Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 17:35
Chengdu. 23 Oct. 2013. Lecture de "Shuang" à Confucius qui, mais oui, applaudit. © Baptiste Resse

Chengdu. 23 Oct. 2013. Lecture de "Shuang" à Confucius qui, mais oui, applaudit. © Baptiste Resse

Conférence de Riga. Jeudi 8 déc. 2016. SUITE...

 

Dans les pas de mon père jardinier, j'ai d'abord fait le tour du jardin, de notre jardin, puis le tour du village, puis le tour des autres villages aux alentours.

Mon père était le meilleur bêcheur de jardins à 50 kilomètres à la ronde.

Chaque jour de la semaine, après sa journée de travail et après ma journée d'écolier, nous avions un jardin à faire, un jardin à défricher, un jardin à remettre en état, un jardin à entretenir.

 

Dans sa vie de jardinier, il en a retourné des jardins, mon père. Jour après jour, soir après soir. Celui du Curé, celui de l'Instituteur, celui de la Tante Laure, celui du Père Delacroix, celui du Châtelain du village, et ceux que j'oublie. Il y avait un jardin pour chaque soir de la semaine. Il ne restait à mon père que le Dimanche pour son jardin à lui. J'adorais les Dimanches.

C'est dans cette enfance de travailleur manuel que j'ai commencé à rêver plus grand, à rêver de la ville. Mais ça prend du temps pour un fils de jardinier d'arriver jusqu'à la ville. Du temps et au moins trois romans.

 

Je dois vous dire aussi que je suis d'abord passé par la philosophie et que j'ai enseigné la philosophie au Lycée, durant deux années scolaires. Un temps où j'étais Maître Auxiliaire et où je terminais chacun de mes cours par ce gimmick improvisé dès la première semaine de rentrée scolaire et valable pour la vie entière :

Entre ÊTRE et AVOIR, ne vous trompez jamais d'auxiliaire, et vous pouvez me croire,

moi qui suis... MAÎTRE AUXILIAIRE !

Parfois, en ville, - j'habite désormais à nouveau la ville où j'ai été professeur de philosophie - il m'arrive de croiser des presque quinquagénaires qui viennent vers moi et me déclarent, ou me déclament, - c'est selon - avant même de me dire Bonjour :

Entre Être et Avoir...

Des anciens élèves assurément, qui ont sans doute retenu l'idée la plus importante de mes cours de philosophie.

C'était dans l'autre siècle, à la fin des années 70, à la fin des années 1970.

J'ai ensuite bifurqué vers le journalisme, la presse écrite, et ensuite la radio. Le Courrier Picard a été le lieu de mes premiers apprentissages. De mes premiers reportages. De mes premières pitreries journalistiques aussi. De "Je suis une betterave qui rêve de voir la mer" à " Sans TGV, on va VGT ", j'en passe et des meilleures ou de plus mauvaises encore. J'oubliais " Dis donc, Dieu, as-tu composté ton billet ! ", en chute d'un reportage sur le départ, en gare d'Amiens, des pèlerins pour le pélerinage de Lourdes. (Juillet 1979).

La radio, ce fut d'abord Radio France Picardie, la radio de ma région, la radio régionale, puis France Inter,  puis l'étranger, l'international, le Danemark, là où j'étais l'Envoyé Spécial Permanent de Radio France, en poste à Copenhague, pour les pays Scandinaves et la Finlande, et aussi - mais oui ! - les pays Baltes.

C'est donc pour moi, ici, ce matin, comme un retour aux sources. Je suis déjà venu à Riga, en Septembre 1993, cette fois là, dans les pas du Pape Jean-Paul II, qui, pélerinant de Vilnius à Tallin, s'est bien sûr arrêté à Riga. Premier pélerinage du Pape Jean-Paul II, dans les Etats Baltes et... j'étais là. Avec mon micro et mon magnéto. Pour la radio. Pour Radio France.

Plus sérieusement, je me propose de vous expliquer comment l'écriture du "journaliste radio" que j'ai été pendant près de 30 ans, à Radio France Picardie, d'abord, ensuite à France Inter, et enfin à France Culture, a pu avoir une influence sur l'écriture du romancier que je suis devenu.

Comme l'écrit radio peut interférer sur l'écriture romanesque.

Vous ne le savez peut-être pas, ou vous n'en avez pas vraiment conscience, mais à la Radio, on écrit, on écrit avant de s'en aller parler au micro. Parfois même, dans l'ascenseur, quand le studio n'est pas au même étage que la Rédaction, vous pouvez encore modifier votre texte. En le parlant à haute voix. C'est le moment de modifier un mot sur lequel vous plantez, vous accrochez  - traduisez, sur lequel vous "buttez" -, un mot que vous ne prononcez pas de façon fluide... Ce mot-là doit être abandonné. Sans regrets. 

A la Radio, on écrit son texte, ses lancements, ses brèves, avant de les parler au micro. Ce passage par l'écrit, avant de passer à l'oral, est fondamental. D'abord, parce qu'il permet de chronométrer la durée de son texte et de respecter parfaitement le temps imparti. Si le format d'un journal radio est de 20 minutes, et si vous avez 10 minutes de "sons", c'est à dire d'interviewes et  de reportages, celà signifie que vous n'aurez que 10 minutes de "parole" dans votre propre voix.

Cela implique forcément une stratégie particulière de l'écriture radio. Surtout des choix au niveau même des mots.

Par exemple, on préférera le mot "vie" au mot "existence", même si le concept d'existence est beaucoup plus riche de sens, mais dans le message radio, "une syllabe", toujours, l'emporte sur "trois syllabes".

Pour des raisons évidentes de briéveté et de concision. De clarté.

 

Pour les auditeurs, aussi pour les auditrices, dire "La vie est dure", est beaucoup plus immédiatement "parlant" que d'entendre: " L'existence est difficile". Sauf, bien sûr, dans une émission philosophique sur France Culture.

A la radio, quand on présente les nouvelles de l'actualité, on écrit pour l'oral, et on parle déjà son texte en l'écrivant.

C'est une réalité méconnue du grand public : quand le journaliste écrit son "journal radio", il dicte ses phrases, ses mots, à une dactylo qui, elle, au clavier de l'ordinateur, tape le texte qui sera "parlé". On disait d'ailleurs autrefois "le journal parlé".

Le journaliste travaille donc une "écriture orale", une "écriture vocale". Souvent, il est debout, quand il dicte et il peut marcher en dictant. Vous verrez plus loin que cette notation a son importance.

La dactylo est aussi, de fait, la première oreille du journaliste radio. Son rôle est fondamental. Si la dactylo ne comprend pas instantanément ce que le journaliste exprime, c'est que ce n'est pas bien écrit, pas assez, pas suffisamment bien écrit pour l'oral. L'oreille de la Dactylo sait "décoder" dans l'instant ce qui ne passe pas à l'oral.

Autrement dit, et pour vous le dire d'une autre façon, le texte radio du journaliste radio, on se le met en bouche, on se l'écrit dans sa voix. Enfin, disons que c'était ma méthode, ma façon de faire, ma manière d'être, au temps où j'exerçais cette particularité du métier de journaliste qui consiste à être "présentateur des informations d'actualité".

 

De la même manière, si je me situe, pour vous, maintenant, sur le plan du "romancier", je dois vous dire que lorsque je compose mes romans, je me parle à moi-même le texte que je veux écrire. Même si je dois le faire à voix basse, je me le mets en bouche et si la saveur des mots me convient, alors je les parle à haute voix, je les vocalise, je les soumets à mon oreille. Avant de les écrire, à la main, ou au clavier.

 

En fait, dans mon travail de romancier, consciemment ou pas, je m'organise pour que le "son" soit présent dans la chanson.

Je dis "chanson" volontairement, pas seulement pour la rime, parce que je dois ici vous faire une adorable confidence, à propos de mon dernier roman, " Du côté de chez Shuang ".

 

J'ai un ami cheminot, qui travaille à la SNCF, les chemins de fer français, et je lui ai offert mon petit roman chinois dès qu'il est paru. Mon ami cheminot est non seulement un bout en train - jeu de mots ! - c'est aussi un très bon lecteur.

 

Il a vraiment dévoré "Du côté de chez Shuang" et sa réaction m'est allée droit au coeur. Il m'a dit:

C'est la première fois que je prends plaisir à écouter une chanson de 180 pages !"

 

Une chanson de 180 pages ! Le plus beau des compliments possibles pour le romancier musical et vocal que je voudrais être. Preuve que mon ami lecteur mélomane a été sensible à la musique de mes mots. A la mélodie qui porte cette balade poétique et politique dans la Chine contemporaine.

A cette fiction qui a des allures de récit.

A ce récit qui a des accents de roman.

A cet amour platonique qui fait penser au Giacomo de James Joyce quand il s'exclame :

 

" Ecris-le, bon sang, écris-le ! De quoi d'autre es-tu capable ? "

 

                                                                                                                         SUIVRA...

 

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 16:18
Amiens. Petit séminaire. Année scolaire 1960-61. Elève de 6 ème 2.  © droits réservés.

Amiens. Petit séminaire. Année scolaire 1960-61. Elève de 6 ème 2. © droits réservés.

Cher rêveur de rêves impossibles,

 

Plus de 55 ans de temps humain se sont écoulés depuis cette photo d'identité. En haut, à gauche, tu reconnais la belle écriture de ta mère qui a tenu à dater Janvier 1961. La photo a dû être prise chez Hacquart, le célèbre photographe amiénois de la rue des Trois Cailloux. Y aller, avoir l'honneur d'être photographié par le Maître, c'était comme passer à la postérité. Tes parents le prétendaient. Toi, la postérité, tu ne savais même pas ce que ça voulait dire.

...

55 ans plus tard, presque 56, tu peaufines et tu fignoles à satiété la conférence qui doit ouvrir le colloque de Riga. Dans le regard de l'élève de sixième 2, était-il écrit que, renvoyé du Petit séminaire pour avoir osé répondre "NON" à la question du Père Supérieur "Pensez-vous avoir la vocation ?", tu continuerais ton chemin, en dehors des sentiers battus. Que même battu tu ne serais jamais perdu. Que même perdu, tu ne t'avouerais jamais vaincu. Qu'avec ou sans la bénédiction du Père supérieur, tu aurais droit aux études... supérieures.

 

Ecrire avec la voix, c'est le titre provisoire que tu as donné à la responsable du Colloque. Tu as précisé, en sous-titre : "De l'importance des cordes vocales dans la musique de l'écriture." Tu as choisi, pour mieux cueillir ton auditoire, de commencer par un extrait d'un de tes romans. Le plus autobiographique de tous. Rue du Pré aux Chevaux .

 

Souvent le matin, quand il part, il dit : Je m'en vais chercher le soir. J'aime la phrase. La musique de la phrase. Elle est belle. Belle comme une phrase d'écrivain ou de poète, s'il avait pour écrire autre chose qu'une bêche ou un râteau. S'en aller chercher le soir, comme si on pouvait vraiment s'en aller au devant de lui, le soir. Comme s'il existait déjà quelque part, le soir, sans qu'on le sache et qu'on soit simplement sûr d'une chose: il faut se mettre en route pour marcher à sa rencontre.
C'est pour ça que chaque matin, très tôt, il se lève quand tout le monde dort encore dans la maison. Pour s'en aller au devant de lui, le soir. Pour ne pas le manquer. Car il faut marcher longtemps. Très longtemps avant de le rencontrer, le soir. Alors, on lui tend la main, au soir, et on lui souhaite "Bonsoir" au soir, et on le ramène à la maison. Pour passer la soirée avec lui. Pour lui offrir un bon endroit pour la nuit, et lui souhaiter "Bonne nuit" au soir. Avant ça, bien sûr, à notre table, on l'inviterait à s'asseoir, le soir. Pour dîner avec lui. Pour une fois, on ne souperait pas en silence. On le ferait parler de sa journée à lui, le soir, et on lui parlerait de la nôtre aussi.

                                                                              Rue du Pré aux Chevaux, roman, Le Castor Astral, 2003.

                                          

 

Cet extrait de mon deuxième roman pour vous mettre d'emblée, dans l'oreille, ma façon de jouer avec les mots. Ecrire, pour moi, c'est d'abord jouer avec les mots, composer avec les mots, avec la musique des mots, la mélodie de la phrase. Souvent, chez moi, les sons devancent le sens. N'en déduisez pas que le sens n'a pas d'importance, mais c'est comme ça, chez moi. Ça commence toujours comme ça. Comme si le rôle du son, c'était d'annoncer le sens. Comme si le son préside à la naissance du sens. Comme si le son était le parrain de baptême du sens.

Mais je dois d'abord vous faire un aveu : me retrouver là, devant vous, ici, à Riga, capitale de la Lettonie, moi, le gamin de Picardie, qui a appris le monde dans les pas de son père jardinier, derrière sa bêche, à ramasser les racines de liserons ou de chiendent, les racines de mauvaises herbes, comme on disait, en ce temps-là, ça me semble assez saugrenu et très insolite.

Vous avoir dit OUI pour être celui qui ouvre ces deux journées internationales consacrées à L'oral et l'oralité, dans les langues romanes, baltes et scandinaves, c'est, de ma part, grande naïveté et superbe inconscience. Nous mettrons ça sur le compte de ce que nous appelions autrefois, avec mes amis du temps de nos études de philosophie, au tout début des années 70, la "hardiesse des timides".

La raison ?

J'ai le sentiment de ne pas être tout à fait légitime. L'impression que l'on a dû m'attribuer des qualités ou des compétences que je ne possède pas. Non, ce n'est pas de la fausse modestie, simplement de la vraie lucidité.

Car, quand je vois la qualité des intervenantes et des intervenants de vos deux journées d'études, l'expertise à attendre des spécialistes de la langue, des langues, romanes, baltes et scandinaves, je me sens dans la peau de "l'amateur" à côté de tels professionnels. Un amateur qui, certes, aime les mots, mais qui n'a dans son bagage que des mots de journaliste ou des mots de romancier.

 

Bien sûr, rassurez-vous, j'ai écrit et j'ai publié. J'ai écrit, beaucoup, et j'ai publié, très peu. Quatre romans, deux biographies, et tout de même -c'est vrai- des centaines d'articles et de chroniques diverses, au temps où j'étais journaliste de presse écrite, mais, vraiment, au fond, je me pose sincèrement la question:

qui suis-je ?

pour venir vous parler, ici, en Lettonie, à l'Université de Riga, de l'oral et de l'oralité ? De l'importance du "son" dans ma façon d'écrire ou dans ma manière d'être écrivain.

 

Ecrivain, cela aussi doit être nuancé, disons plutôt romancier. Ecrivain, très franchement, très simplement pour moi, ça ne vous étonnera pas, ça rime plutôt avec Balzac, Maupassant, Hugo ou Camus, et je vous le dis sans fioritures, je ne fais pas la taille et je n'ai pas la stature. Pas la pointure. Romancier me va mieux, dans la mesure où le romancier est celui qui écrit des romans. Oui, assurément, romancier, me suffit et me va bien. Comme aurait dit un grand Général président -de Gaulle, pour ne pas le nommer : "Cela eut été sans dire, mais cela va mieux en le disant."

Pour vous mettre parfaitement à l'aise avec ma personne et mon parcours dans le monde des mots, je vous dois deux ou trois petites choses côté biographique.

Avant de nous aventurer vers la dimension parfois autobiographique de certains de mes romans.

 

Une mère, à demi-Italienne, par son père, -mon grand-père, Francesco Zanda-, une mère très volubile, et un père né en Champagne, plutôt silencieux, "taiseux", en tout cas pas très "démonstratif", m'ont fait ce que je suis, un être partagé, déchiré, entre deux tentations extrêmes : la tentation de la parole et la tentation du silence.

 

Un être extraverti et un être secret, discret, solitaire. Capable d'être heureux, en groupe, avec les autres, et tout aussi capable d'être heureux, seul, tout à fait seul, vraiment seul. Solitaire.

Un être "extraverti" qui a toujours besoin d'un public, ou d'un auditoire, pour exister et un "introverti" qui voudrait rester, le plus souvent, cloîtré, caché, dans son appartement ou dans sa chambre d'Hôtel.

Pour goûter le plaisir et le bonheur de la rêverie. La rêverie solitaire.

Un bonheur qui, pour cet être-là, n'a pas de prix.

 

Enfance dans une famille où il n'y avait pas de livres. Juste un Missel, le livre de messe. Enfance déterminante. Les seuls livres que j'ai pu lire appartenaient à la Bibliothèque de l'Ecole Primaire de mon village, Contay, mon Combray à moi.

"Verlaine avant-centre" et "Rue du Pré aux Chevaux", mes deux premiers romans, sont nés, vraiment, de cette enfance particulière, dans une famille que ma mère aimait à qualifier de "modeste", pour ne pas dire "pauvre".

Pauvres, nous l'étions, mais très tôt, je me suis senti riche d'autre chose.

C'est sans doute pour ça que je me suis dit, l'année de mes 9 ans, que plus tard, quand je serai grand, j'écrirai des... romans.

 

                                                                                                                              SUIVRA...

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 18:40
Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

 Cher  photo graff,

 

Tu t'amuses souvent des mots des murs, des mots d'amour, des mots d'amour des murs. C'est touchant, déroutant, inattendu souvent. Ça tient de l'acte gratuit et tu demandes si jamais, parfois, c'est... payant.

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 23:08
Amiens. 1er Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran France 2.

Amiens. 1er Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon / Capture d'écran France 2.

Cher citoyen du 20 heures,

 

Ce soir, vraiment, tu te dis que l'actu, ce n'est rien d'autre qu'une série à rebondissements permanents. Tu te demandes qui peut bien être ce scénariste fou qui prend à ce point son pied dans l'art du contre pied ? 

Trump, Fillon, nouveaux champions !

Exit Sarkozy ! Exit Juppé ! Exit Hollande ! qui en redemande ? Macron m'a cramé. M'a cramé. Macramé. Macron, adoubé en son temps par le roi républicain, à tout jamais Brutus pour le vulgum pecus.

Macramé. Activité manuelle ancestrale, le macramé dans ses techniques de base, est simple à apprendre et apprécié de tous. Bande de nœuds !
Il s'agit d'abord d'apprendre le noeud plat.
A partir de ce noeud de base du macramé se déclinent d'autres noeuds. Ce noeud plat est donc la base indispensable du macramé. 

En fait, hier soir, dans ta lucarne républicaine, le type, costard noir, voix blanche, l'air un peu gauche, c'est un grand fan de Gainsbourg. Voulait faire chanteur, au départ. Sa carrière n'est qu'un immense malentendu. Être Président, l'a jamais voulu !

Personne ne te croit. Pourtant, toi, tu l'as bien entendu. Les paroles, c'était exactement les paroles d'un Adieu à la France. Un Adieu à la République, pas toujours bonne fille, parfois fille publique.

 

"Je suis venu te dire que je m'en vais

Et tes larmes n'y pourront rien changer
Comm' dit si bien Verlaine au vent mauvais
Je suis venu te dire que je m'en vais

Tu t'souviens de jours anciens et tu pleures
Tu suffoques, tu blêmis à présent qu'a sonné l'heure
Des adieux à jamais
Ouais je suis au regret
D'te dire que je m'en vais
Oui je t'aimais, oui mais...


Je suis venu te dire que je m'en vais
Tes sanglots longs n'y pourront rien changer
Comm' dit si bien Verlaine au vent mauvais
Je suis venu te dire que je m'en vais


Tu t'souviens des jours heureux et tu pleures
Tu sanglotes, tu gémis à présent qu'a sonné l'heure
Ouais je suis au regret
D'te dire que je m'en vais


Car tu m'en as trop fait.

 

Pas mal, non, comme lettre d'adieu. Sûr, c'est ce que fredonnait ce type en costard noir qui est venu te plomber la soirée.
 

 

 

 

 
Partager cet article
Repost0
30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 11:27
Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher petit piéton qui passe,

 

Laisser sa trace. Tout le monde en rêve. Tout le monde rêve de laisser sa trace. Tout dépend de la trace. Trace des pas dans la neige. Trace d'une semelle sur le bitume. Trace dans la mémoire des gens. Dans la mémoire du siècle. Trace dans la mémoire des mots.

Sans comprendre pourquoi, dans la neige, il y a déjà la trace de mes pas. Tu le crois ou pas, mais c'est toi qui a dû écrire ça. Il y aura bientôt vingt ans. Page 50 de Verlaine avant-centre.

Verlaine avant-centre. Le Castor Astral. 2001.

 

2001, L'Odyssée de l'espace. Non, 2001, L'Odyssée de la trace. 

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 11:37
Amiens. Rue Saint-Fuscien. 20 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Saint-Fuscien. 20 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher chercheur de signes,

 

Etonnant, vraiment, ce triskèle, à cet endroit-là, tout en haut de cette rue que tu connais pourtant parfaitement bien. Jamais vu avant. Triskèle ou triskell, symbole qui représente trois jambes humaines et qui évoque une symétrie de groupe cyclique.

Le triskell est un symbole celte. Son nom vient du grec «triskelés » qui veut dire à trois jambes. Le symbolisme du triskell a été interprété de plusieurs manières. C'est avant tout un porte bonheur mais à l'origine ce devait être un symbole solaire. Ses trois branches réunies représente la triplicité dans l'unité. Chez les celtes, cette triplicité peut être matérialisée de diverses façons. Le panthéon des dieux celtiques au nombre de trois: Lugh, Daghda, Ogme. La déesse unique sous ses trois aspects: fille, mère, épouse. Et bien d'autre encore. On dit souvent que le triskell représente les trois éléments dynamique: eau, air, feu. La terre en serait le centre . La courbure des branches serait symbole de la vie.

Tu n'es pas assez savant dans la science des signes. Tu aimerais tellement savoir. Tu aimerais tellement comprendre. Mais il y a tant de choses à apprendre et si peu de temps pour comprendre.

Tu te demandes pourquoi cette importance du chiffre trois. Tu aimerais savoir si la Trinité reprise dans d'autres cultures, dans d'autres religions, aurait des liens avec la triplicité du Triskèle.

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 16:32
Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher balayeur d'idées reçues,

 

Tu le sais bien, le photographe qui balaie du regard le quotidien, a souvent le goût du paradoxe. En tout cas, c'est ta manière d'être. D'être photographe.

Pour un instant arrêté, que d'images volontairement laissées de côté. La photo de rue est un art beaucoup plus difficile qu'il n'y parait. Le photographe est un homme -ou une femme- en mouvement. Les instants dérobés au quotidien du temps qui défile n'ont de prix qu'à cette condition. C'est la conviction du photographe exigeant.

A la pose, il préfère ce qui s'oppose, ce qui se juxtapose ou ce qui se superpose. Il y a des rencontres de hasard. Souvent, le hasard - c'est son métier - est un hasard qui fait bien les choses.

Tu t'en amuses. Tu en abuses.

L'affichette, sur quatre lignes, en lettres capitales, incite le client à pousser  la porte de la Banque :

 

POUR RéALISER

VOS PROJETS

AVEC NOS

SPéCIALISTES

 

 

Pareille invite s'évite.

Change pas de main. Le balayeur va son chemin.

 

 

Partager cet article
Repost0
26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 09:12
Amiens. Librairie Martelle. 25 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Librairie Martelle. 25 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher républicain... impertinent,

 

Ce matin, tu as la folle envie d'être à nouveau ce "titreur" insolent que tu as parfois été dans tes premières années de presse écrite. C'était au Courrier Picard, ce quotidien fabuleux où le seul impératif du DG Bernard Roux était en soi le plus beau des encouragements à être et à être journaliste :

Sentez-vous libre

C'est ce que l'homme t'avait dit en t'accueillant dans "son" journal, le 1er juillet 1979.

Tu as usé et abusé de cet impératif au risque de passer parfois pour impérieux ou impénitent. Impossible à vivre, souvent, pour tes confrères du secrétariat de rédaction, comme on disait à l'époque. Souviens-toi : 

 

Départ en gare d'Amiens des pèlerins du pèlerinage de Lourdes, juillet 1979:

Dis donc, Dieu, as-tu composté ton billet  ?

 

Bataille pour le TGV à Amiens, milieu des années 80 : Sans TGV, on va VGT.

 

Définition de la Picardie : Je suis une betterave qui rêve de voir la mer.

 

En ce samedi matin, 26 novembre 2016, tu signerais bien, hebdo ou quotidien, ce titre en deux lignes :

 

Semaine folle et floue : Emmanuel Macron publie "RéVOLUTION",

Fidel Castro en meurt, Hamilton aussi. 

.

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 23:23
Amiens. 25 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 25 Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher citoyen toujours de... gauche,

 

Elle est bien bonne celle-là ! Crimon privé de dédicace Macronienne ! Tu le crois ? Crimon, Macron, pourtant, cinq lettres en commun sur six ! Qui dit mieux ? Oui, mais c'est pas gagné pour autant. Un "i" à la place du "a" et c'est toute une vie qui chavire, tout un destin qui bascule ! Même si, en verlan, c'est mieux de s'appeler "Mon cri" que "Cron ma", non ? Crimon, le nom qui a du sens dans les deux sens ! C'est pas commun. Pas commun pour un nom propre. Un nom propre hors du commun.

Reste que tu t'es pris la bâche de ta vie ! Tu as, de fait, été "interdit de dédicace Macronienne" ! Par la Patronne de la Maison Martelle soi-même. Parait qu'il y avait déjà trop de monde dans la file d'attente et que ce n'était pas la peine d'espérer pouvoir se faire signer "RéVOLUTION" par son auteur. Pourtant, il était à peine 13 heures et l'homme, pas manchot, a bien signé jusqu'à 14 heures. Qu'importe, t'as pris la bâche mais pas la porte. T'as rangé ton bifton au fond de ta poche.Tu t'es dit que l'accueil était bien moche. Sans penser qu'il y avait anguille sous roche.

Une Librairie où pourtant tu es un bon client, dans tous les sens du terme. Bon acheteur et bon vendeur. Tes quatre romans et ton Librio Musique consacré au chanteur Renaud s'y sont plutôt vraiment bien vendus. A quoi aurait-il servi de le souligner à ce moment-là ? Verlaine avant-centre, Rue du Pré aux Chevaux, Oublie pas 36 ou encore Du côté de chez Shuang ne font pas le poids à côté du dernier Macron.

 

Macron, c'est du 200 exemplaires en une heure ! Du 200 à l'heure ! Alors, Crimon, même bon vendeur, c'est pas le jour, c'est pas l'heure...

Pas grave, au fond. Macron signe et persiste. Crimon persiste et signe.

Sans acrimonie.

 

Crimon s'en remettra. Macron, c'est quand même pas... Karl Marx

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 00:04
Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher passant déconnecté,

 

Tu t'étonnes de moins en moins de cette époque qui texto/ise à tout va ou qui essaime ses sms à qui mieux mieux. Essaimer : quitter la ruche en essaim. Essaimer des sms, est-ce si sain ?

Essaimer, est-ce aimer ?

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens