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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 18:21

 

L'un, dans le Var, à Toulon, s'en va chercher un peu de réconfort. Précieux quand on sent qu'on n'est plus le plus fort. Sarko, il déconne, il en fait des tonnes, lui entonne la Garonne. L'autre, à Toulouse, Place du Capitole, pour une victoire capitale. L'homme de Tulle jamais ne capitule. Ils l'ont cru faible, il est fort. Ils l'ont cru sans envergure, c'est de bon augure : il excelle dans l'effort.

Toulon: To lose. Toulouse : tout bon. La gauche est là, prête à diriger le pays. Qui va s'en plaindre aujourd'hui ?

Pendant ce temps-là, le MoDem ne se trompe pas. Son Président franchit le Rubicon. Non pas comme César, pour renverser la République. Mais comme François Bayrou, pour sauver la République. Il y a du talent à ne pas se tromper d'ennemi. Il y a de la grandeur à ne pas se tromper de combat. Il y a de la grandeur d'âme à se vouloir l'émissaire qui refuse la stratégie du bouc-émissaire. Ne pas succomber à l'obsession de l'immigration. Ne pas stigmatiser  en zoomant, dans son clip de campagne, sur le panneau Douane, écrit en français et en arabe.

François Bayrou  franchit le Rubicon. Il  annonce qu'il votera François Hollande. Un choix personnel. Un choix d'indépendance. Un choix de citoyen. Sans éprouver le besoin de donner la moindre consigne à ses 3 millions 300.000 électeurs: "Chacun s'exprimera en conscience." Le patron du MoDem se borne à justifier son propre choix. Un choix qui n'engage que lui-même, mais tout lui-même.

"La ligne qu'a choisie Nicolas Sarkozy, entre les deux tours, est violente. Elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres, pas seulement les miennes, pas seulement celles du courant politique que je représente, mais aussi les valeurs du Gaullisme, autant que celles de la droite républicaine et sociale."  

Cette fois, l'homme Bayrou ne parle pas la langue de bois. Rejet clair et net de ce qu'il qualifie de "course-poursuite", derrière le Front National,  pour cueillir, ou recueillir, les voix de l'extrême. Reste donc un seul chemin, une seule voie : le vote pour François Hollande qui, selon François Bayrou, s'est prononcé de manière claire sur la moralisation de la vie publique. En prime et en substance : la crise est devant nous. Nous nous devons de le dire, de ne pas le cacher, et de nous unir, de nous rassembler pour y faire face. Je pense que devant cette crise inéluctable, le pays a besoin d'un projet qui réunira des femmes et des hommes venu d'horizons différents, pour le reconstruire.

Sans surprise, mais sans doute pas sans amertume, le premier ministre, François Fillon, minimise, de façon méprisante, le choix de François Bayrou : c'est l'avis d'un homme seul. François Fillon oublie un peu vite qu'il faut, en pareille circonstance, un réel courage pour être "un homme seul".

François Hollande salue une certaine conception de la République. Celle d'un homme qui place les valeurs avant tout. Ne confond pas le choix entre deux personnes, qui représentent deux conceptions de la République, avec des logiques d'appareils : "C'est un choix d'homme libre, indépendant... qui a pris conscience que le candidat sortant divisait et que je rassemblais, qu'il y avait un risque pour le pays." 

Décision dictée par le dépit personnel, assassinent déjà les aigris du Centre. Boutin et Morin, dans un bateau... deux destins qui tombent à l'eau ! Dire à ses électeurs ... "Moi, à titre personnel, je vote Hollande !", ne leur  parait pas cohérent. Pour les leçons de cohérence, c'est vrai, Boutin et Morin... 

A Toulon, l'un caricature, une dernière fois, les valeurs morales d'une gauche qui, selon lui, a abandonné les quartiers, les usines. Mauvais perdant. Mauvais orateur. Fustige, encore et encore, une gauche qui condamne la réussite sauf quand c'est la sienne. Cette gauche qui déteste l'argent sauf quand c'est le sien. Oublie en chemin qu'il doit d'abord et avant tout convaincre les indécis. Se perd à nouveau dans des attaques aussi séniles que stériles. Réactions primaires de vrai réactionnaire. D'abord : Avec nous, la rue n'a jamais fait la loi dans la République française. Et encore : C'est toujours pareil avec les  socialistes, il font des promesses à tout le monde . Dans les années 80, il a fallu deux ans pour que les socialistes réalisent, aujourd'hui, il leur faudra deux jours. Deux jours d'illusions pour des années de souffrance.

Discours de trop. Paroles inutiles. Mots de mauvais perdant. Le talent, c'est aussi de savoir reconnaître la valeur de l'adversaire. Dérisoire. Désespéré. Désespérant. Au Zénith de Toulon, celui qui n'est plus au  zénith, donne son chant du cygne.

Parfois, il faut savoir se taire. Faute de n'avoir pas su le faire, le sortant se condamne au silence. Par la petite porte, il sort de l'Histoire. Sort de l'Histoire de France. A la bouche, la morgue de celui qui va finir à la morgue. Pensée mortifère qui va finir en cadavre. L'homme du karcher, de la vie chère, peuchère, de sa peau, ce soir, on ne donne pas cher. Symboliquement parlant, s'entend.

A trop pratiquer la surenchère, sûr, un jour, le peuple, on désespère.

 

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commentaires

armelle dauriac 04/05/2012 11:52

A trop pratiquer la surenchère, le peuple, on exaspère ! Ce petit bonhomme, haut comme trois pommes, à la mine hautaine et sûre de lui, a trop "fricoté" du mauvais côté de la barrière, alors, il
est surnommé : Le Sark-Adolf des temps modernes, qu'il s'en prenne à lui même, il ne fallait pas "draguer", si proche du F. Haine, ni de sa cheftaine croque-mitaine, Madame Le Pen !

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