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21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 09:59
TGV 8084 Saint-Malo - Paris Montparnasse. 21 Mai 2018.

TGV 8084 Saint-Malo - Paris Montparnasse. 21 Mai 2018.

 

 

Parfois la pub se prend des accents de poète

Le croque pas trop zarbi dans l'assiette en plastoc

Quand tu voyages, c'est pas dommage, c'est pas du toc

Tu grignotes TGV sans faire trop de miettes…

 

Esthétique magnifique de la fourchette muette

Ponctuation sublime de la papier serviette

Quand tu t'en vas voiture quatorze becter au Bar

Tu sais bien à quoi t'attendre, c'est pas bobard...

 

 

 

Jean-Louis Crimon

(La Chanson amère)

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 12:42
Plage de la Maison de Colette. ROZ-VEN. 20 Mai 2018. © Jean-Louis Crimon​

Plage de la Maison de Colette. ROZ-VEN. 20 Mai 2018. © Jean-Louis Crimon​

 

 

Château de sable

Forcément passable

Bonheur éphémère

Qui tutoie la mer... 

 

Rituel inlassable

Instant insaisissable

Au loin, le bâtisseur

A déjà mal au cœur...

 

Rien de très durable

Ne s'écrit sur le sable

L'homme aussi est passable

Et la marée nous ensable…

 

 

 

Jean-Louis Crimon

(La Chanson amère)

 

 

 

 

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19 mai 2018 6 19 /05 /mai /2018 14:34
Trump et Macron plantant l'arbre français sous les yeux de Melania Trump, à la Maison-Blanche. © Reuters

Trump et Macron plantant l'arbre français sous les yeux de Melania Trump, à la Maison-Blanche. © Reuters

 

"Deux mecs un peu bêcheurs, pas franchement jardiniers, qui prétendent enraciner leurs idées", les arbres n'aiment pas ça. 

Ce genre d'attitude, ça ne peut pas plaire pas aux arbres. Ce n'est pas acceptable de manquer à ce point d'écorce. Les arbres, eux, ne pratiquent pas la langue de bois. 

 

 

© Jean-Louis Crimon

(Sans acrimonie).

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18 mai 2018 5 18 /05 /mai /2018 08:30
Saint-Malo. Mai 2018. © Jean-Louis Crimon

Saint-Malo. Mai 2018. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

Débarquant par hasard sur le quai du vieux monde,

Je suis le passant de l'antépénultième seconde...

 

 

C'est tout pour aujourd'hui.

 

 

Jean-Louis Crimon

(La Chanson amère)

 

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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 10:48
Amiens. 24 Sept. 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 24 Sept. 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

"Balayer devant sa porte", manifestement, ceux qui prétendent nous diriger, à défaut de nous gouverner, ont oublié le sens de l'expression. Faut donc le leur rappeler. Dire à quelqu'un de "balayer devant sa porte", c'est lui conseiller de s'occuper de ses propres affaires avant de prétendre régler les problèmes des autres. 

S'occuper d'abord de ce qui nous concerne avant de vouloir s'immiscer dans la vie des autres, voilà la seule règle morale et politique à laquelle je veux bien être soumis. Mais alors, je conseille dès maintenant aux 577 députés de l'Assemblée Nationale et aux 348 sénateurs de renoncer définitivement à la gratuité de leurs billets de train avant de vouloir la remettre en cause pour les cheminots de la SNCF. Dans "avantages acquis", moi, je lis aussi : "avantages à qui ? "

Charité bien ordonnée commence par... soi-même.

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 19:09
 Picardie. Contay. Cimetière anglais. Laveurs de stèles. 1969. © Marie-Christine Crimon

Picardie. Contay. Cimetière anglais. Laveurs de stèles. 1969. © Marie-Christine Crimon

 

 

 

Mercredi 16 Mai 2018, tu penses à ton père. Tu penses au temps où avec lui, après sa journée de travail, au cimetière anglais, vous faisiez le tour du village, en quête de travaux à faire. Ton père est jardinier. Le meilleur bêcheur à la ronde. Tous le savent. Un jardin à faire, on lui fait signe. Chaque soir de la semaine, il y a un jardin différent à entretenir. Celui de l'Instituteur. Celui du Curé. Celui de la Tante Laure. Celui du Père Delacroix. Ne reste que le dimanche, pour votre jardin à vous.

 

Tu relis Verlaine avant-centre. Chapitre 10. Page 117. Tu adores ce passage :

 

"Mon père pince la corde du cordeau comme une corde de guitare. Il tend l'oreille, écoute le son de la corde. Si l'accord est parfait, la corde bien tendue, on peut tracer la route, puis semer. Mon père laisse glisser les graines entre le pouce et l'index. Il ne faut pas semer trop dru. Mon père le sait. Il dit: qui sème trop dru récolte menu. Ensuite, on dame le sol avec le dos du râteau. Ça dessine de petits traits verticaux tout au long de la ligne semée. C'est beau à regarder comme un tableau de peintre abstrait. Un tableau peint au cordeau et au râteau, à même la terre. Dieu, s'il existe, sûr, c'est un esthète qui apprécie la peinture de mon père. En fait, mon père ne jardine que pour exposer les oeuvres qu'il ne prend pas le temps de peindre sur la toile et qu'il crée à fleur de terre, l'espace d'un dimanche matin, juste avant la messe."

 

Mercredi 16 Mai 2018. Tu penses aux absents. Tu penses à ton père. 96 ans aujourd'hui, et déjà 17 ans sous terre. Tu te demandes pourquoi, une fois mort, on ne se souhaite plus les anniversaires. Pourquoi on n'ose pas. Les vivants, même bons vivants, ne doivent pas oublier les absents. Doivent au contraire les associer, le plus souvent, à la vie qui continue, sans eux. C'est important. Pour eux. Pour eux, les absents. Pour les garder vivants. C'est important pour nous. Pour nous, les vivants. Pour ne pas laisser nos coeurs se transformer en coeurs.. morts.

Ce matin, toi, tu sais que tu as dit: "Bon anniversaire, mon père". Tu relis "Verlaine avant-centre". Dans ce petit roman, ton père est... vivant.

Eternellement vivant.

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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 13:47
Cagny. Bibliothèque Jean Giono. 15 Sept. 2017. © DR

Cagny. Bibliothèque Jean Giono. 15 Sept. 2017. © DR

 

 

Parfois, tu te dis que tout ça ne sert à rien. A quoi bon aller expliquer "pourquoi tu écris" à des lecteurs ou des lectrices, - surtout des lectrices-, qui croient que tu racontes simplement ce que tu as vécu ? A quoi bon t'évertuer à leur montrer "comment et pourquoi" tu ne racontes pas ta vie, mais la leur ? Pourquoi un roman, même avec un narrateur qui s'exprime à la première personne du singulier, ce n'est pas une autobiographie, un journal intime, ou un simple récit de vie. Dans le patchwork de ton enfance, tu choisis des morceaux, des instants, des sons, des images, et tu recomposes une existence. Du singulier au pluriel de l'universel. 

Tu te souviens de la terrible réaction de ta mère après la lecture de "Verlaine avant-centre", ton premier roman : Tu n'es pas un écrivain, mon fils, tu es un menteur, ce n'est pas la vie qui a été la nôtre que tu racontes, ça n'a pas été aussi beau que tu le dis !

Un jour, elle a remis ça : J'suis sûr que tu en écris un autre, mais celui-là, j'espère que tu me le montreras avant qu'il ne soit publié, parce que moi, je le corrigerai !

Une sacrée détermination, la mamma, n'est-ce pas !

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 00:00
Paris. Déc. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Déc. 2012. © Jean-Louis Crimon

 

 

Il y a des jours où tu te dis que tu n'as rien à dire. Trop de mots dans les radios. Trop de mots dans les journaux. Trop de gens qui jouent perso. Trop de phraseurs. Trop de raseurs. Ces jours-là, tu te dis que tu dois seulement relire les mots anciens. Tu te rappelles le jour où tu a écris, d'une traite, pour qui tu sais, Sur le côté. Le soir même, tu lui donnes ton poème. Sans oublier ta petite pièce. Son sourire en dit long. Il aime les mots de ta chanson.

 

 

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Même pas dans la marge, suis pas barge,

La marge, c'est encore dans la page,

Moi, je suis à côté...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Sans me révolter, sans protester,

Sans en vouloir à qui que ce soit,

J'ai dû naître comme ça...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Côté de la vie, côté de la rue,

Sans savoir si je l'ai vraiment voulu,

Cherchez pas, c'est peine perdue...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Toujours sur le bord, le bord du trottoir,

C'est mon destin, c'est mon histoire,

Si ça vous rassure, je vous laisse... le croire...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Surtout, pensez pas que je vous envie,

C'est ma vie, même si c'est pas une vie,

C'est ma vie qui dévie...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Je ne sais même plus depuis quand ça dure,

Ma misère en lisière, en bordure,

La vie m'a trop mené la vie dure...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Je ne suis pas l'humain le plus drôle,

Plutôt dans le genre second rôle,

Quand le succès me frôle...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Me suis jamais senti bien à ma place,

Sans trouver ça injuste ou dégueulasse,

A la fin, on se lasse...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Je suis un être à part, qui jamais ne prend part,

J'ai dû manquer le départ,

Ou c'est la vie qui m'a manqué...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée,

Sur le côté,

Je me sens souvent un peu en rade,

Ma vie n'est qu'une mauvaise mascarade,

Pas vraiment une vraie camarade...

 

Je vis ma vie comme je l'ai commencée

Sur le côté,

Faut pas m'en vouloir, pas me juger,

J'ai juste pas voulu vous déranger,

A la vie, me suis senti... toujours étranger.

 

 

 

© Jean-Louis CrimonLa Chanson amère. Déc. 2012.

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 00:21
Contay. Frère et soeur. 1957. © DR.

Contay. Frère et soeur. 1957. © DR.

 

Cette photo, je la connais depuis toujours. Elle a toujours été à l'honneur sur le buffet de la cuisine de la maison de Contay, notre première maison, ou, plus tard, sur la commode de la salle à manger, dans la "maison neuve" de Ribemont. Je me demande bien pourquoi le photographe a éprouvé le besoin de retoucher à ce point la robe de ma petite soeur et la chaine qu'elle porte au cou. Etait-ce à la demande de mes parents, pour masquer la modestie de nos habits ? Ou bien est-ce une initiative malheureuse du photographe qui a cru "bien faire" ? 

Je penche pour la seconde hypothèse. Ma mère a toujours dit que nous étions des gens "modestes", pour ne pas dire "pauvres". Mais modestes, nous l'étions surtout par cette façon de ne jamais vouloir paraître autrement que nous étions. Sans  apprêt, sans apparat, sans en rajouter. Nature et naturels. Alors, les "retouches", vestimentaires ou photographiques, ce n'était pas pour nous. Pas notre style. Pas notre manière d'être.

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12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 00:00
Ljusekulla. Scanie. Sud de la Suède. Eté 72. © Björn Alhvin.

Ljusekulla. Scanie. Sud de la Suède. Eté 72. © Björn Alhvin.

 

Jag är tjugofyra år gammal och jobbar på Ljusekulla. J'ai 24 ans et je travaille sur la colline de lumière. Jag vet hur man gör sticklingar av stjärnor. Je sais comment on fait des boutures d'étoiles.

Cet été-là, j'avais décidé d'apprendre le suédois. Campanules, bégonias et poinsettia étaient mes camarades de jeu. Jardinier suédois, je m'inventais une nouvelle vie. Loin de ma Licence de Philosophie. J'avais appris par coeur une phrase qui m'allait parfaitement, ça disait : "Maintenant que j'ai abandonné la philosophie pour écrire des histoires pour les enfants, j'ai l'impression que cela seul a de l'importance." 

C'était pour moi beaucoup plus qu'une simple citation. Un projet de vie. Un destin de choix pour qui refuse de choisir son avenir.  

 

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