Cher rêveur mélancolique,
"Vous ne m'écrivez plus de lettres d'amour tendre..."
Tu as cette chanson dans la tête depuis ce matin. Chanson de l'ami Julos Beaucarne. Chanteur au pull arc-en-ciel. Qui savait si bien, années 70, années 80, chausser les mots simples pour inventer des chansons neuves. Semer des étoiles dans le cœur des gens. Petit poucet chantant qui égrène dans sa course des idées belles. Rien que de l'essentiel.
Le début de sa chanson, dans un demi sourire, ça devait dire:
" Vous ne m'écrivez plus de lettres d'amour tendre
De vous, je ne sais plus qu'un regard, qu'une nuit
Vous n'essayez plus, je crois, de me comprendre... "
et puis plus loin:
" Je n'ai de vos nouvelles que par des prospectus
Qu'un facteur ivre apporte aux heures du matin... "
Tu adorais l'image de ce facteur ivre aux heures du matin, et surtout la malicieuse mélancolie du chanteur à ce moment-là.
La fin de la chanson contenait, comme souvent chez Julos, un clin d'œil philosophique:
" Taxé de passéisme dans les journaux du soir
J'apporte un correctif et mon droit de réponse
M'autorise à vous dire que si je broie du noir
C'est pour mieux apprécier la lumière derrière l'ombre."
Me va parfaitement ce dernier quatrain. Aujourd'hui comme dans les années 80. Essayer de le dire autrement serait vain.