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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 09:07
Amiens. Nov. 2020. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Nov. 2020. © Jean-Louis Crimon

Parfois le ciel moutonne, et les plus vieux, souvent les plus sages, disent que la pluie est proche. Pour eux, moutons du ciel appellent bergère la pluie. 

 

© Jean-Louis Crimon

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6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 09:07
Amiens. Déc. 2020. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Déc. 2020. © Jean-Louis Crimon

 

Chaque jour, simplement de passage, ils réinventent le paysage. Comme ça, juste en passant. Comme si, sans eux, le ciel risquerait d'être trop lassant.

 

 © Jean-Louis Crimon

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 08:57
Amiens. Août 2016.  © Jean-Louis Crimon 

Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon 

 

Parfois, l'été, en plein midi, tu plonges dans le vide et tu arpentes à pas de géant une ruelle devenue océan. Tu te sens pousser des semelles de Pantagruel. Tu t'agenouilles pour boire une rivière curaçao en guise d'apéro. Glaçons blancs dans le bleu de l'océan céleste.

 

Trompe-l'oeil superbe et sidérant vertige sidéral. 

 

© Jean-Louis Crimon 

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 08:57
Amiens. Rue Delpech. Octobre 2016. © Jean-Louis Crimon 

Amiens. Rue Delpech. Octobre 2016. © Jean-Louis Crimon 

Incroyable couette couleur de suie, qu'une journée grise essuie, Baudelaire n'est pas loin. Baudelaire et son ciel "bas et lourd comme un couvercle".

 

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits...

 

Tu penses aussi, trouée de bleu de ciel oblige, à cet extrait de lettre à Armand Fraisse :

 

« Avez-vous observé qu’un morceau de ciel, aperçu par un soupirail, ou entre deux cheminées, deux rochers, ou par une arcade, etc., donnait une idée plus profonde de l’infini que le grand panorama vu du haut d’une montagne ? »

 

Avoir Baudelaire, comme compagnon de route, rue Delpech, un midi d'Octobre, sur le chemin de la Boulangerie, luxe suprême.

 

© Jean-Louis Crimon 

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 08:57
Amiens. Juin 2016. © Jean-Louis Crimon 

Amiens. Juin 2016. © Jean-Louis Crimon 

Toi qui passes pour un être trop terre à terre, tu te surprends souvent à lever les yeux vers ce ciel auquel tu ne crois pas. Tu sais, faculté si rare désormais sous nos climats, lire le ciel, selon le moment de la journée.

La nuit, - tu le crois dur comme fer -, la mer prend la place du ciel. Preuve: le ciel du matin garde mémoire des vagues de la nuit. Image mirage visible seulement par les yeux de ceux qui se lèvent tôt.

 

© Jean-Louis Crimon 

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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 08:57
Amiens. 1er Janvier 2021. © Jean-Louis Crimon 

Amiens. 1er Janvier 2021. © Jean-Louis Crimon 

 

- Monsieur, vous rêvez !

- Pardon, madame, je contemplais la forme des nuages. Les nuages, vous savez, pour moi, c'est fascinant...

 

- Vous feriez mieux de contempler vos ouvrages et vos éventuels clients !

- Vous savez, ces temps-ci, sur cette portion du quai, si les promeneurs sont nombreux, les acheteurs sont plutôt rares.

- Au fond, vous n'avez pas tort, le bleu du ciel et les nuages qui s'y promènent ont des vertus apaisantes...

- Surtout dans cette époque violente où les gens sont très vite agressifs.

- La faute à la politique, monsieur, tout ça !

 

Le dialogue avait quelque chose d'insolite. Le ton de la dame surtout. J'avais l'impression d'avoir été pris en faute par une vieille maîtresse d'école. D'ailleurs, je ne me privais pas, trouvant cette dame plutôt sympathique, de lui raconter l'origine de ma passion pour les nuages.

Enfant, on disait de moi : il est toujours dans les nuages. Les grandes personnes pensaient pouvoir, en toute impunité, stigmatiser, avec cette formule, ma propension à m'embarquer dans des rêveries profondes et légères à la fois. Les nuages m'ont fasciné très tôt. Leur forme, leur aspect, leur texture. Enfin, ce que j'en imaginais. Dans un vieux Larousse, j'avais recopié la définition du mot "nuage". Je l'avais enrichie avec des notes prises sur un livre de Sciences Naturelles. De cette façon, à 10 ans, je connaissais les noms de dix genres de nuages différents. De cumulus à stratus, en passant par cirrus ou nimbo-stratus.

Mon récit, je le sentais, intriguait mon auditrice. Pour ne pas être en reste, elle voulut se lancer dans une énumération des différents noms des nuages : cumulus, cumulonimbus, stradivarius ! Je l'arrêtais net :

- Non, madame, Stradivarius, n'est pas un nom de nuage, c'est le nom d'un instrument de...

- Monsieur, voyons, j'en suis sûre !

- Madame, c'est le nom d'un célèbre luthier italien. Antonio Stradivari, dit Stradivarius. Les plus beaux violons sont sortis de son atelier de Cremone, entre 1700 et 1725. On les appelle depuis des "Stradivarius"... 

- Suis bête, je voulais dire "Stratus" ...

- Bon, vous êtes toute pardonnée, madame... mais promettez-moi de ne plus jamais confondre "Stratus" et "Stradivarius" ! Même si en écoutant le son particulier des cordes du violon, je suis sur... un nuage.

 

La dame éclata d'un petit rire étrange qui me fit prendre conscience qu'en fait, elle devait être très âgée. Beaucoup plus en tout cas que je ne l'avais cru au départ. Je lui proposais de faire, ensemble, à deux voix, l'énumération des dix genres de nuages à ce jour répertoriés. Elle trouva l'idée sympa. On se lança.

- Cumulus, Cumulo-nimbus, Cirrus, Stratus, Cirrostratus, pour les plus faciles parce que les plus courants...

- Altocumulus, Altostratus, Nimbo-stratus, Cirrocumulus, Strato-cumulus, pour prendre un peu de hauteur...

 

Pour terminer notre dialogue de météorologie impromptue, je proposais à ma nouvelle camarade de lire ensemble la définition de "nuage" dans l'édition 2000 du Petit Larousse Illustré que j'ai toujours à proximité. Je le consulte parfois, pour vérifier le sens précis d'un mot.

Page 703, nuage : ensemble visible de particules d'eau très fines, liquides ou solides, maintenues en suspension dans l'atmosphère par les mouvements verticaux de l'air.

Fascinante définition. Simple et complexe à la fois. Précise en tout cas. Une définition comme seuls les dictionnaires savent en faire.

Sur ce, nous décidâmes, moi et la dame, d'aller prendre un café au petit bistrot d'en face. En chemin, elle me dit qu'elle adorait le café noir. Sans crème et sans sucre. Je lui avouais que moi, allez savoir pourquoi, c'est toujours avec... un nuage... de lait.

 

 © Jean-Louis Crimon

 

Journal du Bouquiniste. 2010-2012.

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 14:27
Amiens. Beffroi. Déc. 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Beffroi. Déc. 2015. © Jean-Louis Crimon

     

       J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages !

 

       Baudelaire. Petits poèmes en prose, I. 1869

 

 

 

       © Jean-Louis Crimon 

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 09:17
Le Havre. L'Entrée du Port. © DR.

Le Havre. L'Entrée du Port. © DR.

 

 

Passant par hasard sur le quai du vieux Monde

Je suis l'embarqué de l'antépénultième seconde.

 

 

© Jean-Louis Crimon 

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 08:57
Amiens. Déc. 2020. © Jean-Louis Crimon 

Amiens. Déc. 2020. © Jean-Louis Crimon 

      

      Ta porte côté cour s’ouvrait sur un mur

       Il fallait se renverser la tête

       Pour boire un carré de ciel.

 

       Ivresse céleste.

 

       © Jean-Louis Crimon 

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29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 08:57
Paris. Avenue Théophile Gautier. Nov.2012. © Jean-Louis Crimon 

Paris. Avenue Théophile Gautier. Nov.2012. © Jean-Louis Crimon 

       

     Peu importe l’heure, le lieu, la ville, le pays,

     Soir qui tombe ou plein midi

     J’aime le geste du balayeur

 

     Sans doute parce que c’est le geste de mon père jardinier

     Bon bêcheur pas bêcheur, bon balayeur 

     Dans sa vie, il en a donné des coups de balai, mon père

     Autant que de coups de bêche

     Feuilles mortes ou poussière

     Eté, printemps, automne, hiver 

     En toute saison, son balai avait toujours raison

 

     N’a jamais lésiné 

     Chaque jour de sa vie 

     Pas un jour sans un coup de balai 

     La cour, côté jardin 

     Le trottoir, côté rue

     Impeccable 

     Fallait que ce soit impeccable 

     Impeccable, nickel, ses deux mots préférés 

     Pour parler de ces choses essentielles à ses yeux
 


     Dans ma tête d’enfant, j’imaginais qu’il balayait aussi les jours au calendrier 

     Pour que le temps passe plus vite

     Hop, un coup de balai sur aujourd’hui pour qu’il se nomme hier 

     Hop, déjà se pointe demain pour balayer les soucis d’aujourd’hui 

     Hop, demain effacé en un tour de main 

     Dans mes conjugaisons enfantines, les éléments étaient aussi de la partie

     Le vent balaie la campagne 

     Le ciel balaie les nuages 

     La pluie balaie la poussière

 

     Aujourd’hui encore, après toutes ces années amoncelées

     il y a toujours un coup de balai à donner quelque part 

     Le balai Aujourd’hui efface toujours Hier 

  

     Rien à faire, il y a toujours quelque chose à faire 

     Dernier balayage du soir 

     Déjà pointe le premier coup de balai du matin

 

     Seule différence, s’est enfui à tout jamais le temps de la belle enfance

     Mon père a changé de destin

     Il s’est absenté 

     Pour toujours, disent les gens

     Je n’en crois rien 

     Moi, je pense qu’il balaie l’envers des nuages.

 

     © Jean-Louis Crimon 

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