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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 18:18
Amiens. Primaire de la droite et du centre. 20 Nov. 2016. 17:17. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Primaire de la droite et du centre. 20 Nov. 2016. 17:17. © Jean-Louis Crimon

Cher républicain de... gauche !

 

Tu te demandes ce que tu es allé faire dans cette galère. Sont quand même bien tous de droite. Aucune illusion à avoir. Comment as-tu pu penser que leurs valeurs étaient compatibles avec tes valeurs ? Suffit de gratter un peu, dans les discours, dans les idées, dans les programmes, et tu vois très vite où ça coince et où ça bloque. Sont pas des altruistes. Te parlent au nom du peuple, certes, mais ne sont franchement pas très "peuple".

La sécurité sociale, inventée par la droite, généreuse et humaine ?

La retraite des travailleurs, octroyée spontanément par la droite, compréhensive et humaniste ?

La semaine de 40 heures ou celle de 35 heures, accordée magiquement par la droite, touchée par la grâce prolétarienne ?

Rien de tout cela n'existerait si la gauche n'était pas passée par là. La preuve, c'est qu'ils veulent, tous, tout supprimer: Macron, Fillon, Juppé, Sarko and co. Une seule et unique obsession : tailler, tailler, mettre en pièces le droit du travail, les acquis sociaux, remettre en cause ceci, réduire cela, rogner ici, supprimer là bas... Mais rien, bien sûr, dans leurs délires de table rase sur les salaires des grands patrons. Aucun des sept et pas davantage aucun, aucune, des journalistes qui ont "animé" les trois débats télévisés n'ont songé à aborder le sujet. Même pas pour nous donner le dernier classement, sans aucun esprit de polémique, juste dans le cadre d'une objectivité statistique, style :


Le revenu annuel d’un grand patron représente de 600 à 1 200 années de Smic. De 8,1 millions d’euros (équivalents à 598 années de Smic) pour Jean-Paul Agon (L’Oréal) à 15,2 millions d’euros (1 122 années de Smic) pour Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan.

Sans oublier le Directeur Général de Sanofi, Olivier Brandicourt, 16,8 millions, parmi lesquels il faut compter 7,2 millions de “primes de bienvenue”, octroyées sous la forme d'indemnités et d'actions gratuites de performance... Gilles Gobin, le fondateur de Rubis, a pour sa part touché 16,4 millions. Avec un revenu de plus de 15 millions, Carlos Ghosn, le PDG de Renault et de Nissan arrive troisième du classement.

Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes, a vu sa rémunération totale augmenter de 31% et atteindre 14,1 millions d'euros. Cinquième du classement, Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric, a touché le jackpot avec une hausse de 86%, notamment grâce à une compensation financière liée à l’abandon de son régime de retraite supplémentaire. Il a ainsi touché 10,4 millions.

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Après ça, entendre François Fillon te demander de travailler "39 heures payées 37" pour sauver la France, ça te fout la gerbe et tu te demandes ce que le directeur général de Sanofi pourrait faire comme effort pour sauver le pays. Toutes proportions gardées, bien sûr.

 

Alors, toi, petit citoyen républicain de gauche, qu'es-tu allé faire aujourd'hui dans la primaire de la droite et du centre ? Te prononcer pour un candidat qui veut surtout vulnérabiliser les plus vulnérables ? T'as vu de la lumière, quelques visages connus, aimés ou appréciés, autrefois, dans l'autre siècle, dans les années soixante-dix, juste après 68 et bien avant 81... T'as vu de la lumière, tu as poussé la porte, t'es entré et... t'as voté !

 

Bon, c'est vrai, ces dernières semaines, radios, télés, Libé, Le Monde, Le Figaro, et même ton Courrier Picard, on t'a tellement buriné le cerveau avec cette primaire que tu as eu une réaction... primaire. Tu t'es dit que tu allais, mais oui, participer à la primaire de la droite et du centre. Tu t'es même dit que dans la mesure où le 7 Mai 2017, tu risquais d'avoir à choisir, comme en 2002, entre la droite et la droite extrême, ( Jacques Chirac élu le 5 mai 2002 avec 82,21 % des suffrages, grâce au soutien massif de la gauche ) tu pouvais déjà te familiariser avec le nom de celui qui serait probablement, sûrement, inévitablement, forcément... "ton" candidat.

Oui, mais...Tout citoyen inscrit sur les listes électorales peut venir voter à la primaire, à deux conditions : signer la charte d'adhésion "aux valeurs républicaines de la droite et du centre" et s'acquitter d'une participation financière de deux euros.

Faut d'abord signer la Charte ! Quelle Charte ?

Signer la Charte d'adhésion aux valeurs républicaines de la droite et du centre, tu imagines. La Charte ! Quelle Charte ? La Charte d'Amiens, fondatrice du syndicalisme moderne ? La Charte des droits et devoirs des journalistes professionnels, non !  La Charte d'adhésion aux valeurs républicaines de la droite et du centre.

Y aurait-il des valeurs propres à la droite et au centre ? Ou les valeurs républicaines sont-elles universelles, que l'on se situe dans la famille de droite ou que l'on se sente plus à l'aise dans la famille de gauche ?

La preuve qu'il y a toujours une gauche et une droite, c'est Sarkozy, lui-même, qui la donne en balançant à Juppé, au temps où il croit qu'il est son principal rival : "Si on est de gauche, c'est qu'on ne partage pas les valeurs de la droite et du centre. Donc, on appelle des gens à venir pour signer une charte dont ils ne croient pas un mot. Ça s'appelle quoi ? Du mensonge et de la déloyauté."

"Analyse un peu étrange de la part d'un président de la République qui a fait rentrer des socialistes au gouvernement", ironise alors François Fillon, qui a été Premier ministre de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, et qui "ne conteste pas le fait que des hommes et des femmes qui pensent différemment puissent venir participer à la primaire de la droite et du centre".

 

"Il n'y a pas une carte d'identité politique. La plupart des électeurs sont des hommes et des femmes qui sont capables de voter pour la gauche une fois, pour la droite une autre fois", argumente d'ailleurs, de façon très pertinente, l'ex-locataire de Matignon qui souhaite "une primaire la plus large possible, déjà une manière de faire craquer les vieilles structures."

 

Pour mieux renvoyer aux oubliettes les vieilles figures.

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 21:20
Amiens. Rue Debray. 19 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Debray. 19 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher petit piéton photographe,

 

Tu le sais bien, une image, ce n'est rien. Une photo, pas grand chose. Surtout dans cette époque où tout le monde est photographe. Toi, tu adores jouer avec les formes et les couleurs, et cette insolente mise en scène involontaire du quotidien banal et dérisoire. Tu aimes par dessus tout prendre un peu d'avance sur le réel, imaginer l'instant qui n'est pas encore et qui, inévitablement, va se produire. Tu adores être au rendez-vous de cet instant qui jamais ne déçoit. L'instant qui n'est pas encore et qui, sous tes yeux, va prendre corps. La photo, c'est exactement ça : cet espèce d'instant rare qui se situe entre le "pas encore" et le "déjà plus".

L'instant d'avant : totalement inintéressant. L'instant d'après : absolument décevant. Mais cet instant là, précisément, quel talent ! Talent de l'instant, bien sûr. Le photographe est simplement celui qui a eu l'intuition de l'instant.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 00:10
Amiens. 17 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran France 2.

Amiens. 17 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran France 2.

Cher téléspectateur... d'hier soir,

 

T'en reviens pas ! Y' a même Elkabach ! Tu imagines, le show que ça va être ! Tu te dis que si ça continue, Marchais va se pointer et Mitterrand avec, et que le dernier débat de la primaire des soi-disant Républicains va finir en programme commun. Rêve pas trop quand même, on n'est plus en 1976, on est sur France Télévision, en... 2016. 

A y regarder d'un peu plus près, on se croirait même dans une spéciale de Questions pour un champion, sans les buzzers, et sans Julien Lepers. Ou bien alors, vocalises, vocalises, dans une version de The Voice. Boutons-pressoir et Télé-crochet, vous nous manquez, car plus ça va, plus le spectacle prend le pas sur les idées. Politique spectacle en prime time. Que veux-tu, c'est désormais la loi. Pas des chanteurs, mais des maîtres chanteurs ! Et toi, pôvre citoyen, tu gobes ou tu fais semblant de gober.

 

Dernière ligne droite, ou plutôt balle au centre pour les sept candidats à la primaire de la droite et du centre: Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson. Sept pour une seule et même rengaine : la droite a les remèdes pour mettre fin à l'intermède. Hollande, pas de danger que le peuple en redemande !

Ultime débat télévisé, mais sujets trop théoriques - Dieu, que ça manque de vécu ! - et quelques pitoyables petits coups de gueule contre les journalistes et les médias. La grand messe ne tient pas ses promesses. Les grands prêtres ne sont pas à la hauteur.

Tu devines déjà le refrain. Finale à trois attendue, comme de bien entendu. Dans ce dernier débat, c'est François Fillon qui tire son épingle du jeu. L'ancien Premier ministre semble "le plus convaincant". Il entend bien perturber le duel annoncé entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Les trois sont désormais dans un mouchoir de poche. Ils ont relégué les autres concurrents au second plan. Le Maire décevant. Poisson désopilant. Copé écopant. NKM, même en perdant, au... firmament. Des étoiles plein les yeux. Et je me gorge, et je me rengorge. En veux-tu, en voilà ! A qui mieux mieux.

Au final, déception, trahison. Débat terne et brouillon, tendu, confus, sans plus. Ton épicier du coin de la rue a, lui, la bonne formule : quand deux chiens se battent pour un os, c'est le troisième qui part avec !

Deux grands moments quand même, hier soir, juste avant la fin : François Fillon joue son Red Chef. Interrompt David Pujadas pour critiquer l’organisation du débat. Interpelle les journalistes, remet en cause un débat « où vous balayez des sujets de fond en trente secondes ».  Réclame davantage de temps de parole pour les propositions, moins pour les interpellations entre candidats. « Vous avez une conception de ce débat en termes de spectacle. Laissez-nous nous exprimer, Monsieur Pujadas ! », lance l’ex-Premier ministre. Et d’embrayer sur la santé : « Je voudrais qu’on réforme la politique de santé, qu’elle soit basée sur les médecins généralistes et désétatisée ».

Mais la palme est à nouveau pour Sarko qui, décidément, est toujours là où on l'attend. La question de David Pujadas sur le financement par Kadhafi de sa campagne de 2007 va le faire sortir de ses gonds. Ziad Takieddine a affirmé avoir remis des valises d'argent en billets à l'ex Président, alors au Ministère de l'Intérieur. Affirmations que l'intermédiaire franco-libanais a confirmé devant les enquêteurs de l'office anticorruption de la police judiciaire à Nanterre.

 

- Avez-vous, oui ou non, reçu de l'argent liquide de Libye pour financer votre campagne de 2007, comme l'a affirmé l'intermédiarie Ziad Takieddine ?

 

Pour toute réponse, Sarkozy traite Pujadas avec le plus méprisable des mépris:

- Quelle indignité, nous sommes sur le Service Public, vous n'avez pas honte  de donner écho à un homme qui a fait de la prison, qui a été condamné à d'innombrables reprises pour diffamation et qui est un menteur !

Mais où est l'indignité, chez Puj' ou chez Sarko ?

 

Toi, tu te dis que, cette fois, le débat est tombé bien bas. L'ancien Président avec. Qui est le plus indigne ? Celui qui croit de son devoir de poser une question qui se pose ou celui qui, pour ne pas répondre à la question, insulte et le journaliste et le service public qui l'emploie, en s'exclamant : Quelle Indignité... c'est une honte ?

 

Spéciale dédicace pour celui qui va bientôt devoir apprendre l'humilité avec ce vieux dicton picard : Ch'est ch'ti qui l'dit qui y'est !

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 18:36
Amiens. Square. 17 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Square. 17 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher lecteur insatiable,

 

Tu trouves l'idée vraiment géniale. Ces boîtes à lire sont un vrai succès. Chacun y laisse les livres dont il ne veut plus et chacun peut faire des découvertes très inattendues. Comme le sulfureux petit roman de Régine Deforges au titre faussement anodin, L'orage, ou le plus classique et plus sage Notre Reine Astrid de Louis Wilmet. Aussi Le Juif Errant d'Eugène Sue, Arthème Fayard, Le livre populaire. Tu ouvres, tu feuillettes, tu parcours, tu reposes. Tu te dis que ça fera le bonheur d'un autre lecteur ou d'une autre lectrice.

Sûr, la prochaine fois, quand tu descendras centre ville ou quand tu t'en iras vers la gare, à pied, tu déposeras, toi aussi, quelques livres au Square. La boîte à lire, faut bien la faire vivre.

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 11:56
Amiens. 16 Nov. 2016. 11:17. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran franceinfo:

Amiens. 16 Nov. 2016. 11:17. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran franceinfo:

 Cher citoyen candidat à rien,

 

Tu te demandes vraiment ce qui peut bien se passer dans la tête d'un homme qui pense pouvoir tutoyer la fonction suprême sans jamais être passé par la moindre élection intermédiaire. Qui ne doit sa carrière qu'à des cooptations successives. Rothschild, Ricoeur, Attali, Hollande... qui en redemande ?

Une vingtaine de minutes d'un discours où les commentateurs soulignent déjà la cruauté prétentieuse: « J'ai vu de l'intérieur la vacuité de notre système politique ». L'homme se présente comme le candidat anti-système. Marine Le Pen n'est plus seule. Posture imposture et stratégie Trumpienne, qu'à cela ne tienne. EM est EM. Emmanuel Macron est En Marche. Prétend réconcilier la gauche et l'entreprise. Libérer l'énergie. Vise un prisme le plus large possible. Au-delà de la gauche et de la droite. Stratégie casse-gueule ou très adroite. Sans être trop à droite.

La fin d'un vrai-faux suspense. Emmanuel Macron annonce donc officiellement ce mercredi matin sa candidature à la présidentielle 2017. « Je suis candidat à la présidence de la République parce que je crois plus que tout que nous pouvons réussir, que la France peut réussir », a déclaré d'une manière on ne peut plus classique l'ex-ministre de l'Economie, affirmant placer sa candidature « sous le signe de l'espérance ».
« Je crois très profondément que rien n'est jamais écrit, c'est pourquoi je veux porter l'optimisme de la volonté », a insisté celui qui a pris de court et la droite et la gauche.
 

« Bien sûr, on ne se réveille pas un matin avec cette révélation, la décision de me présenter aux plus hautes charges de la République est le fruit d'une conviction intime et profonde, d'un sens de l'histoire et d'une conscience aiguë des temps qui sont les nôtres », a également déclaré le candidat à la Présidentielle, ajoutant : « Je veux faire entrer la France dans le 21e siècle, je veux que mon pays redresse la tête et pour cela retrouver le fil de notre histoire millénaire ».

Modeste et terriblement ambitieux le presque toujours jeune homme, 39 ans seulement le 21 décembre prochain. Le profil d'un Kennedy à la française. Enfin, ça se dit.
 
Sans oublier qu'en juillet 2015, dans une interview donnée à l'hebdomadaire Le 1, Emmanuel Macron avait déclaré regretter l'absence de la figure du roi dans la vie politique française :

« Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! »

Certains médias ont rappelé que cette position prétendument royaliste faisait référence à la notion de monarque républicain. Après avoir démissionné du gouvernement, il indique avoir pour modèles le général de Gaulle et François Mitterrand, qui avaient selon lui « une capacité à éclairer, une capacité à savoir, une capacité à énoncer un sens et une direction ancrées dans l’histoire du peuple français ». Emmanuel Macron ajoute qu'il ne croit pas au « président normal », image sur laquelle François Hollande avait fait campagne, qu'il identifie à « une présidence de l’anecdote, de l’événement et de la réaction » qui banalise la fonction.

 

Le Banquier qui rêve d'être Roi n'a même pas le sentiment d'être Brutus. Pas un mot pour celui qui l'a fait Ministre de l'Economie. Hollande appréciera. Il sait ce qu'il me doit. Pas si sûr, mon p'tit François.

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 21:34
Amiens. 14 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran M6.

Amiens. 14 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran M6.

Cher téléspectateur lambda,

 

Arrête de te croire au-dessus du lot, pauvre ballot, tu l'as bien maté ce deuxième lot. Tu voulais voir. Voir et savoir. Vraiment savoir. Absolument savoir. Savoir si les deux petits amoureux à la Peynet du premier épisode se diraient OUI. Oui à la Mairie, OUI pour la vie, OUI pour la nuit, OUI pour la noce et OUI pour la nuit de noces.

Avoue: tu as même rêvé un max devant ces premiers mariés... mode Mariés au premier regard. Tout était parfait. Si parfait. Ils étaient faits l'un pour l'autre et ils ne le savaient pas. Sans l'algorithme de M6, seraient passés à côté l'un de l'autre. Dingue, non ?

 

Forcément, dans le deuxième couple, c'est le mec qui n'est pas à la noce. La promise est trop hésitante. Sa mère trop négative. Va faire capoter l'histoire d'amour, la mother. Incroyable le pouvoir des gens négatifs. Ils t'inoculent leur propre angoisse et après, le comble, ils te traitent d'angoissé ! Sent le roussi dès le départ l'histoire avec la jolie frimousse de la jolie rousse. Mais, bien sûr, suspens oblige, tu n'auras la réponse de la presque mariée au premier regard que lundi prochain. La semaine prochaine. C'est écrit en incruste sur le dernier plan. Beau visage de la peut-être future mariée. Mais... Lèvres fermées. Lèvres muettes. Tu ne sauras rien, rien de rien, avant... next monday.

 

Le poste éteint, une multitude de questions  te taraudent l'esprit : sont-ils payés comme des acteurs ceux qui acceptent de jouer leur propre vie devant les caméras de Mariés au premier regard ? Apprennent-ils leur texte ? Tout semble si bien scénarisé. On leur écrit forcément leur texte. On leur décrit la scène. Ne sont-ils alors que des marionnettes ? Les maris honnêtes ne sont que des marionnettes. Question encore: où est vraiment le réel dans cette comédie qui se fait passer pour la réalité ?

Questions sans réponses. Tu es au pays de la télé... réalité. La réalité télévisée ne te donne que des visions du réel. Pas le réel. C'est la règle, la loi du genre : dès qu'il y aura caméra, le réel s'en ira.

MARIéS au premier regard, faut voir... Trop beau pour être vrai.

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 17:11
Amiens. 10 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 10 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher photographe égaré,

 

Tu as de plus en plus le sentiment que ce n'est pas ton regard qui regarde mais les yeux des affiches qui se tournent vers toi. La preuve encore ce matin. Preuve flagrante. L'instant d'avant, c'est sûr, la fille de l'affiche regardait droit devant. Au moment précis où tu passes derrière la vitre de l'abri bus, elle te cadre soudain, avec les mains, et s'amuse de ta façon de faire des photos. 

Dingue, non ? Ceux à qui tu en parles ne te croient pas. Se moquent de toi. Te prient d'aller consulter. Au plus tôt. Et pas un Ophtalmo.

Pourtant, la preuve est là. Bien là.

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 15:17
Amiens. 9 Novembre 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran franceinfo:

Amiens. 9 Novembre 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran franceinfo:

Cher amère loque insomniaque,

 

Nuit cauchemardesque. Annonciatrice de ce qui risque d'arriver en France en Mai prochain si le pays de Voltaire et d'Hugo ne se ressaisit pas. Tu titubes devant ton écran et tu n'as pourtant rien bu. Juste du café pour te tenir éveillé.

Devant ta boîte à images, tu n'en crois pas ce qui se passe là-bas aux Etats-Désunis d'Amérique. Qu'un peuple de Mickeys se choisisse pour Roi un Donald en habits de Picsou, ce serait drôle si le Monde était un humoriste, mais c'est trop sérieux pour accepter qu'un milliardaire narcissique s'achète l'Amérique, en s'étant vanté de ne pas payer d'impôts. Le comble.

Là-bas ou ici, tu te demandes comment l'on peut, décemment, se réjouir devant pareil choix ? Le hold-up du milliardaire semblait impensable. Impossible. C'est ce matin réalité. Le milliardaire rafle la mise. Au Casino des surenchères, le roi des menteurs et des bonimenteurs s'est taillé un costard de Président.

Seul espoir, sur cette image arrêtée, le fils du fou semble perplexe. Pas sûr qu'il partage absolument tous les excès du père. Comme si le fils du Milliardaire Président se sentait déjà... clodo de l'âme.

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 21:48
Amiens. 7 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran M6.

Amiens. 7 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran M6.

Cher téléspectateur du Meilleur des Mondes,

 

Tu n'en reviens pas et pourtant ça ne t'étonne pas. Huxley et Orwell en sont sans doute sur le cul. Leur monde parfait est parfaitement au point. Pour ne pas dire parfaitement au monde. C'est beau et désespérant à la fois. C'est sur M6. Dernière émission de télé-réalité et stade ultime de la réalité de la télé. D'une certaine télévision. La télévi/con dirait Ferré.

"Mariés au premier regard", c'est le beau titre de ce monde étrange et merveilleux à la fois, un conte de fée où les fées sont très joueuses et au fond très sorcières : on peut vraiment se marier avec une inconnue, totalement inconnue, jamais vue, jamais croisée dans la rue, jamais embrassée, même simplement sur la joue, même jamais matée sur la plage, jamais vue avant. C'est déroutant et désolant. Fascinant et affligeant. Mais ça plait et ça va plaire à un paquet de gens.

 

"On peut vous trouver  - mieux que vous - la personne qui est faite pour vous", c'est le postulat de départ des trois experts folamour de ce nouveau dating. Les futurs époux, sélectionnés par des scientifiques, avec ou sans pseudo, ne feront connaissance que le jour de leur mariage. Cette nouvelle idée folle nous vient du Danemark. Ce sont des Danois qui ont inventé Gift Ved Første Blik, littéralement Mariés au premier regard. C'était en 2014, et la première édition s'adressait à des candidats célibataires âgés de 25 à 40 ans, habitant tous Copenhague. Les éditions suivantes ont élargi la tranche d'âge jusqu'à 60 ans et la zone géographique du casting au Danemark tout entier. Le concept a été adapté dans une vingtaine de pays. En France, - ça ne surprendra personne- c'est M6 qui a épousé le projet et sa démarche. Logique au fond, après sa très contestée Rue des allocs ou plus récemment sa très discutable et très discutée Ambition intime.

 

Pour la version française, le casting de départ est composé d'une centaine de célibataires de 25 à 45 ans vivant en région parisienne. Ces 100 célibataires acceptent de subir non seulement une batterie de tests, mais aussi de sentir des tee-shirts portés pendant trois nuits par les prétendants ou d'écouter leur voix. Pour calculer l’attraction morphologique, on mesure aussi certaines parties de leur corps afin d'avoir le ratio taille et hanches des femmes, et épaules et hanches des hommes. Sans oublier, quand même, noeud de la chose, une ribambelle de questions sur leurs attentes et leurs habitudes… sexuelles. But avoué : établir des profils qui permettent une compatibilité maximum sur le long terme d’au moins 75%. Sur les cent candidats de départ, seuls quatre couples ont été déclarés compatibles.

Les deux futurs mariés vont se voir pour la première fois le jour de leur mariage. Se dire alors OUI POUR LA VIE ou pas. Jusqu'au dernier moment, chacun peut dire NON. Même à la Mairie.

Les candidats signent un contrat de mariage en séparation de biens chez le notaire, les bans sont publiés, et se marient à Grans, dans les Bouches-du-Rhône. Ils doivent vivre ensuite ensemble pendant au moins six semaines avant de décider s’ils restent mariés. Dans le cas contraire, le divorce est possible. Un divorce qui sera aussi réel que l’était leur mariage. M6 n'a pas précisé si le divorce pourrait être aussi l'objet d'une suite télévisée.

Bien évidemment, robe de mariée, costume du marié, nœud pap' ou cravate, logement des familles, acte notarié, réception et… voyage de noces, tout est pris en charge par la production. Car si les familles sont invitées à participer aux choix des menus, de la décoration, du déroulement de la réception, personne n'a rien à débourser.

 

À tout moment donc, les candidats au mariage peuvent décider de pas aller plus loin. Parait que lorsqu' ils ont appris ce qui les attendait, quinze célibataires ont immédiatement quitté le tournage. La plupart se prennent au jeu. Côté spectateurs, pour ne pas dire voyeurs, on attend avec impatience de voir jusqu’où les candidats au premier regard seront prêts à aller. Engagement ultime et mariage de raison. Démoniaque ou fabuleux... Exactement comme le chemin vers la vie à deux.

 

Que n'as-tu croisé plus tôt ce bon camarade algorithme qui aurait fait le bon choix pour toi ! Imagine... 75 à 85 % de compatibilité ! Inespéré !

Allez-va, arrête de rêver, c'est juste une émission de la ... télévi/con.

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 17:38
Amiens. Novembre 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Novembre 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher jardinier des mots,

 

Cette fois-ci, le vent ne prend pas de gants pour le grand déshabillage annuel. En trois jours à peine, le jardin compte ses premiers squelettes. Jour des défunts est passé par là. Les arbres savent tout des façons de l'automne. Quelques doigts de feuilles surnagent dans la haie coupée court. Ultime SOS, · · · — — — · · · , trois points, trois traits, trois points. Tu arrives trop tard, l'épaisseur du tapis de feuilles en dit long sur l'avancée de la saison.

 

Quid de la demande d'assistance immédiate ?

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