Un aveu : à part une vingtaine de mots usuels, je n'entends rien à la langue de Goethe, mais je maîtrise parfaitement la prononciation de "Das fangen von schletterlingen ist verbotten", ce qui se traduit par : " Il est interdit d'attraper des papillons". Cette phrase, je la connais par coeur depuis mes années 70. Je l'ai lue pour la première fois dans un Bar à Hambourg, au temps où je pratiquais couramment l'auto-stop durant les mois d'été, souvent vers le Danemark, la Suède ou la Norvège. Le passage par Hambourg était inévitable, sauf une fois ou deux, où chanceux, mon pilote m'a déposé à Puttgarden. Plus direct pour embarquer pour le Danemark. A Hambourg, les bars ne manquaient pas. La bière coulait à flot. Les pintes m'ont vite aider à retrouver l'étymologie du mot " pinté ". Très vite encore, la bière aidant, j'inventais des variantes à la citation écrite en capitales derrière le comptoir, en ajoutant "nicht mehr", et ça me procurait un franc succès parmi les buveurs et surtout les buveuses. C'était "Das fangen von schletterlingen ist nicht mehr verbotten". Autrement dit "Attraper les papillons n'est plus interdit". Ce qui, à l'époque, ouvrait la porte de tous les possibles, et pas seulement des échanges linguistiques.
Le récit de l'historique anecdote fit rire énormément la belle Allemande qui s'était emparé de "Die leute mit dem sonnenstich", livre de l'écrivain Horst Biernath. En français, j'avais anticipé, au cas où..., ça se traduisait par "Les gens qui souffrent d'insolation". J'avais cru un instant à un ouvrage écrit par un dermatologue, mais la fiche Wikipédia de l'auteur, fort heureusement, m'avait évité de passer pour un âne.
© Jean-Louis Crimon