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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 08:57
Paris. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon

 

Sans paroles.

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30 avril 2021 5 30 /04 /avril /2021 08:57
Amiens. France Bleu Picardie. 7 Avril 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. France Bleu Picardie. 7 Avril 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher footballeur de papier,

 

Tu pensais que tu ne jouerai pas. Au téléphone, on t'avait dit : "C'est juste au cas où... Un arbitre international est invité, mais on ne sait pas s'il arrivera à temps, alors..." Ok, pas de problème, ça me va, s'il vient, ce sera le banc. Le banc des remplaçants. L'arbitre n'est pas venu. Tu es entré en jeu. Dès le début.

La radio, c'est vif, c'est rapide, c'est dans l'instant. Avant, tu te dis " Faut dire ça" et " Faut raconter ça comme ça". Mais dès que le rouge s'allume, ça ne se passe jamais comme prévu. Tu n'as pas su bien resituer ton football/musique et ton Fontaine/Verlaine. Bien sûr, tu as donné l'esprit, l'ambiance, la romance, mais pas vraiment le roman.

 

Un gros regret surtout : tu n'as pas eu le temps de rappeler ces mots de Denis Troch, l'entraineur de l'ASC, juste avant la finale de Coupe de France, au Stade de France, en 2001, l'année de la parution de ton tant aimé Verlaine avant-centre : "Passez les ballons que vous aimeriez recevoir ! "

Une phrase que tu as cité tout au long de ta vie, en la déclinant selon les moments, selon les instants: "Passez les idées que vous aimeriez recevoir"  et aussi " Passez les sourires que vous aimeriez recevoir ! " Plus qu'un leitmotiv, une philosophie vive.

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 7 Avril 2016.

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 08:57
Amiens. Soir de pluie. 14 Oct. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Soir de pluie. 14 Oct. 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher nyctalope,

 

Tu adores ça. Peindre avec la lumière. Ecrire avec la lumière. Avec les yeux du hasard aussi. La chance parfois. Ecrire sans les mots. Calligraphier la lumière. Capter la lumière. Chasser les signes. Pourchasser les formes. Jeu de piste magique. Pêche malicieuse, minutieuse, miraculeuse. Deux ombres dans la nuit. Deux ombres qui se font face. La nuit n'en aura trace. Toi, oui. Photo de deux fantômes. Tu penses à Verlaine et aux deux premiers vers de son Colloque sentimental :

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

 

Instant noctambule. Le temps sort de sa bulle. Nocturne conciliabule.

Le hasard est un être lumineux.

 

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 21 Octobre 2016.

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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 08:58
Amiens. 29 Juillet 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 29 Juillet 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher marcheur rêveur qui ne marche plus qu'en rêve,

 

Ta lettre d'aujourd'hui ne sera pas très longue. Tu as mieux à faire. Le livre tant attendu est enfin arrivé. Belles étoiles, de l'ami Poindron, dans les pas de Stevenson, Robert Louis Stevenson.  Poindron a déjà fait mille et une choses remarquables dans sa vie de piéton pèlerin colporteur chroniqueur éditeur mais celle d'entre toutes que tu lui envieras jusqu'à ta mort, c'est d'avoir un jour emboîté le pas du célèbre Ecossais. Le Voyage avec un âne dans les Cévennes, Eric Poindron l'a fait, vraiment fait. A pied, avec un âne, comme Robert Louis. Avec, en prime, un ami. Pour ça, Monsieur, total respect.

Toi, cet après-midi de Juillet, à l'ombre de l'unique arbre de ton jardin, tu tailles la route dans les pas de Poindron, lui-même dans les pas de Stevenson. Toi dans les pas de ces deux-là à la fois. C'est fantastique les mots, les mots écrits, les mots publiés, ça te fait voyager sans forcément éprouver la fatigue physique du voyage. Cette fois, tu es ce marcheur rêveur qui ne marche plus qu'en rêve. Tu te dis simplement que tu marcheras vraiment demain.

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 29 Juillet 2016.

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27 avril 2021 2 27 /04 /avril /2021 08:57
Amiens. Rue Delpech. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher rêveur impénitent,

 

Parfois, en plein midi, tu te dis que l'endroit n'est pas le contraire de l'envers. A l'envers de l'endroit, on voit la vie différemment. Tu t'inventes ton ISS, ta station spatiale irréelle. Trompe-l'oeil superbe et sidérant vertige sidéral.

Être tête en l'air. Sans être trop terre à terre. Ton tête à tête avec toi-même n'est pas aussi absurde. Boire à la renverse une rivière curaçao en guise d'apéro. Glaçons blancs dans le bleu. Un nuage de fraîcheur dans le verre.

Qu'à celà ne tienne, à la tienne !

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 13 Août 2016.

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 08:57
 Amiens. Marie sans Chemise. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Marie sans Chemise. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon

 

Cher grand romantique,

 

C'est souvent comme ça que ça se passe. Une voix intérieure te dit: arrête cet instant fugace, avant que le soir ne l'efface. Tournant le dos aux autos et à la Marie sans caraco, dans la lumière grise, un jeune homme texto/ise. Toi, tu te remémores une chanson ancienne quand tu la croyais tienne, la Marie. 

Ce soir encore, tu persistes à croire que sur votre histoire le temps n'a pas prise.  Elle a toujours, la Marie sans Chemise, son sourire des beaux jours. Elle ne sourit que pour toi, ta belle promise, aux amours marines. Lointaine cousine, c'est sûr, de la petite Sirène de Hans Cristian Andersen.

Des heures entières, tu rêverais bien au pied de son socle de pierre, et, sûr, tu trouverais la mer, là-bas, près du grand paquebot gothique. Tu lui parlerais, du bout des lèvres, du bout des yeux, du bout des doigts... Ce soir, tu rêves de la convaincre de descendre de son socle de pierre, pour avec elle, t'en aller boire un verre ou deux, au comptoir des amoureux. Tiens, vous iriez Chez Pierre ou au Cappuccino. Tu ferais une dernière photo. Photo du soir, espoir.

Au dos à dos, tu as toujours une nette préférence pour le face à face.

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 10 Octobre 2016.

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 08:57
Amiens. Rue de la Fosse au Lait. Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue de la Fosse au Lait. Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher archéologue urbain,

 

L'atelier a disparu depuis longtemps. Le mot seul subsiste. Tu te demandes qui était le dernier ébéniste ? Ebénisterie, le mot est joli. Aujourd'hui encore, il sourit. S'étale en lettres capitales sur sa pleine page de briques.

Tu te souviens du titre d'un livre ancien : "Les murs ont la parole". Un livre publié dans l'après Mai. Un mois de Mai d'un autre siècle. D'un autre temps. Du temps où "Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ! " était à la fois incitation poétique et slogan politique. Les mots des murs. Un mot, un mur. Un mot, un seul, et c'est du passé qui te revient dans la gueule.

 

Tu te souviens du titre de l'une des premières pièces de théâtre du Carquois : "Les murs avaient des briques". La boucle est bouclée. Les murs, les mots, les briques... Tout ces instants du passé qui s'imbriquent.

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 28 Sept. 2016.

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 08:57
Paris. 25 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Paris. 25 Mai 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher petit piéton photographe,

 

Tu le sais bien, ça ne peut pas être autrement. Tu le sais d'instinct. C'est comme ça que fonctionne la capture de l'instant. Instant et instinct. Instinct de l'instant. L'oeil en éveil permanent. Ne jamais relâcher l'attention. Juste voir avant d'avoir vu. D'avoir vraiment vu. Entrevoir. Juste penser qu'il va se passer quelque chose. Sentir. Pressentir. Quelque chose va se produire. Doit se produire. Va venir. Va advenir.

Quelque chose ou quelqu'un. Qui va entrer dans le champ. Occuper l'espace. Tout l'espace. En un instant. La photo se révèle à ce moment précis. Il s'agit simplement de la saisir, de la cueillir. Trouver le contrepoint ou le contre-pied. Sans faire de contresens.

Photographier, c'est donner du sens à ce qui n'en avait pas. Pas forcément. Donner un sens différent. Un nouveau sens. Un autre sens. Détourner le sens en détournant le regard. Inventer le second degré de l'image.

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 25 Mai 2016.

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 08:57
Paris. Rue La Fontaine. Sous l'oeil de Verlaine. 2013. © Jean-Louis Crimon

Paris. Rue La Fontaine. Sous l'oeil de Verlaine. 2013. © Jean-Louis Crimon

 

Cher toi,

 

Jadis et Naguère. Paris. Léon Vanier, Libraire-Editeur. 19, Quai Saint-Michel, 19. Nouvelle Edition. 1891. Dit comme ça, sûr, ça n'est pas très excitant. Pas très attirant. Sans nom d'auteur, est-ce moins flatteur ? Le recueil se compose de deux parties. L'auteur l'a voulu ainsi. Cette pièce - on dit comme ça - se trouve dans Jadis. Pages 19, 20 et 21. Elle est dédiée à Charles Morice. Son titre : Art Poétique. La première strophe est la plus connue, si bien chantée par Léo Ferré, qui préfaça, naguère, dans la collection du Livre de Poche, les "Poèmes Saturniens". Quatre premiers vers fantastiques, tout est dit et tout reste à faire, vous ne pouvez pas ne pas les connaître :

 

De la musique avant toute chose,

Et pour cela préfère l'Impair

Plus vague et plus soluble dans l'air,

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

 

Plus loin, redoutable conseil à tout rimailleur débutant. Que tu es toujours et pour longtemps. Variante: Que tu es depuis longtemps et pour toujours. Le conseil en question :

 

Prends l'éloquence et tords-lui son cou !

Tu feras bien, en train d'énergie,

De rendre un peu la Rime assagie.
Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ?

 

Sans oublier la fin, superbe fin, devenue précepte ou proverbe:

 

Que ton vers soit la bonne aventure

Eparse au vent crispé du matin

Qui va fleurant la menthe et le thym...

Et tout le reste est littérature.

 

Verlaine, bien sûr. Verlaine. Relire Verlaine. Chaque soir de la semaine. Toujours et encore. Relire Jadis et Naguère. Relire Verlaine. Des comme lui, y'en a plus guère.

 

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 5 Avril 2016.

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 08:57
Amiens. Avril 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Avril 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher rêveur,

 

Va savoir pourquoi, ça te vient comme ça, sans prévenir, sans crier gare, au coin d'une rue, sur le bord du trottoir. Trois mots, trois fois rien, deux ou trois rimes, un refrain, et à ce moment-là, toi qui n'est pas chanteur, tu chantes, enfin, ça chante en toi. Les mots chantent et puis s'en vont souvent comme ils sont venus, jusqu'à ce qu'une autre chanson s'en vienne. Cette fois,  les mots, tu les trouves trop beaux, surtout cette nouvelle façon de conjuguer "avril". Néologisme, diront les savants qui savent. Les mots, tu te les répétes à tue-tête, pour te les fixer bien dans ta tête avant que ton poème ne t'échappe et que ta chanson ne passe à la trappe.

 

Tous ces instants que tu disperses

Te mettent le coeur aux averses

Averses éparses d'un mois de mars

Qui faussement s'avrilise

Pour ne pas faire sa valise...

 

Le printemps est à la peine

Le printemps est à la traîne

Toi aussi, t' as le coeur en peine

Mais tu sais bien que ça sert à rien

Ta peine, c'est trois fois rien...

 

Comme tu fredonnes en marchant, une vieille dame t'arrête et te lance :

- Vous êtes chanteur, Monsieur ? 

- Non, Madame, seulement rêveur. Oui, rêveur, rêveur fredonneur. Les jours où j'ai mal au coeur.

 

 

© Jean-Louis Crimon

 

Première parution : 8 Avril 2016.

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