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13 février 2026 5 13 /02 /février /2026 07:07
Contay. Le Cimetière catholique. © Jean-Louis Crimon

Contay. Le Cimetière catholique. © Jean-Louis Crimon

 

J'avoue que je n'ai pas compris pourquoi - en 2019 - le Maire de Contay, à l'époque Gérard Boivin, fort de l'unanimité de son Conseil Municipal, a répondu "non" à ma demande d'achat d'une place dans le cimetière communal. Le beau cimetière de mon enfance d'enfant de choeur qui a toujours eu bon coeur. Un refus qui m'écoeure.

"Plus personne ne te connaît", a justifié le Maire, ajoutant : "On veut pas d'étranger à la commune dans notre cimetière". 

Comme si on pouvait me définir comme "un étranger à la commune", moi qui, derrière la bêche de mon père, jusqu'à mes 14 ans, ai ramassé toute la mauvaise herbe du village, racines de chiendent, racines de liserons, quand nous allions, chaque soir des jours de semaine, bêcher le jardin des autres. Le nôtre, on  s'en occupait le dimanche. 

 

© Jean-Louis Crimon

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12 février 2026 4 12 /02 /février /2026 07:07
Contay. Avril 1951. Père et fils dans les talus herbeux des Royales. © Juliette Crimon

Contay. Avril 1951. Père et fils dans les talus herbeux des Royales. © Juliette Crimon

Les talus herbeux des Royales, lieu de choix pour l'enfant qui a vécu ses premiers mois au Château, enfin, nuance la mère, "dans les dépendances". Ce goût des herbes folles qui coiffent et recoiffent leur chevelure dans le vent qui peigne la campagne, sûr, il s'inscrit dans ces premières expériences. Celles de la prime enfance. 

Au dos de la photo, est écrit, sans doute de la main de la maman : "A 20 mois, Jean-Louis et Papa".

 

© Jean-Louis Crimon

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11 février 2026 3 11 /02 /février /2026 07:07
Contay. Le Château. Carte postale ancienne. © R. Lelong.

Contay. Le Château. Carte postale ancienne. © R. Lelong.

 

C'est Tante Laure, la Tante de mon père,  de fait ma "Grand-Tante"  , qui est à l'origine de l'arrivée de mes parents à Contay. Elle avait entendu dire que les Châtelains cherchaient un homme toutes mains et un jardinier. Elle fit passer le message à Grand-Mère Edith, qui transmit à Georges, son fils, qui allait devenir mon père. Je suis né à la maternité de Corbie, mais je sais que c'est Contay mon village natal. Que notre premier logement, à Contay, ce fut au Château.

De cette vie au château, ma mère ne cessa de dire que ce n'était pas "la vie de château". On était logés dans les dépendances et le Châtelain, pour nous chauffer, l'hiver, nous donnait du bois vert. 

Comme j'avais eu la bonne idée de naître en été, ma mère craignait que je n'attrape mal en hiver, surtout enfumé par la fumée du bois vert. Mes parents, Georges et Juliette, ont donc accepté avec joie de venir habiter la petite maison à côté de la grande maison de Tante Laure, juste à côté de l'Hallue, la rivière qui borde le village.

 

© Jean-Louis Crimon

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10 février 2026 2 10 /02 /février /2026 07:07
Contay. Le Temple des Protestants. 11 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Contay. Le Temple des Protestants. 11 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Moi, j'étais né côté Catholiques. Enfant de chœur depuis mes 7 ans, par la volonté de Tante Laure, la marraine de mon père et la gardienne de mon âme. Je servais les messes basses du mardi soir et les messes chantées du Dimanche et ausssi les Offices des grandes fêtes. Tante Laure était ma catéchiste. Une catholique intransigeante à une époque où n'existait pas encore le mot intégriste. Mais j'avais de bons copains d'école dont les parents étaient Protestants. Mes copains me donnaient une autre version. M'expliquaient que les Protestants ne croient pas en la Vierge Marie toujours vierge et mère du fils de Dieu fait homme. Qu'ils ne se confessent pas. Qu'ils n'ont pas besoin d'un prêtre intermédiaire pour s'adresser à Dieu. Qu'ils lui parlent directement. Seul à seul, en tête à tête. Ce qui m'impressionnait et me rassurait à la fois. 

Me suis dit très tôt que s'il y avait, dans mon petit village de 282 habitants, au moins deux manières de croire, c'est que la question de l'existence de Dieu méritait, sans doute, un doute ou... deux.

 

© Jean-Louis Crimon

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9 février 2026 1 09 /02 /février /2026 07:07
Contay. Chemin du cimetière des Protestants. Totem de Dany Floret. Avril 2017. © Jean-Louis Crimon

Contay. Chemin du cimetière des Protestants. Totem de Dany Floret. Avril 2017. © Jean-Louis Crimon

 

© Jean-Louis Crimon.

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8 février 2026 7 08 /02 /février /2026 07:35
 Contay. Avril 1961. Famille Crimon devant la maison. © Bernadette Buffet.

Contay. Avril 1961. Famille Crimon devant la maison. © Bernadette Buffet.

Ce doit être une des rares photographies où toute la famille est réunie. Prise par Bernadette, ma marraine, amie de toujours de ma mère, Juliette. Mari de ma marraine, Yvon, est au centre, entre mon père et ma mère. A côté de ma mère, ma petite soeur, et un peu en retrait, devant le moteur de la voiture, mon petit frère. A la place du conducteur, votre serviteur. Pas peu fier de dominer la scène. Ou plutôt d'être un peu à l'écart. D'avoir pris mes distances. A la fois "faire partie" de la famille, et être déjà un peu "à part".

 

© Jean-Louis Crimon.

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7 février 2026 6 07 /02 /février /2026 07:07
Contay. Eté 1961. Fin d'après-midi écossage. © DR

Contay. Eté 1961. Fin d'après-midi écossage. © DR

Le rituel des fins d'après-midi d'été. Ecossage des haricots blancs. Ou équeutage des haricots verts. La mamma domine la scène. D'un air entendu ou amusé. Nous sommes côté cour de la maison de Contay, sur la partie engazonnée. Depuis qu'il travaille comme jardinier au cimetière anglais, mon père a acheté une tondeuse à rouleau et on transforme le moindre petit espace herbeux en pelouse douce à la plante des pieds : l'été, on a le droit d'y marcher pieds nus. C'est moelleux, beaucoup mieux et moins dangereux que sur les allées caillouteuses aux petits silex tranchants. 

Tous nos légumes viennent de notre jardin. Haricots verts, haricots en grains, petits pois, poireaux, carottes, pommes de terre, salades, laitues, romaine ou batavia, scaroles, frisées, même les fruits mûrissent avec bonheur chez nous, poires, pommes, groseilles, cassis, cerises, fraises, framboises. Notre jardin, a dit le Monsieur le Curé dans son sermon dominical, au risque de nous fâcher avec toute la communauté des paroissiens, c'est le plus beau du village, carrément le paradis sur Terre.

 

© Jean-Louis Crimon

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6 février 2026 5 06 /02 /février /2026 07:07
Amiens. La Confirmation. Avril 1961. © DR

Amiens. La Confirmation. Avril 1961. © DR

Dans mon village - Tante Laure oblige - j'avais dû, déjà, l'année de mes 7 ans, faire ma communion privée. La "Communion solennelle", c'est au Petit séminaire que je devais la faire. Communion solennelle le matin, Confirmation l'après-midi. Devant l'Evêque du Diocèse et le Père Supérieur. Avec un parrain de confirmation, différent de notre parrain de baptême. 

Sur la photo officielle, la main posée sur mon épaule n'est pas celle de mon parrain. Mon vrai parrain devait être mon grand-père. Grand-père Edouard. Mais grand-père Edouard me fit faux bond.

Pour la première fois de sa vie, la seule sans doute, Edouard eut soudain honte de n'être pas comme les autres hommes en impeccable costume croisé. Honte de n'être venu qu'en simples habits d'ouvrier. A l'appel des parrains, grand-mère Edith eut beau lui labourer les côtes de plusieurs coups de coudes, rien n'y fit. Edouard était têtu. Il ne bougea pas de son banc.  

 

Pages 16 et 17 de "Rue du Pré aux Chevaux", mon deuxième roman, paru en 2003, je reviens sur l'incident fondateur, avec ce qu'il faut d'invention pour que l'autobiographie se métamorphose en roman.

 

" Ce qui devait arriver arriva. Je suis le seul petit séminariste à me présenter sans parrain de confirmation. Entorse scandaleuse au rituel sacré. Je suis le mouton noir au milieu du troupeau d'aubes blanches. Tremblant de toute mon âme, je m'avance quand même  que puis-je faire d'autre ?  vers monseigneur l'Evêque, assis sur son trône, la main droite posée sur la crosse d'or et d'argent, le regard d'une sévérité terrifiante. 

- Et le parrain ? Où est le parrain ?

Mort de honte, j'esquive : "Je ne sais pas. Peut-être qu'il n'a pas pu venir". Mensonge. Mensonge et nouveau péché. Je suis à nouveau pécheur.

- "Placez votre main sur son épaule", lance alors l'Evêque au parrain de l'enfant qui me suit dans la longue file indienne des aubes blanches. J'étais sauvé. Je bénissais le ciel et la lettre C de mon nom de ne pas m'avoir placé en dernière position du cortège des confirmants. Je trouvais géniale l'astuce de monseigneur l'Evêque, volant à mon secours, dans un réflexe aussi pastoral qu'inespéré. "

 

 

© Jean-Louis Crimon

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5 février 2026 4 05 /02 /février /2026 07:07
Contay. La grande croix aux deux Christ du cimetière catholique. Avril 2009. © Jean-Louis Crimon

Contay. La grande croix aux deux Christ du cimetière catholique. Avril 2009. © Jean-Louis Crimon

Je n'ai jamais compris la signification de cette grande croix aux deux Christ au milieu du cimetière de mon village. Au temps de mes 7 ans, - ma première année d'enfant de choeur -, personne n'a jamais su me dire pourquoi. Même pas Monsieur le Curé dont j'étais pourtant l'enfant de choeur préféré. Aujourd'hui encore, je ne sais pas pourquoi et j'aimerais bien savoir. Mais qui me dira, comme disait mon père, le fin mot de l'histoire ? Dans le village, il y a deux cimetières, le cimetière catholique et le cimetière protestant. Né du côté des catholiques, j'ignorais tout du monde Protestant. A l'Ecole de la république, enfants des Catholiques et enfants des Protestants jouaient ensemble à la récré sans aucun problème. Notre religion commune, c'était l'enfance. Le reste n'avait pas d'importance. Reste que se recueillir au pied de la croix du crucifié, pour moi, c'était déjà bizarre. Mais quand j'ai découvert qu'ils étaient deux à être cloués sur la même croix, je crois que j'ai commencé à ne plus croire.

© Jean-Louis Crimon

 

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 07:07
Contay. Notre maison, côté cour et jardin. Fin des année cinquante. © Juliette Crimon

Contay. Notre maison, côté cour et jardin. Fin des année cinquante. © Juliette Crimon

Sur le gazon, avec ma petite soeur Marie, nos chats préférés et un lapin exceptionnellement sorti de sa cage. Nous étions une famille davantage chats que chiens. En arrière-plan, dominant la scène, notre père, pensif ou admiratif. Jolie scène fixée par la maman qui d'instinct a choisi, un genou en appui sur le gazon, la contre-plongée pour se mettre à hauteur des enfants et donner au paternel cette stature de géant.

 

© Jean-Louis Crimon

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