Cher pauvre spectateur désemparé,
Tu viens de vivre deux heures de pur bonheur dans l'amour des mots de Léo. Sur la scène, Claude, Dorine et Michel. Michel Avallone, superbe incarnation pudique d'un univers si particulier. Ne chante pas Ferré qui veut. Dans l'oreille, tu as le son d'une soirée étrange et belle. Le vent dans les fanions fait des applauds pour Léo. Le vent fait la claque. Tu as vécu deux heures de pur bonheur et tu penses à Léo.
Brusque retour au réel. Une jeune femme vient vers toi et te dit: Attentat à Nice. Un camion fou qui fonce sur la foule. De nombreux morts. On n'en sait pas davantage, mais on s'attend à un carnage.
A nouveau, l'horreur. La mort au travail. Comment est-ce possible d'aimer aussi peu la vie pour aller au suicide en embarquant dans la mort des dizaines d'autres vivants ? Comment être autant inhumain pour mettre fin à la vie d'humains qui ne demandaient qu'à vivre ? A vivre, à rire, à chanter, à danser, à aimer ?