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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 00:55
Amiens.  Rue Millevoye. Mai 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Millevoye. Mai 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                      156
Je me souviens de Chemins Verts et pierres grises au pays de Somme, recueil des balades publiées par Le Courrier Picard, pendant l'été 1963. Sept promenades qui prennent toutes leur départ d'Amiens et peuvent se faire en une journée. Bernard Bocquillon et Jean-Claude Labesse, comme guides champêtres et forestiers.

 

                                                                       157

Je me souviens des maisons aux fenêtres murées de rangs de briques rouges soigneusement jointoyées, traces d'un temps où l'impôt se calcule au nombre de fenêtres en façade. Lumineuse mascarade. Aveuglement absurde désormais.

 

                                                                       158

Je me souviens de la rue des Corps-nuds-sans-teste, petite rue entre la rue des Trois Cailloux et la rue des Jacobins. Appellation qui viendrait de la maison des Cornus, mentionnée au moins à deux reprises, en 1392 et en 1444, maison dite fort accueillante. Pinsard, l'historien, pense, lui, qu'un homme, le corps nu, sans tête, a été trouvé en ce lieu. Assassiné, décapité et retrouvé dépourvu de vêtements.

                                                                        159

Je me souviens du discours de Jules Verne à la distribution des prix du Lycée de jeunes filles d'Amiens, en 1893 : "Prenez garde de ne pas vous égarer en courant le domaine scientifique. Puissiez-vous, en sortant du cours de chimie générale, savoir confectionner un pot-au-feu." Double adresse impensable aujourd'hui.

 

                                                                        160

Je me souviens de la Place Gambetta quand la douceur des soirs de Juin s'attarde en terrasse.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 00:04
Amiens. Août 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

                                                                      151

Je me souviens des entrepôts de La Ruche Picarde où l'on embauche à 22 heures pour finir à 5 heures du matin. Manutentionnaire Travaux Lourds. J'y vais à pied, le cœur léger.

 

                                                                      152

Je me souviens de Raymond Devos, croisé dans la rue, près de la Maison de la Culture, où il donne plusieurs soirs de suite son spectacle d'incomparable jongleur de mots.

 

                                                                      153

Je me souviens de Jean Rouaud dans la nuit bleue de Saint-Leu. On boit des bières avec Julien Dollet et on se dit que vivre sans écrire, ce n'est pas vraiment vivre.

 

                                                                      154

Je me souviens de mon premier cours de philosophie et de mon impro finale : Entre Être et Avoir, ne vous trompez jamais d'auxiliaire, et vous pouvez me croire, moi qui suis Maître Auxiliaire.

 
                                                                      155
 
Je me souviens de Léon Lamotte et de la maison du 45, rue Becquestoile, dans le vieux Montières. Pas vraiment la vie de château. Mais déjà, dans le regard, le goût d'une certaine lumière.
 
 
 
 
 
 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 00:25
Renancourt. Rue du Bout du Monde. Avril 1979. © Jean-Louis Crimon

Renancourt. Rue du Bout du Monde. Avril 1979. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                      146

Je me souviens de la rue du Bout du Monde.

 

                                                                      147

Je me souviens de Léopold Sédar Senghor, prisonnier de guerre au camp d'Amiens. Front - Stalag 230. Les poèmes du recueil Hosties noires qui paraît au Seuil, en 1948, ont pris corps au cours des mois de détention au Camp d'Amiens.

 

                                                                      148

Je me souviens de "L'Essentiel de la vie amiénoise", mensuel créé par Hervé Penin, Jack-Orial Durvicq, Jean-Marie Pinson et Jean-Pierre Bergeon.

 

                                                                      149

Je me souviens de l'engouement des années 80 pour les cartes postales du début du siècle. Surtout pour la vue, les scènes de rue, les marchés et les petits métiers. Moins pour les mots, souvent griffonnés à la hâte. Rarement écrits avec application, même si parfois pleins de pleins et de déliés.

 

                                                                      150

Je me souviens d'Amiens au futur, là où les souvenirs ont la vie dure.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 00:00
Amiens. Saint-Leu. L'atelier de Jean-Pierre Facquier. 1979. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Saint-Leu. L'atelier de Jean-Pierre Facquier. 1979. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                      141

Je me souviens de la rue Jules Barni et de la Cité administrative.

 

                                                                      142

Je me souviens de l'entrée de la caserne Friant, avenue du Général Foy.

 

                                                                      143

Je me souviens de la foire au pain d'épices, de son unique manège à l'ancienne, avec de vrais chevaux de bois et son carrosse à faire rêver plus d'une princesse. Première ou deuxième semaine d'Avril.

 

                                                                      144

Je me souviens de Jean-Pierre Facquier et de son atelier de sculpteur sur bois au numéro 45 de la rue Motte, au cœur du quartier Saint-Leu. Lafleur, Sandrine, T'chiot Blaise et Papa Tchu-Tchu pour bons compagnons.

 

                                                                      145

Je me souviens du 15 Août à La Hotoie et des joueurs de ballon au poing. Des étoiles que ça allume ce jour-là dans les yeux de mon vieux camarade de lycée, Gilles Caron.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 04:17
Amiens. Notre-Dame. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Notre-Dame. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                          136

Je me souviens du nom du relieur de la rue du Faubourg de Hem, Yves Derémaux, et de son téléphone en six chiffres : 43.07.66.

 

                                                                           137

Je me souviens du jour où j'ai offert à mon père, pour son anniversaire, Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France.

 

                                                                           138

Je me souviens de The Bible of Amiens, de John Ruskin, La Bible d'Amiens. Ouvrage du critique d’art et sociologue anglais, paru en 1884 et traduit en français, en 1904, par Marcel Proust. Avec l'aide de sa mère.

 

                                                                           139

Je me souviens de Marcel Zanini au CSC Guynemer et de son incomparable manière de mettre à l'aise l'interviewer débutant : "Mon itinéraire ? ça risque d'être long. Je vais prendre un raccourci."

 

                                                                           140

Je me souviens de la péniche-théâtre de Jean-Paul Farré, amarrée quai Bélu, pour y donner un Beckett inattendu. Pas très à l'aise, on glisse sur la glaise pour entrer dans le bateau. Godasses, gadoue, Godot, les sons s'enlisent et se lisent dans une boue authentique. Eternelle attente de celui qui ne viendra pas. Godot a mis les bouts.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 10:47
Amiens. La Marie-Sans-Chemise. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon

Amiens. La Marie-Sans-Chemise. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

                                                                      131

Je me souviens du Cinéma tout en haut de la rue des Otages, Le Pax, aujourd'hui disparu, qui au tout début des années 80, avait osé programmer le film de Stanley Kubrick : Les sentiers de la gloire .

 

                                                                       132

Je me souviens de Maurice Laisant et d'André Lourdelle me parlant de l'Union Pacifiste. Des humains comme on n'en rencontre plus. Des libertaires humanistes.

 

                                                                       133

Je me souviens de Lucien Barbier, militant communiste, mort après vingt jours de coma. Sans doute des suites de coups de matraque au moment de la dispersion d'une manifestation. C'était en novembre 1987.

 

                                                                       134

Je me souviens du procès Goldman et de Noguès, Alain Noguès, photographe malicieux, plié en deux vers l'herbe devant le Palais de Justice en pestant "J'ai paumé un diaph' !" Les gendarmes, penchés eux aussi, pour l'aider à chercher le "diaphragme perdu" et pendant ce temps-là, nous, pliés de rires, on photographiait la sortie de Pierre Goldman, ce qui nous était interdit.

 

                                                                        135

Je me souviens des deux Simone, Signoret et de Beauvoir qui vont et viennent sur le grand escalier extérieur du Palais de Justice, de Maître Pollack et de Maître Kiejmann, de Marie-France Pisier et de toute l'intelligentsia parisienne présente à Amiens, pendant la durée du procès en révision.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 09:12
Amiens. Place de la Gare. Début des années 1970. © DR

Amiens. Place de la Gare. Début des années 1970. © DR

 

 

 

                                                                       126

Je me souviens de la place Alphonse Fiquet des années 70, les bus bien rangés en épis pour un accès limpide.

 

                                                                        127

Je me souviens de la rue des Cannettes, numéro 25, adresse de ma première chambre d'étudiant, et de la cuvette d'eau chaude déposée chaque matin, sur le palier, à 6 heures, par ma logeuse.

 

                                                                        128

Je me souviens de la rue Claudius Serrassaint et de la rue Lapostolle où habitait l'ami Marcotte qui m'avait convaincu d'adhérer au PSU.

 

                                                                         129

Je me souviens d'une époque que je n'ai pas connue et je marche dans une rue qui n'existe plus.

 

                                                                         130

Je me souviens d'Amiens au futur. Jules Verne, c'est sûr, a mis dans le mille, le jour il a écrit :  "Amiens, ville idéale en l'an 2000 ".

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 00:00
Amiens. Université de Picardie. Louis Althusser. Juin 1975. © Jean-Louis Crimon.

Amiens. Université de Picardie. Louis Althusser. Juin 1975. © Jean-Louis Crimon.

 

 

       

 

                                                                        121

Je me souviens de la photo de la soutenance de thèse de Doctorat de Louis Althusser. Photo prise au juste moment, m'avait écrit, en remerciement, le philosophe marxiste en signant simplement Louis A. Photo publiée dans Le Nouvel Observateur du 7 Juillet 1975. Ma première parution.

 

                                                                        122

Je me souviens que la soutenance Althussérienne avait lieu l'après-midi, un samedi, je crois, et le matin à 10 heures, je n'avais toujours pas d'appareil photo. Me suis résolu à m'endetter de plusieurs centaines de francs pour acquérir un Mamiya, payé en trois traites fin de mois. Juillet, Août, Septembre. J'étais sans argent et je venais d'investir mes revenus à venir d'un boulot d'été que je n'avais pas encore trouvé.

 

                                                                         123

Je me souviens de la chanson triste du rémouleur "couteaux, ciseaux, lames à repasser", jolie rengaine de celui qui passe et qui repasse, de semaine en semaine.

 

                                                                          124

Je me souviens d'un chauffeur de la SEMTA qui s'appelait Lajouvence et qui, au terminus, sortait son harmonica pour faire de la musique aux gens qui montaient dans son bus.

 

                                                                           125

Je me souviens de Dralux, place Gambetta. Linge de table, tissus en tout genre, textiles à usage domestique, serviettes, nappes, rideaux et beau linge de lit. Dralux qui s'appelait d'abord Prévost-Boulogne. Draps de luxe devinrent Dralux.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 07:12
Amiens. Août 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                          116

Je me souviens de l'Hôtel de Police où mes amis Suédois ne comprennent pas qu'on refuse de leur louer une chambre.

 

                                                                           117

Je me souviens des Juges Anglais en perruque, au Palais de Justice d'Amiens, où ma mère a tenu à m'entraîner, pour un procès qu'elle disait Historique. Sans doute l'affaire Marshall. Du nom de cette Anglaise assassinée dans la Somme. Près de La Chaussée Tirancourt. Son meurtrier, Robert Avril, sera condamné aux travaux forcés à perpétuité.

 

                                                                           118

Je me souviens de Georges Courcol qui chantait en picard " V'lo Grind-mère à poussières". Tellement fier de son premier 45 tours.

 

                                                                           119

Je me souviens de mon foulard de louveteau, jaune et bordeaux, que j'ai longtemps gardé comme un trophée.

 

                                                                           120

Je me souviens du Régent où mon père m'avait emmené voir Le Capitan, avec Bourvil et Jean Marais. La seule fois de mes 10 ans - et sans doute la seule fois de toute la vie - où mon père et moi, rien que tous les deux, nous sommes allés voir un film dans une vraie salle de cinéma.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017

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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 00:00
Amiens. 23 Août 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 23 Août 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

                                                                        111

Je me souviens de Guillaume, de Cavenel, de Flandre, route d'Abbeville, et du Photo-Comptoir Caron, centre ville. Autant de bonnes adresses, au temps où l'argentique avait de nombreux fidèles.

 

                                                                        112

Je me souviens de la Pagode et de Philippe Demarcy quand il chante No mas, cette chanson qui dit " Mes chevaux ont pris le galop, Mon vieux père est sous la terre..." et dont je désespère de jamais retrouver l'intégralité des paroles.

 

                                                                         113

Je me souviens du Carquois des deux Jacques, Debary et Labarrière et de cette pièce qui me marqua profondément : "Les murs avaient des briques". C'était juste après Mai 68.

 

                                                                         114

Je me souviens de Dominique Grain, chanteur du groupe F4 coulé et de sa façon incroyable d'être sur scène. Entre Vince Taylor et Elvis Presley.

 

                                                                          115

Je me souviens du brouillard des matins d'hiver et de ces milliers de gouttelettes suspendues qui font qu'on n'y voit goutte, et pourtant, en silence, en cadence, on avance. Transparence de l'existence.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

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