Omnivore, le Geai se nourrit, comme les moineaux et les mésanges, de larves et d'insectes, mais aussi de glands, de noix ou de châtaignes. Il fait partie de ces rares oiseaux qui "thésaurisent", c'est à dire qui stockent de la nourriture pour l'hiver et le printemps. Le Geai thésaurise ainsi tout au long de l'année, mais c'est surtout en automne qu'il y consacre le plus de temps.
Le Geai des chênes sélectionne les glands qu’il consomme en fonction de leur maturité, de leur taille et de leur qualité. Au printemps et en été, il se nourrit des glands qu’il a enterré et qui ont germé, mais aussi d’autres graines diverses, qu’il n’hésite pas à aller chercher dans les cultures à la lisière des bois. Il picore aussi des grains de raisins sur les vignes et apprécie le maïs. Sans être pour autant considéré comme nuisible, ses «prélèvements» étant limités et localisés.
Légèrement en retrait, un peu à l’écart, dans son superbe costard noir, Merle moqueur se marre et balance sa vanne préférée :
— Geai des chênes, t’es vraiment fringué comme un gland !
© Jean-Louis Crimon
Très social, l’étourneau sansonnet vit en groupe et se distingue par des capacités vocales qui lui permettent d'imiter avec une grande précision les vocalisations d'autres oiseaux, comme le merle ou le loriot. Il est aussi capable d’imiter l’aboiement du chien et la voix humaine. Les sons de son environnement urbain ne résistent pas à cette faculté rare : bruits de porte, alarmes de voiture ou sonneries de téléphones portables n’ont aucun secret pour lui. C’est un imitateur inimitable.
Chaque année, entre Octobre et Février, des dizaines de milliers d'étourneaux migrent du Nord de l'Europe vers l'Italie pour passer l'hiver sous des températures plus douces.
Dès l’automne, à Rome, au dessus du Tibre, les nuées d'étourneaux sont de retour. Ballets aériens très impressionnants, vraiment fascinants. Cette parfaite synchronisation du vol de milliers d'oiseaux qui se déplacent ensemble, en parfaite symbiose, sans jamais se percuter, porte un nom superbe : on appelle cela des " murmurations ".
© Jean-Louis Crimon
Une étude sociologique des superstitions liées à la cohabitation avec la Pie serait précieuse pour comprendre les rapports étranges que l'homme a peu à peu établis avec cet oiseau à la fois inquiétant et fascinant. On raconte qu'autrefois, une Pie crucifiée dans une étable protégeait les bêtes des "esprits malfaisants". Quelques gouttes de son sang ressuscitaient les héros et aidaient à guérir certaines maladies. Manger de la Pie rendait vertueux et aiguisait la vue. Ce qui rappelle les pratiques alimentaires des parents qui faisaient manger de la cervelle à leurs enfants pour les rendre intelligents. En bouillon, la Pie pouvait guérir les manies et la mélancolie.
Aujourd'hui encore, lorsqu'elle jase plus qu'à l'habitude, on dit qu'elle annonce la pluie. Des textes racontent qu'en magie, les sorcières prennent l'apparence d'une Pie pour se transporter dans les airs et qu'elles aiment les manger rôties.
Les Pies évoquent la fable des orgueilleuses Piérides, neuf soeurs, fières de leur nombre et de leurs talents, qui se comparaient aux Muses et osèrent leur disputer le prix du chant. Vaincues, elles s'emportèrent en invectives contre leurs rivales et ajoutèrent l'injure et la menace à leur audace. Les Dieux les changèrent aussitôt en Pies. Sous cette forme, elles gardèrent leur incessant bavardage et leur vanité.
La Pie qui jacasse et s'agite sans cesse, est un oiseau que l'on entend avant de le voir, plumage noir et blanc aux couleurs changeantes avec des bleus et des verts fascinants.
© Jean-Louis Crimon
C'est pas pour demain le temps des cerises
Même si Merle moqueur s'est déjà trouvé promise
De branche en branche il se penche et s'épanche
L'amour de Merlette, c'est tous les jours dimanche
Peu importe qu'on soit Décembre et presque en hiver
Merlette est bien trop belle pour remettre à plus tard
Une amourette qui vous met la tête à l'envers
Vous réveille très tôt et vous donne des envies de couche-tard
J'aimerais tant qu'elle m'aime jusqu'au printemps
Ma douce, ma belle, ma petite perle,
Même si, c'est vrai, ça ne dure jamais longtemps
Automne, hiver ou printemps, les amours merle.
© Jean-Louis Crimon