Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 22:08
Amiens. 71, rue Vascosan. Février 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 71, rue Vascosan. Février 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

PAGE  3

                                              JE ME SOUVIENS D'AMIENS

 

 

 

PAGE  4 --------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

                                                      DU MÊME AUTEUR

 

 

Du côté de chez Shuang, roman, Le Castor Astral, 2013.

 

Renaud raconté par sa tribu, biographie, avec Thierry Séchan, L'Archipel, 2006.

 

Oublie pas 36, roman, Le Castor Astral, 2006.

 

Renaud, biographie, Librio Musique, J'ai Lu, 2004.

 

Rue du Pré aux Chevaux, roman, Le Castor Astral, 2003.

 

Verlaine avant-centre, roman, Prix Tristan-Bernard, Le Castor Astral, 2001.

 

Les Gants d'Andersen, nouvelle, éditions du Sansonnet, 1998.

 

 

 

PAGE  5 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

                                                      JEAN-LOUIS CRIMON

 

 

 

 

                                                  JE ME SOUVIENS D'AMIENS

 

 

                                                    

 

                                                       LE CASTOR ASTRAL

 

 

PAGE  6 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

                                              JE ME SOUVIENS D'AMIENS

                                                est le mille... ème ouvrage

                                                publié par Le Castor Astral.

 

 

 

 

                                                   www.castorastral.com

 

 

                                     Cet ouvrage a été publié avec le soutien

                                                   de la Mairie d'Amiens.

 

 

 

 

                                          Le Castor Astral 2017

                                          53, rue Carnot - 33130, Bègles (F)

                                          ISBN ...

 

 

Partager cet article
Repost0
2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 00:02
Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon.

Amiens. Nov. 2016. © Jean-Louis Crimon.

                                                                        

                                                                         4

Je me souviens d'Amiens-Cathédrale et des trois mondes de Notre-Dame. La Nef, réservée aux fidèles, symbole du monde souffrant, le Chœur, réservé au Clergé, incarnation du monde priant et enfin, les voûtes élevées le plus haut possible, métaphore du monde céleste. Sainte Trinité des trois mondes désormais incompréhensible aux Amiénois d'aujourd'hui.

 

                                                                         5

Je me souviens de Manon Lescaut, premier vrai roman de la littérature moderne. J'aime surtout ce moment où l'Abbé Prévost fait dire à Des Grieux, dans le françois de de ce temps-là : "J'avois dix-sept ans et j'achevois mes études de philosophie à Amiens, où mes parents, qui sont d'une des meilleures Maisons de P... m'avoient envoyé. " P... pour Picardie, bien sûr.

 

                                                                          6

Je me souviens de l'Escalier de l'Ange d'Or, là précisément où la rencontre entre Manon et son futur amoureux a eu lieu. Manon, originaire du petit village de Coisy, au nord d'Amiens, et Des Grieux, jeune homme romantique que Manon va séduire et pervertir. Pour le meilleur et pour le pire.

 

                                                                           7

Je me souviens ed' Chés Cabotans d'Amiens, petit théâtre de marionnettes avec Ch'Lafleur, Sandrine et T'chiot Blaise, Françoise Rose, Jacques Auvet et Jean-Bernard Dupont, si bien à leur aise dans cette langue picarde si truculente et tellement vraie.  

 

                                                                           8

Je me souviens d'Auguste Perret et de la Tour qui porte son nom, cierge en béton pour tutoyer de sa prière païenne la flèche de Notre-Dame.

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 16:37
 
 
A Georges Perec
et
A Joe Brainard,
 
sans qui
ce "Je me souviens d'Amiens"
n'aurait jamais vu le jour.
Partager cet article
Repost0
1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 00:07
Amiens. Tour Perret. Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Tour Perret. Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                            1

Je me souviens de tout, je me souviens de rien, je me souviens d'Amiens. Amiens, c'est tout ou rien.


                                                                            2

Je me souviens de l'Ange Pleureur, frangin, sans rire, de l'Ange au Sourire. La Cathédrale de Reims, tout sourire, la Cathédrale d'Amiens, tout en pleurs de pluie. Blasset, c'est juste une larme que l'Ange essuie.

                                                                            3

Je me souviens d'Amiens chagrin, d'Amiens chagrine, Amiens au goût étrange et sensuel de pluie fine.

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

 

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 18:51
Amiens. Pierre l'Ermite. Place Saint-Michel. Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Pierre l'Ermite. Place Saint-Michel. Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher piéton incrédule,

 

Dans le contre-jour du soir, l'homme terrifie encore, mais son appel à la croisade t'indiffère. Qui ne croit pas au Paradis ne craint pas l'Enfer. Ni ne tremble face à la menace de la divine colère. Pour celui qui n'a pas la foi, croire au ciel n'est qu'une inversion de préoccupations très terre à terre.

A première vue, rien de commun entre le photographe et le prédicateur. A y regarder d'un peu plus près, une jolie parenté les rassemble. En apparence seulement. C'est un fait : tous deux cherchent la lumière.

Le photographe n'a pas peur du soleil. Au contraire, il en use, il en ruse et s'en amuse. Pour mieux silhouetter le sujet ou le personnage. A son avantage. Le soleil rasant du soir est un compagnon intarissable. Un bavard jamais sans ressource.

Ton regard s'en va boire le dégradé de gris jusqu'à la lie car tu sais que le gris s'en va finir sa vie tout en noir.

Statue, stature. Posture ou imposture. Plus de neuf cents ans déjà que l'Ermite prénommé Pierre, a secoué la terre, pour lever la croisade des pauvres gens. Pierre d'Amiens ou Pierre d'Achères, plus connu sous l'identité de Pierre l'Ermite ou L'Hermite. Pierre qui prit la tête de la croisade dite des pauvres gens en... 1096. Il y a, mais oui, très précisément 920 ans.

En ce temps-là, on croit, dur comme fer, aller à Jérusalem pour livrer le combat final et instaurer le Royaume de Dieu sur la terre. Pierre l'Ermite sera ce prédicateur fanatique qui, par ses harangues, met en marche ces masses de miséreux vers la cité sainte. Massacrant tout au long du chemin ceux qui ne croient pas comme eux.

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Guibert de Nogent, l'un des plus fiables des chroniqueurs du temps, raconte :

 

"Nous le vîmes parcourir les villes et les villages et prêcher partout. Le peuple l'entourait en foule, l'accablait de présents et célébrait sa sainteté par de si grands éloges que je ne me souviens pas que l'on ait jamais rendu pareils honneurs à toute autre personne... En tout ce qu'il faisait ou disait, il semblait qu'il y eût en lui quelque chose de divin ; en sorte qu'on allait jusqu'à arracher les poils de son mulet pour les garder comme reliques."

 

Le succès de Pierre l'Ermite est indéniable. Dès l'annonce de la marche sur Jérusalem, par centaines, par milliers, des petites gens quittent tout pour suivre cet homme inspiré. Partout où Urbain II n'a pu lui-même faire lever la moisson, Pierre l'Ermite prêche. Inlassablement. Et la troupe de fidèles exaltés, depuis le Berry, de grossir toujours plus. Si le pape a donné rendez-vous aux hommes d'armes le 15 août 1096 au Puy, le départ des humbles est fixé au 8 mars. Les chroniques locales rapportent qu'on vit "des pauvres ferrer leurs bœufs à la manière des chevaux, les atteler à des chariots à deux roues  sur lesquels ils chargeaient leurs minces provisions et leurs petits enfants, et qu'ils traînaient ainsi à leur suite".

 

La Moselle franchie, l'équipée atteint Trèves. Le 12 avril 1096, Pierre l'Ermite et sa caravane de loqueteux entrent dans Cologne. Cap est mis bientôt par les routes d'Europe centrale vers les Balkans et la mystérieuse Constantinople, fascinante et inquiétante pour des chrétiens romains tout juste coupés officiellement de leurs frères orthodoxes (1054).

 

La confrontation à des communautés inconnues, doublée d'une exacerbation des passions et de l'impatience à en découdre avec des infidèles, conduit cependant très vite à des drames. Au nom du Christ. Dans ses Chroniques hébraïques, Solomon bar Simson rapporte ainsi : "En passant par les villages où il y avait des juifs, ils se disaient l'un à l'autre : "Voici que nous marchons par une longue route à la recherche de la maison d'idolâtrie et pour tirer vengeance des Ismaélites, et voici les Juifs dont les ancêtres le tuèrent et le crucifièrent pour rien, qui habitent parmi nous. Vengeons-nous d'eux d'abord, effaçons-les du nombre des nations."

 

La fureur sacrée tourne à la soif de purification de la foi par le sang versé en son nom. Décimant une communauté particulièrement florissante, le pogrom de Rouen, le 26 janvier 1096, est bientôt connu par les croisés qui s'en vantent mais plus vite encore par les juifs de France qui alertent leurs frères allemands, leur suggérant, pour éviter le même sort, de donner aux croisés vivres et argent. Aussi, lorsque Pierre et ses hommes quittent Cologne le 20 avril pour la frontière hongroise, on ne déplore aucun excès criminel, sans qu'on puisse évaluer au prix de quel substantiel dédommagement.

 

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

En 1854, Lamartine refusera d'assister à l'inauguration de la statue d'Amiens. Le poète, célèbre pour avoir célébré Le Lac, - bien avant Julien Doré ! -, avait aussi et surtout, en vrai républicain, de fortes convictions politiques. Pour argumenter sa volontaire absence amiénoise, Alphonse de Lamartine déclara :

"Je considère Pierre l'Ermite comme un derviche chrétien conduisant l'Europe en aveugle à la perte de son temps, de son sang et de son bon sens.

"Rien de beau hors de l'humanité, rien de vrai dans le fanatisme."

 

Paroles plus que jamais d'actualité, mais qui saurait aujourd'hui invoquer Alphonse de Lamartine ?

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 20:13
Amiens. Jardin de l'Evêché. 19 Déc. 2016. 17:10. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Jardin de l'Evêché. 19 Déc. 2016. 17:10. © Jean-Louis Crimon

Cher rêveur impénitent,

 

Tu marches vers l'hiver et tu as la tête à l'envers. Tu rêves de printemps. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Une coccinelle, si. Ça t'amuse, ce ciel qui ruse et la lumière du soir qui hésite encore à se couvrir d'or. Bête à Bon Dieu dans le jardin de l'Evêché. Un comble. Une provocation. Faut-il y voir un signe ? Clin d'œil d'un plaisantin pèlerin. D'un bedeau malicieux. Il y a cieux dans malicieux.

 

Tu connais la légende. Au Moyen Âge, un homme accusé d'un crime qu'il n'a pas commis doit être décapité. Mais lorsqu'il pose la tête sur le billot, une coccinelle se pose sur son cou. Le bourreau tente de l'éloigner mais la coccinelle revient obstinément se poser sur le cou qui doit être coupé. C'est alors que le roi, Robert II le Pieux, y voit une intervention divine et décide de gracier l'homme. Ce jour-là est née l'expression « beste de bon Dieu ».

La coccinelle consacrée "porte-bonheur". Qu'il ne faut surtout pas écraser. Le vrai meurtrier, lui, aurait été finalement retrouvé quelques jours plus tard.

 

© Jean-Louis Crimon

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 15:09
Amiens. Courrier Picard. Août 1979. © Gérard Crignier.

Amiens. Courrier Picard. Août 1979. © Gérard Crignier.

Cher épistolier fou à lier,

 

Dix jours. Dix jours pour être au 31. Pour être au 31 Décembre. Dernier jour de l'année 2016. Dernier jour de l'année et dernière lettre. Dix jours et dix lettres. Pour aller au bout de ton incroyable défi. T'écrire à toi-même une lettre chaque jour de cette année qui plus est bissextile. 366 lettres. 366 lettres à toi-même. Jusqu'au 31 Décembre. Dernier jour et dernière lettre. Des esprits chagrins ou sincèrement tristes, vraiment attristés, te feront remarquer que tu en as manqué quelques unes ou que le facteur blogueur - blagueur aussi sans doute - a dû en route égarer quelques unes de tes numériques missives, comme ça arrive, de temps à autre, au facteur des vraies lettres de la vraie vie. Ce facteur éclectique qui circule désormais... électrique.

 

Tu relis ce que "tu" t'écrivais, le 31 Décembre dernier, dans cette première lettre à... "toi-même" : 

" Je me demande à quand remonte ma dernière lettre reçue. La dernière enveloppe à mon nom et à mon adresse déposée dans ma boîte aux lettres par le facteur de mon quartier. En ces temps SMS, Texto, Twitter, Instagram, Whatsapp ou autre Snapchat, recevoir une lettre, une vraie lettre avec un vrai timbre, une vraie lettre avec une belle adresse manuscrite, une lettre qui ne soit pas missive EDF ou ENGIE, relance de facture impayée ou harponnage commercial, relève du miracle. Comme je ne crois pas aux miracles, j'ai cette fois vraiment décidé de m'écrire à moi-même. Une lettre par jour. La première datée du premier jour de l'année. On y est. J'y suis.

Problème : vais-je me dire "Cher vous" ou "Cher toi" ? Vais-je me tutoyer ou pas ? Ou bien dois-je m'écrire simplement comme on écrit à un ami ? Pour lui souhaiter, par exemple, Happy New Year. Même si, comme Gramsci, j'ai une sainte horreur du rituel obligé du Nouvel An. Antonio Gramsci qui écrivait il y a exactement 100 ans : "Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c'est pour moi la nouvelle année. C'est pourquoi je hais ces Nouvel An à échéance fixe qui font de la vie et de l'esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l'exercice à venir."

2016. Nouvelle année. Une année 2000, mais une seize. Seize qui rime avec A 16, l'autoroute pas loin de chez moi, même si je garde une inoxydable préférence pour les chemins de traverse. Seize qui rime avec ascèse, mode de recherche personnelle qui n'est pas pour moi. Même si donner un sens à sa vie passe par un cheminement intérieur et une forme d'exigence morale.

Gramsci encore : "Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour."

 

En ce siècle toujours débutant où l'on a cessé de s'écrire de "vraies lettres", décider de s'écrire, chaque jour, une lettre qu'on s'adresse à soi-même, tient sans doute d'une folie particulière, une folie douce qui se faufile en douce. Manière de revisiter le journal intime sans le "Je". Même si le "Je" se cache ou se couche, ou se lit, bien sûr, aussi dans le lit du "Tu".
 

 

Une certitude en tout cas, tu touches au but, sinon au port, et tu repenses très fort à ce 31 Décembre 2015 où tu t'es lancé ce défi absurde de t'écrire chaque jour, chaque matin ou chaque soir, une lettre à toi-même, parce que tu ne supportais plus ta boîte aux lettres désespérément... vide.

356 lettres plus loin, - preuve que ça n'était pas en vain -, tu te dis qu'arrive bientôt - mais oui - le temps de te... relire.

 

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 09:31
Paris. Bruno. 2012. © Jean-Louis Crimon.

Paris. Bruno. 2012. © Jean-Louis Crimon.

Cher toi qui a la chance d'avoir un toit,

 

Ta radio, en ce matin du premier jour de l'hiver, s'intéresse soudain à ceux qui sont dehors. On leur offre des radios, dérisoire réconfort. Même si, à sa façon, la radio, ça tient chaud. Place de La République à Paris, la colère d'Augustin Legrand - (" On fabrique des sans-abris tous les jours ") -, te rappelle tes propres mots, sur ton Blog, il y a tout juste... quatre ans.

 

Premiers froids.  Première gifle de l'hiver. Histoire de nous ramener au réel. Le réel, c'est quand il gèle. Quand ça pèle. Alors, on prend conscience. De la dureté des temps. De la froideur des nuits. C'est vrai, on avait oublié. Pourtant, celui qui dort dehors... dehors, il y dort aussi en été. Je sais, l'été, c'est pas pareil. C'est connu : La misère au soleil...

Dormir dehors. Mourir de même. La radio t'annonce le premier mort de l'hiver. A peine si ça t'étonne. On est encore en automne. Mourir dans la rue. Mourir sur le trottoir. Comme si c'était naturel. Normal. Banal. Les vendanges de la mort. Chaque année, la même rengaine. Quand le froid dégaine, dehors, c'est mortel. Le froid est un bandit cruel. Le bandit n'est pas manchot. L'oubliez pas, vous qui êtes au chaud.

Pensez à ceux qui ont froid. Qui meurent de froid. Tellement que, parfois, souvent, ils en meurent vraiment. Pensez à ceux qui vivent et s'endorment dehors. Ceux que l'hiver embrasse. Baiser de la mort. Sur des lèvres déjà bleues. Des lèvres déjà froides. Pour n'avoir pas trouvé un peu de chaleur. De chaleur humaine. Chaleur d'autres lèvres. Chaleur d'une bouche. Bouche à bouche salvateur. Du bout des lèvres, ils vous l'avouent : leur malheur, c'est d'abord manque de chaleur.

Unique réconfort de celui qui vit dehors : la chaleur... d'une bouche... de métro.  

 

Quatre ans plus tard, tu peux exactement écrire les mêmes mots. Rien n'a changé. Ou plutôt si : on dirait que ça empire.

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 14:35
Paris. Audience du 12 décembre 2016. © Martin BUREAU / AFP

Paris. Audience du 12 décembre 2016. © Martin BUREAU / AFP

Cher justiciable impuissant et misérable...

 

Ce matin, tu te demandes vraiment à quoi pense celle qui se croit au-dessus des lois ? Quelle arrogance ! Quelle insolence ! Quelle suffisance ! Ne s'est même pas déplacée pour entendre le jugement.

 

Ainsi donc la Cour de justice de la République a rendu son verdict, quant au rôle de Dame Lagarde dans l'arbitrage Tapie. Tout en la condamnant pour « négligence », la CJR a mis en avant sa « réputation nationale et internationale » pour justifier sa clémence. L'ancienne ministre de l'Economie a été jugée « coupable de négligence », mais a été dispensée de peine. Cette décision ne sera pas mentionnée dans son casier judiciaire. Remarquable, non ?

 

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), retenue, selon son avocat, « pour des raisons professionnelles », à Washington, n’est pas venue assister à la lecture de l’arrêt. Elle risquait jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende.

La cour a considéré qu’elle avait agi avec négligence en autorisant en 2007 une procédure arbitrale avec Bernard Tapie pour "solder" son litige avec l’ancienne banque publique Crédit lyonnais. Cet arbitrage avait attribué 400 millions d’euros à l’homme d’affaires.

 

Au printemps dernier, un sans-abri qui avait commis un vol alimentaire, chez une habitante de Figeac, un paquet de riz, des pâtes et une boîte de sardines, a été, lui, condamné à deux mois de prison ferme.

Lors de son procès, le sans-abri avait déclaré, pour sa défense : “J’avais faim. Je n’ai rien pris d’autre. C’était un vol par nécessité.”

Deux mois ferme.

 

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir

 

Jean de la Fontaine avait prévenu, prévenu... les prévenus.

 

Partager cet article
Repost0
19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 14:37
Amiens. Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Déc. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher amiénois démasqué,

 

Tu n'en reviens pas. Cette ville est un village. Un vrai village. Ce mini bus électrique, - dix sièges à peine, et encore si l'on compte les deux strapontins -, c'est une cuisine, un salon. Un havre de paix. Un endroit convivial. Familial. On s'y parle. On se salue. On se sourit. A peine as-tu composté ton billet qu'un homme à la barbe blanche, assis au premier rang, - siège du copilote carrément -, t'interpelle élégamment. Restitution du dialogue impromptu :

 

- Monsieur, vous êtes Journaliste au Courrier Picard ?

- Oui, Monsieur, enfin... j'étais. Il y a quelques années. J'ai dû quitter le journal il y a plus de... 30 ans, en 82 ou 83. En 1982 ou en 1983. Dans l'autre siècle.

- Vous n'avez pas changé !

- Si peu, Monsieur, si peu... Sans nous faire offense, suis devenu, moi aussi, presque... vieux.

- Vous aviez écrit un article sur le cordonnier de la Rue Saint-Maurice...

- Quelle mémoire, Monsieur !

- Ma femme et moi, nous avions beaucoup aimé votre article. Nous l'avions découpé et gardé.

- Un livret militaire vendu 1 franc, m'en souviens très bien, moi aussi. Je l'avais acheté. Je trouvais indécent que l'histoire de cet homme que je ne connaissais pas, finisse comme ça, sur un mètre ou deux de trottoir. Un soir de vide-greniers, dans l'indifférence générale...

- Nous habitions la rue Saint-Maurice et nous l'aimions bien ce cordonnier.

- Cet article doit remonter au début des années 80. Oui, Réderie d'Avril, je crois. 1980 ou 1981.

- C'était un bel article. On y apprenait des petites choses sur la vie de cet homme...

- J'ai surtout en mémoire la chute du papier, la dernière phrase : Qui racontera jamais l'histoire de Jules-Léopold Longchamp ?

- Oui, s'appelait Longchamp, Jules Longchamp, notre cordonnier. Paix à son âme. Doit être mort depuis longtemps.

 

L'homme a laissé passer la Rue Beauregard, la bien nommée, pour demander l'arrêt suivant. Il t'a gratifié d'un beau sourire avant de descendre. Un sourire lumineux. Toi, tu n'en es pas encore revenu. Trente-cinq ans dans la vue.

Le Bus s'appelle "Cœur de Ville". Touché plein cœur dans le "Cœur de Ville". Un homme se souvient d'un article que tu as écrit il y a... 35 ans.

Grandiose.

Les mots simples sont longtemps vivants dans le cœur des gens.

 

Preuve que dans ce quotidien faussement dérisoire, sur l'essentiel, le temps n'a pas prise.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens