Cher citoyen candidat à rien,
Tu te demandes vraiment ce qui peut bien se passer dans la tête d'un homme qui pense pouvoir tutoyer la fonction suprême sans jamais être passé par la moindre élection intermédiaire. Qui ne doit sa carrière qu'à des cooptations successives. Rothschild, Ricoeur, Attali, Hollande... qui en redemande ?
Une vingtaine de minutes d'un discours où les commentateurs soulignent déjà la cruauté prétentieuse: « J'ai vu de l'intérieur la vacuité de notre système politique ». L'homme se présente comme le candidat anti-système. Marine Le Pen n'est plus seule. Posture imposture et stratégie Trumpienne, qu'à cela ne tienne. EM est EM. Emmanuel Macron est En Marche. Prétend réconcilier la gauche et l'entreprise. Libérer l'énergie. Vise un prisme le plus large possible. Au-delà de la gauche et de la droite. Stratégie casse-gueule ou très adroite. Sans être trop à droite.
« Bien sûr, on ne se réveille pas un matin avec cette révélation, la décision de me présenter aux plus hautes charges de la République est le fruit d'une conviction intime et profonde, d'un sens de l'histoire et d'une conscience aiguë des temps qui sont les nôtres », a également déclaré le candidat à la Présidentielle, ajoutant : « Je veux faire entrer la France dans le 21e siècle, je veux que mon pays redresse la tête et pour cela retrouver le fil de notre histoire millénaire ».
« Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! »
Certains médias ont rappelé que cette position prétendument royaliste faisait référence à la notion de monarque républicain. Après avoir démissionné du gouvernement, il indique avoir pour modèles le général de Gaulle et François Mitterrand, qui avaient selon lui « une capacité à éclairer, une capacité à savoir, une capacité à énoncer un sens et une direction ancrées dans l’histoire du peuple français ». Emmanuel Macron ajoute qu'il ne croit pas au « président normal », image sur laquelle François Hollande avait fait campagne, qu'il identifie à « une présidence de l’anecdote, de l’événement et de la réaction » qui banalise la fonction.
Le Banquier qui rêve d'être Roi n'a même pas le sentiment d'être Brutus. Pas un mot pour celui qui l'a fait Ministre de l'Economie. Hollande appréciera. Il sait ce qu'il me doit. Pas si sûr, mon p'tit François.