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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 13:57
Amiens. Rue Albert Catoire. 7 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Albert Catoire. 7 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher épistolier,

Perplexe, toi, l'infatigable écrivain de lettres, devant une telle invite: BOîTES AUX LETTRES. Boîtes aux lettres, certes. Mais où ? Où sont-elles ? Où est l'ouverture ? Où poster ta missive ? Pour être sûr qu'elle arrive ? Plein ciel. Pleins cieux. Poétique, mais hasardeux. Dans le tuyau. Pas très rigolo. Cruel le destin de l'épistolier égaré dans l'espace urbain.

Epistolier: Personne qui aime à écrire des lettres ou qui excelle dans l'art de les écrire. Banal. Classique. Pas très enthousiasmant.

Le féminin est plus évocateur, la forme épistolière plus familière. Sa sonorité plus attirante. Plus attractive. Une épistolière est une femme qui écrit des lettres. Certes, mais quelles lettres ! L'histoire littéraire française regorge, si l'on peut dire, de ces talentueuses faiseuses de lettres.

Au cours des siècles, de nombreuses correspondances féminines ont eu l'honneur de la publication. D'ailleurs, leurs auteur(e)s n'étaient pas ignorantes de la valeur littéraire de leurs écritures.

La plupart des critiques s'accordent à penser que ce qui caractérise les lettres de ces épistolières, c'est leur naturel. Madame de Sévigné a incarné cette qualité au point d’être considérée comme le modèle type de l’épistolière et un écrivain à part entière.

En 1669, paraissent les célèbres Lettres portugaises, présentées comme la traduction de cinq lettres envoyées par une religieuse portugaise à un officier français, celles-ci passent longtemps pour d’authentiques lettres dues à Mariana Alcoforado avant d’être définitivement classées par la critique moderne comme une œuvre de fiction littéraire attribuées à Gabriel de Guilleragues. Un homme.

La frontière entre le réel et la fiction s’efface volontiers entre littérature et correspondance. Surtout quand les romanciers vont vouloir faire de cette technique d’écriture un artifice littéraire qui sera le roman épistolaire. Très en vogue au siècle des Lumières. L'écrivain tente de persuader son lecteur qu’il a entre les mains une réelle correspondance, comme Jean-Jacques Rousseau avec sa Nouvelle Héloïse.

Parmi les plus célèbres des épistolières, pas facile de choisir aujourd'hui. Mériteraient toutes d'être à nouveau publiées et lues en ce siècle débutant où le vrai talent ne court pas les rues.

Où sont vos lettres et êtes vous donc, Juliette Adam, Jeanne d'Albret, Catherine de Bourbon ? Adélaïde de La Briche, Christine de Pisan, Isabelle de Charrière ? Hélisenne de Crenne, Madeleine des Roches, Françoise de Graffigny, Marie-Thérèse de Hongrie ? Ninon de Lenclos, Julie de Lespinasse, Françoise de Maintenon, Marguerite de Navarre, Mathilde de Flandre ? Juliette Récamier, Manon Roland, Madeleine de Sablé, George Sand, Madame de Sévigné ? Germaine de Staël, Sophie Volland ?

Ce soir, tu t'endors en égrenant le chapelet des prénoms et des noms de ces épistolières qui n'écriront plus jamais de lettres et auxquelles tu n'écriras pas davantage. Ou en rêve. Oui, en rêve, sûrement.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 20:57
Amiens. Rue de la République. 6 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue de la République. 6 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher facteur de toi-même,

 

Pas besoin de flécher le nouvel emplacement de ta boîte aux lettres. Elle n'a pas changé d'emplacement ta boîte aux lettres. Aucune raison d'en changer d'ailleurs.

Flécher est un verbe singulier qui a le sens pluriel. C'est d'abord, bien sûr, jalonner de flèches. Pour indiquer le chemin, la route, la direction à suivre. C'est aussi atteindre d'une flèche. Pas seulement dans le tir à l'arc. C'est encore commencer à se développer, en parlant, par exemple, de la flèche de la canne à sucre. C'est enfin couvrir une femelle, chez le bélier.

 

N'être pas une flèche, c'est tout autre chose, c'est une autre histoire. Tu n'en parleras pas ce soir. Rien à voir avec la flèche de la cathédrale. L'argotique n'a rien à voir avec l'art gothique. Bon, ça, c'est pour tes lecteurs qui ont horreur des jeux de mots. Toi, tu adores le double-sens.  D'abord le double-son. Ça pimente l'existence. Ça pimente la conversation.

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 09:07
Paris. 41, Quai de la Tournelle. Sept. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. 41, Quai de la Tournelle. Sept. 2012. © Jean-Louis Crimon

Cher libraire de rue,

 

Ce matin, te reviennent ces années pas si lointaines où tu étais Libraire de plein air. Bouquiniste devenu. De curieuses séquences t'arrivent, comme par intermittence. Flash-back d'une mémoire cinématographique. Arrêt sur image. Rituel en noir et blanc. Mais photo couleur pourtant. Début de semaine souvent.

De beaux mariés débarquent sur le quai. Comme pour égayer le décor. Main dans la main, à grands pas, ils fendent la ville, pour tu ne sais quelle campagne. De pub, ça va de soi. Destin de quadri. Rêve de quadra. De plus jeunes aussi. Mais si. Au Japon et en Chine, parait que ça fait très chic des photos de mariage à Paris. Très tendance. Pas convaincu ? On prend les... Paris.

Pardon, mariages bidon !, s'indigne ta voisine qui déteste ce romantisme de faussaires à coups de milliers d'euros. Les euros ne font pas forcéments les heureux.

 

Mariés pour de vrai. Mariés pour de faux. Toi, tu t'en fous. L'amour vrai n'est pas sans défaut. L'amour faux, ça semble si vrai. Pas vrai ? 

Ne dis pas que tu as ... tout faux !

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 23:23
Alexandra David-Néel. © D.R.
Alexandra David-Néel. © D.R.

Alexandra David-Néel. © D.R.

Cher amoureux des coïncidences,

 

L'après-midi, tu relis des passages de La Connaissance Transcendante, d'après Le Texte et les Commentaires Tibétains. Auteurs: Lama Yongden et Alexandra David-Néel. Cette femme extraordinaire te fascine toujours autant. Née en 1868, elle vécut jusqu’à l’âge de 101 ans. De son vrai nom Louise Eugénie Alexandrine Marie David, elle devint bouddhiste et s'inventa une incroyable vie de voyages.

Ce soir, tu mets la radio, tu tombes sur  "Autant en emporte l’Histoire" de Stéphanie Duncan. Sujet de l'émission: Alexandra David-Néel. Te revoilà dans les pas de l'exploratrice qui, en février 1924, après une marche clandestine de 2.000 kilomètres, devient la première Occidentale à entrer dans Lhassa, la capitale du Tibet, à l'époque interdite aux étrangers. Pour réussir ce qui relève de l'exploit, la jeune femme de bonne famille s'est métamorphosée en mendiante tibétaine. Histoire de mieux passer inaperçue. Sans doute. Mais davantage pour mieux entrer dans la peau du personnage et de la personne qu'elle entend désormais être.

Tu adores les fictions radiophoniques. La petite histoire, mise en scène et mise en ondes, te fait vivre dans l'instant un temps de la grande Histoire que tu n'as pas pu connaître. Tu fermes les yeux et les voix, les sons, les bruits, deviennent images. Tu aimes la radio pour ça: les images sont à l'intérieur.

Une question, posée à plusieurs reprises au cours de l'émission, t'intrigue: Alexandra David-Néel a-t-elle fait ça pour le Bouddhisme ou pour la gloire ?

Les deux, répondent les voix de la radio. Toi, tu t'en fous, tu t'en moques. Peu importe l'immensité du désir de reconnaissance qui a pu animer Alexandra David-Néel, dans sa quête de Lhassa et de la Sagesse Tibétaine. Elle a fait le chemin. Elle a voulu le chemin. Elle a mérité le chemin. Elle a mérité Lhassa. Lhassa la mérite.

 

Tu sens que La Connaissance Transcendante va t'accompagner pendant plusieurs jours. Bien étrange ce rapport aux livres et aux idées qu'ils contiennent. Plus le temps passe et plus tu as le sentiment, la conviction, que si, du lever au coucher, on n'a pas pris le temps de lire quelques lignes, quelques paragraphes d'un ouvrage, pas forcément de philosophie, on a manqué sa journée. SMS, textos, twitts, mails ou autres courriels, ne pèsent pas bien lourds auprès d'un vrai chapitre d'un vrai livre.

 

L'exemplaire que tu as entre les mains est touchant, émouvant à plus d'un titre. Il est signé. Il comporte une dédicace. Un envoi. Un bel envoi. A un destinataire aussi prestigieux que la dédicataire. C'est écrit, d'une écriture appliquée, avec les  lettres  A  N  majuscules comme on les dessinait autrefois: A Monsieur Lanza Del Vasto, Cordial hommage d'une voyageuse à un voyageur.

C'est signé, bien sûr, Alexandra David-Néel.

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 11:54
Amiens. 3 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 3 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher cimer,

C'est pourtant vrai, ça va de soi. Dire MERCI, savoir dire MERCI. Plus personne ne sait dire MERCI. Merci, en français ou en anglais. En australien. Thank you, thanks, grazzie mille, danke, danke schön, danke sehr, tack så mycket. L'époque ne sait plus dire MERCI. Ou alors un "merci" machinal, un "merci" automate, un "merci" automatique. Mais un vrai merci appuyé d'un regard, un beau regard qui dit merci aussi avec les yeux. Quelques vieux encore pratiquent peut-être ce merci-là d'un temps où l'on savait dire MERCI.

Parfois, tu entends, en verlan, cimer. Ben oui, quoi, faut sortir, les gars ! MERCI à l'envers, ça fait cimer.

Cimer ou Merci, à l'endroit ou à l'envers, toi, tu sais d'où tu viens. Tu n'as pas oublié. Tu viens d'une famille où l'on savait dire MERCI.

Merci, simplement merci. Ça n'a pas de prix.

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 13:51
Amiens. 2 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 2 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher passant rêveur,

 

Ce petit cheval dans le ciel d'Amiens te fait penser soudain à Chagall. Marc Chagall. De son vrai nom Moïshe Zakharovich Shagalov, né en juillet 1887 dans une petite ville de Biélorussie, Vitebsk.

 

Tu arrêterais bien quelqu'un dans la rue pour lui dire: Vous avez vu Ce petit cheval échappé d'un tableau de Chagall ! Mais tu sais bien que dans cette ville, les gens marchent droit devant ou tête basse. N'ont pas le temps de lever les yeux vers le ciel. Que ta remarque les laisserait sans voix, pantois, de bois.

Bien sûr, ton petit cheval de manège qui rêve d'aller broutter l'herbe bleue des nuages, ce n'est pas Le Cheval rouge, pas davantage Le petit cheval bleu. Mais il a l'avantage de te mettre un peu de rêve dans les yeux.

Tu penses à ce peintre merveilleux qui n'a jamais cessé de faire entrer dans ses tableaux les animaux de son enfance.

Oui, ce matin, devant ce manège fermé, et ce petit cheval qui piaffe immobile, tu te sens frère de Chagall qui avait dit dès le départ: "Je ne veux pas être pareil aux autres. Je veux voir un monde nouveau." 

Chagall, reviens ! Reviens... A cheval.

 

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 13:53
Amiens. Cité scolaire. Année 1977-1978. Terminale C. © D.R.

Amiens. Cité scolaire. Année 1977-1978. Terminale C. © D.R.

Cher Maître... Auxiliaire ,​

 

En ce jour de rentrée, tu te revois, jeune prof de philo à Amiens. A la Cité. Cité scolaire. Si t'es scolaire... Année 1977-1978. Maître Auxiliaire, comme on dit en ce temps-là des Professeurs non titulaires. Maître Auxiliaire, jolie dénomination qui t'a valu, dés le début, ta plus belle impro, juste à la fin de ta première semaine...

Pour inciter tes élèves à préparer par des lectures la notion qui va être à l'étude la semaine suivante, tu leur dis, sobrement: "La prochaine fois, nous étudierons la notion de "liberté", puis, tu enchaînes, plus théâtral:

" et surtout, n'oubliez jamais, entre ÊTRE et AVOIR, ne vous trompez pas d'auxiliaire et vous pouvez me croire, moi qui suis... Maître... Auxiliaire ! "

Grand succès, éternel succès. A un point tel que quarante ans plus tard, quand par hasard tu croises en ville un de tes anciens élèves, une fois sur deux, tu as droit à un chaleureux et très humoristique... Entre ÊTRE et AVOIR...

Ce à quoi, inexorablement tu réponds: Parfait ! Vous avez retenu l'essentiel du cours de Philosophie. Et, bras-dessus, bras-dessous, l'ex Maître Auxiliaire et l'ex élève traversent la rue pour le Bar d'en face. Un tel instant, quand il passe, mérite bien un verre ou deux en terrasse.

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 13:58
Amiens. 31 Août 2016. © Capture d'écran Jean-Louis Crimon / BFMTV

Amiens. 31 Août 2016. © Capture d'écran Jean-Louis Crimon / BFMTV

Cher Editorialiste en mal d'Edito,

 

Tiens, tiens, tu le tiens ton sujet. C'est jour de grand spectacle ce matin à Bercy pour ce qui s'appelle, en termes choisis, "passation de pouvoir". Bal des hypocrites. Que de mots gentils, que de paroles flatteuses ! Ces gens-là ont des façons qui déroutent le commun des mortels. Ils se détestent et te font des magnes à n'en plus finir. En prime, ça te file la métaphore aquatique pour mieux te mener en bateau. On te la joue Merci mon Equipe et ça fonce perso. A moins que ce ne soit perce/eau. Touché/Coulé. Trou dans la coque. Bataille navale au Palais. Les femmes et les enfants d'abord. Macron est un grand enfant.

 

Macron s'est mis sur son 31 après avoir annoncé sa démission la veille, le 30, jour de la Saint Fiacre. Façon sublime et subliminale de souligner qu'il n'entend pas rater le coche.

Au XVIIe et au XVIIIe siècles, les "coches" étaient des moyens de transport fluviaux dont les départs et les arrêts dépendaient d'horaires précis.

Macron qui est un garçon cultivé ne l'a pas oublié, héhé ! A choisi l'eau, merci, pour venir à Bercy. Pour mieux nous rappeler que coche d'eau était autrefois le moyen de transport le plus utilisé. Cependant, emprunter ce type d'embarcation restait une aventure. "Rater le coche" signifie que l'on rate une bonne occasion de vivre un événement particulier et qui aurait pu être palpitant ou fructueux. CQFD. Macron n'a pas voulu rater le coche.

 

Tu pourrais aussi être tenté de faire une lecture psychanalitique de la phrase macronienne: Je me devais de prendre la mer avec une embarcation plus frêle, avec un cap. Une embarcation plus frêle, mais c'est un canot, un canot de sauvetage, avec un cap, mais c'est la côte, le littoral, la terre ferme.

Quitter le paquebot gouvernemental quand il coule, ce n'est pas très honorable. Se sauver seul sans un mot, sans un regard pour le vieux Capitaine qui vous avait fait Premier Mousse, c'est décevant. Affligeant. L'enterrer vivant sous des gilets de sauvetage de fausses louanges, c'est déshonorant.

 

En fait, tu as envie de lui dire à ce jeune Amiénois qui hésite entre Rastignac et Julien Sorel, qu'un danger le guette, un grand danger sous la forme d'un grand rôle, un grand rôle de Pagnol, justement, puisque Pagnol était à l'honneur à Bercy ce mercredi: Le rôle du Schpountz.

Emmanuel Macron dans le rôle de Fernandel, pour interpréter Irénée Fabre. Petit rappel du synopsis:

 

" Irénée Fabre rêve d'être une vedette du grand écran. De passage dans son village, une troupe de cinéma lui fait signer un contrat mirobolant. Il s'agit d'une farce, mais Irénée, aveugle de vanité, mord à l'hameçon et se rend à Paris pour tourner ce qu'il croit être son premier film. C'est alors qu'il découvre qu'on s'est joué de lui et qu'il n'est en fait qu'un "schpountz", un idiot, un fada, intimement persuadé de son génie. Mais s'il en avait pourtant, du génie ? Un génie dont il serait le premier surpris, lui qui se figure grand tragédien ? Le génie du comique, par exemple... Et si la gloire s'en mêlait après tout ? Si la gloire était au rendez-vous ? "

 

Macron devrait méditer le Schpountz de Pagnol et surtout ne pas s'en tenir à cette seule recommandation pagnolesque du Maître: " Si vous voulez aller sur la mer sans aucun risque de chavirer, alors n'achetez pas un bateau, achetez une île ! " Pour ne pas être le Schpountz de la Présidentielle 2017.

Marcel Pagnol l'a lui-même ainsi défini: Le Schpountz est un personnage dramatique lorsqu'il voit les illusions dont il se berce, s'effriter, un personnage pathétique lorsqu'il s'enferre dans ses mensonges. Un rôle parfaitt pour Fernandel, en 1938, qui saura user de tout son talent dans l'art de la comédie pour mieux déployer son génie d'acteur et s'ouvrir de nouvelles perspectives. Un rôle inquiétant, en 2016, pour le jeune Macron. Qui ne doit pas s'enfermer dans de fragiles certitudes. Viser l'Election suprême sans passer par les élections intermédiaires est un risque souvent mortel.

 

Dans ton Edito, tu as envie de dire à ton compatriote amiénois: gaffe quand même, Emmanuel, un seul Fernandel a plus ou moins bien réussi en politique, c'est Charles Pasqua. Ce qui, en soi, n'est pas, c'est vrai, une grande réussite.

Alors... prudence, même si tu te penses... En Marche.

 

Finir en " Fernand d'elle " décevrait profondément Brigitte.

 

Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 09:39
Amiens. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

Cher auditeur de France Inter,

 

C'était vers 9 heures et demi ce matin. Augustin Trapenard de retour sur sa tranche. Une voix familière pour dire sans familiarités des choses essentielles. Avec son invitée, l'homme de radio parlait photo. En un instant, tu t'es dit: c'est ça, c'est exactement ça. Exactement ce que tu cherches. Exactement ce que tu voudrais dire.

Yasmina Reza cite Roland Barthes: La photo, c'est une immobilité vive. Que dire de plus ? Que dire de mieux ?

Augustin Trapenard de rebondir: Qu'est-ce que réussit à saisir la photographie que ne réussit pas à saisir la littérature ?

Une citation, une question, ça te change ta journée, ça te met en éveil pour un paquet d'années.

Surtout quand la réponse de l'invitée est à la hauteur de la demande de l'intervieweur: La photo, c'est comme un haïku.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 09:59
Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher balayeur d'ici ou d'ailleurs,

 

Tu vois, c'est un rappel à l'ordre permanent. Ton beau projet te poursuit jusque devant chez toi. Sous ta fenêtre. Le balayeur du matin te dit: M'oublie pas ! Oublie pas ta promesse ! Tu sais bien... Balayeurs de tous les Pays... Le Livre et l'Exposition mondiale.

Toi, tu ajoutes, pour toi-même, pour ta propre gouverne: n'oublie pas non plus ton escapade à Grisolles, la cité du balai. Grisolles qui a fêté en Mai dernier les jours de paille. Grisolles où a vu le jour, en 1856, le premier atelier de fabrication de balais en paille de Sorgho. Grisolles qui, en 1914, pour la fabrication des balais, emploie plus de 400 salariés dans une quarantaine d'ateliers différents.

Un seul atelier fait désormais vivre la tradition. Tu as manqué Mai et l'ambiance de l'époque ressuscitée par la poésie de l’occitan et les danses traditionelles. Manqué aussi le Concours de Balais Imaginaires et la bière de Sorgho. Tu as manqué Mai, ne manque pas Septembre. Première quinzaine surtout.

Clôture de l'exposition, le 18 Septembre. Après cette date, les organisateurs risquent de t'accueillir en te disant: du balai !

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