Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 avril 2023 7 16 /04 /avril /2023 08:57
France info TV. Canal 27. Les informés. 14 Avril 2023. Capture d'écran © Jean-Louis Crimon

France info TV. Canal 27. Les informés. 14 Avril 2023. Capture d'écran © Jean-Louis Crimon

C'est comme ça. Un seul homme a donc le pouvoir de décider pour tout un peuple. Ailleurs, c'est sûr, on appellerait ça dictature. Validé par de prétendus Sages, le texte véhiculé dans la loi rectificative de la sécurité sociale, est devenu loi. Pas de bon aloi, mais désormais force de loi. Les "Sages" ont simplement censuré les mesures sur l'emploi des seniors et sur l'usure professionnelle, "cavaliers législatifs", définis comme des intrus dans une loi de Sécurité sociale, mais "la loi cheval de Troie", prise en auto-stop par la plfss, n'a pas été stoppée. Fabuleuse contradiction ou superbe paradoxe. Que la doxa dominante ne soulignera pas.

Si le Droit n'est pas droit, si le Droit est tordu, si le Droit est rendu de travers, est-ce que le peuple a le droit de se sentir la tête à l'envers ? Quand le Droit ne rend pas le droit, quand le droit continue à tordre ce qui est déjà tordu, le combat est-il à jamais perdu ?

C'est le mot "humain" qui manque le plus. Ceux qui n'ont dans la bouche que le leitmotiv "équilibre du système de retraites par répartition" oublient trop facilement qu'il s'agit de femmes et d'hommes, d'êtres humains qui ont sacrifié la majeure partie de leur vie au travail salarié, qu'on leur devrait dans certains milieux et surtout en haut lieu, davantage de considération et de respect. C'est grâce à eux que ce système a existé, existe et existera, pas grâce à ces beaux parleurs qui ne savent d'ailleurs que parler. 

Ils se prétendent les "sauveurs" alors qu'ils ne sont que des "fossoyeurs". Sous le coude ou dans la manche, ils ont déjà, bien planqué, bien caché, leur système de retraite par capitalisation. Ils se prétendent Renaissance alors qu'ils creusent notre tombe. Ni vainqueurs, ni vaincus, répéte en boucle Dame première ministre, qui, bonne camarade, s'autopersuade, mais heureusement, le grand Berger, lucide et mordant, lui répond : Il n'y a que des perdants.

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
15 avril 2023 6 15 /04 /avril /2023 08:57
Emmanuel Macron sur le chantier de Notre-Dame de Paris. Vendredi 14 Avril 2023. © Sarah Meyssonnier

Emmanuel Macron sur le chantier de Notre-Dame de Paris. Vendredi 14 Avril 2023. © Sarah Meyssonnier

Te voyant casqué sur le chantier de Notre-Dame, j'ai cru un instant que tu allais suivre mon conseil d'aller sur le terrain te faire embaucher comme manoeuvre pour vraiment comprendre ce que c'est que le travail manuel. Mais ta tenue et ta gestuelle d'inspecteur des travaux finis m'ont vite ramené à la raison et à la réalité. Tu venais juste mesurer la progression des réparations en cours. Tu as, bien sûr, à ton habitude, profité de ta sortie du Palais pour balancer ta petite punchline :

"Tenir le cap, c'est ma devise !"

Plus tard, en début de soirée, le Conseil constitutionnel a annoncé avoir valider le recul de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Décision des Sages pas forcément très sage. Dire le droit, dire la conformité de la loi à la Constitution, c'était le rôle des prétendus Sages. En leur âme et conscience, pas sûr, mais en tout cas en conformité avec leur conception du Droit, ils ont estimé que cette loi était conforme.

Le Conseil constitutionnel valide donc l'essentiel, tout en rejetant la demande de référendum partagé. Ils ont dit : le texte va dans le bon sens de l'intérêt général. Tu parles !

Les macronistes ont dit : le texte a terminé son parcours démocratique. Ni vainqueur, ni vaincus, a conclu Dame première. Tu parles !

Toi, l'insomniaque maniaque, toi, le monarque qui tient à imposer sa marque, qui n'a tenu compte d'aucune remarque, tu as promulgué nuitamment, à 3 heures 28, cette loi si contestée, publiée dans la foulée au Journal officiel. Fin provisoire de l'histoire. Mais oui, la France est une grande démocratie.

 

© Jean-Louis Crimon

 

Partager cet article
Repost0
14 avril 2023 5 14 /04 /avril /2023 08:57
 CNR. Programme du Conseil National de la Résistance. © Collection Maurice Bleicher.

CNR. Programme du Conseil National de la Résistance. © Collection Maurice Bleicher.

Cloner un sigle pour y inscrire sa marque, c'est une forme de plagiat. Malheureusement, ou heureusement pour toi, mon cher Manu, les véritables inventeurs du CNR et de son corollaire, "Les jours heureux", ne sont plus là pour dénoncer le faussaire. Car, - et ça me rend vénère -, il y a CNR et CNR, Conseil national de la Résistance et Conseil national de la refondation. Quelle prétention, quelle suffisance ! Il ne suffit pas de décalquer un sigle pour construire un projet social et humain. Le plagiaire, même avec les meilleures intentions du monde, ne sera jamais à la hauteur du premier auteur. Rien que l'adresse, en guise d'appel, sonne faux, sonne creux. Décidément tes "communicants" ne sauront jamais écrire. Pour bien écrire, il faut d'abord savoir bien penser. Quand on pense de travers, on écrit de même.  Relis-moi ça :

 

"Citoyennes et citoyens, partenaires sociaux, professionnels, élus : nous avons tous une voix et des idées à apporter pour faire avancer notre pays. Le Conseil national de la refondation vous propose plusieurs formats pour échanger ensemble et de manière constructive afin d'apporter des solutions sur les défis à venir, tant au niveau national qu'au plus près de chez vous."

 

"Echanger ensemble et de manière constructive", on a vu ce que ça a donné pour les Cahiers de doléances, façon "En Marche", les fameux "Cahiers citoyens" ouverts en réponse au mouvement des "Gilets jaunes". De l'esbrouffe, de la Com', du vent et de la frime. Idem pour la Convention Citoyenne pour le climat. "150 personnes tirées au sort, panel représentatif de la diversité de la population française, avec pour mandat de définir une série de mesures pour atteindre, d'ici 2030, une baisse d'au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre. Le tout dans un esprit de justice sociale". On voit ce qu'il en a été. En fait, à part faire des phrases, de beaux discours, à part vouloir détruire en dix ans ce que les luttes populaires ont réussi à arracher en 100 ans, ton projet de société, en vrai, tu le définis comment ?

Silence impressionnant. La belle promesse de 2016/2017, la critique radicale du système politique que tu voulais transformer, changer, "révolutionner", avec ce fabuleux "et en même temps", se sont fracassées sur l'écueil de la réalité.

 

Pour que tu mesures la légèreté de ton CNR à toi, juste un petit rappel, je te donne en lecture les points principaux entérinés par le général de Gaulle :

- Sécurité sociale pour tous, prévoyant le remboursement des frais médicaux et indemnités de chômage.

- Système des retraites étendu à toutes les catégories de salariés.

- Le "retour à la Nation" des grandes entreprises exploitées par l'occupant, Renault, la SNCF, Air France, et des grandes banques.

- Indépendance de la presse vis-à- vis des capitaux des grandes industries.

 

C'était en novembre 1943, à Alger, il y aura tout juste 80 ans en novembre prochain. Tu vois le chemin qu'il te reste à parcourir pour être à la hauteur d'un Charles de Gaulle. Te reste sept mois pour préparer la commémoration, toi qui aimes célébrer les anniversaires. A condition de réviser sérieusement ta conception du social et du service public. Un conseil : commence par reprendre la gestion des autoroutes à la SANEF. C'est l'Etat qui doit engranger les bénef !

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
13 avril 2023 4 13 /04 /avril /2023 08:57
Manoeuvre en bâtiment. 215 morts en 2019. 126 morts en 2021. © DR

Manoeuvre en bâtiment. 215 morts en 2019. 126 morts en 2021. © DR

Mon cher Manu, quand je vous entends, toi et tes sinistres ministres, parler avec des trémolos dans la voix de la "valeur travail", comme si c'était une valeur morale, alors que ce n'est qu'une valeur marchande, et quand je repense à ta célèbre répartie : " Y'a qu'à traverser la rue", j'vous en trouve, moi, du travail",  je me demande vraiment ce que vous en connaissez, toutes et tous, du travail.

Attal, Beaume, Borne, Darmanin, Fesneau, Guerini, Le Maire, Riester, Séjourné, à part enquiller vos litanies macroniennes comme des mantras inoxydables, j'aimerais vous voir à l'usine, sur un chantier, à la SNCF ou à la RATP, à la Poste, à Auchan ou chez Leclerc, pas en costard-cravate, en vraie tenue de travail, et pendant un an au moins, pour vous voir turbiner, bosser, souffrir, découvrir vraiment ce que ça signifie la pénibilité des travaux pénibles. Pour que vous compreniez ce que ça veut dire de vivre une vie de manoeuvre, de manutentionnaire, de cariste, d'éboueur, de ripeur ou de caissière de supermarché. Pour que vous touchiez, non pas du doigt, mais du dos, et des reins, ce que ça signifie de passer de 62 à 64 ans pour avoir le droit d'en finir avec ce genre de turbin.

Pour vous aider à comprendre, je vous raconte l'histoire d'un étudiant en philosophie qui, été 1969, s'est embauché comme manoeuvre sur le chantier de construction de l'école de son village. Un inaltérable sentiment de fierté s'empare de l'étudiant quand il lui arrive de passer dans son ancien village et de s'arrêter pour contempler les murs de l'école. La raison : toutes les briques lui sont passées par les mains. Depuis, son unique certitude : un homme qui a travaillé de ses mains, son cerveau, tout au long de sa vie, s'en porte bien. L'étudiant, bien sûr, c'était moi. Manutentionnaire à Saveco, puis à La Ruche Picarde, O.S. à Laden-Philips, souvent avec des horaires de nuit, ponctueront mes trois années de Licence de philosophie. En prime, antidote rigolote, la formule préférée de mon père : "Les gens intelligents, y sont bêtes !" Manière de dire que, pour lui, l'intelligence abstraite, uniquement construite sur des concepts, pas sur du concret, prend souvent des décisions absurdes, pour ne pas dire carrément à côté de la plaque. Ta réforme des retraites n'en est que le plus flagrant exemple. Affligeant. Désolant. Lamentable. Regrettable. Tu pourrais faire tellement mieux.

 

© Jean-Louis Crimon 

Partager cet article
Repost0
12 avril 2023 3 12 /04 /avril /2023 08:57
Chine. Sichuan. Le regard du Panda. Octobre 2011. Courrier des lecteurs. Déc. 2017. © Jean-Louis Crimon 
Chine. Sichuan. Le regard du Panda. Octobre 2011. Courrier des lecteurs. Déc. 2017. © Jean-Louis Crimon 

Chine. Sichuan. Le regard du Panda. Octobre 2011. Courrier des lecteurs. Déc. 2017. © Jean-Louis Crimon 

Mon cher Manu, respect absolu ! Une visite d'Etat incontestablement couronnée de succès. Hauts les coeurs ! C'est La Nouvelle République qui le claironne : Huan Huan et Yuan Zi ont obtenu, grâce à ton intervention auprès de Xi Jinping, la prolongation de leur permis de séjour. En fait, tu as bien fait de ne pas aborder le sort des Ouïghours ou la mort de Liu Xiaobo. Ce n'était pas utile pour le Zoo de Beauval. Arrivé en France en 2012, le couple de Pandas était, dans le deal de départ, l'objet d'un prêt de dix ans. L'officialisation de la prolongation du "bail" a été annoncé par le PDG du parc à son retour de Chine. Rodolphe Delord faisait partie de la délégation qui t'a accompagné du 5 au 7 avril. Seule restriction : les enfants de Huan Huan et Yuan Zi, Huanlili et Yuhandudu, pourtant nés en France, doivent repartir pour la Chine.

 

Allez, va, pour ne pas trop te déplaire ou te mettre le moral par terre, je t'offre cette photo en forme de flash-back. Octobre 2011, Sichuan, ce regard qui croise le mien, aucun doute, une lueur de pensée le traverse à ce moment-là. Panda, ton regard soutient mon regard. Tu ne baisses pas les yeux. Tu ne tournes pas  la tête. Tu me regardes en profondeur. Etrange, n'est-ce pas, un être humain. Tu sembles pensif, perplexe. De la patte, tu esquisses un penseur de Rodin non encore répertorié. A moins que tu ne songes à Spinoza. Les pandas ont lu Spinoza. 

Plutôt que de passer pour être, de Xi Jinping, le vassal, si on leur demandait un plan de paix aux pandas de Beauval... Manu, tu donnes ton aval ?

Pandas de tous les pays, unissez-vous !

 

© Jean-Louis Crimon 

 

Partager cet article
Repost0
11 avril 2023 2 11 /04 /avril /2023 08:57
Canton. Vendredi 7 Avril 2023. Etudiants de l'Université  Sun Yat-Sen de Canton. © DR.

Canton. Vendredi 7 Avril 2023. Etudiants de l'Université Sun Yat-Sen de Canton. © DR.

A Moscou, il y a plus d'un an, tes conversations avec Poutine devaient empêcher la guerre. On voit ce qu'il en est advenu. A Pékin et à Canton, tu venais demander à Xi Jinping d'intercéder auprès de Poutine pour ramener la paix en Ukraine. Pas très direct tout ça. Billard à trois bandes. Tu imagines sincèrement Xi Jinping appeler son "Cher ami" pour lui dire : "Arrête ta guerre !". Ce serait plutôt : "Ta guerre, tu la termines quand ? Faut que je commence la mienne" !

A Canton, face aux étudiants de l'Université Sun Yat-Sen, tu te cantonnes dans le registre facile, et franchement un peu démago, du "Selfie avec le Self-made man". Grandiose ta déclaration finale : "De Pékin à Canton, j'ai rencontré des étudiants qui apprennent notre langue, une jeunesse enthousiaste et volontaire, des entrepreneurs avec l'envie d'innover, des artistes inspirés par la France". "Des étudiants qui apprennent notre langue", "une jeunesse enthousiaste et volontaire", "des entrepreneurs avec l'envie d'innover", "des artistes inspirés par la France", décidément tu es incorrigible, mais faut reconnaître que pour les éléments de langage, tes conseillers ne t'ont guère aidé. Si ça continue, je vais devoir candidater, ça manque tellement de profondeur et de subtilité, tout ça !

Tu aurais pu leur donner à lire mon petit roman chinois "Du côté de chez Shuang", écrit entre septembre 2011 et Janvier 2012, à Chengdu, Sichuan, au temps où j'étais FaguoLaoshi, professeur de conversation française, ils y auraient trouvé des notations précieuses sur l'âme chinoise. Quand on passe trois jours jours en Chine, ne serait pas inutile de lire quelqu'un qui y a travaillé, enseigné, pendant presque six mois, non ?

Dans ton avion présidentiel, vendredi soir, avant de quitter Canton, je me demande bien quelle nouvelle pirouette tu vas inventer. Délicatesse ultime, c'est le moment choisi par Xi Jinping pour annoncer trois jours de blocus de l'île de Taïwan, en représailles à la visite de la Présidente taïwanaise aux Etats-Unis. Trois jours et sept heures d'entretien avec le numéro un chinois pour en arriver là, fantastique ! Ton sens de la diplomatie confine au sublime. Va nous parler de souveraineté européenne après ça. L'Europe n'a pas su empêcher la guerre d'Ukraine, comment croire que nous, les Européens, nous serons capables d'empêcher la guerre de Taïwan. Programmée au plus tard pour 2027. Dixit Xi Jinping soi-même. 

 

© Jean-Louis Crimon 

Partager cet article
Repost0
10 avril 2023 1 10 /04 /avril /2023 08:57
Paris. Palais de l'Elysée. 3 Avril 2023. Convention citoyenne sur la fin de vie. © DR.

Paris. Palais de l'Elysée. 3 Avril 2023. Convention citoyenne sur la fin de vie. © DR.

Quand j'y pense, je me demande vraiment pourquoi tu as voulu un beau jour être président. Président de la République. Président de la République française. Je relis certains passages de "Révolution", ce livre d'un jeune quadra prêt à tout pour changer son pays et la vie des gens de son pays, et je comprends mieux comment beaucoup de ceux qui, avec toi, se sont mis "En Marche" ont pu te prendre pour le John Kennedy français. La jeunesse, la fougue, l'enthousiasme juvénile, la hardiesse et un rien de narcissisme. D'abord, créer le nom d'un mouvement politique à partir de ses initiales, franchement, fallait oser. E.M. Emmanuel Macron, est devenu "En Marche" et ça marche. Enfin, ça a marché. 

Je m'étonne de ta sortie sur la traîtrise dont on a pu t'accuser. Traîtres, tes transfuges le sont tous, à commencer par ta Première, Dame Borne, ensuite Gabriel Attal, Olivier Dussopt, Stanislas Guerini, Olivier Véran et les autres, tous ceux qui ont quitté et renié leur famille d'origine, le Parti socialiste. Sans oublier Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, Edouard Philippe qui, eux, ont "trahi" Les Républicains. Alors, côté traîtrise... quoiqu'on en dise... ce n'est pas partie remise. Tous prêts à trahir jusqu'à leur chemise.

Je te relis, page 29 : "Je dirai un mot du grand air de la trahison qu'on a chanté contre moi, un mot, pas davantage. Ce qui le sous-tend me paraît révélateur de la crise morale de la politique contemporaine. Car lorsqu'on dit que j'aurais dû obéir au président comme une machine, renoncer à mes idées, enchaîner à son destin la réalisation de ce que je crois juste, simplement parce qu'il m'avait nommé ministre, que dit-on ? Que l'idée du bien public doit s'effacer devant celle du service rendu. J'ai été frappé de voir avec quelle ingénuité ceux qui voulaient m'accabler ont ainsi avoué que pour eux la politique obéissait au fond à la règle du milieu : de la soumission dans l'espoir d'une récompense personnelle."

De Benalla à tes dernières nominations, franchement, qu'as-tu fait d'autre ? Crise morale de la politique contemporaine, disais-tu ? Six ans plus tard, quel changement en effet ! 

La "traîtrise" qui me fait le plus de peine, vois-tu, aujourd'hui, c'est que tout au long du chemin, tu te trahis toi-même. Même ton idée de retraite par points, un temps brandie, tu l'as trahie. 

 

© Jean-Louis Crimon 

Partager cet article
Repost0
9 avril 2023 7 09 /04 /avril /2023 08:57
Moscou. 7 Février 2022. © SPUTNIK / via REUTERS. Canton. 7 Avril 2023. © POOL/Via Reuters.
Moscou. 7 Février 2022. © SPUTNIK / via REUTERS. Canton. 7 Avril 2023. © POOL/Via Reuters.

Moscou. 7 Février 2022. © SPUTNIK / via REUTERS. Canton. 7 Avril 2023. © POOL/Via Reuters.

Décidément, comme porte-parole d'une diplomatie de paix, mon pauvre Manu, on ne peut pas dire que toutes tes démarches soient couronnées de succès. Même en pensant avoir le bras long, six mètres de longueur de table, chez Vladimir, tu t'en souviens, ça faisait vraiment trop long. La longueur de table a fait beaucoup parler, gloser. En fait, la raison en incombait au fait que tu avais refusé un test PCR à ton arrivée en Russie. Test PCR, non pas un test Parti Communiste Révolutionnaire, un test COVID auquel tu as, sans doute à raison, refusé de te soumettre. Avec ou sans test, c'est Poutine qui te teste ce jour-là et déjà dans sa tête, la guerre d'Ukraine est en place. Même sous l'appelation "Opération spéciale".

Quatorze mois plus tard, 7 Février 2022, 7 Avril 2023, Cérémonie du thé à Canton. A peine as-tu quitté Xi Jinping que l'encerclement total de Taïwan commence. Pékin considère l'île comme l'une de ses provinces à reprendre. 71 avions de chasse et 9 navires de guerre. "Opération spéciale" nécessaire pour sauvegarder la souveraineté et l'intégrité territtoriale de la Chine. Des exercices à tirs réels sont prévus pour lundi.

Moralité : tu prends le thé, tu dînes, tu prends ton avion, et à peine le président français dans les airs qu'on passe aux prémices de guerre. Je ne sais pas comment tu peux vivre tout ça, moi, ça m'agace et ça me glace.

A quoi cela sert-il de faire le beau et le talentueux devant un parterre d'étudiants chinois choisis, à quoi cela sert-il de dénoncer à Canton la guerre russe en Ukraine, à quoi ça rime de vouloir faire de cette guerre d'Ukraine le sujet principal de ta visite d'Etat en Chine, à quoi ça rime de demander à Xi Jinping de "ramener la Russie à la raison", si tu laisses le premier des Chinois préparer en sourdine sa guerre de Taïwan ? 

Vraiment, je ne te comprends pas ou c'est bien la preuve qu'au pays de l'Empire autrefois appelé du Milieu, nous ne sommes "rien", et toi, vraiment pas grand chose, à peine l'équivalent d'un président de Conseil Régional. 

Ici, j'ose à peine me souvenir de ta célèbre sortie de juin 2017 : "Une gare, c'est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien." Je n'ai aucune estime, aucune admiration particulière pour la "réussite" à la Xi Jinping ou à la Poutine, mais force est de reconnaître que nous nous bornons à faire des phrases quand ils sont en passe d'être les Maîtres du Monde. Tu es trop intelligent pour être dupe et succomber à la mascarade. Je t'en prie, cesse les tweets et les selfies. Sois de Gaulle ou Mitterrand, ou alors rentre dans le rang.

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
8 avril 2023 6 08 /04 /avril /2023 08:57
Paris. Elysée. Avril 2023. L'infernal Trio. Désolidarisé bientôt. © Sipa.

Paris. Elysée. Avril 2023. L'infernal Trio. Désolidarisé bientôt. © Sipa.

Borne, tu dépasses les bornes. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est toi, Manu, qui le pense. Tellement fort que tout le monde l'a entendu. Manu, le président de la France. La France, le pays dont le prince est un enfant capricieux. Cette fois, Borne et Macron, c'est la rupture, le divorce. Le début de la fin. Les deux n'ont pas le même conception du mot "humiliation". Macron ne voulait pas que la Russie soit "humiliée" à la fin de la guerre qu'elle mène en Ukraine, Borne ne veut pas que les syndicats soient humiliés à la fin de la guerre sociale que Macron leur mène. Ne pas humilier Laurent Berger, pour Dame Borne. Ne pas humilier Vladimir Poutine, pour Macron. Macron a l'humiliation sélective. Comme l'indignation. 

Apaisement. Respect. Deux impératifs désormais dans la bouche de la Première ministre. Mieux vaut tard que jamais. Dame Borne a fait savoir qu'elle n'était pas simplement là pour administrer le pays. Administrer le pays ou admini/sinistrer le pays. Le néologisme est de moi. Dame Borne veut "respecter une période de convalescence" et attend le "bon timing" pour renouer le dialogue avec les syndicats. Prise de distance avec les exigences du "PR" qui avait ordonné, dans son fameux 13 heures, que cette opération se fasse "au plus vite". Propos "suicidaires" que les paroles de la locataire de Matignon, a estimé une bonne partie de la majorité. Seul le secrétaire général de la CFDT a apprécié : Laurent Berger a expliqué avoir trouvé les propos de la Première ministre "plus respectueux que le message qui est venu de Chine". De l'Empire du milieu, le président Macron avait réfuté assez séchement l'expression "grave crise démocratique" employée par le leader syndical pour qualifier la situation française actuelle.

Simon Duteil, de l'union syndicale Solidaires, lui, est plus direct : "Elisabeth Borne parle de convalescence, mais nous, on n'est pas malades, c'est notre démocratie qui est malade !" De fait, depuis trois mois, tout le prouve. 

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
7 avril 2023 5 07 /04 /avril /2023 08:57
Le Président et la première Dame. © droits réservés.

Le Président et la première Dame. © droits réservés.

Qu'est-ce que j'apprends, Manu, un de tes employés, agent du service argenterie du palais présidentiel, s'est jeté sur les rails du RER. La raison : pour le remercier de ses 23 années de bons et loyaux services, il a été congédié. L'homme, âgé d'une cinquantaine d'années, n'aurait pas supporté de se voir notifier sa "remise à disposition de son corps d'origine, le Ministère de la Culture, avec pour conséquence immédiate, la perte de son logement de fonction quai Branly."

Selon l'unique syndicaliste de l'Elysée, joint par l'hebdomadaire Marianneil règne ces temps-ci au Château une ambiance de travail exécrable. Ils virent les "vieux" en les remettant brutalement à disposition de leur corps d'origine.

L'homme faisait partie de ces petites mains silencieuses que les convives prestigeux n'aperçoivent jamais et selon Patrick Pradié, cité par Marianne, il ne fait aucun doute que la tentative de suicide de son ancien collègue, qui portait son badge de la présidence autour du cou au moment de son geste funeste, soit en lien direct avec la perte de son emploi. 

23 années d'une vie à prendre soin des couverts en vermeil, des assiettes en porcelaine de Sèvres et des verres en cristal Bacarrat pour être traité comme ça.

Selon le service de presse de l'Elysée, une aide psychologique a été proposée aux employés de l'intendance. Emmanuel et Brigitte Macron ont réuni l'ensemble du personnel pour témoigner de leur soutien. L'homme qui voulait mettre fin à ses jours se trouve toujours à l'hôpital dans un état grave.

Avoue, mon cher Manu, que cette tragique histoire tombe vraiment mal, même si on ne peut pas penser que tu sois directement responsable de ce drame. Tu devrais peut-être quand même y voir comme un signe. Un avertissement. La valeur travail, tu sais, dont vous vous gargarisez tous, ces temps-ci, au Palais ou au gouvernement, ne doit jamais prendre le pas sur la valeur humaine. Décidément, nous n'avons pas les mêmes valeurs. Un conseil, méfie-toi des Valeurs actuelles et pense un peu plus souvent à ta grand-mère institutrice et à ton grand-père cheminot. Ton monde n'en serait que plus beau.

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens