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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 07:47
L'Hortillonne. Alphonse Lemerre Editeur. 1897. Jeanne Laffitte Editeur. Laffitte Reprints. Marseille. 1979.
L'Hortillonne. Alphonse Lemerre Editeur. 1897. Jeanne Laffitte Editeur. Laffitte Reprints. Marseille. 1979.

L'Hortillonne. Alphonse Lemerre Editeur. 1897. Jeanne Laffitte Editeur. Laffitte Reprints. Marseille. 1979.


« ELLE SE PENDAIT au cou de l’amant, lui mettait des baisers sur les joues, sur les paupières, sur les pointes de la jolie moustache châtaine, aux intentions d’accroche-cœur, à laquelle se frôlait son visage en une suprême chatouille. Malgré la foule qui les entourait, les heurtait, les secouait à ses remous : – toute la population d’Amiens accourue pour faire la conduite au régiment, – elle sanglotait ; ses larmes s’écrasaient sur la face du beau gaillard, un sergent-major d’une trentaine d’années, ou lui ruisselaient, amères et chaudes, jusque sur les lèvres. »
L’Hortillonne, Première partie, page 1.

 

Alphonse Lemerre, l'Editeur de Verlaine, publie en 1897, L'Hortillonne, de Léon Duvauchel. Comment Léon Duvauchel (1848-1902), a-t-il proposé son manuscrit à Alphonse Lemerre, le grand éditeur parisien ? Le célèbre éditeur des grands poètes du 19 ème siècle. Peut-être par l'intermédiaire de Théophile Gautier, de qui il était proche. Sinon l'ami. 

 


Léon Duvauchel, bien que parisien de naissance, a toujours revendiqué ses racines picardes. Sa famille est originaire de Crécy-en-Ponthieu. Dans son parcours littéraire, il sera l’ami de Théophile Gautier et de Pierre Loti. On le classe parmi les écrivains appartenant à l’école dite « naturaliste ». Sous-titré « Mœurs picardes », le roman de Duvauchel se situe au moment de la guerre de 1870, la guerre contre les Allemands qu’on appelle à l’époque les Prussiens. 
 


L’hortillonne, qui donne son titre au roman, est une fille-mère de Camon. Aujourd’hui, bien sûr, on dirait « mère-célibataire ». Elle fait la rencontre d’un beau militaire, le lieutenant Jousserand, auquel elle ne résistera pas longtemps. De cette « rencontre », naîtra un fils, qui sera prénommé Firmin. Fils que le père reconnaîtra, dans un moment de générosité en forme d’égarement. A moins que ce ne soit un moment d'égarement aux apparences de générosité. Mais l’égoïsme du père reprend vite le dessus. Le beau Lieutenant n’y tenant guère, à ce rôle de père et de mari, s’échappe. Il quitte Camon, le village de la mère et de l’enfant, pour s’installer à Châteauroux, où il va se marier. Vie sans histoire. La retraite venue, il va vivre à Montreuil-sur-Mer. C’est là que le drame va se jouer et se dénouer. Firmin, le fils « naturel », pour ne pas dire le « bâtard », a grandi. Il n’a pas oublié la promesse faite à sa mère, – le jour de sa première communion – de la venger de cet abandon qui les a plongés tous les deux dans une vie très difficile, pour ne pas dire misérable.


Léon Duvauchel a commencé par publier dans des revues littéraires, de la prose et des vers. En 1871, son recueil de poèmes « Le Médaillon » reçoit les encouragements de Théophile Gautier. Succès d’estime, malgré ce parrainage prestigieux, mais véritable entrée en littérature. Son premier véritable succès, il le rencontre avec un premier roman « La Moussière », l’histoire des amours tragiques d’Azémila, jolie paysanne de l’Oise, et d’un jeune Baron amiénois, André d’Emméricourt. La parution en feuilleton, – comme ça se pratique à l’époque –, va créditer son auteur d’une réelle célébrité, bien avant la sortie du livre, en 1886. Duvauchel publiera « Le Tourbier », en 1889, et le roman qui nous intéresse particulièrement, « L’Hortillonne », en 1895. « Poèmes de Picardie », qui comprend « Les Faines », recueillera également un franc succès.

Consacré « Ecrivain régionaliste », Léon Duvauchel n’hésite pas à utiliser les expressions et les mots picards, lorsqu’ils lui semblent sonner plus juste et plus vrai que leurs équivalents français.

Au diable les critiques pour excès de « picardismes », quand on affirme simplement "excès d'humanité ou d'humanisme". 


 

© Jean-Louis Crimon

 

 

L'Hortillonne. Léon Duvauchel. © Alphonse Lemerre Editeur. 1897. 

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