© Jean-Louis Crimon
Chengdu. Université Normale du Sichuan. Octobre 2011.
Sans paroles.
© Jean-Louis Crimon
Chengdu. Université Normale du Sichuan. Octobre 2011.
Sans paroles.
Rome. Vatican. Sept.2012. © Jean-Louis Crimon
Paris, Londres, Berlin, quand le temps est chagrin... Madrid, Rome ou Athènes, quand les pluies se font diluviennes. Partout ou il pleut, qu'on soit seul ou à deux, le "doux bruit de la pluie" mélancolise la fin d'après-midi. L'eau efface la poussière de la villle. La ville, qu'à celà ne tienne, même quand il pleut, je me la fais mienne.
Toujours et encore, me fascine le ballet des parapluies sous la pluie. J'aime la pluie. J'aime les parapluies. Les parapluies sous la pluie, c'est même parfois sexy. Parfois ça lasse, ça agace, et ça nous dépasse. Quand il a beaucoup plu, quand on n'en peut plus, parce qu'il a trop plu.
La pluie, ça me plait. Comme me plait aussi, quand il ne pleut plus, le bonheur de pouvoir dire à la pluie : ça m'a plu.
Pluie Londonienne. Pluie Berlinoise. Pluie Madrilène. Pluie Romaine. Pluie Athénienne... Pluie Parisienne ! Pluies de tous les pays, unissez-vous et... lavez-nous ! De nos bêtises nationales ! Faites-nous une pluie... Européenne.
Ce jour-là, à Rome, levant soudain les yeux au ciel, comme pour interroger la puissance divine, geste à l'appui, sur la durée de la pluie, la fulgurance s'impose : parapluie parabole...
Paris. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon
Sans paroles. Mais... musique.
Paris. 2012. © Jean-Louis Crimon
Paris. Quai de la Tournelle. © Jean-Louis Crimon
Il va son train. Mène comme ça sa vie. N'affiche pas son train de vie. Casse le train-train quotidien. Joue le boute-en-train. Comme un enfant trop vite grandi. Joyeux drille. Gai luron. Amuseur. Pas si sûr. S'est rangé des voitures. Joue au petit train. Débarque sur le quai sans crier... gare.
A l'improviste. Fait son tour de piste. Figure du quai. Fou à lier familier. Mais pas fou dangereux. Fou d'ange heureux.
Personne ne s'interpose. Pas même la Police. Qui le regarde avec malice.
Il joue au petit train. La Police dans la manche. La manche pour survivre. Le petit train du boute-en-train. Chacun son train-train.
Paris, 41, Quai de la Tournelle. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon
Si le temps le permet, on s'en ira flâner sur le quai. S'il ne fait pas trop froid dehors. Ou bien alors, entre deux averses, quand le bleu transperce et le soleil, à nouveau, nous berce. Octobre, cette année, va droit au but. N'y va pas par quatre semaines. Dès les deux premières, il dégaine. Ses jours de pluie en rafale. Ce ciel bas et gris qui, lentement, vous grise. Vous mélancolise une âme déjà grise.
On sortira quand même. Avec ou sans petite laine. Le long des quais de la Seine. J'aime bien quand toi et moi, on s'y promène. On ira à l'endroit où tu te prenais pour Verlaine.
S'il fait trop mauvais temps, on restera bien au chaud et on regardera les photos. De septembre.
Paris. Octobre 2012. © Jean-Louis Crimon
Feuille morte sur le bitume. Déjà le ciel s'enrhume. Ma dernière clope, je fume. Même mon cerveau s'embrume. Le vent fait son ménage. Dans les grands arbres, ça déménage. La mort en habit d'automne. Fait son boulot monotone. Le temps prend son temps. Il a tout son temps. Pour nous servir son mauvais temps. Avec effroi, on lorgne les premiers froids. L'été a pris ses quartiers d'été. Vers d'autres cieux, s'en est allé. Nous laissant, dirait Baudelaire, " Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle"...
Une immensité de gris qui nous encercle.
Je pense à Rutebeuf et à sa Complainte :
Avec le temps qu'arbre défeuille.
Quand il ne reste en branches feuille
Qui n'aille à terre...
Rutebeuf, ressuscité d'entre les morts par la voix de Ferré, et qui pleurait de son vivant ces amis si peu fidèles :
Que sont mes amis devenus,
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés ?
Ils ont été trop clairsemés,
Je crois, le vent les a ôtés,
L'amour est morte.
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte,
Les emporta.
Rutebeuf, mon frère, mon camarade, mon ami, mon poteau. Rutebeuf dont on sait si peu de choses. Jongleur de son état. Jongleur de mots, ça va de soi. Dont on ne sait même pas précisément la date de naissance. Vers 1230. Pas non plus précisément quand il est mort. Vers 1285. Dont on dit qu'il devait être originaire de Champagne.
Mais qu'importe, Rutebeuf, puisqu'à tout jamais... tu es, -Léo merci-, immortel.
Qu'importe, Rutebeuf, ces amis si peu fidèles,
Même si tu les avais de si près tenus,
Tes misères, tes malheurs, sont bien entretenus,
Avec Ferré, immortel, tu es devenu...
Ta voix est toujours aussi forte
Aucun danger que vent l'emporte,
Même s'il vente devant ta porte,
Ton chant, la froidure, supporte,
Et supportera...
(La chanson du Bouquiniste)
Paris. 41, Quai de la Tournelle. Septembre 2012. © Jean-Louis Crimon
Sur le quai, je m'embarquai... Si beau sourire... Beau à en mourir. J'dis ça juste... pour rire... Elle me regarde. S'arrête comme par mégarde... Je n'y prends garde. Est-ce pour moi ? Ces beaux yeux-là ? Tout en émoi ? Je ne sais pas... Est-ce vraiment bien moi qu'elle regarde ?
Ou bien plutôt, mes photos... En noir et blanc, jolis tableaux... M'en achète une, bientôt...
Lumière d'automne... Tellement mignonne. Ne ressemble à personne. La pose est bonne. C'est elle, le tableau... Le plus beau tableau... L'été lui pardonne... La photo, je la lui donne...
(La chanson du Bouquiniste)
© Jean-Louis Crimon
Sichuan. Chemin de montagne, après la ville de Zi Yang.
Tout au long de la journée, une pluie qui n'a de cesse. Chemin de terre devenu piste de glisse. Ils surgissent comme ça. Tout soudain. Juste avant le soir. D'où viennent-ils ? On ne sait pas. Comme tombés du ciel. Débarqués du dernier virage. Tout en haut du village. Tout au bout d'un chemin de boue. Incroyable gadoue.
Pas le goût du lucre. Juste un coeur en sucre. Deux Peynet chinois. Peynet à la peine. Echappés d'une fête foraine. Tableau nature. Nature morte. Amour vif.
Un coeur en sucre, un jour de pluie. Risque inutile. A moins que ce ne soit, faute de preuve, mise à l'épreuve. Dans ce pays, coeur en sucre ne craint pas la pluie. Sinon, le coeur à la renverse.
Deux rimes ultimes à ma chanson :
Amour qui fond à la première averse
Ne supporte pas chemin de traverse !
Chengdu. 25 Nov. 2011. © Jean-Louis Crimon
Décorum. Décor homme. Des corps homme. Non, c'est une femme. Femme celluloïd. La fossette ou la ride. Sujet aride. Matin torride. Photo polaroïd. Ephéméride. Je n'ai plus de rimes en "ride".
Ma chanson est en... rade.
Non, camarade. Pas d'algarade. Même si ça dépanne. Le photocopieur est en... panne.