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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 01:11
Amiens. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher papivore,

 

Va savoir pourquoi, au réveil, cette phrase te traverse la tête, tourne comme en boucle, et te revient comme un boomerang ?

"Chaque fois que je lis une page, je la déchire. Comme ça, je sais où j'en suis." L'homme qui t'a un jour balancé cette phrase est pour toi à tout jamais un homme extraordinaire. Son prénom: Hacène. Ce jour-là, tu t'en souviens très bien, tu lui as rétorqué: Merci Hacène, pour la vérité que tu assènes. Tu n'as jamais pu lire de cette façon, mais au fond, tu le sais bien, c'est Hacène qui a raison. La vie ne procède pas autrement.

 

C'est vrai, non ? quand t'arrives au lendemain, la page d'hier ne te revient pas sous la main.

Jamais la page vécue ne revient sous nos doigts. Musset, tu sais, l'a dit mieux que toi. Musset ou Lamartine. Soudain, en ce début du mois d'août, tu as comme un doute.

 

" Le livre de la vie est le livre suprême,

Qu'on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix.

Le passage adoré ne s'y lit pas deux fois;

Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même

On voudrait revenir à la page où l'on aime,

Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts."

 

Pas mal, non ? Alors, question: Lamartine ou Musset ? Musset ou Lamartine ? Lamartine, voyons. Sûr, c'est Alphonse, l'auteur, et pas Alfred.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 00:45
Paris. Saint-Michel. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Saint-Michel. 2012. © Jean-Louis Crimon

Cher chasseur d'instants,

 

Tu le sais, le plus souvent, il ne se passe rien. Rien d'extraordinaire. Rien d'exceptionnel. La scène est banale. Incroyablement banale. Un homme se roule une cigarette. Il est assis sur son scooter. Le scooter, garé près d'un mur. Entre une fenêtre et une spirale rose. C'est la spirale qui n'est pas banale. Des barreaux en fer forgé obstruent la fenêtre. Normal: c'est la fenêtre d'une chambre d'Hôtel. C'est écrit au-dessus.

Une spirale rose peinte sur le mur. Spirale nietzschéenne ou escargot en partance. Ce n'est rien. Vraiment rien. Ce n'est pas grand chose. Pas un passant que la scène n'arrête ou n'étonne.

Ce genre de séquence te fascine. Juxtaposition de signes anodins. Là est le vrai quotidien. Là se trouve la banale beauté simple du quotidien. Agencement imprévisible de signes anodins. Image vraiment extra-ordinaire. Rencontre de hasard. Choix du regard.

Ce qui ne tient pas du hasard, c'est le regard. Le choix du regard. Là est le photographe.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 00:05
Amiens. Rue de la Barette. 5 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue de la Barette. 5 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher claviste altruiste,

 

Tes pas pianotent le pavé de la vieille ville. Là où les mots des murs ont la vie dure. Les mots des murs pour dire les maux de derrière les murs. Avant que les murs ne soient complétement mûrs. Juste à savoir tendre l'oreille. Décoder ce que le mur murmure.

Sur le clavier de la ville, chacun apporte sa touche. Un mot te touche. Une phrase fait mouche. Parfois les mots prennent la mouche. La phrase fait la fine bouche. Le quartier a l'air louche. Le soir, le soleil botte en touche. A la fin, tout le monde se couche. Citadins de passage ou de souche.

Message à double sens. Pour cogner l'esprit des cogneurs. A trop taper, tu fais des FAUTES de FRAPPE. Cours privé de dactylographie ou vengeance de petite frappe. Une phrase comme un slogan. Un slow gant. De... boxe.

Rue de la Barette, t'es pas si mal barré.

 

 

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 00:02
Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher travailleur manuel,

 

Aujourd'hui, tu voudrais écrire un poème pour le peintre qui s'agenouille devant la porte à peindre. C'est si rare de voir un ouvrier s'agenouiller devant le travail à faire. Il y a de l'amour et du respect dans cette attitude. De l'amour du travail bien fait. Du travail à faire. A faire dans le respect du travail bien fait.

Tu te souviens d'un jardinier à genoux devant sa plate-bande à désherber et à refleurir. A genoux ou le dos courbé en signe de salut. Le salut à la terre à la manière d'un vieil Indien. A genoux pour se mettre à la hauteur du travail à faire. En harmonie. A bonne distance du geste à faire.

Façon d'être et manière de saluer la tâche à mener à bien. Discours impensable de nos jours même si tu le penses toujours. Discours incompréhensible.

Toi, pour le travail avec les mots, tu es toujours debout, en mouvement. Tu marches. Tu déambules. Ton esprit ne va si tes jambes ne l'agitent. Montaigne dixit.

 

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 00:01
Amiens. 4 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 4 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher baroudeur impatient,

 

Tu t'étonnes à peine de la violence soudaine de l'averse. Aprés-midi à relire "Il pleut en amour" de Brautigan. La pluie fait un de ces raffuts sur la véranda et ça fait une bien bizarre musique, douce et barbare à la fois. Cliquetis métallique. Mélodie en sous-ciel.

Les poèmes de Brautigan sont des photos. Instants piqués au dérisoire de l'existence. On y entre et on sort instantanément. Jamais indemne. C'est physique et métaphysique. Tendu et inattendu. Chronique et anachronique. Tu adores ce texte où Baudelaire prend Jésus en stop:

 

Baudelaire conduisait

un modèle A

à travers la Galilée.

Il prit un

auto-stoppeur nommé

Jésus qui s'était

tenu au milieu

d'un banc de poissons,

leur donnant des morceaux
de pain à manger.
"Où est-ce que vous allez ?" demanda
Jésus en s'asseyant
sur le siège avant.
"Anywhere, anywhere
out of the world !"
s'écria Baudelaire.
"Je vais avec vous
jusqu'au
Golgotha",
dit Jésus.
"J'ai une
place réservée
pour le carnaval
il ne faut pas que j'arrive
en retard." 
 
Richard Brautigan, frère d'écriture, tellement doué pour les fulgurances faussement banales, comme " Il pleut quelque part, ça fabrique des fleurs et ça rend les escargots heureux."
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 00:01
Paris. Saint-Michel. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Saint-Michel. 2012. © Jean-Louis Crimon

Cher piéton des mots,

 

Tu ne sais plus quand, précisément, l'idée t'est venue. Au troisième ou quatrième titre sans doute. Une forme de classement comme une autre. Aussi originale qu'inattendue. Rassembler dans une même bibliothèque tous les romans qui portent des noms de rue en titre. La rue cases-nègres de Joseph Zobel, dédié "A ma mère, domestique chez les blancs et A ma Grand'Mère, Travailleuse de plantation, et qui ne sait pas lire", Editions Jean Froissart, 1950, a dû être le premier de ces romans au nom de rue. Rue du Havre de Paul Guimard, Editions Denoël,1957, le deuxième. La Rue du Chat-qui-pêche, de Jolàn Földes, Editions Albin Michel,1937, le troisième. Le principe de la collection était né. Sont arrivés ensuite, au gré des achats sur les quais de Seine ou dans les réderies de Picardie, petites brocantes de villages, Rue des petites daurades de Fellag, Rue Saint-Vincent de Pierre Mac Orlan et La Rue de Francis Carco. Puis Rue de la Sardine de John Steinbeck, Rue des Boutiques Obscures  de Patrick Modiano, Rue des Archives  de Michel del Castillo et Dans la Rue d'Aristide Bruant, recueil de Chansons et Monologues, dessins de Steinlein. Sans oublier La Rue de Jules Vallès. Paris, 1866. Achille Faure, Libraire-Editeur. 23, Boulevard Saint-Martin, 23. Envoi de Vallès en prime.

La Chronique de la rue aux moineaux de Wilheim Raabe, Editions Montaigne,1931, fait aussi partie de cette réunion insolite, où les noms de rue se répondent sur des couvertures de livres. Tu y a ajouté Rue de la Liberté, Dachau 1943-1945, d'Edmond Michelet, Seuil, 1955. Sans oublier cet essai publié dans la collection Archives Gallimard, 1979, Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle, présenté par Arlette Farge. Enfin, Les Rues de ma vie, de Bernard Frank, Le Dillettante, 2005. La liste serait trop longue à énumérer ici. Sauf pour en faire - pourquoi pas ? - un incroyable poème à la Prévert.

 

Les hasards de l'existence, et surtout les hasards de l'existence professionnelle, t'ont fait prendre, pendant plusieurs années, pour un travail de nuit, une toute petite rue du seizième arrondissement de Paris. Une rue qui, pour toi, avoua d'emblée un fantastique pouvoir romanesque. Tu résistas bien à la tentation pendant la première année et une bonne partie de la deuxième année, mais tu succombas finalement à la tentation. La raison l'emporta: c'était à toi qu'incombait la tâche d'écrire Rue du Pré aux chevaux. Tu as longtemps hésité avec une autre rue tout aussi intéressante du même quartier, une rue du temps où le seizième avait encore des airs de campagne: Rue des Pâtures, mais le pouvoir poétique des chevaux l'emporta.

 

Rue du Pré aux chevaux a rejoint désormais la petite bibliothèque où sont réunis les romans aux noms de rues. Pour y vivre une bonne partie de sa carrière de livre. Dans ton village, quand celui qu'on n'ose plus appeler garde-champêtre depuis qu'on l'a baptisé "conseiller communal", a lu ton roman, il est allé trouver le maire en lui proposant d'appeler Rue du Pré aux chevaux la rue sans nom qui s'en va vers les marais, pas très loin de la maison de tes parents. L'idée a plu, beaucoup plu, et il a plu aussi beaucoup le jour de l'inauguration. Fanfare municipale, Maire et conseillers municipaux, une bonne partie des habitants, le député de la circonscription, et même un prêtre en soutane de la paroisse voisine, étaient de la fête et la Rue du Pré aux chevaux fut baptisée, républicaine, mais sans être trop païenne. Sacré moment pour une sacrée journée.

Pas peu fière, la mère de l'auteur, ce jour-là. Toi, tu t'es dit que c'était carrément ton Nobel de Littérature ou ton Goncourt. Une rue parisienne devenait une rue de village. De ton village. Preuve que la littérature, ça peut changer la vie.

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 00:01
Saint-Quentin. 16 Juin 2014. © Jean-Louis Crimon

Saint-Quentin. 16 Juin 2014. © Jean-Louis Crimon

Cher enrayeur enrayé,

 

Une petite rue à quelques pas de la Grand Place. Tu es en avance sur l'heure du rendez-vous. Tu as un peu de temps à perdre. Non pas à tuer. Toi, tu n'es pas un tueur, tu te refuses à tuer le temps. C'est connu, ça se dit, ça se sait, ceux qui tuent le temps, le temps les tue. Tu marches, l'oeil en éveil. Façades que le regard efface. Rues banales, sans aspérités particulières. Jusqu'à cette vitrine très zébrée. Tu te dis que pareille devanture ne peut qu'attirer le regard, séduire le badaud qui passe, la passante innocente, mais rien ne se passe. Jusqu'au moment où l'instant que tu n'aurais même pas imaginé se pose devant toi.

Mise en place comme une mise en scène. Tu ne peux rêver mieux. Juste à capter ce qui risque de s'évanouir très vite, ce qui ne va durer que l'espace d'un instant. Quelques secondes et la rue retrouve sa banalité première.

L'instant d'avant, ce n'était rien qu'une boutique. D'un coup, d'un seul, clin d'oeil fabuleux. Quotidien enrayé. Le hasard te dit qu'il n'y a pas de hasard.

Toi, ça te rend... heureux.

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 00:01
Amiens. 1978. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 1978. © Jean-Louis Crimon

Cher petit penseur du premier matin du mois... doute,

 

Cette photo, c'est une réponse au sujet de Philo du Bac de cette année: Travailler moins, est-ce vivre mieux ?  Forcément, les fous du boulot répondront toujours: Travailler moins, c'est vivre moins. Sans oublier de citer au passage celui qui a inventé: " Travailler plus pour gagner plus." Quel âne, celui-là !

D'abord, le vivre mieux n'est pas forcément dans l'avoir plus. Tu le sais bien, toi, il est dans l'être davantage, dans l'être plus. C'est ce que tu choisirais si c'était à refaire. Exister, non pas vivre, non pas survivre. Donner toute sa puissance au joli concept d'existence. Entre la vie et l'existence, qui dira jamais la différence ? L'existence rime avec nonchalance et avec élégance. Sans doute aussi avec chance.

 

Bien sûr, il faut travailler pour vivre. Avoir un travail pour - comme ils disent- subvenir à ses besoins. Ses besoins premiers. Ses besoins vitaux. Besoins fondamentaux. Se loger. Se nourrir. Dormir. Récupérer sa force de travail. Pour mieux recommencer. Repartir au combat, c'est à dire au boulot.

Une vie de travail, c'est souvent le sacrifice d'une partie de sa vie et pour certains le sacrifice de toute une vie, de toute leur vie. Vie faite de renoncements successifs jusqu'au renoncement ultime. Tu ne seras jamais ce que tu voulais être.

 

Le slogan bombé sur la façade de la Sécurité Sociale par des étudiants gauchistes de la fin des années 70 n'est pas dénué de sens. On perd sa vie à la gagner. Oui. Objectivement. Mais comment faire autrement ?

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 10:13
Paris. 15 Janvier 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. 15 Janvier 2012. © Jean-Louis Crimon

Cher passeur de mots,

Parfois, tu te laisserais bien séduire par le silence. Le "chut", un doigt sur la bouche, l'index ou le majeur, le silence enfin devenu... majeur. Parfois, ne rien dire est plus fort que toutes les paroles possibles. Words, words, words... Trop de mots, trop de phrases dans la bouche de ces phraseurs patentés, pas tentés par le sens du silence. Assez, assez, assez. La surenchère n'est pas la panacée.

Est-ce parce que cette Lettre à toi-même est la 213ème lettre depuis ce 1er Janvier 2016 où tu t'es inventé ce défi absurde de t'écrire chaque jour, chaque matin ou chaque soir, une lettre à toi-même, parce que tu ne supportais plus ta boîte aux lettres désespérément vide ? Est-ce parce que tu ne perçois que du bruit dans l'incroyable vacarme du monde ? Est-ce parce que tu cherches en vain l'annonce de l'antépénultième seconde ?

Tu sens que ça se presse sur le quai du vieux monde...

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 00:51
Amiens. Cloître Dewailly. 30 Juillet 2016. 22:12. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Cloître Dewailly. 30 Juillet 2016. 22:12. © Jean-Louis Crimon

Cher vieux passager du Cloître,

 

Ce soir, enfin, tu as su prendre le temps. Du bon temps. Tu en as pris plein les yeux et plein les oreilles. Plein le coeur aussi. Cette ville, redevenue ta ville, a la réputation d'être peu festive. Souvent triste et grise. En permanence sur une incroyable réserve. Mise à part sa Fête dans la ville, grandiose métamorphose annuelle.

Début juillet, Yakoub te l'avait promis. Tu ne serais pas déçu. Amiens la grise sait aussi se peindre des couleurs et des accents du Sud. Yakoub n'est pas peu fier de "sa" réussite. Il peut. Il doit. Ils ne sont pas si nombreux à avoir cru en lui, en son projet, de faire vivre 5 soirs par semaine, pendant près d'un mois, ce cadre fantastique au coeur de la ville. Cloître Dewailly. Cloître qui accueillit, à la rentrée universitaire 69-70, les étudiants en Philo-Psycho-Socio de la toute jeune Université de Picardie. Ton voyage, ce soir-là, est aussi voyage dans le temps. Des rires et des sourires, des prises de paroles de l'après 68, se mêlaient étrangement aux rires, aux sourires et aux conversations 2016.

Ce Voyage au coeur de l'été, 12ème édition, c'est un tour du monde en musiques et en chansons, c'est du bonheur à portée de mains. Devant son rêve éveillé, Yakoub en a les yeux qui brillent. De belles étoiles s'allument dans ses yeux de grand gosse. Simple, avec lui, tu retombes en enfance, le seul pays qui vaille, celui où toutes les musiques sont possibles. Où toutes les paroles sont encore à écrire. La force de Yakoub, c'est d'avoir cru en son rêve. Son rêve est devenu réalité. Total respect.

Mirage ou vrai voyage au coeur de l'été, thé à l'amante ou pas, table de célibataire ou joyeuse tablée de gais lurons, il y a belle lurette que tu n'as pas passé une telle soirée dans cette ville qui sait surprendre quand on sait la prendre ou la comprendre.

A l'heure mauve où s'en viennent boire les licornes. Car toi, tu as vu La Licorne mauve s'en venir boire la lumière des projecteurs, et l'incroyable sourire de ton ami Yakoub qui l'adoube. 

C'est ça aussi, le mektoub.

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