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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 20:20
Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher citadin,

 

Tu te dis que ta voisine a bien de la chance. Sur son pare-brise, on la verbalise avec des fleurs. PV inimaginable sous d'autres climats. PVF. Procès-verbal floral. Invention estivale à te donner l'envie de franchir plus souvent la ligne jaune. Délicieux message d'un policier malicieux. Le paon fait la roue, lui fait l'essieu. Voiture mal garée, fleurs pour l'évaporée.

A moins qu'un amoureux transi ne signe ou ne signale ainsi sa flamme. Sous l'essuie-glace, avec ou sans malice, lance-flamme se glisse. Ni vu, ni connu. Pare-brise devenu pare-bise. PV devenu Pour Vous. Mois d'Août devenu mois doux.

Dans cette rue si longue, aux infractions si nombreuses, tu te demandes pourquoi c'est le seul pare-brise élu.

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 11:51
Stade de Reims et Real de Madrid. 13 Juin 1956. Finale de la Coupe d'Europe 1955-56.
Stade de Reims et Real de Madrid. 13 Juin 1956. Finale de la Coupe d'Europe 1955-56.

Stade de Reims et Real de Madrid. 13 Juin 1956. Finale de la Coupe d'Europe 1955-56.

Cher amoureux du ballon rond et du beau football,

 

Ce soir, tu ne peux manquer sous aucun prétexte ce match-là. Reims-Real. Match amical sans enjeu. Une simple rencontre où Reims - c'est évident- n'a plus sa superbe d'antan. Une rencontre dont la première s'écrivait en juin 1956. Il y a un peu plus de 60 ans. Finale de la première Coupe d'Europe des clubs champions. C'était au Parc des Princes. Ton père parmi les 40.000 spectateurs du Parc. Il a pris le train après sa journée de travail sur la voie. En ce temps-là, il est poseur de voie, à la SNCF. Poseur de rails. Dans son sac, avec sa gamelle - le repas préparé par ta mère pour le midi - il a mis ses habits du dimanche: on ne part pas pour la fête en habits de semaine.

Ton père adore le football. Toute sa vie est football. Mais avant tout, sa passion est rémoise. Pour lui, aucun doute, c'est le Stade de Reims qui pratique le plus beau football possible ou pensable.

 

Deux buts en dix minutes pour les Rémois. Deux buts signés Leblond et Templin, mais l'avant-centre espagnol Di Stefano réduit bientôt l'avantage rémois à 2-1, puis Rial égalise. A la mi-temps, Rémois et Madrlènes sont à égalité, 2 à 2. A la 62e minute, Reims reprend l'avantage grâce à Michel Hidalgo. A ce moment-là, ton père croit à la victoire du grand Reims, mais les Espagnols durcissent le jeu et font des croche-pieds, des croches-pattes, dit ton père. Crocs-en-jambe non sanctionnés par l'arbitre. Templin manque de peu le quatrième but rémois et ce qui devait arriver arriva, les Espagnols reviennent à 3-3 par l'intermédiaire de Marquitos. A deux minutes de la fin de la rencontre, Rial à nouveau crucifie les Rémois, 4 à 3.

Ton père grave dans sa mémoire cette date du 13 Juin 1956. Le récit du match ne variera jamais: le Real a gagné mais Reims ne méritait pas de perdre. Sans les croches-pattes, les Madrilènes étaient bien à la peine. Reims, à la loyale, était vainqueur. Déjà le grand Reims. Déjà l'esprit du grand Reims.

Dans son sac, cette nuit-là, ton père a délicatement installé les deux photos des deux équipes qu'il venait de voir jouer en nocturne. Achetées à prix d'or. En sortant du Parc des Princes. Deux photos qu'il a gardées précieusement tout au long de sa vie. Comme un trophée.

Ce soir du mois d'Août  2016, toi, avec ton fils, tu regarderas, sur Canal 21, Reims-Real, mais, bien sûr, tout au long du match, tu penseras à ton père. Aux Rémois d'autrefois. A ces années qui ne reviendront jamais mais à tout jamais vivantes en toi.

 

 

Plus tard sans doute, juste avant de t'endormir, tu reliras quelques pages de "Verlaine avant-centre". Histoire de boucler l'histoire.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 00:51
Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher chasseur de symboles,

 

Il y a des jours où tu as le sentiment que ça ne tourne pas très rond. Pourtant, en apparence, tout tourne. Pas forcément comme sur des roulettes. Mais, tu le sais, et pourtant, elle tourne, la planète.

Avec le temps, tu as de plus en plus l'envie de jouer ça en roue libre. Tu as parfois l'impression que tout est fait pour te mettre des batons dans les roues. D'être la cinquième roue du carosse. Tu aimerais alors pouvoir tout reprendre à zéro. Tentation de réinventer la roue. Deux catégories chez tes contemporains, ceux qui te saluent en te disant: ça marche et ceux qui te disent: ça roule. Dans les deux cas, paroles pour te rouler.

Une seule solution, fuir en démarrant sur les chapeux de roue.

Roue de bicyclette, roue de voiture, roue de rosace, que de roues dans ta besace... Normal au fond. Côté roues, tu en connais un rayon.

 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 10:02
Paris. Saint-Michel. Juin 2013 © Jean-Louis Crimon

Paris. Saint-Michel. Juin 2013 © Jean-Louis Crimon

Cher gentil mécréant,

Echelle providentielle pour monter au ciel. Dieu t'offre ce bel escabeau. Pour gravir Notre-Dame. D'abord t'arracher au macadam. Vue surréaliste dans ce décor urbain. Elévation soudaine. Arrachement salutaire aux turpitudes quotidiennes. Aux peines urbaines. Bénédiction Urbi et orbi.

Pour ceux qui ne sauraient pas, L'Ascension, fête chrétienne, célébrée quarante jours après Pâques, marque la dernière rencontre de Jésus avec ses disciples après sa Résurrection, son élévation au ciel et la fin de sa 1ère présence sur Terre car il a dit y revenir pour rétablir définitivement la Paix. L'Ascension symbolise un nouveau mode de présence du Christ qui n'est plus présent physiquement dans le monde visible, mais présent à travers ses Sacrements. Elle annonce également la venue de l'Esprit-Saint dix jours plus tard et la formation de l'Eglise à l'occasion de la fête de la Pentecôte. Pour les Chrétiens, elle préfigure la vie éternelle.

Le Jeudi de l’Ascension est jour férié dans plusieurs pays. On le célèbre chaque année entre le 30 avril et le 3 juin pour le calendrier grégorien. Cette année, c'était le jeudi 5 mai et l'an prochain, ce sera le 25 mai.

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 13:33
Amiens. Rue Delpech. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher rêveur impénitent,

 

Parfois, en plein midi, tu te dis que l'endroit n'est pas le contraire de l'envers. A l'envers de l'endroit, on voit la vie différemment. Trompe-l'oeil superbe et sidérant vertige sidéral.

Être tête en l'air. Sans être trop terre à terre. Ton tête à tête avec toi-même n'est pas aussi absurde. Boire à la renverse une rivière curaçao en guise d'apéro. Glaçons blancs dans le bleu.

Qu'à celà ne tienne, à... la tienne !

 

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 13:16
Paris. Juillet 2013. © Jean-Louis Crimon

Paris. Juillet 2013. © Jean-Louis Crimon

Cher piéton photographe,

 

Tu adores ce genre de face à face. Ce genre de confrontation. De surgissement. Fin de marché. C'est l'été​. Une femme fait ses emplettes. Flâne sans raison. Passe et repasse. Faussement lasse. Sans doute va-t-elle revenir sur ses pas. Tu l'imagines. Tu le supposes. Tu l'envisages.

Difficulté: figer le rythme sans tuer le mouvement. Arrêter l'instant sans anéantir la souplesse du moment. Ne pas effacer la grâce de la femme celluloïde. Lui préserver son élégance. Comme la Parisienne distraite, elle affiche une jolie nonchalance.

Question, laquelle des deux s'exclame: Où avais-je la tête ?

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 00:57
Paris. Pont de Grenelle. 2014. © Jean-Louis Crimon

Paris. Pont de Grenelle. 2014. © Jean-Louis Crimon

Cher cadreur,

 

Tu penses que c'est la seule certitude qui vaille. Le sens du cadre. Le sens du décentré aussi. Du contre-point. Esentiel côté cadreur. Pour fuir la symétrie. Contre-point mélodique dans la musique de la photo.

Prendre celui qui prend. Prendre le photographe en train de prendre. Ne pas se tromper d'angle. Photo au second degré. Photo de la photo. Photo au carré, même si elle se présente rectangle.

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 03:13
Amiens. Rue Delpech. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

Cher vélocipédiste,

 

Tu le sais, ou tu l'as su, si tu ne le sais plus. L'aventure commence au coin de la rue. Photo cadeau, une fois de plus. Sublime ou subliminale. Réaliste ou surréaliste. Clin d'oeil ou coin d'oeil.

Cadre en deuil. Roue avant qui fout le camp. Vélo inerte. Roue avant qui déserte. Spad escapade.

C'est la roue qui te chambre.

 

Toi, piéton devenu, tu comptes tes pas. Tu te dis tout bas:  La roue tourne...

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 15:00
Amiens. Rue Laurendeau. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Laurendeau. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher méta/photographe,

A trop chercher les instants, ta quête s'égare, le temps te joue des tours et l'image se joue de toi. Ton siècle 21 déraille. Tes années 2000 se font flash back. Ton grand angle, même 35 mm, se fait gros plan. Cadre serré. Comme une photo des années cinquante. Dans l'autre siècle. Fracture temporelle. Boubat, Doisneau, Cartier-Bresson traversent la rue avec toi.

Une tasse de lait sur un appui de fenêtre, tu ne pensais plus ça possible. Mieux que tous ces jeux vidéos où tu dois nourrir, chaque jour, des animaux virtuels qui n'ont de familier que le nom. La langue qui lape le lait est une vraie langue. Le chat, un vrai chat. La petite fille à la fenêtre n'en revient pas.

Un vrai chat, c'est fascinant. Rien à voir avec un Tamagotchi.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 01:11
Amiens. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher papivore,

 

Va savoir pourquoi, au réveil, cette phrase te traverse la tête, tourne comme en boucle, et te revient comme un boomerang ?

"Chaque fois que je lis une page, je la déchire. Comme ça, je sais où j'en suis." L'homme qui t'a un jour balancé cette phrase est pour toi à tout jamais un homme extraordinaire. Son prénom: Hacène. Ce jour-là, tu t'en souviens très bien, tu lui as rétorqué: Merci Hacène, pour la vérité que tu assènes. Tu n'as jamais pu lire de cette façon, mais au fond, tu le sais bien, c'est Hacène qui a raison. La vie ne procède pas autrement.

 

C'est vrai, non ? quand t'arrives au lendemain, la page d'hier ne te revient pas sous la main.

Jamais la page vécue ne revient sous nos doigts. Musset, tu sais, l'a dit mieux que toi. Musset ou Lamartine. Soudain, en ce début du mois d'août, tu as comme un doute.

 

" Le livre de la vie est le livre suprême,

Qu'on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix.

Le passage adoré ne s'y lit pas deux fois;

Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même

On voudrait revenir à la page où l'on aime,

Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts."

 

Pas mal, non ? Alors, question: Lamartine ou Musset ? Musset ou Lamartine ? Lamartine, voyons. Sûr, c'est Alphonse, l'auteur, et pas Alfred.

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