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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 02:27
Amiens. Juillet 2017. Rue Delpech. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Juillet 2017. Rue Delpech. © Jean-Louis Crimon

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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 05:54
Amiens. Juillet 2017. © Jean-Louis Crimon

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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 00:01
Cagliari. Sardaigne. Avril 2017. © Jean-Louis Crimon

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 00:01
Amiens. Juin 2017. © Jean-Louis Crimon

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 00:01
Amiens. Ciel du soir. Juin 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Ciel du soir. Juin 2017. © Jean-Louis Crimon

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 04:41
Amiens. Juin 2017. © Jean-Louis Crimon

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 06:19
Cagliari. Sardaigne. Avril 2017. © Jean-Louis Crimon

Cagliari. Sardaigne. Avril 2017. © Jean-Louis Crimon

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 09:58
Mine de Murville, à Mont-Bonvillers, vers 1928. © Collection Claude Marmoy.

Mine de Murville, à Mont-Bonvillers, vers 1928. © Collection Claude Marmoy.

 

 

                                                                          30

 

Retour au fond. Au fond de la mine. Pour mieux saisir le fond de l'histoire. Sur cette photo datée "vers 1928", je me dis que l'un des mineurs se prénomme peut-être Francesco. Que son nom, c'est peut-être Zanda. Que tu es là, au fond de la mine de Mont-Bonvillers, toi, mon grand-père inconnu.

La légende met l'accent sur la Loco : Locomotive électrique AEG dans la Mine de Murville, à Mont-Bonvillers, Photo prise vers 1928. Carte postale de la collection Claude Marmoy. Rien sur les hommes, rien sur les mineurs qui entourent la machine. La machine à une identité. On la définit par ses initiales : AEG. Les mineurs, eux, n'ont même pas droit à leurs initiales. Je cherche FZ, mais je ne trouve pas.

Pourtant, je me dis que toi, mon grand-père inconnu, plus inconnu que jamais, tu es sans doute sur la photo.

Depuis le 1er juin dernier, j'ai tout fait pour essayer de retracer ta vie, ton parcours, ton chemin. En avril déjà, j'avais tenu à me rendre dans ton village natal de Fluminimaggiore. En Sardaigne. Pour y recueillir ton acte de naissance. Pour essayer de réconcilier ma naissance Picarde avec ta naissance Sarde.

Sardaigne que tu as dû quitter dans la deuxième moitié des années vingt. Pour l'Est de la France. Pour mourir à la mine. Ton décès est " acté " à Nancy. Pas le 2 août 1928, jour de la naissance de ta fille Juliette, comme le prétendait la légende familiale. Tu es mort huit ans plus tard. Le 11 septembre 1936. Sans doute des suites d'un accident à la mine. Berthe Leloup n'a menti qu'à demi. Ou Juliette, sa fille, ma mère, a réécrit l'histoire. D'année en année. Pour mieux se faire à l'idée. A l'idée du père qu'elle ne connaitrait jamais. L'absent qui s'est, un beau jour, définitivement absenté.

 

En Sardaigne, à Fluminimaggiore, Giuliana, la fille de ton frère Vincenzo, ne veut rien dire. Ne veut rien dire de ce temps-là. Trop loin pour elle. Trop loin pour accepter de partager des souvenirs. Pourtant, on a presque le même âge.

 

En Sardaigne, à Sassari, Graziella Pulina, celle qui a partagé pendant plus de 50 ans la vie de ton fils François, semble tout autant inaccessible. Ses proches font barrage. Elle est la seule qui aurait pu me parler des souvenirs de France que ton fils, orphelin à 7 ans, par ta mort, en septembre 1936, aurait pu garder. Qu'il a dû partager tant de fois avec la femme de sa vie.

 

En Sardaigne, mon ami Franco ne ménage pas sa peine, ni son temps, mais le temps, sans doute, a fait son œuvre, cher Francesco Zanda, et chaque jour qui m'éloigne davantage de toi me rapproche tout autant de toi. Dans la mort, la mienne, un jour, forcément, je te rejoindrai, et je saurai, - peut-être -, même si je ne crois à rien de cet au-delà inventé par des hommes craintifs, terrifiés comme de vieilles femmes devant l'immensité de l'éternité. Inconsolables face à ce parcours terrestre bien trop court pour donner un sens à une vie qui n'en a - peut-être - pas.

 

Pour l'instant, toi, mon grand-père inconnu, d'ici-bas, je te salue.

 

 

                                                      Fin provisoire de l'histoire.

 

 

© Jean-Louis Crimon    

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 15:49
Archives Départementales Meurthe et Moselle. 1932-1940. Piennes. Cote 1520 W 214. © Jean-Louis Crimon

Archives Départementales Meurthe et Moselle. 1932-1940. Piennes. Cote 1520 W 214. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                           29

 

Ultime rebondissement dans cette quête que je voulais conquête. Tu es mort, mais tu t'enfuis encore. Aucune des communes, toutes méthodiquement contactées, une à une, n'a trace, dans  son Etat-Civil, d'un acte de décès à ton nom. Comme si toi, grand-père inconnu, tu t'évertuais, là où tu es, à te rendre plus inconnu que jamais. Toutes les mairies concernées, Mont-Bonvillers, Bouligny, Briey, Piennes, Landres, Murville... font invariablement la même réponse, par mail, par courrier classique, parfois par téléphone : aucune trace dans nos registres d'un acte de décès au nom de votre grand-père. Cherchez ailleurs. Cherchez encore. Vous finirez bien par trouver.

 

Pas d'acte de décès. Pas de décès officiel. Pas de décès officialisé. Pas de tombe à ton nom. Pas de cimetière où serait ta tombe. Pas de pierre tombale. Pas de nom gravé dans le marbre. Pas de marbre. 

Dans les Archives Départementales de Meurthe et Moselle, désormais consultables en ligne, les tables de successions et absences - superbe intitulé - que j'ai consulté plusieurs soirs de suite, disent peut-être entre les lignes une sinistre réalité : si pas d'actif... si pas d'argent, pas d'enterrement, pas de tombe. La fosse commune. Fosse commune pour le grand-père hors du commun. Je n'arrive pas à me résoudre à cette éventuelle réalité. Si tu n'es mort pour personne, s'il n'y a pas de tombe à ton nom, si tu n'as même pas eu droit à ce petit monticule de terre qu'une femme ou un fils fleurissent de temps en temps, à Pâques ou à la Toussaint, si tu n'es rien, pour personne, quand tu meurs, peut-être que la fosse commune est ton unique destinée. Comme ton voisin de trois lignes au-dessus, dans les tables de successions et absences, qui a eu droit, lui, à ce commentaire aussi cruel que transparent : Sans actif apparent. Sans actif et sans famille, sans proches, sans amis, sans camarades pour te construire une dernière demeure, possible alors dans ce cas qu'on finisse à la fosse commune. Carré de terre pour les sans ressources pour qui personne ne consentira à délier bourse. Sans ressources appelés aussi indigents. Pauvres gens.

 

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Précisions sur ces tables de successions et absences, pour celles et ceux qui - hormis les notaires - n'en connaîtraient ni l'existence, ni le sens :

 

Les tables de successions et absences, dressées par l’administration de l’Enregistrement sont désormais en ligne, pour la période 1849-1945.

Ces tables alphabétiques, constituées par les receveurs de l’enregistrement, par bureau – établi au chef-lieu du canton, lors de sa création en 1791 – sont destinées à recenser les « individus décédés ou déclarés absents » dans le ressort du bureau, en portant la mention et la référence précises des actes relatifs à la succession du défunt ou de la personne déclarée décédée par jugement du tribunal civil. Elles constituent, de ce fait, une clé indispensable pour accéder aux actes de mutation par décès.  

Les tables déclinent, pour chaque individu, son identité, sa profession, son domicile, la date précise du décès, la situation de famille, ainsi que les dates d’enregistrement des inventaires après décès, appositions et levées de scellés, tutelles ou curatelles, ventes de meubles. Mais, surtout, les tables portent la date à laquelle la déclaration de succession a été transcrite dans les registres de l’enregistrement, avec son numéro d’ordre. À défaut de déclaration de succession, la table mentionne la date du certificat constatant « que le défunt ne possédait aucun actif » et le numéro d’ordre de ce certificat.

 

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Pour la ligne qui te concerne, Monsieur Zanda, dans cette page 203 des tables alphabétiques de successions et d'absences, après ton nom, ton prénom, ton métier, ton âge, au-desssus de l'inscription Mont-Bonvillers, on peut lire cette mention manuscrite : " + à Nancy ".

" + à Nancy ",  indication faussement sibylline. Classique petite croix, synonyme de "décès" en généalogie. Donc, cette fois, c'est sûr, je suis sûr, j'en suis sûr : Francesco Zanda, tu es mort à Nancy. Mais où es-tu enterré ?

 

Mourir à 40 ans, à Nancy, quand on est mineur à Joudreville ou à Mont-Bonvillers, ce ne peut être qu'à l'Hôpital où l'on a dû t'admettre, sans doute après un accident à la mine. Oui, tu as été transféré à l'Hôpital de Nancy, et sur le registre est indiqué le nom de la commune où tu es domicilié, Mont-Bonvilliers, qui se chargera d'annoncer ton décès au correspondant local de L'EST RéPUBLICAIN. Annonce de ta mort qui figurera dans le journal du 13 septembre 1936.

 

Reste que ta tombe ne se trouve pas dans le cimetière de la commune. Pas de tombe à ton nom. Pas de cimetière où l'on t'a mis en terre. Insupportable mépris funéraire.

Je n'accepte pas que dans la mort, tu ne sois pas nommé. Ne pas nommer, c'est nier. C'est effacer. Effacé de la vie par la mort, passe encore. Même si, au fond, pas d'accord. Mais effacé de la mémoire, ça, non, jamais.

 

Zanda Francesco, illustre inconnu grand-père, mineur de mine de fer, tu n'es pas en enfer, pas condamné à l'oubli. Crois-moi, croix de bois, croix de fer, je te construirai un tombeau. Un tombeau de mots. Ce sera le plus beau.

 

 

© Jean-Louis Crimon

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 00:19
Acte de naissance de Juliette, ma mère, fille de Berthe Leloup, sans mention du père. © Jean-Louis Crimon

Acte de naissance de Juliette, ma mère, fille de Berthe Leloup, sans mention du père. © Jean-Louis Crimon

 

 

                                                                         28

 

Quand je commence, le 1er Juin dernier, cette Longue lettre à un grand-père inconnu, je ne sais pas où cela va me conduire. J'ai une vague idée du roman que je veux un jour écrire. J'avais cru, enfant, comme ma petite sœur et mon petit frère, à cette histoire tragiquement belle, toujours si bien racontée par ma mère, de la mort de ce père, venu de Sardaigne, mineur dans une mine de fer, ce père mort le jour-même de sa naissance. Parfois, notre mère parlait d'un coup de grisou. Parfois de la mine de fer de Joudreville. Problème : il n'y a pas de grisou dans les mines de fer. Pas de coup de grisou possible. Les mines de fer ont d'autres types d'accident. Accidents mortels moins souvent que dans les mines de charbon. Pour nous, la mort du grand-père venu de Sardaigne pour fuir Mussolini et gagner sa vie à la mine, était plus que crédible. Elle était vraie. Véridique. Authentique. On y croyait... dur comme fer.

 

Avoir découvert, - presque par hasard - que Francesco Zanda avait survécu à la naissance de ma mère et qu'il avait eu un fils avec une autre femme que Berthe Leloup, ma grand-mère, avoir compris qu'il avait abandonné, sans doute à la naissance, et la mère et la fille, a quelque peu dégradé l'image que je me faisais de ce grand-père, militant syndical et politique. L'agitatore devenait seduttore. Pas le même combat. Pas les mêmes conquêtes. Mais ça ne se commente pas. Ça ne se juge pas. Même si ça me rend triste.

 

Sur l'extrait d'acte de naissance de ma mère, tout en bas, à gauche, est portée la mention "Légitimée par le mariage de Francesco Filippin et de Berthe Antoinette Leloup célébré à Bouligny le vingt neuf septembre mil neuf cent trente deux." Juliette a été, de fait, pour l'Etat-Civil, "illégitime", enfant "illégitime", pendant quatre ans. Du 2 août 1928 au 29 septembre 1932.

En 1932, son père, son père "naturel" vit avec une autre femme que sa mère, celle qui lui a donné un fils, François Zanda, né, lui, le 13 décembre 1929, à Piennes. Distance entre Piennes et Bouligny, lieu de naissance de ma mère : à peine 5 kilomètres. Francesco Zanda a très bien pu rendre visite à sa fille Juliette pendant 4 ans. Peut-être l'a t-il fait ? En cachette. A l'insu de Jeanne Bourgeois, la mère de son fils François. Nul ne sait. Nul ne saura.

Aujourd'hui, je ne suis plus très sûr d'avoir envie d'écrire ce roman familial à la gloire du grand-père inconnu, apparemment plus fort en conquêtes féminines qu'en conquêtes salariales. Trois femmes et trois enfants, c'est assez déroutant. Bien loin de l'image de l'agitatore meneur de luttes sociales et de grèves radicales. Agitatore des cœurs féminins. Seduttore.

 

Me revient à l'esprit la formule de mon ami Enzo Barnabà :

" Un Sarde ne trahit jamais sa parole, sauf si..." En pointillés, à mi-voix, Enzo Barnabà a laissé entendre, je crois, si j'ai bien compris : "sauf si c'est la guerre ou sauf si c'est... l'amour."

 

La guerre, l'amour... L'amour, parfois, c'est la guerre... Ça dépend des femmes.

 

Forcément, c'est dans le "sauf si..." qu'il me faut trouver un sens à la vie de ce grand-père inconnu. Un sens à sa vie. Un sens à ma vie aussi.

 

 

© Jean-Louis Crimon

 

 

PS.  Lettre 28 , clin d'œil hommage à ma mère, née en 28, le 2/8.

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