La plus commune et la plus grande des mésanges eurasiatiques, est facilement identifiable grâce à sa calotte et à sa cravate noires et à son plumage où le jaune domine.
© Jean-Louis Crimon
En décembre, alors que la nature entre en pleine torpeur hivernale, la mésange charbonnière, ne craignant pas les grands froids, recommence déjà à donner de la voix. A son répertoire, on retrouve une vingtaine de cris et chants, tous ont en commun une tonalité métallique, d’où son surnom de «serrurier». Friande d'insectes et autres «nuisibles» et s'approchant volontiers des milieux bâtis, elle est l'amie des jardiniers et des agriculteurs.
Une auxiliaire bien utile au jardin
Lorsque les insectes et araignées sont abondants, les mésanges charbonnières en font leur principale source de nourriture. Elles calquent même leur période de reproduction sur la disponibilité en chenilles de lépidoptères. Ce goût prononcé pour les insectes ravageurs des cultures en fait de sympathiques auxiliaires au jardin.
Comment la favoriser?
L'espèce profite beaucoup des nourrissages hivernaux et des aides à la nidification. N'hésitez donc pas à installer un nichoir dans votre jardin en suivant les conseils de la fiche pratique. En outre, il est important d'assurer une pérennisation de son habitat et de ses ressources naturelles. Les insectes ayant une place prépondérante dans l'alimentation des mésanges charbonnières, il est dans leur intérêt de bannir l'usage de pesticides dans vos jardins et de semer un mélange de fleurs sauvages qui sont bien plus riches en biodiversité que les gazons et sont source de nourriture pour de nombreux insectes. Les mésanges dépendent également de la présence d'arbres à cavités, qui leur servent de sites de nidification. Il est important de ne pas couper les quelques arbres qui subsistent encore dans les jardins de particuliers et de replanter des haies indigènes, qui serviront d'abri et dont les baies seront une source de nourriture bienvenue à la saison froide.
Une population stable
Les effectifs de mésanges charbonnières sont stables en Suisse depuis de nombreuses années et se situent aux alentours des 400'00 à 600'000 couples nicheurs. Lors des éditions 2014, 2015, 2016 et 2017 de l'action "Oiseaux de nos jardins", cette espèce s'est toujours trouvée être la seconde la plus fréquente dans les parcs et les jardins, avec une présence dans 70 à 80 % des cas, selon les années (voir bas de la page pour plus de détails).
Des nids bien cachés
Dès la fin mars, la femelle entame la construction d’un nid fait de mousse et de radicelles agrémenté de poils et de plumes. Les mésanges charbonnières sont très prolifiques et pondent en moyenne de 8 à 12 œufs blancs tachetés de rouille. Les secondes pontes sont fréquentes. Pendant que la femelle couve, le mâle est occupé à défendre le territoire familial.
Cavernicoles, les mésanges charbonnières cherchent des cavités dans les arbres ou dans les murs pour s’installer. Elles réutilisent volontiers les anciens nids d’autres espèces (pics, geai, écureuil). Il n’est pas non plus rare de les voir élire domicile dans des endroits insolites comme des boîtes aux lettres ou des tuyaux.
Des forêts aux agglomérations
Espèce originellement forestière, la mésange charbonnière a très bien su s’adapter au milieu habité. Elle sait tirer profit de chaque arbre et haie à disposition et colonise volontiers parcs et jardins dans les villes et les villages.
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