Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 08:57
Cimetière de Saint-Souplet-sur-Py. Novembre 2014. © DR

Cimetière de Saint-Souplet-sur-Py. Novembre 2014. © DR

                      

Mon cher grand-père que je n’ai pas connu

Je t’écris cette lettre que tu ne recevras pas

A moins que je ne te la porte moi-même

au pays de l’envers du décor,

là où les vivants apprennent à être des morts,

Au pays de l’au-delà des nuages

pour nous qui, en bas, 

croyons,

éperdument,

que ces choses-là se passent au ciel.

 

Peu importe

Où que tu sois,

J’en fais le serment,

Je me dois d’aller jusqu’à toi. 

 

Je dois te dire que ça a pris du temps 

pour retrouver ta trace

Tu ne nous as pas facilité la tâche

Une date, un lieu de naissance.

Un nom de village. 

Pas davantage.

Pas de date de mort.

Pas de tombe. 

Pas de cimetière. 

Pas de cimetière connu 

pour le grand-père inconnu.

 

Au Sud du Sud, une île italienne, la Sardaigne,

qu’à cela ne daigne, 

la Corse est bien une île française.

Un village de montagne. 

Une année : 1896. 

Un jour et un mois de naissance : 8 mars.

 

J’ai tenu à refaire le chemin qui a dû être le tien

Je suis venu mettre mes pas dans tes pas.

Point de départ : le village. 

Ton village.

Fluminimaggiore. 

Littéralement, Flumini majeur. 

Fluminimaggiore, 9 kilomètres à l’Est de Buggerru, 

là où il y a la mine. 

Une mine riche en minerai de plomb et de zinc. 

 

Destin tout tracé des enfants de pauvres. 

Du Flumini majeur partaient, à pied, des bataillons de mineurs.

Dans les deux sens du terme.

Pas d’autre chemin pour une existence humaine de ce temps-là.

Pas de mode majeur.

Même en étant né à Fluminimaggiore. Condamné, dès l’enfance, à vivre en mode mineur.

 

De ta famille, tu ne nous as pas dit grand chose.

Ta vie trop brève, ne t’en a pas laissé le temps.

Ton passage terrestre t’a juste laissé le temps de laisser deux enfants. 

Deux filles. Une Sarde. Une Française. Une Sarde laissée en Sardaigne avec sa mère Sarde.

Une Française, Juliette, ma mère, que tu abandonnas le jour de sa naissance.

Pour cause de définitive absence.

Mort le jour-même de sa naissance.

Mort le jour où ta fille française est née. 

Selon la mère de ma mère, 

ma grand-mère maternelle, Berthe Leloup. 

C’est ma mère qui me l’a dit. 

C’est ma mère qui m’a dit que c’était

ce que sa mère lui avait dit.

Une fois pour toutes. 

Pour ne plus avoir à en parler.


Pour qu’elle se fasse à l’idée.

A l’idée de ne jamais voir son père. 

De ne jamais pouvoir le voir. 

Le rencontrer.

Le connaître.

 

De ne jamais pouvoir porter son nom

ce beau nom de Zanda.

Ma mère ne sera jamais Juliette Zanda.

Ne sera jamais Zanda. 

Ne s’appellera jamais Zanda de son vivant.

Seulement à sa mort.
Ayant elle-même pris soin

de faire graver,

de son vivant, 

sur sa tombe,

le nom de Zanda. 

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 08:57
Paris. François Cheng a aimé "Shuang". 10 Février 2014. © Jean-Louis Crimon

Paris. François Cheng a aimé "Shuang". 10 Février 2014. © Jean-Louis Crimon

François Cheng a aimé "Du côté de chez Shuang" et me dit dans un demi-sourire : "c'est vous qui avez écrit ça ! " 

Et moi je lui réponds, c'est vous qui avez écrit ça :

" C'est que je connais toute la vertu des vrais dialogues : dialogue socratique, dialogue confucéen, dialogue entre Abélard et Héloïse, entre Montaigne et La Boétie, entre l'homme et la nature, entre l'homme et la transcendance, entre les vivants et les morts... dans le dialogue sous-tendu par la sympathie, semé d'inattendus et d'inespérés, celui qui parle ne sait pas ce que son interlocuteur va dire; il ne sait pas non plus ce que lui-même va dire lorsque l'autre se sera exprimé. On avance ainsi pas à pas vers l'inconnu de l'esprit, vers la résonance des âmes, vers un infini ouvert. C'est là un miracle de plus : entre les êtres marqués par la finitude jaillit une joie propre à l'infini." 

Cinq méditations sur la mort. ( page 49).

 

© Jean-Louis Crimon

 

Partager cet article
Repost0
29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 08:57
Arras. La Grand Librairie. 21 Juin 2014. © DR.
Arras. La Grand Librairie. 21 Juin 2014. © DR.

Arras. La Grand Librairie. 21 Juin 2014. © DR.

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 08:57
Chengdu. Sichuan. Confucius. Octobre 2013. © Jean-Louis Crimon

Chengdu. Sichuan. Confucius. Octobre 2013. © Jean-Louis Crimon

 

Ponctutation finale. Ultime. Dans tous les sens du terme. Venir lire au pied de la statue géante du géant, les extraits de ce roman que tu lui dois. Lui, c'est Kong, Conf' pour toi, Confucius. Celui que tous les étudiants Chinois appellent "Le premier des professeurs". Laoshi, professeur, tu l'as été pendant un semestre, dans cette université du Sichuan. Professeur de "Conversation française". Tu avais promis au Doyen du Département des Langues étrangères de ne pas te servir de ta présence en Chine pour effectuer des reportages de journaliste, ton premier métier. Tu as tenu parole.

Le roman, tu en as eu l'idée dès la première semaine de ce semestre incroyable. A moins que ce ne soit l'idée de Confucius. Puisque le reportage t'était interdit, le roman s'imposait. Le roman, la forme supérieure du reportage. Malraux l'avait expérimenté bien avant toi. Mais "Du côté de chez Shuang" n'aura pas la reconnaissance ni le succès de "La Condition humaine".

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
27 juin 2022 1 27 /06 /juin /2022 08:57
Saint-Malo. "Etonnants Voyageurs". Festival international du livre. Mai 2015. © Jean-Louis Crimon

Saint-Malo. "Etonnants Voyageurs". Festival international du livre. Mai 2015. © Jean-Louis Crimon

Premier sourire malouin. Aux "Etonnants Voyageurs", l'accueil est toujours de bon coeur.

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 08:57
Paris. Guy Bedos. 22 Mars 2014. Première critique. Service Littéraire. Janvier 2014. © Jean-Louis Crimon
Paris. Guy Bedos. 22 Mars 2014. Première critique. Service Littéraire. Janvier 2014. © Jean-Louis Crimon

Paris. Guy Bedos. 22 Mars 2014. Première critique. Service Littéraire. Janvier 2014. © Jean-Louis Crimon

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:57
Train Corail. 24 Février 2014. Critique Babelio. 27 mars 2014. © Jean-Louis Crimon
Train Corail. 24 Février 2014. Critique Babelio. 27 mars 2014. © Jean-Louis Crimon

Train Corail. 24 Février 2014. Critique Babelio. 27 mars 2014. © Jean-Louis Crimon

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 08:57
Amiens. Réderie d'Avril. 27 Avril 2014. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Réderie d'Avril. 27 Avril 2014. © Jean-Louis Crimon

L'ami Jo, parti lui aussi pour l'envers des nuages. Jo qui aimait tant les romans et la poésie. Je pense à lui souvent.

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 08:57
Arras. La Grand Librairie. 21 Juin 2014. © DR.
Arras. La Grand Librairie. 21 Juin 2014. © DR.

Arras. La Grand Librairie. 21 Juin 2014. © DR.

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 08:57
Bertrand Tavernier. Saint-Malo. Etonnants Voyageurs. Mai 2015. © Jean-Louis Crimon

Bertrand Tavernier. Saint-Malo. Etonnants Voyageurs. Mai 2015. © Jean-Louis Crimon

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens