Infatigable sautilleur, celui que Buffon a surnommé "Traîne-buisson" pourrait facilement passer pour un simple moineau. Détrompez-vous, il n'en a ni le bec, ni le plumage. Semble jouer sa vie en solitaire. Picore inlassablement dans le gazon ou les plates bandes. Retourne des centaines de feuilles mortes. Pour se nourrir de trois fois rien, mais n'arrête pas de jouer du bec. Se déplace souvent à ras du sol, se cache dans les buissons, les fourrés, où sa tenue de camouflage est très efficace.
Insectes, araignées, mouches, vers, chenilles, à la belle saison, mais aussi en hiver, graines, baies ou fruits, menu très diversifié pour l'accenteur mouchet qui n'hésite pas à s'approcher des mangeoires pour y glaner quelques graines ou miettes de pain. Son nom viendrait du latin "accentor", "celui qui chante avec, qui accompagne". C'est vrai qu'il accompagne la moindre minute de ma journée. Du matin très tôt au soir couche-tôt, même si je suis plutôt couche-tard.
© Jean-Louis Crimon
Quinze grammes à peine, vingt centimètres d'envergure, yeux noirs comme des billes, petit bec pointu, pattes longues et fines, poitrail superbe, orange plutôt que rouge, même si tu t'appelles toujours rouge-gorge, couleur vive qui te distingue de tous les autres oiseaux du jardin. De toi on dit que tu es capable de voler jusqu'au soleil, pour apporter le feu aux hommes.
Tu es la lumière des jours gris.
© Jean-Louis Crimon
Chaque année, en octobre, des millions d’étourneaux migrent du Nord de l’Europe vers le sud de la France ou l’Italie, pour passer l’hiver sous des températures plus douces. L’étourneau est un oiseau qui se distingue par de grandes capacités vocales et se révèle être un excellent imitateur. Il imite parfaitement les chants des autres espèces, comme le merle ou le loriot. Il lui arrive aussi d’imiter les aboiements de chien et même la voix humaine. Talentueux bruiteur urbain : les bruits de porte ou les alarmes de voiture ne résistent pas à son génie malicieux.
Avec l’automne, les nuées d’étourneaux sont de retour. Ballets aériens très impressionnants, fascinants. Cette parfaite synchronisation de centaines, voire de milliers d’oiseaux qui volent ensemble, en parfaite symbiose, sans jamais se percuter, porte un nom fabuleux : murmurations.
© Jean-Louis Crimon
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Pas dans la marge, t'es pas barge,
La marge, c'est encore la page,
Toi, t'es pas du genre gars qui émarge...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Sans te révolter, sans protester,
Sans en vouloir à qui que ce soit,
Tu penses que t'es né comme ça...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Sans vouloir le pouvoir comme la plupart,
Pourtant t'aurais pu prendre part,
Mais tu t'es senti un peu trop à part...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Côté de la vie, côté de la plaque,
Sans savoir à la fin qui raque,
Pas grand monde pour la claque...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Sur le bord, de la route ou du trottoir,
C'est ton destin, c'est ton histoire,
Pas si sûr, mais ça rassure, tu leur laisses croire...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Tu ne sais plus depuis quand ça dure,
Ta vie, en lisière, en bordure,
Tu lui as trop mené la vie dure...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Tu n'es pas l'acteur le plus drôle,
Plutôt figurant que second rôle,
Pas celui que le succès frôle...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Tu ne t'es jamais senti bien à ta place,
Sans trouver ça injuste ou dégueulasse,
Même si, à la fin, traîne-bitume, ça lasse...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
T'es un être à part qui jamais n'a pris part,
T'as dû manquer le départ,
Ou c'est la vie qui t'a manqué, te laissant sur le quai...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
T'as l'air toujours en rade,
Ta vie est mauvaise camarade,
Tu dis : vivement la fin de la mascarade...
Tu vis ta vie comme tu l'as commencée,
Sur le côté,
Faut pas t'en vouloir, pas te juger,
A la société, à jamais étranger,
T'es juste passé sans vouloir déranger.
© Jean-Louis Crimon
(La chanson amère)