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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 17:16
Paris. France. Chamboule-tout socialiste. 17 Déc. 2016. © DR

Paris. France. Chamboule-tout socialiste. 17 Déc. 2016. © DR

Cher citoyen écœuré, trompé, berné, entourloupé, trahi, déçu, cocu, usé, abusé, désabusé,

 

Tu voudrais tant croire encore à cette belle idée de démocratie. Seule idée qui vaille dans la manière humaine de vivre ensemble. Démocratie, du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité. Démocratie, régime politique dans lequel le pouvoir est détenu et contrôlé par le peuple, - principe de souveraineté -, sans qu'il y ait de distinctions dues à la naissance, la richesse ou la compétence, - principe d'égalité -, double principe fondamental et vital. Double principe plus que jamais bafoué et pourtant plus que jamais d'actualité.

Tu rêves ou plutôt tu cauchemardes. Même au Parti socialiste, le Parti de Jaurès, le Parti de Blum, le Parti de Filoche, la démocratie fait ses valoches. Tu te dis ce midi que le PS n'a plus rien à voir avec la Gauche. Le PS n'est absolument plus de gauche. Ils ont viré Filoche. Ils ont inventé des artifices pour éliminer Filoche. Filoche leur foutait la pétoche. L'ont viré, fastoche, pour mieux lui faire les poches.

Jeudi 15 : la « Haute Autorité » de la primaire accepte 9 candidats et Filoche est parmi les 9 candidats.

Samedi 17 :  la « Haute Autorité » n’accepte plus que 7 candidatures et, bien sûr, Gérard Filoche n'est pas parmi les 7 candidats retenus.

Raison invoquée par la Haute Autorité et la direction du PS : Filoche n'a pas le nombre suffisant de parrainages. Filoche manque de parrainages. Manque pas de culot la Haute Autorité. Personne n'est dupe dans ce jeu de dupes. Car, côté parrainages obligatoires, il y a quelques petites dérogations : Sylvia Pinel (PRG), François de Rugy (Parti écologiste) ou encore Jean-Luc Bennahmias (Union des démocrates et des écologistes) ont été qualifiés pour la Primaire sans devoir rassembler le moindre parrainage. Le fait du Prince. Mais qui est le Prince ?

En fait, Filoche paie cash son franc parler et ses convictions d'homme de gauche. Filoche a eu le tort de s'être beaucoup trop opposé au projet de loi Travail, en critiquant la réforme sur le fond et en appelant même à la grève générale. Son exclusion des débats en dit long sur ces "gens de gauche" qui prennent des accents "de gauche" quand bon leur semble. A commencer par un ex premier qui, à sa manière, commence à revendiquer son droit d'inventaire. Ont de la ressource les sophistes.

 

Valls condamné à renier tout ce à quoi il a cru pendant cinq ans. Valls condamné à trouver son espace entre Macron et Mélenchon. Valls tétanisé par un face à face avec Filoche. Effrayé par un débat qui aurait été un vrai débat.

Aujourd'hui, la Démocratie française a beaucoup perdu.

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 13:10
Amiens. Rue Jean Jaurès. 13 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Jean Jaurès. 13 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher écœuré de la gauche qui va finir par passer l'arme à gauche,

 

 

Ah ça, tu peux te le dire :  elle est jolie ce midi, leur Belle Alliance Populaire ! Peuvent être fiers d'eux ces petits prétentieux. Ont réussi à éliminer Filoche. N'ont pas tenu compte de ton avertissement :

 

QUAND LA GAUCHE S'EFFILOCHE,

LA GAUCHE, C'EST FILOCHE !

 

Pas de "wild card" pour Filoche, pourtant c'était fastoche. Comment généreusement proposer une "wild  card" à Macron ? comment inviter, sans obligation de parrainages, Benhamias et de Rugy et virer Filoche au motif qu'il n'a pas, lui, le nombre suffisant de parrainages ? Sinon pour objectivement empêcher Gérard Filoche de défendre ses idées à la Primaire de la Gauche.

 

Les idées, d'où qu'elles viennent, sont des idées. A ce titre, elles ont droit au débat. Droit d'être débattues, droit d'être combattues, et même -soyons classe - droit d'être... battues. Mais qu'on leur laisse au moins, à ces idées-là,  le droit de participer au débat. Manifestement, certains socialistes ne le veulent absolument pas. En tout cas, ne l'ont pas voulu.

 

Pauvre Filoche qui avait pris, lui, il y a 22 ans, le pari de faire évoluer le PS... de l'intérieur ! Le voilà, à tout jamais, à... l'extérieur. La Primaire, pas pour lui, à cause d'esprits très... primaires.

 

A la Primaire des faux derches et des faux culs, tu te dis aujourd'hui que tu n'iras pas te compromettre, ce serait pire que d'être allé voter Juppé à la Primaire de la droite et du centre ! Au moins, ce dimanche 20 novembre, tu savais pourquoi.

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 15:56
Jacques Darras. Comédie de Picardie. 15 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Jacques Darras. Comédie de Picardie. 15 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher tenant de la... pique hardie,

 

Toi qui prends pour certaine et véridique cette étymologie que d'autres estiment plutôt du côté de la légende, quand tu écoutes Darras, Jacques Darras, tu te sens plus que jamais PICARD. PICARD de... PICARDIE, n'en déplaise à ces bas de plafond, pour ne pas dire bas d'autre chose, qui pour se la péter, t'ont autoritairement rebaptisé Hauts de France.

Vivre dans le bas des Pays-Bas ne destine pourtant pas à prétendre se nommer Hauts. Qui  plus est... Hauts de France.

Toi, ton nom, ton identité, c'est Picardie. Ce soir, tu es venu pour écouter ce qu'un Picard dit. Pas n'importe quel Picard. Le premier d'entre nous sans doute. Car cet homme qui conférence, tantôt assis à sa table, tantôt debout au pupitre, c'est un être d'une qualité, d'une intelligence, d'une rare culture. D'une autre pointure que le pitre qui prétend nous diriger, nous administrer, nous gouverner... Hauts de France.

 

Jacques Darras est non seulement un universitaire brillant, un poète reconnu, publié chez Gallimard, c'est aussi un showman incroyable. Qui te donne vie et voix à tous ces auteurs de Picardie et d'Artois qui ont écrit les plus belles pages de la littérature... française. Qu'on le dise et qu'on (se) le dise, pour que jamais plus l'on ne médise sur ce pays si particulier et tellement talentueux. Comme l'a joliment dit Philippe Leleux, en accueillant Jacques Darras : " On n'a pas à être fier d'être né quelque part, mais on n'a pas à en avoir honte non plus !" Formulation d'un sentiment très picard. Formulation bien balancée. La soirée était lancée, bien lancée. La soirée pouvait commencer. Darras ne se fit pas prier...

 

" Tout Picard que j'étoais..." Racine, Les Plaideurs, Acte I, scène 1 :

 

Tout Picard que j'étoais, j'étoais un bon apôtre,

Et je faisoais claquer mon fouet tout comme un autre...

 

Darras a fait claquer son fouet pendant deux bonnes heures. Un marathon littéraire d'une richesse et d'une originalité rare. Adam de la Halle, Lefèvre d'Étaples, La Fontaine, Racine, - et tu en passes, tu en oublies -, le conférencier brosse à haute voix, un tableau impressionnant, jamais réalisé à ce jour de l'étonnante continuité littéraire picarde enrichie par l'Artois voisin. Vitalité, drôlerie et originalité de nos ancêtres dans le domaine de la pensée et du style. Avec cette signature particulière de l'oralité dans cette écriture... vocale. Darras donne de la voix, donne de sa voix, et l'écrit - (les cris)- s'incarne dans le meilleur des porte-voix.

De la chanson de la Bataille de Saucourt, - Saucourt-en-Vimeu -, qu'il slame comme le plus génial des slameurs des clameurs, à Jacques Damiens, dont un manuscrit vient d'être retrouvé récemment en Allemagne. Bataille de Saucourt-en-Vimeu et victoire remportée le 3 août 881 par les troupes carolingiennes des rois Louis III et Carloman II sur les Vikings. Jacques Damiens sorti d'un oubli de plusieurs siècles par Jacques Darras.

 

Jacques Darras qui redonne vie à Jacques Damiens. Beau clin d'œil du destin. Superbe symbole quand on parle de la littérature d'Artois et de Picardie.

 
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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 18:00
Manuel Valls. © archives franceinter.fr.

Manuel Valls. © archives franceinter.fr.

Cher auditeur ne sachant plus auditer...

 

Tu n'en crois pas tes oreilles de vieux radioteux. Scoop matinal sur ta radio préférée : Valls propose de supprimer le 49.3 et annonce, le plus naturellement du monde, s'engager, sur le champ, pour une République fraternelle. Fabuleux, non ? Il y a des matins où c'est bien de se lever plutôt tôt et d'en être déjà à son troisième ou quatrième  kawa. Car l'annonce de l'ancien Premier, c'est tout de même fort de café.

 

Que Manuel Valls, ex PM du Président de la République François Hollande, annonce aujourd'hui sa décision de supprimer cette "arme constitutionnelle", qu'il a lui-même utilisée à de non négligeables reprises, ce n'est même pas un effet d'annonce, c'est vraiment impensable, incroyable. Tellement stupéfiant, tellement sidérant, mais tellement... stratégique. Diabolique. Juste avant de déposer, ce jeudi soir, 18 heures, sa candidature à la primaire organisée par le PS les 22 et 29 janvier prochains. Tu le crois pas !

Supprimer un recours qu'on a soi-même utilisé à moult reprises, supprimer ce moyen fabuleux qui permet d'adopter des projets de loi sans vote, supprimer cet abus de pouvoir légal, pas banal, c'est phénoménal, non ?

Car, pour mémoire, avant de valser, le 49.3 aura été plutôt précieux, pour le Premier ministre Valls, du projet de loi Macron de février 2015 au projet de loi El Khomri sur la réforme du Code du Travail en juillet 2016. Qu'un PM, premier ministre, sorte le 49.3 comme un PM, pistolet mitrailleur, et soudain -la sale besogne menée à bien-, déclare tout de go, de bon matin, faut l'abandonner à tout jamais, c'est pour le moins... désarmant.

Même si, dans le recours au 49.3, l'ancien premier ministre est loin d'avoir atteint le record d'un autre Premier Ministre, Michel Rocard, record qui s'établirait - à vérifier - à une petite trentaine de recours au 49.3.

Cette suppression pure et simple du 49.3 de la Constitution, qui nécessite une réforme constitutionnelle, pourrait faire l'objet d'un référendum à la rentrée 2017, si Manuel Valls est élu président.

Ce qu'on peut dire de bon matin, à la radio, en campagne électorale, n'engage que les oreilles qui écoutent et qui goberaient les promesses de circonstance. Les promesses d'un homme de pouvoir qui, d'un coup, d'un seul, voudrait faire croire qu'il est dans l'opposition. Quand celui qui a dirigé de la main droite se souvient brusquement qu'il a aussi une... main gauche.

 

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 23:41
France 3. Journal de la nuit. 14 Déc. 2016. Capture d'écran. © Jean-Louis Crimon

France 3. Journal de la nuit. 14 Déc. 2016. Capture d'écran. © Jean-Louis Crimon

Cher citoyen désespéré d'un monde de plus en plus désespérant,

 

Tu te demandes souvent ces temps-ci dans quel monde tu vis ? Centre ville de ta ville de province, au Marché de Noël et dans les boutiques aux vitrines en fête, tes concitoyens font leurs achats et se préparent à faire bombance. Bombardés qu'ils sont d'incitation à la consommation rituelle de foie gras, de boudins blancs et de dinde aux marrons. Sans oublier tous ces achats compulsifs pour calmer leur angoisse de ne pas vivre vraiment leur vie.

 

A Alep, en Syrie, on bombarde aussi, mais ce n'est pas par voie d'affiches ou de slogans publicitaires. Ce qui tombe, ce sont de vraies bombes, des bombes qui tuent et qui détruisent, des bombes qui font leur métier de bombes puisqu'elles sont faites pour tuer et pour détruire.

Une guerre qui ne choque guère à part la Tour Eiffel en deuil ce soir. Tout en noir, la grande Dame de métal. M'est égal, répond sans doute Bachar el-Assad qui ajoute : Vladimir est mon camarade. Sur ce coup-là, la France est en souffrance. Pour pas dire à la ramasse. On l'entend pas des masses.

Sa balance du commerce extérieur des ventes de Rafale est au beau fixe. Le commerce des armes françaises, c'est pas des fadaises, vit sa vie à l'aise. En Syrie ou au Yemen, on tue sans doute avec des armes françaises, toi, si tu ne dis rien, c'est comme si tu disais... Amen !

 

Hep Hep Hep Alep !

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 22:27
Amiens. Picanordie, 2 rue Jean Jaurès. 13 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Picanordie, 2 rue Jean Jaurès. 13 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher citoyen malgré tout toujours de gauche,

 

Tu ne connaissais pas ce bistrot de La Hotoie et son patron adorablement sympa. L'adresse, rue Jean Jaurès, sonnait comme un SOS. Tu es venu avec un camarade de Lycée. Un ami du milieu des années soixante. Un ami du temps des Trente glorieuses. Tu racontes ça aujourd'hui, tu passes pour un vieillard. Les Trente glorieuses, tu sais bien, cette période d'une trentaine d'années qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, jusqu'au premier choc pétrolier de 1973. Une période de prospérité exceptionnelle pour les pays industrialisés occidentaux. Plein emploi, accroissement du pouvoir d'achat et fort développement de la consommation de masse.

Les historiens affirment que le mode de vie des français a davantage évolué durant ces trois décennies que durant les deux siècles précédents et que le niveau de vie a été multiplié par 5 de 1945 à 1975.

Sécurisation des revenus par mise en place, de fait, d'un  Etat-Providence, création de la Sécurité sociale, des Allocations familiales, des régimes de retraite, instauration, en 1950, du salaire minimum interprofessionnel garanti, le SMIG, avant que des ânes prétentieux et diaboliques ne le rebaptisent SMIC, Salaire minimum de croissance. Novlangue Orwellienne et Non sens, puisqu'il croit de moins en moins le Salaire minimum de croissance. Sans oublier cette géniale invention des congés, des congés payés.

Troisième semaine de congés payés en 1956 et quatrième semaine de congés payés en 1965. Ce qui, en plus du repos légitime des travailleurs qu'on n'appelle pas encore uniquement des salariés, accentue la relance de l'économie par le développement les dépenses de loisirs. Sécurité sociale, Allocations familiales, Retraites, Salaire minimum, Congés payés, toutes choses que la plupart des politiciens d'aujourd'hui voudrait - projet lamentablement stupide - réduire ou détruire.

 

Les Trente glorieuses, expression créée par Jean Fourastié, économiste français, dans son livre "Les Trente Glorieuses, ou la révolution invisible de 1946 à 1975", publié en 1979. Elles font référence aux "Trois Glorieuses", les journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830.

Aujourd'hui, ce serait plutôt Les Trente miséreuses ou  Les Trente piteuses qu'il faudrait écrire et publier. Qui oserait écrire et publier ça ? Gérard Filoche sans aucun doute.

Car rue Jean Jaurès, tu es venu pour entendre Filoche, pour écouter Filoche, Gérard Filoche, candidat à la primaire de la gauche. 70 ans au compteur. Fils d'ouvrier, ouvrier lui-même, avant d'être Inspecteur du travail. Un redoutable orateur et un fin dialecticien. Un empêcheur d'ENAiser en rond. Un type. Un mec. Un gars. Un homme quoi. Un humain. Un véritable être humain. Qui se soucie des autres humains, ses frères.

Quelques phrases piquées au vol dans une soirée grandiose, une de celles qui te réconcilient avec la politique, avec l'action politique :

 

Si on perd le 23 Avril 2017, ce sera le désastre et on ne reconstruit rien sur des ruines. Faut tout faire pour ne pas être éliminé au premier tour.

Il y a encore un espace pour gagner, c'est l'unité, l'unité de la Gauche, avec tous ceux qui se battent pour un candidat commun. Même avec des divergences, on peut construire une plateforme commune, un texte avec 50 mesures essentielles, inverser la tendance et mieux répartir les richesses,

 

Dire qu'on est pour les 32 heures, le Smic à 1800 €uros, la retraite à 60 ans, limiter les écarts de salaires dans les entreprises à 20 fois le Smic,

 

Réforme bancaire, réforme fiscale,

L'impôt, il faut qu'il soit plus haut pour ceux d'en haut, plus bas pour ceux d'en bas.

 

On ne va pas battre Fillon avec le programme de Valls,

Macron et Valls, Brutus 1 et Brutus 2, Hollande s'est fait marabouté par son Ministre de l'Economie et doublé par son 1er Ministre, celui qui a utilisé le 49.3 pour casser un siècle de droits du travail,

Qu'on arrête de nous parler des "charges", les "charges" des patrons ne sont pas des "charges", ce sont des "cotisations", du "salaire différé" !

L'Histoire de la Gauche en France se jouera le 22 et le 29 Janvier prochain, nous n'avons pas le droit  de manquer ce rendez-vous, car la France n'a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées.

 

Ce soir, ou plutôt cette nuit, tu rentres chez toi en te disant : ça fait du bien d'entendre parler un homme comme ça. Un ton de liberté, pour ne pas dire de libertaire. Un ton de vérité aux siècle des faussaires. Une vraie authenticité au siècle des faussaires et des fossoyeurs. Filoche, ça te redonne du baume au cœur. Filoche, en plus, c'est simple. Son slogan l'affirme sans hésitation : Filoche, c'est fastoche !

Autrement dit, quand la Gauche s'effiloche... La Gauche, c'est Filoche.

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 11:07
Jūrmala, Lettonie. 11 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Jūrmala, Lettonie. 11 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher plagiste de décembre,

 

Ici, te dit-on, c'est le Saint-Tropez Letton. Toi, tu te crois à Quend-Plage ou à Fort-Mahon, mais tu es au bord de la Baltique, au fond du golfe de Riga. Cette longue plage de sable fin et les oyats te font vraiment penser à l'image de la plage picarde. C'est connu, l'oyat, autrefois dénommé roseau des sables, maintient la dune. Sous le soleil ou sous la lune.

Jūrmala, station balnéaire atypique, 25 km à l'Ouest de Riga. Air désuet, avec ce petit rien de nostalgie, comme si le temps s'était arrêté. Pour mieux préserver ces grandes maisons en bois, rénovées ou en cours de rénovation. D'ailleurs, l'ensemble de ces vieilles maisons a été classé par l'Unesco. Les plus spacieuses de ces villas, de véritables hôtels particuliers, sont, à ce qui se dit, très prisées -dans tous les sens du terme- par les milliardaires russes.

Jūrmala, entre le Golfe de Riga et la rivière Lielupe, s'étend sur plus de 30 kilomètres de plage de sable blanc. Avec ses 55.000 habitants, la ville est la cinquième plus grande ville de Lettonie. A l'époque où la Lettonie fait partie de l'Union Soviétique, Jūrmala est la destination préférée de la nomenklatura communiste. Leonid Brejnev et Nikita Khrouchtchev aimaient beaucoup y venir. C'était de bon ton et de bon goût. Sans doute très agréable le temps passé sur le sable.

Bien que de nombreuses villas soient aujourd'hui tombées en délabrement, Jūrmala a gardé sa forte attraction touristique, surtout grâce au sable blanc de ses longues plages qui font face au Golfe de Riga, mais grâce aussi à ses maisons en bois romantiques style Art Nouveau. Jūrmala s'écrivait dans la période soviétique, Yurmala, avec un "Y",  nom orthographié parfois de cette façon en anglais, qui reprenait de trop près l'orthographe de la traduction russe. Les Lettons sont assez fiers de pouvoir écrire aujourd'hui... Jūrmala.

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 09:39
Graši, Lettonie. 10 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Graši, Lettonie. 10 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher Letton d'adoption,

 

Tu te demandes vraiment ce que tu fais là, ici, à Graši, dans le village des enfants orphelins et des enfants abandonnés de Lettonie, mais tu sais pour qui et pourquoi tu es là. Quelqu'un qui te connaît bien a pensé que tu pouvais être l'homme qui va écrire le roman des enfants de Graši.

Un roman jamais écrit et pourtant le village a déjà plus de vingt ans. Au départ, l'idée d'un français, Christophe Alexandre.

Sandra, la Directrice actuelle, t'a seulement dit : ils n'ont pas l'habitude qu'on les aime, et au début de leur arrivée, ils sont en retrait, ils se tiennent à distance des adultes. Tout est dit, tu n'en sauras guère plus.

Dans le regard clair de Sandra, tu as vu et lu cette incroyable tendresse teintée d'un rien de tristesse à moins que ce ne soit une incroyable tristesse teintée d'un rien de tendresse. Un regard qui, pour les enfants, est déjà nouveau départ.

A 200 kms à l'est de Riga et à 800 kms de Moscou, le village de Graši, sans doute ta nouvelle adresse au printemps prochain. Si Dieu ou le destin te prête vie jusque là. Tu n'as pas dit "oui", mais tu sais qu'on n'échappe pas à son destin. "Du côté de chez Shuang", ton roman chinois, est né comme ça. Alors, pour Graši, tout est possible, tout est permis.

Celui qui a pensé que tu saurais être le porte-voix, davantage que le porte-plume, a dit de toi : dans ses romans, il dénonce l'injustice, mais il rend beau ce qui est conséquence de l'injustice et belle aussi est sa révolte. Pas si mal vu.

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 15:15
Amiens. Service de Presse. Déc. 2013. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Service de Presse. Déc. 2013. © Jean-Louis Crimon

Conférence de Riga. Jeudi 8 déc. 2016. SUITE et... FIN

 

"Du côté de chez Shuang" est un "roman romance" où, toujours, tout recommence... où ce qui prime sur le roman, c'est la romance, où c'est l'amour des mots qui, toujours, à le dernier mot.

 

Petit extrait de ce "petit roman chinois", comme j'aime à le définir affectueusement : c'est page 57 de "Du côté de chez Shuang", il s'agit du moment où le narrateur vient d'expliquer à Shuang, la jeune héroïne, que ce qu'il n'aimait pas dans le "Je t'aime", c'est que le "Je" est toujours premier par rapport au "tu", et qu'il faudrait plutôt dire, par délicatesse, et par amour, même si ça ne sonnerait pas très "français": "toi, aimée de moi".

 

Le narrateur lui offre alors son tout dernier poème.

Il faut dire que le narrateur est un grand romantique, et qu'il s'est juré de composer, pour son étudiante adorée, " un poème par jour " ! Voici le poème du jour :

 

Je t'aime, je t'aime,

Platoniquement,

Je suis ton amant,

De coeur

Uniquement,

Je meurs

Si je mens.

 

Je t'aime, je t'aime,

En or, assurément,

Ce beau sentiment,

De coeur

Seulement,

Je suis

Ton amant.

 

Je t'aime, je t'aime,

Le corps entre nous,

Comme moi, tu t'en fous,

Ce n'est pas pour nous,

De coeur

Uniquement,

Je suis ton amant.

 

Répétitions, redoublements, allitérations, assonances, rimes intérieures... tout ce qui constitue la dimension sonore de l'écriture, est essentiel à mes yeux, même si - suprême paradoxe ! - j'écris avec l'oreille.

De la même façon, j'attends de mes lecteurs qu'ils se révèlent capables de me lire - si je puis dire - avec les oreilles.

Sans pour autant fermer les yeux. Ce que je dois aussi vous préciser, ce que je dois vous DIRE sur ma façon d'ECRIRE, c'est que si j'écris AVEC LA VOIX, je n'écris pas ASSIS à ma table de travail, j'écris en marchant, en bougeant, j'ai vraiment le sentiment que je n'écris bien qu'en mouvement, qu'en MARCHANT.

 

MONTAIGNE, dixit:

Mon esprit ne va si les jambes ne l'agitent !

Plus précisément encore, pour vous démontrer l'importance vitale du mouvement, du déplacement physique, dans le mouvement de l'écriture, Montaigne toujours et encore :

 

Mes pensées dorment si je les assois.

Mon esprit ne va si mes jambes ne l'agitent.

 

Pour être complet et totalement transparent avec vous, je dois aussi vous confesser que la séduction du son, l'attraction irrésistible de la musique des mots, comme le chant des sirènes, ne me sont pas subitement tombées dans l'oreille quand j'ai découvert le journalisme radio. C'est une manie, une manière d'écrire, en tout cas une façon d'être qui remonte à l'enfance, sinon à l'adolescence.

 

EXEMPLE avec ce début de mon premier vrai poème qui remonte à mon année de quatrième ou de troisième, au Collège :

 

Comme l'eau qui goutte à goutte tombe du toit

Pleure mon triste coeur...

 

Imitation/appropriation de la mélancolie de la pluie. Le son de ce "goutte à goutte tombe du toit" fait entendre la chanson de la pluie telle que je l'ai dans l'oreille depuis que je suis tout petit : la gouttière près de ma chambre devait être percée et j'ai dû être bercé par ce "goutte à goutte" de la pluie de Picardie où il pleut souvent, enfin où il pleut parfois, enfin où il pleut, quoi, autant qu'à Riga !

 

J'avais 14 ou 15 ans, et, bien évidemment je ne connaissais pas le mot "allitération", ni son sens, mais, manifestement, j'avais trouvé le sens du son, et, en classe, quand, ( à cause de mon camarade d'internat, Dudule, DD, Denis Dufresnoy, qui m'avait piqué mon cahier de poèmes pour le déposer ostensiblement sur le bureau de notre Professeur de Lettres, une jeune femme d'une trentaine d'années à peine, qui répondait au doux prénom de Claire ), quand la Prof s'est emparé de mon poème et qu'elle l'a lu, à haute voix devant toute la classe, médusée, et qu'elle s'est exclamée "Bravo Crimon, vous avez trouvé... ", je ne savais, bien sûr, plus où me mettre et la professeur de lettres reprenait, cette fois, à l'attention de tous mes camarades :

 

Comme l'eau qui goutte à goutte tombe du toit

 

ça vaut largement :

 

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes

 

 

Vous imaginez "honte et fierté mêlées" pour le fils de jardinier et d'ouvrière d'usine, le "bouseux" que j'étais pour mes camarades citadins.

Crimon aussi fort que Racine, Andromaque, Acte V, scène 5.

Crimon, ch'gougnou, comme ils m'avaient élégamment surnommé à cause de mon méchant strabisme à la Jean-Paul Sartre, 

Crimon, le cancre, qui soudain se met à égaler Racine et son harmonie imitative de la reproduction du bruit du serpent par redoublement des consonnes sifflantes "s",

Crimon qui invente, sans le savoir, l'harmonie imitative de la reproduction du bruit de la pluie par le redoublement de la consonne "t",

multitude de sons "t" qui donnent vie au "touc/touc/touc" des gouttes d'eau qui tombent une à une, ou à deux ou trois, et qui font ce bruit là, quand elles tombent du toit :

Comme l'eau qui goutte à goutte tombe du toit

Superbe alexandrin, parfait alexandrin, qui valait bien, c'est sûr, - enfin, de le croire aujourd'hui, ça m'amuse et ça me rassure ! - l'alexandrin de Jean Racine !

Une allitération, du latin ad (à) et littera (lettre), est une figure de style qui consiste en la répétition d'une ou plusieurs consonnes, souvent à l'attaque des syllabes accentuées, à l'intérieur d'un même vers ou d'une même phrase. Elle vise un effet essentiellement rythmique, mais permet aussi de redoubler, sur le plan phonique, ce que le signifié représente. Elle permet de lier phoniquement et sémantiquement des qualités ou caractéristiques tenant du propos afin d'en renforcer la teneur ou la portée sur l'interlocuteur. L'allitération a une forte fonction d'harmonie imitative ; en ce sens elle peut être considérée comme un type d'onomatopée :

Exemple avec  le célèbre vers de Jean Racine:

Pour qui sont ses serpents qui sifflent sur vos têtes.

L'allitération est couramment utilisée en poésie, mais est également connue en prose, particulièrement pour des phrases courtes ou dans les romans poétiques.

 "Des assonances et des allitérations qui constituent la substance sonore de la poésie." (Paul Valéry). 

J'avais, je vous le redis, 14 ou 15 ans, et à l'époque je ne connaissais pas le mot "allitération", encore moins sa signification.

Disons que sans doute, j'avais déjà en moi la faculté d'être "une oreille". Une oreille davantage qu'une voix.

C'est exactement ça : j'ai d'abord été une oreille avant de vouloir être une voix.

          

 

Je ne sais pas si j'ai le temps de revenir encore quelques instants sur "Du côté de chez Shuang", mon petit roman chinois, qui sera (Pub' !) bientôt traduit en letton, grâce à Agnese Kasparova et à Gilles Bonnevialle, mais je voudrais, pour vous donner l'importance du "son" et de la "chanson" dans l'écriture de ce roman, vous donner à entendre un autre passage, curieusement un autre poème, comme je sens que vous aimez les poèmes...

 

Ce passage se situe précisément pages 42 et 43. Le narrateur, Laoshi, (Professeur en chinois), vient de saluer sa classe de troisième et quatrième année de français, dans l'amphithéâtre où prend place chaque semaine une bonne centaine d'étudiants, surtout des étudiantes. Juste après le nihao habituel, il tourne le dos à sa classe et commence à écrire au tableau noir, en silence :

 

Dès le début d'octobre

D'un geste précis et sobre

Il entre en scène

Sans mise en scène

Ici, là, ou ailleurs,

Lui, le balayeur...

 

Il décrit d'étranges arabesques

Dessine d'invisibles fresques

Avale des morceaux entiers de trottoir

Ne se raconte pas d'histoire

Ne tire aucune gloire

D'un destin pourtant méritoire...

 

Il balaie du matin au soir

Sans prendre le temps de s'asseoir

Vous le regardez sans le voir

Sa vie est monotone

A peine si ça vous étonne

Le balayeur efface... l'automne.

 

Je vous avoue que j'ai toujours dans l'oreille le son étrange des balais qui crissent doucement et qui caressent les allées et les trottoirs du campus de Chengdu, près de la Résidence des professeurs étrangers où j'avais mon appartement.

Réveillé, fasciné, dès quatre heures du matin, l'heure des balayeurs de Chengdu, par ce côté lancinant, envoûtant, de la musique des balais de paille ou de genêts dans les feuilles mortes.

Irrésistible chant des sirènes pour intriguer et - qui sait ? - séduire le marin terrestre que je suis.

Un romancier, c'est un balayeur qui balaie les idées reçues.

 

Je dois vous faire un dernier aveu : quand j'étais enfant, j'avais la manie de ramasser des cailloux, des silex aux formes bizarres, des galets aux couleurs étranges, des cailloux que je mettais dans mes poches. Ça enrageait ma mère qui devait souvent réparer les trous que les cailloux avaient fait dans mes poches.

Aujourd'hui, quand je les regarde, les cailloux de mon enfance, ils brillent comme des pierres précieuses.

Là aussi, sans doute, s'enracine ce curieux désir d'écrire. Tout le monde n'écrit pas. Tout le monde n'éprouve pas le besoin d'écrire. Heureusement d'ailleurs, puisque ceux qui n'écrivent pas - le monde est bien fait - adorent lire.

Lire les livres de ceux qui écrivent.

L'écriture, pour moi, c'est tout simplement ça, c'est voir des pierres précieuses là où la plupart des gens ne voient que des cailloux. Si mes mots allument des étoiles dans les yeux de ceux qui me lisent ou qui m'écoutent, alors je suis le plus heureux des orpailleurs de la rivière de la langue.

 

Riga. Jeudi 8 Déc. 2016.                                                                         Jean-Louis Crimon

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 17:34
Amiens. 5 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon/Capture d'écran France 2.

Amiens. 5 Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon/Capture d'écran France 2.

Cher Citoyen toujours en éveil,

 

Dingue quand tu y penses : Cameron, Sarkozy, Juppé, Hollande, Renzi, ça valse un max ces temps-ci. Le pouvoir est périssable. L'exercice du pouvoir, pas inoxydable. Surtout pour celui qui croit être élu... à vie. Se pensait en CDI. N'avait qu'un CDD.

 

Renzi Exit = Renzit.

 

Dingue et tellement prévisible. Tellement logique. Tellement attendu. Tellement... normal. Ont tellement trahi. Tellement déçu. N'ont pas été à la hauteur de leurs promesses. Se sont faits porter au pouvoir sur un programme qu'ils ont trahi dès le premier jour.

Depuis la claque de David Cameron et le fameux Brexit, - Britain Exit -, ça dépote, mon pote, Sarkozy, Juppé, Hollande, Renzi, ça valse à donf.

Malentendu, quelqu'un a cru entendre "Ça Valls" et voilà, n'en jetez plus, honni soit qui mal y pense, ça nous fait un candidat de plus qui entre dans la danse. Ça valse sec, c'est sûr. La conquête du pouvoir motive, avec ou sans leitmotiv.

Le peuple, ou plutôt cette moitié de peuple qui se fait encore un devoir d'aller voter, a toujours le pouvoir de se révolter. Tu te dis que, toujours, tout est toujours possible. Le pouvoir de dire NON, c'est la forme supérieure du pouvoir.

La vraie vie toujours peut rebattre les cartes et redonner le tempo. Reprendre en mains son destin.

Tu n'imaginais même pas ça dans un film politique, même pas dans un film de Costa Gavras, tu sais, l'auteur de " Z ", ce film  qui t'avait fait follement aimer la politique. L'action politique. Qui t'avait fait te sentir Citoyen, pour la première fois de ta vie. Qui t'avait transmis ce sentiment curieux d'appartenir à la Cité.

 

" Z " de Costa Gavras et " Le mani sulla città " de Francesco Rosi. Ta véritable éducation de Citoyen. Tes fondations. Tes "bases" à tout jamais.

 

 
  
  
  
 

 

  
  
  

 

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