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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 08:57
Amiens. Rue des Sergents. Nov. 1978. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue des Sergents. Nov. 1978. © Jean-Louis Crimon

Très tôt, les mots des murs forment ma sensibilité. J'adore lire la ville. La ville, un livre inestimable. Un livre de briques et de béton où l'on parcourt les pages en piéton. Une curiosité sans faille et une condition physique de même m'ont fait grand arpenteur de ma ville. Parcourue dans tous les sens, en toute saison, par tous les temps. Semblable et différente à chaque traversée. Pas un jour sans déambulation. Salutaire quotidienne dérive urbaine. Sans but défini à l'avance. Sans autre nécessité que d'avoir l'oeil. Pour capter l'imprévisible. L'improbable. Le fugace. Le fugitif. L'insignifiant ou l'excessif. 

L'impératif m'est tombé dessus à l'entrée d'une voie sans issue. Une vérité première ou dernière. Un précepte fondamental. Une recommandation philosophique :

A chaque instant, pour tes idées, comme pour tes images, ne recherche pas la contradiction, cultive le paradoxe. 

 

© Jean-Louis Crimon

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 08:57
Amiens. Place de la Gare. 5 Juillet 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Place de la Gare. 5 Juillet 2016. © Jean-Louis Crimon

D'emblée, le cadre. Inscrire le mouvement dans le cadre. Cadre et cadrage sont premiers, même si le jeune homme, main soudaine au front, semble plus important. Clin d'oeil inattendu : ce couple qui descend vers les quais. Deux personnages faussement secondaires. Contrepoint idéal. Musical.   

Le cadrage, la perception de l'espace, le dialogue du sujet principal avec l'espace, non pas plate transcription visuelle du réel, - pas de paraphrase urbaine -, mais transformation. Transmutation. Transfiguration. Détournement. Métamorphose. Nouvelle écriture du réel. Poème du bitume. MERCI.

 

© Jean-Louis Crimon

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4 juillet 2020 6 04 /07 /juillet /2020 11:57
Paris. Saint-Michel. Juillet 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Saint-Michel. Juillet 2012. © Jean-Louis Crimon

 

L'instant d'avant, il n'y a rien. Juste une boutique fermée. Un panneau Sens interdit. Travaux devant la boutique. De curieuses planches jaunâtres. Posées sur la terre de la tranchée tout juste rebouchée. Pour éviter aux passants de mettre les pieds dans la boue les jours de pluie. Juxtaposition d'éléments disparates. Paysage urbain. Banal. Eléments de barrière verts et ardoise. Porte cochère fermée. Rideau métallique fermé. Fenêtres fermées. Sens interdit. Avenir bouché. Comme le ciel. Les planches font un curieux clavier de bois. Clavier muet. Musique absente. Paroles de même.

Un homme aux cheveux longs traverse soudain le passage. Pantalon gris et blouson de cuir. Il est le personnage qui faisait défaut. Le point d'orgue. C'est Mozart qui passe. Ou Vivaldi. Le jeune homme devient musicien italien. Cet endroit discret de Paris, un coin d'Italie. La petite boutique mérite sa musique. Avanti la musica. La photo chante. La photo m'enchante. Il y a de la chanson dans l'air.

 

Le tout se joue en moins de trois secondes. La photo, c'est un cadeau. Le photographe, un musicien. Musicien de la lumière. Des couleurs ou des sons. De la bonne chanson. Sans en avoir l'air. Faut juste que ça sonne juste.

 

© Jean-Louis Crimon

 

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 08:49
Amiens. Cimetière Saint-Pierre. 11 Novembre 1979. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Cimetière Saint-Pierre. 11 Novembre 1979. © Jean-Louis Crimon

Je suis arrivé au Courrier Picard le 1er Juillet 1979. Stagiare d'été, pour deux mois, m'a dit Georges-Louis Collet, rédacteur en chef historique du grand quotidien de la rue Alphonse Paillat. Ajoutant avec ce sourire plein de malice : Pour plus longtemps, si vous êtes bon. On m'a dit que vous savez écrire, prouvez-le moi ! Le genre d'encouragement qui vous met une pression immense et d'emblée à l'aise. Les deux mois d'été durèrent presque quatre ans. C'est dire le travail et le talent dont je dus, sans vraiment en être toujours très conscient, faire preuve.

Seul bémol à cette belle aventure dans la presse écrite régionale, l'obligation de poser définitivement mon appareil photo. Ch'Courrier avait cinq reporters photographes qui ne supportaient pas que le rédacteur débutant que j'étais, par la définition de fonction qui m'avait été attribué, empiète sur leur domaine de compétences. J'ai bien essayé de faire la sourde oreille, au tout début, de finasser, un peu, beaucoup, ensuite, mais j'ai vite compris que nos relations cordiales, sinon confraternelles, en prendraient un sacré coup pour un paquet d'années, si je persistais dans ma double activité. 

J'étais simplement, comme souvent, un peu trop précurseur. Aujourd'hui, c'est un fait acquis : le journaliste rédacteur est aussi journaliste photographe. Ou plutôt : le journaliste doit aussi faire ses propres photos. Avec plus ou moins de bonheur ou de talent. C'est flagrant. Le journal s'en repent. 

 

© Jean-Louis Crimon

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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 08:24
Oulan-Bator. Place Gengis Kahn. 7 Sept. 2014. © Jean-Louis Crimon

Oulan-Bator. Place Gengis Kahn. 7 Sept. 2014. © Jean-Louis Crimon

Si je n'étais venu à Oulan-Bator que pour une seule photo, ce serait cette photo-là. Sans hésitation. Je me souviens que c'est à l'invitation du créateur de La Librairie Française de la capitale Mongole que je me suis retrouvé face à des étudiantes et des étudiants de l'Université Nationale, pour une lecture d'extraits de mon petit roman chinois "Du côté de chez Shuang". Ce qui les avait vraiment passionnés. Au point de me demander, juste après ma lecture à la Librairie Papillon, de venir leur improviser une conférence sur "écriture journalistique, écriture romanesque". J'avais, bien sûr, relevé le défi. Dès le lendemain. Avec bonheur et talent, avait conclu leur professeur, madame Bolat Altangul. Chef du Département des Langues et Cultures Européennes à l'Université Nationale de Mongolie, elle m'avait d'ailleurs proposé de venir enseigner un semestre dans son Département. Les températures de l'hiver mongol m'avaient fait renoncer. Six ans plus tard, je me dis que j'ai sans doute eu tort.

 

Pour la photo, c'est le dimanche matin, dernier jour à Oulan-Bator. De l'Hôtel Narantuul à la Place Gengis Kahn, j'ai pris un taxi, gratifié le chauffeur d'un bon pourboire, puis flâné jusqu'à midi aux abords de la Place. A la recherche du bon angle, de la bonne perspective. Soudain, j'ai vu la balayeuse s'avancer d'un pas décidé vers la statue monumentale, le balai dans la main droite. Décollé du sol. Aérien. Pacifique lance de la guerrière mongole. Esquisse de pas de danse. Balai vif et léger, non plus traîné par lassitude immense. J'ai appuyé. J'avais la photo. Ma photo. 

 

© Jean-Louis Crimon

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Published by crimonjournaldubouquiniste
1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 12:14
Amiens. Rue de la République. 1er Juillet 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue de la République. 1er Juillet 2015. © Jean-Louis Crimon

D'abord l'oeil, le coup d'oeil, très vite le cadre, le sens du cadre, la bonne lecture de l'espace. Règle absolue : fixer l'instant sans figer le mouvement. Oui, d'abord l'oeil, le regard, le sens du regard, avec, parfois, le clin d'oeil du hasard. La clef d'une bonne photo. 

 

© Jean-Louis Crimon

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 07:49
Amiens. Lundi 29 Juin 2020. 9:55. 1/250. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Lundi 29 Juin 2020. 9:55. 1/250. © Jean-Louis Crimon

Point d'exclamation subtil. Ponctuation superbe. Discret rappel à l'ordre. Clin d'oeil malicieux. Cadeau précieux. Ou provocation sublime. 

Perplexe, j'ai ramassé la plume, l'ai plantée dans un vieil encrier, un encrier en verre avec un couvercle couleur bronze, un encrier qui n'a pas vu la couleur de l'encre depuis longtemps. 

Question ou plutôt questions. Le pluriel n'est pas singulier. Qui donc m'a glissé cette plume dans l'herbe du jardin ? Quel est cet oiseau malin qui m'a fait ce présent matinal ? Quel est ce volatile qui sait que les mots sont de même nature. Ce n'est pas la mésange bleue. Pas non plus sa cousine, la mésange charbonnière. Pas un moineau. Pas la pie bavarde. Pas le merle. Pas la grive musicienne. Pas le goéland, pas vu depuis longtemps. Pas le geai des chênes. Pas la fauvette des jardins. Pas le pinson des arbres. Ne fait pas la taille. 
La plume est bordée d'un liseret blanc. Ouvrage délicat. Elle a des reflets gris clair dans le bas et vers le haut des accents plus foncés. Ce n'est pas la plume du Pouillot véloce. Trop petit pour une telle plume.

J'ai trouvé. M'a pris du temps. Dû passer en revue tout le peuple des oiseaux qui se sont appropriés l'espace du jardin. Plume de pigeon forcément. Un pigeon qui aurait voulu me pigeonner. Peu importe.

Prends la plume. N'oublie pas d'écrire. 

 

© Jean-Louis Crimon

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29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 20:28
Amiens. Lundi 29 Juin 2020. 9:57. 1/250. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Lundi 29 Juin 2020. 9:57. 1/250. © Jean-Louis Crimon

Chaque matin, très tôt, il court aux quatre coins du jardin. Il a beaucoup à faire. Il est tout à son affaire. Je ne l'avais jamais vraiment vu faire. Cette fois, je l'ai pris en flagrant délit. De la pointe du bec, un peu de jaune ici, un peu de jaune là-bas. C'est lui qui multiplie toutes les fleurs qui parsèment le gazon. J'ai mis longtemps à le comprendre. Cette fois, je l'ai vu, vraiment vu, son bec à la fois pinceau et palette. Monsieur merle a plus d'un tour dans sa malette. 

Question : où est la merlette ? 

 

© Jean-Louis Crimon

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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 12:05
Amiens. Dimanche 28 Juin 2020. 17:37. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Dimanche 28 Juin 2020. 17:37. © Jean-Louis Crimon

Sans doute jalouse de la bleue ou de la charbonnière, la tourterelle soudain se prend pour l'Ange. L'Ange pour effacer mes/anges. Message sublimement subliminal. Message divin au païen que je suis. Ou que je crois être. C'est Dimanche. Jour du Seigneur, disait ma Tante Laure. 

Miracle de l'instant fixé par l'oeil photographe. 

 

© Jean-Louis Crimon

 

 

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 22:40
Amiens. Samedi 13 Juin 2020. 9:46. 1/60. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Samedi 13 Juin 2020. 9:46. 1/60. © Jean-Louis Crimon

Je me demande bien qui a inventé l'expression "Crâne de piaf". Formule méprisante, insultante, en fait carrément synonyme de "Tête d'idiot". Pourtant pas si bête le moineau. 

Dans le genre existe aussi "Cervelle d'oiseau", variante pas franchement avenante, comme si l'intelligence était proportionnelle au volume de la cervelle ou à la taille de celui ou de celle qui en est porteur. Par sa taille minuscule, l'oiseau semble tout indiqué pour avoir un petit cerveau et serait donc doté de peu d'intelligence ou d'une mémoire dérisoire. Illusion de bipède à grosse tête prétendument évolué. 

Sont plus malins qu'on ne le pense, les moineaux, se passent les infos, ne jouent pas perso, et ne se déplacent qu'en bande. J'aime bien l'expression... une volée de moineaux

J'aime encore davantage le passage d'une chanson de Renaud, quand il dit :

 

Dans l'dos, j'voulais faire tatouer un aigle,

Aux ailes déployées,

On m'a dit " Y'a pas la place.

Nan, t'es pas assez carré, alors t'auras un moineau. "

 

Baraqué comme je suis, moi, tant pis, j'aurais sans doute une... pie. 

 

© Jean-Louis Crimon

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