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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 19:41

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Paris. Octobre 2012.                                                                                  © Jean-Louis Crimon                           

 

 

C'est comme ça. On les regarde à peine. S'en donnent, pourtant, de la peine. On ne les voit pas. Ou si peu. Ils construisent la ville. Ils portent des habits de couleurs. Mais à nos yeux, ils sont transparents. Clowns dérisoires de la perpétuelle mise en scène urbaine. Pour les promotteurs, la bonne aubaine. La chose dure des semaines, des mois, des années.

Un jour, ils démontent le décor. Inversent les rôles. S'en vont installer ailleurs leur châpiteau de tôles. Le cirque continue. Sans eux.

Ailleurs, ils partent écrire une histoire semblable. Des centaines, des milliers de mètres cubes de sable, du ciment, du béton, de la ferraille. La vie duraille. Sans que ça déraille. Le tour est bien rodé. Comme sur un coup de dés. A l'horizon, déjà, sur ciel d'azur, du siècle, les nouvelles masures. De nouveaux immeubles. Pour que le citadin soit bien dans ses meubles.

Un beau matin, à nouveau, ils plient bagage. Démontent les échafaudages. S'en vont poursuivre ailleurs le voyage. Emportent tout sur leur passage. Font place nette. Ne laissent rien derrière eux. Pas le moindre morceau de ferraille. Le moindre boulon. Le moindre clou. Sauf un. Un seul.

Le clou du spectacle.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 21:39

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Paris. Octobre 2012.                                                                                © Jean-Louis Crimon

 

 

La pause. Le break. Breakfast, même. Repas frugal. M'est égal. L'ouvrier s'est isolé. Sans dire un mot. Sans parler. Sans avoir besoin de parler. Manger seul, en silence, on se répare mieux. Déjeuner dehors. Déjeuner en paix. Travaux dans la ville. Grands travaux. Grands travaux dans la grande ville. Plus d'un an déjà. L'ensemble prend tournure. Les étages sont en place. Le bruit. C'est le bruit qui agace. Qui fatigue.

Assis à même le sol. Jambes allongées. Pour mieux se détendre. Matinée pénible. Souffrance indicible. Vie d'ouvrier. Dans le dos, la balustrade. Les barrières. Dans le dos, l'affiche. Les affiches. L'Europe en chantier. S'en fout un peu, l'ouvrier. Lui suffit, son chantier à lui.

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 02:12

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Paris. Octobre 2012. Envoi de Baffie. Un mec à baffer.                                  © Jean-Louis Crimon

 

 

L'autre soir, Aux Ondes, une petite dame d'un certain âge écrivait avec application sur l'envers de la nappe en papier. Des pensées. Ses pensées. J'aime écrire. J'aime lire. Tenez, lisez moi ça. Compte-tenu de la proximité de la Maison de la Radio, je m'attendais au dernier Echenoz. Au dernier Modiano. Non, elle me sort le dernier Baffie. Dictionnaire drôle de A à Z. Des pensées. Des pensées pas sottes. Très drôles, m'assure la petite dame. La petite dame se prénomme Marie-Claude. Baffie lui a fait une belle dédicace. Une dédicace pleine page. Enfin, la signature de Laurent Baffie prend bien la moitié de la page. 
Sur la Couv', Baffie en habit d'Académicien. Logique, tous les jeudis après-midi, c'est connu, les Académiciens se mettent au... Dictionnaire. Baffie, lui aussi, s'est attelé au Dictionnaire. Le sien, forcément, se veut hilarant. Il a, paraît-il, lu 70000 mots, en a retenu 500. Cinq cents définitions très Baffiesques.

"Il est beau, il est beau, mon dico", a écrit l'auteur, sur son compte twitter@lolobababa. Le dictionnaire drôle de Baffie. De A à Z. Editions ZERO. Pardon, éditions KERO. Le dictionnaire drôle. Pas si drôle, au fond.

 

Trois définitions, au hasard, parmi les moins ratées. Ou, si vous préférez, parmi les plus réussies :

Enterrement : dernière sortie en boîte.

Escargot : limace qui a accédé à la proporiété.

Adolescence : période pendant laquelle on prend son pied avec sa main.

 

Donc, la petite dame des Ondes avait Baffie dans son sac. Avec une vraie dédicace de l'auteur. Baffie. Pas Echenoz. Pas Modiano. Modiano, justement, je l'ai écouté à la radio. Bel entretien avec François Busnel. Busnel, le bonheur de chaque soir. Le nouveau Chancel. Modiano n'est pas le client idéal, en interview. Sa difficulté, à l'oral, à construire de vraies phrases, est notoire. L'homme Modiano, au micro, on le sait, on le craint, est incapable ... d'aligner trois mots. Trois mots qui se suivent qui ont du sens. Qui font sens. Ce qui n'enlève rien à son talent d'écrivain. Sa plume, elle, n'hésite pas. Notez, ce soir-là, à l'oral, effet Busnel ou pas, le Modiano, je l'ai trouvé plutôt très à l'aise et plutôt bon. Assez drôle, même. Plus drôle que Baffie.

Modiano raconte dans cet entretien avec Busnel, un truc incroyable. Dans sa jeunesse, pour se faire un peu d'argent, il a fait des faux. De faux envois. De fausses dédicaces. Récemmment, d'ailleurs, il a eu le bonheur, la joie, le plaisir, de voir réapparaître, chez un Libraire Bibliophile, un de ses faux. Vrai ! Modiano a revu l'un de ses faux ! Présenté et vendu comme un vrai. Un Mauriac.

Marie-Claude, aux Ondes, elle, toute fière de sa dédicace de Baffie, n'en sait rien. N'a sans doute jamais lu Mauriac. Moi je donnerai cher pour un faux envoi de Modiano. Modiano, faussaire, quand il était ado. 20 ans, à ce temps-là, c'était encore l'adolescence. Adolescence : période pendant laquelle on prend son pied avec sa main. Exactement Modiano ado. S'appliquant à imiter l'écriture et la signature de Mauriac. Adolescence. Adulé sens.

Même pas raconté l'histoire à Baffie. Trop sûr de ce qu'il m'aurait rétorqué : j'm'en branle !

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 16:23

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Paris. 20 octobre 2012. Pont de Grenelle.                                                      © Jean-Louis Crimon

 

 

Ces deux-là n'ont pas signé d'appel à la rébellion. N'ont pas pétitionné sur la planète internet. Ne causent pas dividendes, taxations de plus-values ou liberté d'entreprendre. N'ont jamais entendu parler du Mouvement des Pigeons qui leur est passé largement au-dessus. N'en sont toujours qu'à se nourir, comme nous autres, avec les miettes. N'entendent rien au débat rentiers ou créateurs d'entreprises. Le rentier mieux loti que le créateur qui prend des risques, ça les laisse indifférents. Ce en quoi, tout comme nous, ils ont tort. Ignorent qu'aux uns, on interdit le découvert, mais qu'aux autres on a permis, pendant des années, les achats à découvert. Véritable bluff bancaire. Ignorent encore que dans ce pays, on continue de taxer davantage le travail que les plus-values.

Pour l'instant, on ne parle pas du sort des moineaux. Des piafs. J'en connais des piafs. Des piafs qui piaffent... d'impatience. Qui pensaient vraiment que le changement, ça allait être maintenant.

Les privilèges, les niches fiscales et tout le reste, même si on crève la dalle, on en a... soupé. Nous, les moineaux, les vrais, on claque du bec. Va falloir qu'un jour vous le sachiez. Sinon, ça va chi... !

Pour se réconforter, et garder un tant soi peu de bonnes manières, juste avant l'hiver, un petit coup d'oeil sur de vrais beaux salaires. Comme quoi, le mérite, dans ce pays de la sacro-sainte LIBERTé-EGALITé-FRATERNITé, est toujours récompensé. Que le partage est vraiment équitable.

Petit coup d'oeil sur le salaire annuel de quelques gros oiseaux. Histoire de voir où sont les beaux profits. 


Pierre Mariani, Patron de la Banque Dexia, a gagné 1 million 809 411 euros.

Frédéric Oudéa, Patron de la Société Générale, a gagné 4 millions 350 000 euros.

Jean-Paul Chifflet, Patron du Crédit Agricole, a gagné  1 million 805 731 euros.

Baudouin Prot, Patron de la BNP Paribas, a gagné 2 millions 713 015 euros.

François Pérol, Patron de la Banque Populaire-Caisse d'Epargne, a gagné 1 million 606 000 euros.

Laurent Mignon, Patron de la Banque Natixis, a gagné 2 millions d'euros.

 

Au fait, Monsieur Natixis, vous me remboursez quand les 2000 euros que vous m'avez volés, il y a déjà un paquet d'années ?

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 15:22

DSCN9856© Jean-Louis Crimon

Chengdu. Université Normale du Sichuan. Octobre 2011.

 

 

Sans paroles.

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 16:52

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Rome. Vatican. Sept.2012.                                                                         © Jean-Louis Crimon


 

Paris, Londres, Berlin, quand le temps est chagrin... Madrid, Rome ou Athènes, quand les pluies se font diluviennes. Partout ou il pleut, qu'on soit seul ou à deux, le "doux bruit de la pluie" mélancolise la fin d'après-midi. L'eau efface la poussière de la villle. La ville, qu'à celà ne tienne, même quand il pleut, je me la fais mienne.

Toujours et encore, me fascine le ballet des parapluies sous la pluie. J'aime la pluie. J'aime les parapluies. Les parapluies sous la pluie, c'est même parfois sexy. Parfois ça lasse, ça agace, et ça nous dépasse. Quand il a beaucoup plu, quand on n'en peut plus, parce qu'il a trop plu.

La pluie, ça me plait. Comme me plait aussi, quand il ne pleut plus, le bonheur de pouvoir dire à la pluie : ça m'a plu.  

Pluie Londonienne. Pluie Berlinoise. Pluie Madrilène. Pluie Romaine. Pluie Athénienne... Pluie Parisienne !  Pluies de tous les pays, unissez-vous et... lavez-nous !  De nos bêtises nationales ! Faites-nous une pluie... Européenne.    

Ce jour-là, à Rome, levant soudain les yeux au ciel, comme pour interroger la puissance divine, geste à l'appui, sur la durée de la pluie, la fulgurance s'impose : parapluie parabole...                                                                                                                                

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 14:08

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Paris. Octobre 2012.                                                                                  © Jean-Louis Crimon

 

 

Sans paroles. Mais... musique.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 18:30

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Paris. 2012.                                                                                                © Jean-Louis Crimon

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 17:57

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Paris. Quai de la Tournelle.                                                                         © Jean-Louis Crimon


 

Il va son train. Mène comme ça sa vie. N'affiche pas son train de vie. Casse le train-train quotidien. Joue le boute-en-train. Comme un enfant trop vite grandi. Joyeux drille. Gai luron. Amuseur. Pas si sûr. S'est rangé des voitures. Joue au petit train. Débarque sur le quai sans crier... gare.

A l'improviste. Fait son tour de piste. Figure du quai. Fou à lier familier. Mais pas fou dangereux. Fou d'ange heureux.

Personne ne s'interpose. Pas même la Police. Qui le regarde avec malice. 

Il joue au petit train. La Police dans la manche. La manche pour survivre. Le petit train du boute-en-train. Chacun son train-train.

 

 

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 11:44

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Paris, 41, Quai de la Tournelle. Octobre 2012.                                                © Jean-Louis Crimon

 

 

Si le temps le permet, on s'en ira flâner sur le quai. S'il ne fait pas trop froid dehors. Ou bien alors, entre deux averses, quand le bleu transperce et le soleil, à nouveau, nous berce. Octobre, cette année, va droit au but. N'y va pas par quatre semaines. Dès les deux premières, il dégaine. Ses jours de pluie en rafale. Ce ciel bas et gris qui, lentement, vous grise. Vous mélancolise une âme déjà grise.

On sortira quand même. Avec ou sans petite laine. Le long des quais de la Seine. J'aime bien quand toi et moi, on s'y promène. On ira à l'endroit où tu te prenais pour  Verlaine.

S'il fait trop mauvais temps, on restera bien au chaud et on regardera les photos. De septembre.

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