Je suis la pie
Pica pica
Jamais ne pépie
Car je jacasse
Je suis la pie
La pie jacasse
Personne ne m'épie
Sinon je me casse
On me dit pie bavarde
Mais je suis "pie pica pica"
Tché-Tché-Tché-Tché est mon cri préféré,
Ponctué de "Tcha-ka, Tcha-ka, Tcha-ka"
Je plane très haut dans le ciel
J'adore les perchoirs pour tout voir
Je sais même faire l'avion
Pour atterrir sur le gazon.
A la Présidentielle, ça me tarde, je voterai... Pie bavarde.
© Jean-Louis Crimon
Quand à tous
Le virus fout la frousse
Merlette se trousse
Un masque en mousse
Fausse voilette
Vraie barbichette
Merlette coquette
Se sait très chouette
Merlette fait ses emplettes
Merlette prépare sa layette
Merlette tricote en douce
Un beau nid pour ses petits
Partisan du drap-housse
Pour masquer sa frimousse
Dans sa cambrousse
Merle se la coule douce.
A la Présidentielle, quoi qu'on en dise, je vote... Merlette grise.
© Jean-Louis Crimon
Goéland du soir
Venu me dire bonsoir
Oiseau gris de mer
Posé sur le gazon vert
Curieux personnage
Qui ne dit pas son âge
Ni le pourquoi de son passage
L'air faussement sage
Goéland argenté
Au premier jour de l'été
Son oeil curieux
Et puis cet air sérieux
Cette fois, je le crois,
Je sais pourquoi
Demain, j'aurai la mer
Au bout du jardin
De l'autre côté du mur
La mer, c'est sûr,
Pour guérir mes éraflures.
A la Présidentielle, je voterai... Goéland.
© Jean-Louis Crimon
Au Nord, il est Pigeon ramier, au Sud, Palombe. Columbia palumbus, de son nom latin. C'est le plus grand pigeon qui soit. Facilement identifiable grâce à sa silhouette allongée. Une jolie marque blanche orne la base de son cou. Chez l'adulte, la tête et les parties supérieures sont d'un gris bleuté assez clair. Les parties inférieures sont d'un gris plus clair, avec une teinte mauve sur la poitrine et la base du cou. Sa nourriture est essentiellement végétarienne, à base de graines et de fruits. Se nourrit rarement d'insectes. En automne, consomme surtout des faines et des glands.
Le nom ramier trouve son origine dans le lieu de nidification et de dortoir de ces pigeons : les rames, les branches des arbres, où ils établissent leur nid.
A la Présidentielle, je vote... Ramier ou Palombe.
© Jean-Louis Crimon
Infatigable sautilleur, celui que Buffon surnomme "Traîne-buisson" passe à première vue pour un simple moineau. Détrompez-vous, il n'en a ni le bec, ni le plumage. Ni le compagnonnage. Semble jouer sa vie en solitaire. En solo. Picore inlassablement dans le gazon ou les plates bandes. Pour se nourrir de trois fois rien, mais n'arrête pas de jouer du bec.
Insectes, araignées, mouches, vers, chenilles, à la belle saison, mais aussi en hiver, graines, baies ou fruits, menu très diversifié pour l'accenteur mouchet qui n'hésite pas à s'approcher des mangeoires pour y glaner quelques graines ou miettes de pain. Son nom viendrait du latin "accentor", "celui qui chante avec, celui qui accompagne".
Souvent caché, muché, dans les buissons et les fourrés, où sa technique de camouflage le protège des prédateurs, c'est sa posture de chant, droit au sommet d'un arbre qui permet de l'identifier facilement. Un chant qui rappelle celui du Troglodyte mignon, mais sans les trilles caractéristiques. Phrases courtes, claires, aiguës, débitées très rapidement, à la manière du Serin cini.
A la Présidentielle, je voterai... Accenteur.
© Jean-Louis Crimon
Il a surgi de je ne sais où. S'est posé soudain sur le banc. Juste un instant. Puis s'est aventuré sur le gazon. Dégaine incroyable. Tour d'oeil aimable. Coup de peigne sur la tête comme pour recoiffer un semblant de crête. Ourlet de tissu bleu à carreaux pour habiller le bord du haut de l'aile.
Pas un volatile pour moquer sa prétention textile. Pas un oiseau pour dire sans rire que Geai des Chênes est fringué... comme un gland. On est solidaire dans le milieu. Respectueux du glandophile qui n'a rien d'un glandeur.
A la Présidentielle, je voterai... Geai des Chênes.
© Jean-Louis Crimon
La Mésange bleue est une espèce de passereaux de la famille des paridés. Elle est facilement identifiable grâce à sa petite taille, sa forme un peu rondouillarde, ses fines pattes, son bec minuscule et son plumage bleu cobalt sur la calotte, les ailes et le dessus de la queue, jaune sur le poitrail et le ventre.
La Mésange bleue a un régime alimentaire insectivore, en période de reproduction, printemps et été. Elle se nourrit alors surtout d'insectes, d'araignées et de larves vivant sur les arbustes et les arbres. En dehors de la période de reproduction, régime essentiellement granivore, graines d'aulnes et de bouleaux complétées de baies, de bourgeons, de pollen et de sève au printemps, ou de noix et de suif l'hiver.
Visiteuse habituelle des mangeoires en hiver, on peut alors observer une hiérarchie de dominance chez les groupes de plusieurs individus, un couple dominant, des jeunes de l'année et quelques adultes "célibataires".
A la Présidentielle, aucune hésitation, je vote... Mésange bleue.
© Jean-Louis Crimon
On l'appelle "pierrot" ou "piaf" et c'est Jean de La Fontaine qui, le premier, en 1693, lui officialise cette appellation nouvelle dans sa fable " Le Chat et les deux Moineaux ". Le surnom de "piaf" est plus tardif et remonte au XIXe siècle. Sans aucun doute un dérivé de l'onomatopée "piou" utilisée pour imiter le cri de l'oiseau.
Le nom de "Moineau" lui viendrait de sa proximité vestimentaire avec les Moines : il partage en effet avec eux son plumage semblable aux robes de bure et une calotte grise qui rappelle la tonsure des ecclésiastiques.
A la prochaine Présidentielle, je vote... Piaf ou Moineau.
© Jean-Louis Crimon
"Petit passereau granivore à bec conique", vous diront les spécialistes, ajoutant "de la taille du moineau domestique". Particularité : le pinson des arbres mange au sol, sous la mangeoire, ou sur une mangeoire posée au sol. Granivore, il devient insectivore pendant la période de reproduction. Deux périodes de reproduction : avril à début mai, et fin mai à juin/juillet. Il faut plus de mille allers-retours à la femelle pinson des arbres pour construire le nid, en forme de coupe profonde fabriquée avec mousses, écorces, racines, lichens, pour l'extérieur, et consolidé, à l'intérieur, avec de la toile d'araignée. Une véritable oeuvre d'art, souvent installée au niveau d'une fourche ou d'un embranchement.
A la prochaine Présidentielle, moi, je vote... Pinson des arbres.
© Jean-Louis Crimon