Paris. Janvier 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Janvier 2012. © Jean-Louis Crimon

Cher insatiable piéton,

 

Tu aimes les noms de rue étranges. Curieux. Bizarres. Saugrenus. Noms de rue qui deviennent parfois des titres de livres. A moins que ce ne soit l'inverse. 

Tu ne sais plus quand, précisément, l'idée t'est venue. Au troisième ou quatrième titre sans doute. A moins que ce ne soit à la troisième ou quatrième rue. Une forme de classement comme une autre. Aussi originale qu'inattendue. Rassembler dans une même bibliothèque tous les romans qui portent en titre des noms de rue. La rue cases-nègres de Joseph Zobel, dédié "A ma mère, domestique chez les blancs et A ma Grand'Mère, Travailleuse de plantation, et qui ne sait pas lire", Editions Jean Froissart, 1950, a dû être le premier de ces romans au nom de rue. Rue du Havre de Paul Guimard, Editions Denoël,1957, le deuxième. La Rue du Chat-qui-pêche, de Jolàn Földes, Editions Albin Michel,1937, le troisième. Le principe de la collection était né. Sont arrivés ensuite, au gré des achats sur les quais de Seine ou dans les réderies de Picardie, petites brocantes de villages, Rue des petites daurades de Fellag, Rue Saint-Vincent de Pierre Mac Orlan et La Rue de Francis Carco. Puis Rue de la Sardine de John Steinbeck, Rue des Boutiques Obscures  de Patrick Modiano, Rue des Archives  de Michel del Castillo et Dans la Rue d'Aristide Bruant, recueil de Chansons et Monologues, desseins de Steinlein. Sans oublier La Rue de Jules Vallès. Paris, 1866. Achille Faure, Libraire-Editeur. 23, Boulevard Saint-Martin, 23. Envoi de Vallès en prime. 

La Chronique de la rue aux moineaux de Wilheim Raabe, Editions Montaigne,1931, fait aussi partie de cette réunion insolite, où les noms de rue se répondent sur des couvertures de livres. Tu y ajoutes encore Rue de la Liberté, Dachau 1943-1945, d'Edmond Michelet, Seuil, 1955. Sans oublier cet essai publié dans la collection Archives Gallimard, 1979, Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle, présenté par Arlette Farge. Enfin, Les Rues de ma vie, de Bernard Frank, Le Dillettante, 2005. La liste serait trop longue à énumérer ici. Sauf pour en faire - et pourquoi pas ? - un incroyable poème à la Prévert.

 

 

Les hasards de l'existence, et surtout les hasards de l'existence professionnelle, t'ont fait prendre, pendant plusieurs années, pour un travail de nuit, une toute petite rue du seizième arrondissement de Paris. Une rue qui, pour toi, avoua, dès les premiers pas, un fantastique pouvoir romanesque. Tu résistas bien pendant la première année et une bonne partie de la deuxième année, mais bientôt il te fallut te rendre à la raison: c'était à toi qu'incombait la tâche d'écrire Rue du Pré aux chevaux. Tu as longtemps hésité avec une autre rue tout aussi intéressante du même quartier, une rue du temps où le seizième avait encore des airs de campagne: Rue des Pâtures, mais le pouvoir poétique des chevaux l'emporta.

 

Rue du Pré aux chevaux a rejoint désormais la petite bibliothèque où sont les romans aux noms de rues. Pour y vivre une bonne partie de sa carrière de livre. Dans ton village, quand celui qu'on n'ose plus appeler garde-champêtre depuis qu'on l'a baptisé "conseiller communal", a lu ton roman, il est allé trouver le maire en lui proposant d'appeler Rue du Pré aux chevaux la rue sans nom qui s'en va vers les marais, pas très loin de la maison de tes parents. L'idée a plu - et il a plu aussi beaucoup le jour de l'inauguration. Fanfare municipale, Monsieur le Maire et ses conseillers, une bonne partie de ses administrés, le député de la circonscription, et même un prêtre en soutane de la paroisse voisine, étaient de la fête et la rue du Pré aux chevaux fut baptisée, républicaine, mais sans être trop païenne. Pour la mère de l'écrivain, son fils au bras, c'était, en public et en plein air, une consécration rare: carrément le Nobel de littérature, enfin, au moins le Goncourt ! Toi, l'auteur tout court, tu pardonnes sans hésitation à l'auteur de tes jours, ce petit péché d'orgueil si légitime.

 

Depuis, ta mère te téléphone souvent, tôt le matin, pour te dire: "Je viens d'ouvrir les volets et je vois, au loin, le panneau de la Rue du Pré aux chevaux, ça me plait bien !"

Toi, tu en profites pour affirmer: tu vois, maman, c'est bien la preuve que la littérature, ça peut changer la vie. Une rue du seizième arrondissement de Paris, transplantée dans un village de Picardie, grâce à un petit roman publié au Castor Astral. Comme te dit, à chaque fois, ta mère, avec un sourire incroyable: c'est pas banal.

 

En fait, tu te dois de dire la vérité: ta mère ne te téléphone plus chaque matin. Elle est morte depuis bientôt deux ans, ta maman. Tu penses à elle en écrivant cette lettre à toi-même, la 64e depuis le début de l'année. Une lettre chaque jour. 64 lettres déjà.

 

Tu te dis que ça lui ferait tant plaisir de pouvoir... les lire.

 

 

 Je ne sais vraiment plus quand, précisément, l'idée m'est  venue. Au troisième ou quatrième titre sans doute. Une forme de classement comme une autre. Aussi originale qu'inattendue. Rassembler dans une même bibliothèque tous les romans qui portent des noms de rue en titre. La rue cases-nègres de Joseph Zobel, dédié "A ma mère, domestique chez les blancs et A ma Grand'Mère, Travailleuse de plantation, et qui ne sait pas lire", Editions Jean Froissart, 1950, a dû être le premier de ces romans au nom de rue. Rue du Havre de Paul Guimard, Editions Denoël,1957, le deuxième. La Rue du Chat-qui-pêche, de Jolàn Földes, Editions Albin Michel,1937, le troisième. Le principe de la collection était né. Sont arrivés ensuite, au gré des achats sur les quais de Seine ou dans les réderies de Picardie, petites brocantes de villages, Rue des petites daurades de Fellag,Rue Saint-Vincent de Pierre Mac Orlan et La Rue de Francis Carco. Puis Rue de la Sardine de John Steinbeck, Rue des Boutiques Obscures  de Patrick Modiano, Rue des Archives  de Michel del Castillo et Dans la Rue d'Aristide Bruant, recueil de Chansons et Monologues, desseins de Steinlein. Sans oublier La Rue de Jules Vallès. Paris, 1866. Achille Faure, Libraire-Editeur. 23, Boulevard Saint-Martin, 23. Envoi de Vallès en prime.

 La Chronique de la rue aux moineaux de Wilheim Raabe, Editions Montaigne,1931, fait aussi partie de cette réunion insolite, où les noms de rue se répondent sur des couvertures de livres. J'y ajoute encore Rue de la Liberté, Dachau 1943-1945, d'Edmond Michelet, Seuil, 1955. Sans oublier cet essai publié dans la collection Archives Gallimard, 1979, Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle, présenté par Arlette Farge. Enfin, Les Rues de ma vie, de Bernard Frank, Le Dillettante, 2005. La liste serait trop longue à énumérer ici. Sauf pour en faire - et pourquoi pas ? - un incroyable poème à la Prévert.

 Les hasards de l'existence, et surtout les hasards de l'existence professionnelle, m'ont fait prendre, pendant plusieurs années, pour un travail de nuit, une toute petite rue du seizième arrondissement de Paris. Une rue qui, pour moi, avoua, dès les premiers pas, un fantastique pouvoir romanesque. J' eus beau résister pendant la première année et une bonne partie de la deuxième année, je dus bientôt me rendre à la raison: c'était à moi qu'incombait la tâche d'écrire Rue du Pré aux chevaux. J'ai longtemps hésité avec une autre rue tout aussi intéressante du même quartier, une rue du temps où le seizième avait encore des airs de campagne: Rue des Pâtures, mais le pouvoir poétique des chevaux l'emporta.

Rue du Pré aux chevaux a rejoint désormais la petite bibliothèque où sont les romans aux noms de rues. Pour y vivre une bonne partie de sa carrière de livre. Dans mon village, quand celui qu'on n'ose plus appeler garde-champêtre depuis qu'on l'a baptisé "conseiller communal", a lu mon roman, il est allé trouver le maire en lui proposant d'appeler Rue du Pré aux chevaux la rue sans nom qui s'en va vers les marais, pas très loin de la maison de mes parents. L'idée a plu et il a plu aussi beaucoup le jour de l'inauguration. Fanfare municipale, Monsieur le Maire et ses conseillers, une bonne partie de ses administrés, le député de la circonscription, et même un prêtre en soutane de la paroisse voisine, étaient de la fête et la rue du Pré aux chevaux fut baptisée, républicaine, mais sans être trop païenne.

Depuis, ma mère me téléphone souvent tôt le matin pour me dire "je viens d'ouvrir les volets et je vois, au loin, le panneau de la Rue du Pré aux chevaux, ça me plait bien !

Moi, je lui dis: tu vois, maman, c'est la preuve, s'il en fallait une, que la littérature, ça peut changer la vie ! Une rue du seizième arrondissement de Paris,  transplantée dans un village de Picardie, grâce à un petit roman publié au Castor Astral. Comme tu dirais, ma mère, c'est pas banal.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 00:01
Contay. Le cimetière. Mars 2009. © Jean-Louis Crimon

Contay. Le cimetière. Mars 2009. © Jean-Louis Crimon

 

Cher désespéré lucide,

 

Tu ne sais pas pourquoi ni comment, mais ça te vient comme ça. Sans prévenir. Sans crier gare. Comme une averse de pluie froide. Giboulées noires qui te mélancolisent soudain un avenir que tu te sentais l'envie de voir radieux.

Il y a des matins pas très bien. Des matins qui ont déjà la gueule du soir. Il y a des soirs désespoir. Lassé du culte des apparences qui fascinent tes contemporains. Fatigué des certitudes de ceux qui croient parce que ça les dispense de penser. Ecoeuré par cette information spectacle où les faux savants et les fausses idoles défilent vendre leur camelotte. 

Il y a des jours où tu en as marre de cette sinistre mise en scène du superficiel. Avant, ils croyaient au ciel. Maintenant ils croient au superficiel. Asssez de ces frimeurs, parleurs, hâbleurs, usurpateurs, raseurs perpétuels.

Marre de ceux qui s'assoient dans un métier ou s'y couchent pour la vie entière, parce qu'ils ont vu de la lumière et qu'on les a laissés entrer. Mais qui n'ont ni légitimité ni talent particulier. Qui ont peur du risque, de l'inconnu. Qui n'aiment que ce qu'ils connaissent déjà.

Quand on y pense, on n'a qu'une vie, c'est tellement triste de ne pas aller au bout de tous les possibles.

Il y a des soirs où tu te dis que Socrate a bien fait d'accepter de boire la ciguë. Il y a des jours où tu te dis qu'un jour, vraiment, tu n'auras plus qu'à faire de même.

 

Il y a pire que de n'être pas aimé, c'est de n'être pas compris.

 

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 00:07
Pékin. Place Tian' Anmen. Octobre 2014. © Jean-Louis Crimon

Pékin. Place Tian' Anmen. Octobre 2014. © Jean-Louis Crimon

Cher romancier... politique,

Tu te demandes pourquoi Nicolas Sarkozy n'a pas demandé la libération de Liu Xiaobo à Hu Jintao.

Tu te demandes pourquoi François Hollande n'a pas demandé la libération de Liu Xiaobo à Xi Jinpig.

Tu demandes pourquoi les grands défenseurs des droits de l'homme ont des indignations sélectives.

Tu te demandes pourquoi le 25 décembre 2009, le tribunal de Pékin a condamné Liu Xiaobo à 11 ans d'emprisonnement pour "Subversion du pouvoir de l'Etat".

Tu te demandes pourquoi la liberté d'expression pose toujours autant de problèmes en Chine.

Tu te demandes pourquoi Liu Xiaobo est condamné pour avoir simplement exprimé sur internet son désir de démocratie dans sa Charte 08.

Tu te demandes pourquoi plus personne ne parle de cette Charte 08, écrite sur le modèle de celle diffusée en 1977 par des dissidents tchécoslovaques et qui réclame la mise en place d’une véritable démocratie en Chine.

Tu te demandes pourquoi personne ne rappelle que cette Charte 08, lancée le 8 décembre 2008, veille du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, a été signée par plus de trois cents intellectuels et militants des droits de l’homme.

Tu te demandes pourquoi la situation de Liu Xiaobo semble ne préoccuper personne au pays des droits de l'homme et du citoyen.

Tu te dis que tu dois écrire à Monsieur Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, pour lui demander la libération de Liu Xiaobo.

Tu dois lui dire que tu souhaites attirer son attention sur le cas de Liu Xiaobo, arrêté le 8 décembre 2008 et condamné le 25 décembre 2009 à onze ans de prison ferme.

Tu lui expliqueras aussi qu'à ta connaissance, Liu Xiaobo n’est coupable d’aucun acte illégal et que toutes ses actions ont été menées pour la défense des droits de l’homme et pour la liberté de la presse, conformément à la Constitution chinoise.

Tu lui rappelleras que Liu Xiaobo, Lauréat du prix Nobel de la paix 2010, est aujourd’hui toujours emprisonné.

Tu lui demandes donc d’intervenir rapidement afin d’obtenir sa libération, l’abandon de toutes les charges pesant contre Liu Xiaobo et ses proches, notamment contre son épouse Liu Xia, assignée à résidence à Pékin.

Tu lui demanderas aussi de tout mettre en œuvre pour que tous les prisonniers d’opinion chinois soient libérés et que la liberté d’expression de tous les citoyens soit garantie.

Tu lui diras qu'à ton humble avis, la Chine aurait tout à gagner à ne pas partager avec le monde entier que le commerce des produits manufacturés, mais aussi celui, ô combien plus important, des mots et des idées de liberté.

Tu lui diras enfin que tu sais écrire Liu Xiaobo en chinois: 刘哓波

Tu te demandes pourquoi Pékin cherche à museler par tous les moyens Liu Xiaobo.

Tu te demandes pourquoi les dirigeants chinois ne comprennent pas qu'il ne suffit pas de placer un individu en détention pour que son combat et ses idées soient oubliées de tous, bien au contraire.

Tu te demandes pourquoi le soutien international reçu par Liu Xiaobo depuis sa condamnation ne débouche pas sur sa libération.

Tu te demandes pourquoi les autorités ne s’acharnent pas seulement sur Liu Xiaobo, mais également sur sa femme, Liu Xia, placée désormais en résidence surveillée malgré l’absence de chef d’accusation.

Tu te demandes pourquoi nous sommes si peu nombreux à apporter notre soutien à Liu Xia et à l’encourager à tenir bon.

Tu te demandes pourquoi les Chefs d'Etat et de gouvernement n'exigent pas des autorités chinoises de mettre fin à l'isolement de Liu Xia, intolérable et injustifié, et de lui permettre de communiquer avec son mari.

Tu te demandes pourquoi, arrêté en décembre 2008, Liu Xiaobo a d'abord passé près d’un an en prison avant d’être officiellement inculpé pour "subversion”, le 12 décembre 2009.

Tu te demandes pourquoi son procès, marqué par une très forte surveillance policière et une mise à l’écart des journalistes étrangers, des diplomates et de ses soutiens, s’est conclu par sa condamnation à 11 ans de prison.

Tu ne te demandes pas pourquoi, - tu sais pourquoi ! - ce 2 mars 2016, tu relis "Vivre dans la vérité", publié, en septembre 2012, par Bleu de Chine/Gallimard. Choix de textes de Liu Xiaobo, condamné à 11 ans de prison en 2009 et qui, aujourd'hui, se languit toujours derrière les barreaux.

Tu te demandes pourquoi et surtout... jusqu'à quand ?

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