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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 08:27
Grandvilliers. Oise. Jour de Brocante. 10 Juillet 2016. © Jean-Louis Crimon

Grandvilliers. Oise. Jour de Brocante. 10 Juillet 2016. © Jean-Louis Crimon

Grâce et élégance de la femme celluloïde, un beau dimanche de brocante. Superbe plastique du nu plastique. De loin, un regard en coin souligne en silence cette beauté qui ignore l'indécence.

 

© Jean-Louis Crimon

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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 08:27
Francis Lubrez. Le dernier labour du dernier laboureur à chevaux. 25 Février 1981. © Jean-Louis Crimon

Francis Lubrez. Le dernier labour du dernier laboureur à chevaux. 25 Février 1981. © Jean-Louis Crimon

L'homme, je m'en souviens bien, stoppe ses deux chevaux, vient vers moi et me demande pourquoi, avant de commencer à photographier, je l'ai observé longuement, oeuvrant et manoeuvrant sa charrue et son attelage. Surpris par mes mots: je voulais comprendre avant de prendre et rassuré par ma démarche, me gratifiant d'une bonne tape fraternelle sur l'épaule, il me dit: j'y retourne, c'est mon dernier labour, ma dernière année avec mes chevaux, prenez toutes les photos que vous voulez, elles auront leur place dans les livres d'Histoire.

Quarante et un ans plus tard, je pense à lui et je me demande, -comme on disait autrefois dans mon village-, s'il est toujours du monde. Me ferait tellement plaisir de le savoir toujours vivant. De savoir aussi s'il a bien reçu mes photographies envoyées par la Poste, dans son village de Brillon, (59178 Hasnon), en mars 1981. S'il le souhaite, et s'il a une adresse mail, je lui en envoie deux ou trois dès aujourd'hui, dès ce matin. Dès maintenant.

 

© Jean-Louis Crimon

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 08:27
Paris. Soir de brocante. Rue Gros. 26 janvier 2013. © Jean-Louis Crimon

Paris. Soir de brocante. Rue Gros. 26 janvier 2013. © Jean-Louis Crimon

Fin de brocante. Comme en apothéose. Parfaite osmose. A peine le temps de me demander si j'ose. Sans le savoir, la dame qui passe prend la pose.  Sur le trottoir d'en face, la fausse Botero botte en touche. La photo fait mouche. 

 

© Jean-Louis Crimon

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9 février 2022 3 09 /02 /février /2022 08:27
Amiens. Rue Delpech. Rue Camille Desmoulins. Mars 2018. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Rue Camille Desmoulins. Mars 2018. © Jean-Louis Crimon

L'absurde est souvent prétexte à de bonnes photos. Il faut simplement avoir l'oeil. Être en permanence en éveil. Le boîtier numérique dans la poche, à portée de main. Pour ne jamais remettre à demain. Demain, les travaux seront finis et la photo évanouïe.

 

© Jean-Louis Crimon

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8 février 2022 2 08 /02 /février /2022 08:27
Copenhague. Rådhuspladsen. 19 Mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Copenhague. Rådhuspladsen. 19 Mars 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Au Danemark, crâne d'oeuf est une expression à ne pas prendre avec des pincettes. Faute de quoi... le Panda... te mangera.

 

© Jean-Louis Crimon

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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 08:27
Amiens. Rue Fernel. Début 70. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Fernel. Début 70. © Jean-Louis Crimon

Sans doute l'une de mes premières photos. Tout début des années 70. Au coeur, le sentiment confus que le grand reportage commence au coin de la rue. Première année du tronc commun Philo-Psycho-Socio. Etudiant, mais pas seulement. Une conviction : les concepts, les notions, indispensables à la réflexion, ne descendent pas dans la rue. Mes images seront des idées qu'on ne rencontre pas à l'université. L'image, c'est l'intelligence qui avance en silence.
 

© Jean-Louis Crimon

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6 février 2022 7 06 /02 /février /2022 08:27
Francis Lubrez. Le dernier Laboureur. Brillon. 59178 Hasnon. 25 Février 1981. © Jean-Louis Crimon

Francis Lubrez. Le dernier Laboureur. Brillon. 59178 Hasnon. 25 Février 1981. © Jean-Louis Crimon

Je n'irai pas jusqu'à dire que nous nous connaissons, que Depardon et Crimon se connaissent, ce serait prétentieux. C'est beaucoup plus modeste et plus flatteur. Plus fort encore qu'une rencontre entre deux êtres humains, deux photographes. Depardon a posé son regard sur mes noir et blanc, Depardon a croisé mes photos chez Picto. Picto, rue de la Roquette, à Paris. Picto, son Labo. Le mien aussi, pour une Expo. Ma première Expo.

Depardon a dit, un rien admiratif : qui est l'auteur de ces photos ?

L'anecdote m'a été rapportée par la personne qui classait mes tirages et mes négatifs. Toujours trop timide ou réservé en pareil cas, je n'ai pas cherché à en savoir davantage. Pas questionné mon informatrice, assez fière de me confier pareille confidence. Pas pourchassé l'homme célèbre qui avait posé son regard fraternel sur ma manière de construire mes images. La photo de ce laboureur guidant d'un bras ferme le soc de sa charrue au rytme des pas de son cheval, l'avait forcément ému, touché. Pour des raisons intimes que lui et moi partageons. Sans se connaître, on s'est reconnus. Enfin, Depardon a reconnu l'oeil de Crimon. L'oeil du photographe. Photographe que je n'étais pas. Que j'aurais dû être. Que j'aurais pu être si le journaliste, l'homme de radio, n'avait réduit au silence le photographe débutant. Un meurtre en douceur qui remonte aujourd'hui à plus de cinquante ans.

 

© Jean-Louis Crimon

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5 février 2022 6 05 /02 /février /2022 08:27
Saint-Malo. Grands Voyageurs. Mai 2015. © Jean-Louis Crimon

Saint-Malo. Grands Voyageurs. Mai 2015. © Jean-Louis Crimon

 

Depuis que je me suis remis à la photographie, j'ai le sentiment d'avoir manqué ma vie. De m'être égaré bien trop longtemps dans l'univers des mots et des idées. Même si  j'y ai pris du plaisir. Beaucoup de plaisir. Les mots, écrits et publiés dans le journal, ou parlés à la radio, étaient ma raison d'être, mon pain quotidien et, soyons lucide, mon gagne-pain. Mon gagne-pain quotidien. C'est la vie, c'est ma vie, me suis-je dit. J'ai renoncé à la photo. Sans réaliser alors la gravité du renoncement. J'ai trahi mon premier amour. Je me suis trompé de vie.

 

Ma boîte à images, mon boitier, mon 24x36, - selon les années, Mamiya ou Minolta, Praktica ou Leica -, je les ai abondonnés pour mon clavier AZERTY et mon micro Sennheiser. Conséquence : mes négatifs, soigneusement développés et coupés par bandes de six vues, ont dormi, à l'abri de la lumière et de la poussière, pendant trois ou quatre fois dix ans. Aujourd'hui, ils sont intacts. Comme neufs. Commme développés, et séchés, il y a quelques heures à peine. Comme si les images argentiquement supportées et transportées à travers le temps, avaient été prises la veille ou l'avant-veille.

De fait, le destin de ces images est vraiment extraordinaire. Ce n'est pas si courant que des photos, prises au début des années 70, 1970, ne soient "révélées", au sens photographique du terme, que quarante ans plus tard, dans les années 2010. Façon d'éprouver les instants saisis dans la dure et longue durée du temps. Mise à l'épreuve qui se prive justement des épreuves. Mes négatifs n'ont pas bougé. Certaines photos, mal fixées, deviennent sépia. J'ai, en n'effectuant aucun tirage sur papier, échappé au sépia. La photo sépia. Mais je n'ai pas échappé à "la photo s'épia". Du Devos ou du Lacan dans le texte. Si Lacan avait été photographe. Le Leica de Lacan, joli titre pour mon prochain roman. Un photo-roman. Pas un roman-photos. Pas une histoire d'amour un peu mièvre. Non, un photo-roman. Un livre où les photos sont, non pas simple ponctuation, mais vraies têtes de chapitre. Cadrent le décor. Inventent une autre histoire. Une histoire dans l'histoire. Un photo-roman uniquement fait d'instants. Instants non pas décisifs. Instants essentiels et dérisoires à la fois. Fragments choisis d'une histoire écrite en pointillés. Instants suspendus sans succomber aux points de suspension.

 

© Jean-Louis Crimon

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4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 08:27
Amiens. Bibliothèque Louis Aragon. Accrochage de mon Expo de Septembre 2019. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Bibliothèque Louis Aragon. Accrochage de mon Expo de Septembre 2019. © Jean-Louis Crimon

C'est mon histoire. L'histoire d'un photographe qui va passer quarante années de sa vie au stade du négatif. Par manque d'argent – le comble au temps de l'argentique –, puis par manque de temps,  le photographe débutant ne développe que les négatifs. Négatifs soigneusement séchés et rangés dans les pages cristal des classeurs Paterson. Trente-six vues découpées en bandes de six. Incontournable rituel de celui qui vit dans l'instant et se prépare pour plus tard. Aujourd'hui, une dizaine de classeurs Paterson, contenant chacun une centaine de pages, protégeant chacune six bandes de négatifs découpées en six vues, sont toute ma richesse. 36.000 photographies. Si seulement une sur cent vaut la peine d'être vue en tirage papier, cela fait 360 photos. Une photo par page. Un beau livre d'images de 360 pages. Pour en finir avec l'histoire d'un photographe qui passa la majeure partie de sa vie au stade du négatif. L'histoire ferait un beau roman. Un roman que le photographe qui vécut sa vie au stade du négatif n'écrira sans doute pas, étant au fond de cette race d'écrivains qui écrivent avec leur vie les livres qu'ils ne publient jamais. Livre unique, édité à un seul exemplaire, sans être obligé de chercher à plaire. Ce qui n'est pas pour lui déplaire. Pour me déplaire.

 

Pourtant, je sais bien qu'il me faudra l'écrire un jour, ce livre, ce roman. Un livre où mes "argentiques" côtoient et tutoient mes "numériques".

 

© Jean-Louis Crimon

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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 08:27
Amiens. 134, rue Jean-Moulin. Année universitaire 1971-1972. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 134, rue Jean-Moulin. Année universitaire 1971-1972. © Jean-Louis Crimon

A travers la vitre du Bus qui conduit au Campus, le regard d'une étudiante s'attarde sur cette maison en bois et son joli nom. Une maison qui me parle à moi aussi. Pendant des mois, je me contente de lui sourire à chaque fois. Un beau jour, je n'y tiens plus, je demande l'arrêt. Je dois l'immortaliser. Une maison comme ça, sur le chemin des étudiants et des écoliers, ça ne doit pas s'oublier.

Aujourd'hui, la maison n'existe plus. Espérance a disparu.

 

© Jean-Louis Crimon

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