23 septembre 2023
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Contay. Côté cour. Année 1959. Jean-Louis, Gilles et Marie-Christine. © Juliette Crimon
Contay. Côté cour. Jean-Louis, Gilles et Marie-Christine. Trois frères et soeur qui acceptent la pose que la maman propose. Une mère qui aimait immortaliser certains instants de la journée. Qui m'a transmis sans aucun doute cette fascination pour la photographie. Instants "posés" compte tenu des faibles capacités techniques de l'appareil photographique très rudimentaire des années cinquante. Mêmes floues, les photos attestent d'une réalité vécue d'une façon dicrète, faite de petits moments de vie d'une famille ouvrière "modeste", comme aimait dire ma mère qui n'aimait pas le mot "pauvre". Pauvres, nous l'étions sans doute, mais, très tôt, j'ai compris que mes parents étaient riches d'autre chose.
© Jean-Louis Crimon
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22 septembre 2023
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Contay. Premier contact avec la boîte à images.© Juliette Crimon
La boîte du 6x9 gros trous dans les mains. Première appropriation. Les yeux baissés, adossé au mur de la pièce à lessive. Dans ma famille, on n'employait pas le mot buanderie, on avait l'habitude de désigner les lieux par leur fonction. Pièce à lessive, ça disait ce que ça devait dire : une pièce pour faire la lessive. Dans la pièce à lessive, il y avait une lessiveuse, la "bouilleuse", avec sa grande cheminée en zinc où montait, je crois, la vapeur d'eau bouillante, un peu comme le café dans les cafetières italiennes. Quand l'eau placée dans la partie inférieure de la cafetière remonte sous forme de vapeur sous pression pour traverser le filtre et se mélanger au café moulu.
© Jean-Louis Crimon
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21 septembre 2023
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Contay. Côté cour et jardin. Printemps 60. © Juliette Crimon
Contay, côté cour et jardin, avec ma petite soeur Marie-Christine, nos deux chats, et même un lapin qui a eu droit de quitter son clapier. Dominant la scène, notre père qui êtes malicieux, Georges Crimon, pensif ou admiratif. Prêt à plonger sur le lapin si jamais lui prenait l'envie de prendre la poudre d'escampette.
© Jean-Louis Crimon
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20 septembre 2023
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Contay. Saison 60/61. Dans le verger footballisé, première tentative de dribble. © Juliette Crimon
Contay. Saison 60/61. La technique du dribble. Dans le verger footballisé, sous l'oeil expert de mon père, Georges Crimon, à gauche, tentative de dribble du mari de ma marraine, Yvon Buffet, faussement statique. Intérieur pied gauche avant de contrôler intérieur pied droit.
Dire que c'est entre les arbres du verger qu'à 9 ans, je me suis rêvé footballeur ou écrivain. Quatre ou cinq pommiers, un noyer, deux cerisiers, ça vous fait une belle ossature pour une équipe capable de jouer par tous les temps. Même quand il neige. Que de buts marqués sur ce terrain à l'herbe tondue bien rase, vrai Parc des Princes pour mon père et moi, quand nous incarnions le Racing Club de Paris et le Stade de Reims. Thadée Cisowski et Just Fontaine. Justo, si tu savais... mais tu as su, puisqu'après avoir lu "d'une traite" - toi qui me l'as dit - Verlaine avant-centre, tu m'as appelé au tél, - longue et belle conversation -, et tu as comparé le verger de Contay à cette petite Place marocaine de Marrakech où tu avais réussi tes premiers dribbles et marqué tes premiers buts. Le plus bel hommage pour mon père et moi, les Rémois de Contay.
© Jean-Louis Crimon
Verlaine avant-centre. Le Castor Astral. Janvier 2001.
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19 septembre 2023
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Contay. Février 1952. Le retour de la ferme Ternisien. © Juliette Crimon
Contay. Février 1952. Tante Laure, née le 7 février 1868, porte allégrement ses déjà 84 ans, et moi, le petit enfant, né le 7 août 1949, - tout juste 2 ans et demi -, je porte le pot à lait. Est-ce qu'on part à la ferme Ternisien ou bien est-ce qu'on en revient ? Ma petite main gauche dans la main droite de Tante Laure, je n'en sais trop rien. Tante Laure réinventée, "ressuscitée", éternelle à tout jamais, dans mon premier roman, "Verlaine avant-centre", publié au Castor Astral, début janvier 2001. Aérienne, pour ne pas dire hautaine, Laure impressionne. Dans tous les sens du terme. Pas seulement le négatif et le papier photographique. Quand elle vous regarde, elle vous toise. Mesure instantanée de votre taille, pas seulement physique, surtout comment vous êtes bâti à l'intérieur. Très vite elle sait qui fait ou ne fait pas la taille. Elle sait lire dans les consciences. D'ailleurs c'est elle qui prépare les enfants du catéchisme à faire leur examen de conscience. Au village, tout le monde l'appelle Tante Laure, elle est la doyenne. En âge autant qu'en expérience de vie.
Ce mur géant qui sépare les jardins des deux maisons pourtant jumelées doit bien faire près de trois mètres de hauteur. Briques rouges et joints de ciment clair, joints de ciment par endroit plutôt fortement déjointoyés. De l'autre côté du mur, il y a la petite maison des Crimon. Tout au bout du mur, il y a une petite porte qui permet de passer d'une maison à l'autre.
© Jean-Louis Crimon
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19 septembre 2023
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Contay. Février 1952. Le retour de la ferme Ternisien. © Juliette Crimon
Contay. Février 1952. Tante Laure, née le 7 février 1868, porte allégrement ses déjà 84 ans, et moi, le petit enfant, né le 7 août 1949, - tout juste 2 ans et demi -, je porte le pot à lait. Est-ce qu'on part à la ferme Ternisien ou bien est-ce qu'on en revient ? Ma petite main gauche dans la main droite de Tante Laure, je n'en sais trop rien. Tante Laure réinventée, "ressuscitée", éternelle à tout jamais, dans mon premier roman, "Verlaine avant-centre", publié au Castor Astral, début janvier 2001. Aérienne, pour ne pas dire hautaine, Laure impressionne. Dans tous les sens du terme. Pas seulement le négatif et le papier photographique. Quand elle vous regarde, elle vous toise. Mesure instantanée de votre taille, pas seulement physique, surtout comment vous êtes bâti à l'intérieur. Très vite elle sait qui fait ou ne fait pas la taille. Elle sait lire dans les consciences. D'ailleurs c'est elle qui prépare les enfants du catéchisme à faire leur examen de conscience. Au village, tout le monde l'appelle Tante Laure, elle est la doyenne. En âge autant qu'en expérience de vie.
Ce mur géant qui sépare les jardins des deux maisons pourtant jumelées doit bien faire près de trois mètres de hauteur. Briques rouges et joints de ciment clair, joints de ciment par endroit plutôt fortement déjointoyés. De l'autre côté du mur, il y a la petite maison des Crimon. Tout au bout du mur, il y a une petite porte qui permet de passer d'une maison à l'autre.
© Jean-Louis Crimon
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18 septembre 2023
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Contay. Avril 1951. Père et fils dans les talus herbeux des Royales. © Juliette Crimon
Les talus herbeux des Royales, lieu de choix pour l'enfant qui a vécu ses premiers mois au Château, enfin, nuance la mère, dans les dépendances. Ce goût des herbes folles qui coiffent et recoiffent leur chevelure dans le vent qui peigne la campagne, sûr, il s'inscrit dans ces premières expériences. Celles de la prime enfance.
© Jean-Louis Crimon
Au dos de la photo, est écrit, sans doute de la main de la maman : "A 20 mois, Jean-Louis et Papa".
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17 septembre 2023
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Contay. Devant la maison, côté rue de Franvillers. Nov. 1950. © Georges Crimon
Au dos de la photo, la mère a simplement noté " 15 mois, nov 50 ". C'est le père qui a dû prendre la photo. Le flou de la photo accentue le beau sourire de la maman. Etrange que ce soit novembre. Les arbres semblent avoir encore toutes leurs feuilles et la mère porte une robe à manches courtes. L'enfant n'est pas non plus habillé très chaudement. Une simple barboteuse à manches courtes. C'est sans doute un début d'après-midi ensoleillé. L'âge noté est exact : né début août 49, novembre 1950, ça fait tout juste 1 an et 3 mois, exactement 15 mois. Donc, c'est bien novembre. Soixante-treize ans plus tard, je mémorise le texte et la photo. L'ordinateur indique : 17/09/2023 19:49.
19:49, beau clin d'oeil : je suis né en 1949.
© Jean-Louis Crimon
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16 septembre 2023
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Contay, le verger. Jacques, Jérôme et Jean-Philippe Chombart. © Juliette Crimon
Jacques, Jérôme et Jean-Philippe Chombart, coéquipiers, parfois adversaires, de matchs endiablés dans le verger-football, où les arbres ne se contentent pas d'être des spectateurs passifs. Il faut savoir entendre leurs clameurs silencieuses saluer nos exploits. Sur chaque branche, deux à deux, discrète brise complice, les feuilles applaudissent.
"Sur une passe en retrait de Kopa, je feinte la reprise, et petite pichenette lobée... juste dans la lucarne droite du petit cerisier. Nous menons 1-0. Contre-attaque, je dribble le gros noyer, celui qu'on appelle Roger Marche parcqu'il a de ces tirs à bout portant à vous marquer un but des quarante mètres si vous frappez trop fort en plein tronc, au lieu de faire glisser doucement le ballon sur l'écorce. Le bigarreau joue sur l'aile, près de la rivière. Il est facile à prendre en contre-pied, juste avant la remontée du talus : le terrain est en pente à cet endroit."
© Jean-Louis Crimon
Verlaine avant-centre, (pages 15 et 16). Le Castor Astral. Janvier 2001.
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15 septembre 2023
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Contay. Côté rue. Août 1950. © Juliette Crimon
Contay. Août 1950. Déjà au centre. Déjà bien entouré par la gent féminine. Est-ce ainsi que les destins se dessinent ? Regard étonné sur le monde d'un enfant qui ne sait pas ce qui l'attend. Christiane, Catherine, Martine, où êtes-vous ? Qu'avez-vous fait de vos vies ? Qu'avons-nous fait de nos vies ? Pourquoi sommes-nous devenus si vite si vieux ? Septuagénaires bien avancés dans un siècle bien entamé. Christiane Delbende, Catherine Chombart, Martine Delbende, Jacques Chombart... vous nommer m'autorise à vous demander : vous souvenez-vous du petit Jean-Louis ?
© Jean-Louis Crimon
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