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6 juin 2023 2 06 /06 /juin /2023 08:57
Amiens. Saint-Leu. Bras de la Somme. 9 Juillet 1981. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Saint-Leu. Bras de la Somme. 9 Juillet 1981. © Jean-Louis Crimon

 

C'est l'histoire d'un être humain qui a pris dans sa vie des milliers de photographies. Des dizaines de milliers de photos. Sa quête, il l'a commencée très tôt. Dès sa première année de philo. Tout début des années 70. Mais dans sa tête, c'est dans l'enfance que tout commence. Personne jamais ne voudra le croire : il est cet être rare qui a fait de la photo sans appareil photo. Simplement avec les yeux. Les yeux du coeur. Enfant, il écrit avec des mots les photos qu'il ne peut pas prendre. Il s'invente des poèmes qu'il appelle "photo-poème". Il n'a jamais oublié son premier "photo-poème" : 

 

Le vieil homme marchait

Balançant le bras,

Horloge humaine

Rythmant le temps des choses."

 

Depuis ses 7 ou 8 ans, il le sait, il le sent, le temps sera le seul problème important. C'est déroutant et superbe pourtant. Il en faudra du temps. Du temps pour comprendre ce que veut dire "Ceux qui tuent le temps, le temps les tue." Un jour, il a 20 ans. Bac philo en poche. L'Université est le plus beau des cadeaux. Université. Univers cité. Cadeau pour la vie entière. Ouverture sur le monde des idées et sur le Monde entier. Le temps d'apprendre. De comprendre. Tout ce temps donné, au début de la vie, pour trouver un sens à la vie. A sa vie. Philosophie et photographie sont, pour lui, intimement liées. Philosophie de l'instant, photographie de l'instant, c'est tout un. Il veut en faire son objet de recherche. Son sujet d'étude. Une superbe "Maîtrise" où il montrerait sa parfaite "maîtrise" des idées et des images. Le "Mémoire" passerait par Kierkegaard, Jankélévitch, certaines pages de Proust, de Camus, sans oublier Rimbaud, Prévert, Ponge, Francis Ponge... Des philosophes et des poètes. Mais aussi, bien sûr, des photographes... Doisneau, Cartier-Bresson, Lartigue, Le Querrec...

Il n'a jamais écrit plus de trois pages. Superbes d'ailleurs. Très joli prologue. Projet original. Ses Maîtres d'alors l'encouragent. Mais il n'a jamais rendu sa "Maîtrise", côté philo. L'a simplement cultivé et développé, côté photo. Il a, aux dires de tous, réussi très vite, comme d'instinct, à acquérir une parfaite maîtrise de l'image. L'image arrêtée. L'instant devenu "instantané". Instantané et surtout pas cliché. Cliché, ça fait cliché. Le cliché, en littérature, c'est une idée toute faite, surfaite. Métaphore éculée. Dépassée. Belle comme le jour. Succès foudroyant. Beau comme un coeur. En photo, le cliché, c'est la signature de l'agence Roger-Viollet, dans les années trente et quarante. Vieilli. Dépassé. Aujourdhui, le symbole du copyright suffit : ©.

 

La photo, c'est l'instant. La capture de l'instant. L'instant décisif. Morceau de temps arraché au flux destructeur du temps qui passe, et qui fait que nous, les mortels, nous passons et nous trépassons. Instant arraché au temps. Sauvé. Non pas sauvegardé. Sauvé. Transfiguré. Instant durablement inscrit dans la durée. Instant définitivement placé hors du temps. Vraie petite parcelle d'éternité. Un goût d'éternel dans un destin forcément temporel. Irrésistible attrait de l'instant. Irrésistible séduction de l'instant. L'instant décisif. Décisif et dérisoire à la fois. D'emblée -ses images en témoignent-, il avoue un faible pour "l'instant dérisoire". Contrepied parfait à "l'instant décisif". Cartier-Bresson, pardon. Prétention modeste. L'homme est modeste. De naissance comme d'essence. Modeste et ambitieux à la fois. Ambitieux, pas prétentieux.   

Ses photos, c'est beaucoup d'humain, un peu d'humus, et beaucoup de tendresse. Un sourire parfois. Des larmes souvent. Des cris aussi. De joie, de détresse ou de rage. Ses photos, c'est de l'humanité qui transperce. De l'humanité qui traverse. La vie comme la rue. Une vie traversée comme on traverse une rue.  

Cri + Image = Crimage. L'homme a trouvé son équation. Sous la forme d'une simple addition.  Cri + Image, ça donne "Crimage". Crimages sera le titre de sa seule et unique Exposition.

 

© Jean-Louis Crimon

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5 juin 2023 1 05 /06 /juin /2023 08:57
Buggerru. Sardaigne. Avril 2017. Les trois morts de 1904. © Jean-Louis Crimon

Buggerru. Sardaigne. Avril 2017. Les trois morts de 1904. © Jean-Louis Crimon

Grand-père Zanda, grand-père à tout jamais inconnu, j'aurais aimé que tu me racontes comment Buggerru et son sous-sol riche en minerai, ont pu jouer un tel rôle dans l'Histoire de la Sardaigne. Comment ce petit port de pêche en contrebas de la "chaîne de malfidano", donne son nom à la mine la plus importante de la région. Paysage aride, depuis longtemps déforesté. Sans avenir. J'aurais aimé apprendre de ta bouche comment tes parents et tes frères ont décidé de troquer leur vie de chevrier et de sabotier pour l'aventure minière. Comprendre autrement qu'en lisant les versions officielles des guides touristiques. L'histoire vécue forcément supérieure à la version officielle donnée un siècle plus tard.

Me faut donc me résoudre à lire les brochures des Offices de Tourisme. Y apprendre que le développement de la commune, créée en 1864 en tant que commune minière, est entièrement lié à la découverte par Giovanni Eyquem dans les montagnes des environs, de minerai de plomb et de zinc, la "calamine". En français, calamine et calamité commencent de la même façon. D'emblée, je n'en tire aucune conclusion. Cette même année 1864 voit la naissance d'une société anonyme pour exploiter cette ressource nouvelle, la Società Anonima delle Miniere di Malfidano. Dès cette époque, le village semble avoir été dénommé "le petit Paris". Le zinc de Sardaigne sur les toits de Paris.

Tout commence en 1877, par la construction d'un lavoir à minerai, sur la falaise face à la mer. La Société des Minerais en Sardaigne est née. L'exploitation industrielle peut commencer. Le développement de l'industrie minière dans le sud de la Sardaigne se trouve dès le départ facilité par la présence de minerais de métaux et de charbon, dans le bassin minier du Cagliaritano. La population va alors connaître une très forte croissance. 

L'année 1904 est à tout jamais marquée par la « tuerie de Buggerru », le 4 septembre 1904. Ce jour-là, c'est dans le sang que la grève des travailleurs de la mine Malfidano est réprimée. Les mineurs protestaient contre la réduction de leurs temps de pause imposée par le directeur de la mine, Achilles Giorgiades, nommé par la "Société anonyme des mines de Malfidano." 

 

Cette grève des mineurs avait été annoncée par Alcibiade Battelli, secrétaire de la Ligue de résistance de Buggerru dès l'annonce par le directeur du changement d'horaire. De son côté, le directeur avait fait venir deux compagnies de carabiniers armés de fusils et baïonnettes, qu'il avait obtenu de la préfecture pour contrôler et maintenir l'ordre public, à la suite d'un vol de dynamite, selon les explications du ministre de l'intérieur, explications postérieures aux événements. La manifestation qui devait être pacifique a rapidement dégénéré à la suite d'un jet de pierre dirigé vers les fenêtres de l'atelier du charpentier de la mine, pour se terminer par un ordre de feu et des coups de feu tirés par les militaires. Le 4 septembre, trois des mineurs grévistes, Felice Littera, Salvatore Montisci et Giustino Pittau sont tués, et un quatrième, Giovanni Pilloni, va mourir un mois plus tard, de ses blessures non soignées.

Cette répression n'était pas la première dans le sud de la Sardaigne, mais les tensions politiques du moment entraînèrent la CGdL à la présenter comme énième exemple d'injustice patronale déclenchant ainsi la première grève générale de toute l'Italie, le 16 septembre 1904.
La version officielle, du gouvernement de l'époque, par la voix de Giovanni
 Giolitti, ministre de l'intérieur et président du Conseil italien, sera que « ce sont les grévistes qui ont attaqué les soldats envoyés pour maintenir l'ordre public gravement menacé par un vol de dynamite. Attaqués, les soldats, sans ordres de leurs supérieurs, ont fait spontanément usage de leurs armes pour se défendre ». Giolitti qui résume et justifie en une dernière petite phrase la tuerie : « il s'est agi d'un conflit avec la force publique, qui se trouvait normalement sur les lieux ». Le Préfet a été missionné pour conduire une enquête, alors que le commandant des carabiniers mettait en état d'arrestation les militaires coupables, mais cela n'empêcha pas la grève.

En 1928, c'est la société Pertusola qui dirige les mines de Buggerru. En 1955, la société Piombo Zincifera Sarda prendra en charge les mines de Buggerru. En 1977, les filons de minerais sont épuisés, la station de lavage ferme. C'est le début de la fin de l'histoire minière.


Il faut savoir prendre le temps de se recueillir devant ce monument couché à la mémoire de ces trois premiers morts du 4 septembre 1904, oeuvre du sculpteur italien Giuseppe Dessi. Trois corps humains allongés dans l'herbe pour une sieste éternelle. Aujourd'hui, la commune vit désormais du tourisme qui valorise les paysages et quelques plages locales, le Canyon et les mines de Malfidano, la galerie, la Galerie Henry, galerie de roulage de 50 mètres de long en bordure de mer, le port et sa marina ainsi que quelques autres reliques et installations minières que l'on peut visiter, de même que les ruines d'anciens villages de mineurs : Caitas, Malfidano, Planedda et Monte Regio.

 

Ne t'en fais pas, Francesco Zanda, mon grand-père inconnu, mineur des mines de plomb et de zinc de Buggerru, mineur des mines de fer de Piennes et de Bouligny, mort amputé à l'Hôpital de Nancy, le 11 septembre 1936, ce n'est pas le tourisme qui m'incite à venir en Sardaigne mettre mes pas dans tes pas. C'est pour te saluer, toi, par qui je suis, par qui je suis ce que je suis, c'est pour te dire merci d'être passé par ici, d'avoir fui les milices fascistes de Mussolini, et d'être venu en Lorraine semer quelques graines de vie. A commencer par ma mère qui jamais ne porta le beau nom de Zanda.

 

© Jean-Louis Crimon

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4 juin 2023 7 04 /06 /juin /2023 08:57
Amiens. Rue Millevoye. Sept.2020. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Millevoye. Sept.2020. © Jean-Louis Crimon

Une lettre d'amour, pour moi, dans le camion jaune de la Poste, tu parles ! La belle histoire ! Remarque, la remarque serait un beau début de roman. Roman romantique ou polar. Un roman policier qui débuterait par le vol du camion. Par un type un peu fou qui prend la pub de la Poste à la lettre. Il sort de la ville et se gare en plein champ pour, une à une, parcourir de son regard fébrile toutes les enveloppes, à la recherche de celle qui lui est destinée. Il veut mener l'enquête. Il veut la preuve de cette lettre d'amour à son nom. Faute de la trouver, il s'enfuit pour un road movie impensable. Périple en forme de cavale folle en quête de l'amour fou promis.

 

© Jean-Louis Crimon

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3 juin 2023 6 03 /06 /juin /2023 08:57
Øresund. Vers la Suède. Juillet 2009. © Jean-Louis Crimon

Øresund. Vers la Suède. Juillet 2009. © Jean-Louis Crimon

- Plus de cinq ans que tu n'as rien écrit !

La remarque dépasse l'ordre du constat. Le ton souligne une certaine déception. Avec, à l'intérieur, comme un soupçon de reproche. J'ai dû répondre : Plus de cinq ans que je n'ai rien... publié ! En décomposant bien les trois syllabes du dernier mot : pu...bli....

Mon éditeur a souri. De ce sourire qu'il a quand il ne me croit pas. J'ai aligné les titres et les genres Femme fatale, nouvelles, Du côté de chez Shuang, roman, Voix en impasse, poèmes, paroles, chansons sans musique, et Crimages, livre de photographies. Cri + Image = Crimage. Mes photos sont des cris. Cris d'amour. Cris d'humour. Cris de joie. Cris de peur. Cris de détresse. Cris de tendresse... Crimages, c'est pas dommage.

- Tu me montres ça quand ?

- Demain, si tu veux !

 

Mon éditeur s'est fait silencieux. A fait tourner longuement sa cuillère dans la tasse. Rituel matinal du café en terrasse. 

Ensuite on a parlé "photo". Le fait que, ces dernières années, je me sois remis à la photographie, l'intrigue. Mon éditeur pense que les photos ne sont pas compatibles avec les mots.

Il a peut-être raison, mais je ne suis pas d'accord avec lui. Du reste, nous sommes rarement d'accord. En fait, nous sommes d'accord sur l'essentiel, mais nous nous accrochons souvent sur des questions de détails. Enfin, détails, pour lui, pour moi, ce sont des choses fondamentales. Des questions de sons, de musique. Moi, j'écris avec la voix. Flaubert avait bien son "gueuloir". Dans la phrase, dans "ma" phrase, c'est la voix qui crée le rythme, la petite musique de l'auteur. Ecrire, pour moi, dès le départ, c'est d'abord une mise en voix.

 

Dans mon roman, Oublie pas 36, publié en 2006, mon éditeur avait pris la liberté de modifier une de mes phrases. Sans même m'en informer. Je ne m'en suis rendu compte qu'une fois le livre imprimé. Je ne lui en ai jamais parlé, mais ça m'a fortement déplu. La phrase était devenue :

Au loin , la Suède dans une brume bleutée.

Ma phrase à moi, c'était :

Au loin, la Suède, dans une belle brume bleue.

 

J'ai horreur de la sonorité en "tée" du mot "bleutée", ça ponctue bizzarement, ça ponctue et ça tue. Surtout, ça tue la mélodie de la chanson de ma douce et belle allitération "belle brume bleue". Casse aussi la rime avec la phrase qui suit : Je suis à la fois triste et heureux. Au fond, j'aimerais que mes romans soient des chansons.

 

- Pour la photo, je sais, tu es sceptique sur la valeur de mes images. Dommage. J'ai reçu la semaine dernière de la part d'un grand photographe, le plus beau des compliments. Après avoir longuement regardé mon travail, il m'a dit : toi, tu écris avec les yeux.

 

© Jean-Louis Crimon

 

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2 juin 2023 5 02 /06 /juin /2023 08:57
Paris. Gare du Nord. © Jean-Louis Crimon

Paris. Gare du Nord. © Jean-Louis Crimon

Tout au bout du quai de gare, un titre accroche le regard. Vous êtes en train d'écrire, en train d'écrire en train. Littérature de gare. Gare à la littérature de gare...

 

© Jean-Louis Crimon

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1 juin 2023 4 01 /06 /juin /2023 08:57
 Contay. Ma maison d'enfance. 11 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Contay. Ma maison d'enfance. 11 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Le mot harcèlement n'existe pas encore. Dès que tu sors de la petite maison blanche aux murs en torchis, pour traverser la rue et entrer dans le périmètre de la cour de l'école, les mots-coups de poing te pleuvent dessus. "Gougnou, Gougnou, Gougnou..." Tu ne bronches pas et tu t'alignes dans la file en baissant la tête. Que faire d'autre ? C'est d'une cruauté rare et d'une bétise crasse. Une torture quotidienne. Personne ne prend ta défense. Calvaire de tes années de primaire. Boule au ventre et rage au coeur, tu te jures qu'un jour, tu reviendras en vainqueur.

 

Tu as toujours 7 ans et ta maison, tu l'aimes toujours autant. Tendrement. Comme une personne. Tu la trouves belle. Sa forme. Sa structure. Ses fenêtres. Pourtant, il n'y a pas l'eau courante. Seulement une pompe dans la cour. Des murs en torchis et un grenier en terre battue. Un couloir étroit. La quitter, quitter le village, quitter la vallée de l'Hallue pour une autre vallée, la vallée de l'Ancre, fut un véritable arrachement. Mais tu n'as rien montré. Rien montré à ton père, rien montré à ta mère, rien montré à ta sœur et rien montré à ton petit frère. Tu  t'es seulement juré, l'année de tes 14 ans, l'année du déménagement, qu'un jour, tu écrirais. Tu écrirais pour que ta maison soit éternellement la vôtre. Qu'elle soit éternelle. De cette belle éternité éphémère des romans.

Septembre 2016. Tu es à nouveau devant chez toi, mais ce n'est plus chez toi. La maison n'est plus ta maison. Tu te retrouves face à tes 7 ans et si un bon demi-siècle de temps humain s'est écoulé, tu t'étonnes d'être dans la peau d'un vieux monsieur à qui l'on dit "vous". Tu n'oses pas dire pourquoi, dans ton coeur, tu habites toujours cette maison. Ses nouveaux habitants ne comprendraient pas. Te trouveraient bizarre. Elle n'est plus ta maison. Tu dois te faire une raison. Elle ne sera jamais plus ta maison.

Vraiment étrange, en partant, en tournant le regard, en tournant les talons, tu as eu la curieuse sensation que la maison te regardait t'éloigner. Qu'elle te chuchotait quelque chose comme... alors, tu m'abandonnes encore.

 

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31 mai 2023 3 31 /05 /mai /2023 08:57
Saint-Malo. Mardi 26 Mai 2015. © Jean-Louis Crimon

Saint-Malo. Mardi 26 Mai 2015. © Jean-Louis Crimon

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30 mai 2023 2 30 /05 /mai /2023 08:57
Amiens. Rue Lamarck. 26 Mai 2023. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Lamarck. 26 Mai 2023. © Jean-Louis Crimon

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29 mai 2023 1 29 /05 /mai /2023 08:57
Paris. Métro Strasbourg Saint-Denis. Janvier 2018. © Jean-Louis Crimon

Paris. Métro Strasbourg Saint-Denis. Janvier 2018. © Jean-Louis Crimon

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28 mai 2023 7 28 /05 /mai /2023 08:57
Amiens. Place Léon Debouverie. Août 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Place Léon Debouverie. Août 2017. © Jean-Louis Crimon

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