Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 15:41
Amiens. Octobre 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Octobre 2016. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

                                                                        326

Je me souviens du temps où je vais à l'usine à pied et où je compose mes poèmes au rythme de mes pas. Il pleut, il neige, m'est venu comme ça, en plein été, à la fin du mois d'août. Il pleut, il neige / Les flocons font la pluie beige / Flocons fondants, flocons fondus / A la pluie confondus, Pour un hiver qui hésite / A déjà prendre la fuite...

 

                                                                         327

Je me souviens de : Matin blême, café crème, deux qui s'aiment, mais quand même...

 

                                                                         328

Je me souviens de :Tu sais très bien qu't'as beau traîner de bar en bar, il est encore trop tôt pour être en retard.

 

                                                                         329

Je me souviens du tandem Darras-Foujols. Un poète, un photographe, pour un recueil au titre volontairement provoquant : Vous êtes en Picardie. Géomètres-arpenteurs des cadastres intérieurs, cadrage / décadrage, pour échapper à l'injonction autoroutière.

 

                                                                         330

Je me souviens de mon Art poétique : "Un poing au cœur de chaque phrase, et le brandir bien haut. Oui, un poing. Un poing, c'est tout."

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 00:30
Amiens. Saint-Leu. 9 Juin 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Saint-Leu. 9 Juin 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                      321

Je me souviens des arbres de la rue Saint-Honoré après le passage des élagueurs et de la façon dont j'ai noté la chose dans mon journal : " Ce soir, les arbres ont d'étranges airs de crucifiés, à n'en pas finir de tendre leurs maigres bras vers ce ciel bâtard que la nuit tarde à clouer d'étoiles."

 

                                                                      322

Je me souviens du jardin de l'évêché, an de grâce 1625, théâtre de tendres ébats amoureux entre la reine Anne d'Autriche et le duc de Buckingham. Louis XIII en Ménélas. Le duc de Buckingham dans le rôle de Pâris, fils de Priam, roi de Troie, et Anne d'Autriche dans la peau d'Hélène. Pâris, de passage à Sparte, séduisit Hélène et l'enleva. L'emportant vers Troie. Apparemment, le duc de Buckingham laissa la reine au roi. 

 

                                                                       323

Je me souviens que Marguerite Yourcenar ressemblait étrangement à ma Tante Laure. Dommage, vraiment, qu'elles ne se soient jamais rencontrées, la Dame du Mont-Noir et l'alerte centenaire de Contay.

 

                                                                       324

Je me souviens de la Méridienne Verte de juillet 2000. Randonnée cyclotouriste sur les traces du mètre et dans les pas de Delambre et Méchain. Randonnée commémorative à réaliser en six jours ou en six ans. Six ans, le temps que Delambre et Méchain ont mis pour mesurer le méridien de Paris.

 

                                                                        325

Je me souviens de ce professeur d'Histoire pour qui le mètre et le système métrique décimal sont sans doute, avec la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, un des plus importants héritages de la Révolution Française.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 00:00
Amiens. 1978. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 1978. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                          316

Je me souviens de la Maison du Sagittaire, la plus belle du Vieil Amiens, avec ses quatre figures de femmes drapées qui caressent des oiseaux.

 

                                                                          317

Je me souviens des faubourgs qui entourent la ville ancienne, de ceux qui ont reçu le nom de la route qui les traverse - faubourg de Beauvais, faubourg de Noyon -, comme de ceux qui ont pris le nom des petites communes rurales qu'ils ont absorbées, La Neuville ou Montières.

 

                                                                          318

Je me souviens que dans les faubourgs habitaient les trois quarts de la population amiénoise, surtout les ouvriers et les ouvrières des grandes industries locales : industries textiles et leurs ateliers de teinture, bien sûr, mais aussi industries métallurgiques et chimiques.

 

                                                                          319

Je me souviens des six mille femmes qui sont, à domicile, culottières, giletières ou vestonnières. Elles vont, chaque matin, chercher à la maison qui les emploie, les pièces coupées, pour les assembler, et rapportent le soir les vêtements achevés.

 

                                                                           320

Je me souviens des charmes de Samarobrive, la Petite Venise, tendrement enlacée par les onze bras de la Somme.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 00:00
Amiens. 29 Janvier 2016. Watson au Gaumont. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 29 Janvier 2016. Watson au Gaumont. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                         311

Je me souviens de l'inauguration du Bois Codevelle, rue Saint-Fuscien, dans le cadre de la journée nationale de l'Arbre.

 

                                                                         312

Je me souviens de Paul Watson au Gaumont et de son SOS : "Si l'océan meurt, nous mourrons". Watson, le marin, le poète, le héros de la bataille contre les baleiniers, invité de Jean-Bernard Grubis et de L'audacieux Magazine.

 

                                                                         313

Je me souviens de Jules Verne et de sa lecture faite à l'Académie d'Amiens, en ouverture de la Séance publique annuelle du 12 Décembre 1875. Lassé des discours classiques, Jules Verne décide d'offrir à son auditoire le récit d'une aventure personnelle, une balade rêvée dans Une Ville idéale en l'an 2000. Bien sûr, même si cette ville n'existe pas, pas encore, c'est d'Amiens qu' il s'agit.

 

                                                                         314

Je me souviens du jour où j'ai trouvé, dans les allées de gravier du parc de Saint-Acheul, mon premier morceau de bois pétrifié. Ce petit bout de bois devenu pierre, c'était fascinant pour mes 10 ans.

 

                                                                         315

Je me souviens de la Maison de l'Homme à trois têtes.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 00:02
Jean Moulin. © DR.

Jean Moulin. © DR.

 

 

 

 

                                                                          306

Je me souviens de la chanson qu'ils chantaient : "Ch'est demain nou fête, El' fête éd' Saint-Germain, Saint-Germain coucous, Paroisse ed' chès fous..."

                                                                

                                                                          307

Je me souviens de l'élection, au Moyen-Âge, chaque 1er janvier, du "Prince des Sots", aussi appelé le "Pape des fous". Maître des jeux et des fêtes, il était reçu par le mayeur, le maire, qui participait au Banquet offert par le Pape des fous, en apportant du vin.

 

                                                                          308

Je me souviens que les fous -fantastique époque- avaient le droit de pratiquer à volonté la moquerie et le quolibet. Les fous pouvaient très bien dénoncer les mariages qui leur semblaient mal assortis et les adultères.

 

                                                                          309

Je me souviens de Jean Moulin, secrétaire général de la préfecture d'Amiens, en Juillet 1934. Sera amiénois jusqu'en 1936, année où il devient chef de cabinet de Pierre Cot, ministre de l'Air, dans le gouvernement de Léon Blum. Jean Moulin va vivre ses années amiénoises dans une pension de famille de la rue Cozette, au dessus du Cirque municipal..

 

                                                                           310

Je me souviens que lorsque je descends la rue Delpech vers le centre ville, il m'arrive de prendre la rue Latour, puis la rue Cozette, la place Longueville, jusqu'à la Préfecture et de penser que je mets mes pas dans les pas de Jean Moulin.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 00:20
Amiens. Rue Delpech. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

                                                                       

                                                                         301
Je me souviens de nos marelles estudiantines sur le bitume du trottoir, craie dérisoire, entre Terre et Ciel, à rêver d'essentiel. Même sans trop y croire.

 

                                                                         302
Je me souviens de la céramique de Montières, et d'une renommée défendue par un commerçant en vins, Désiré Borck, qui avait racheté une petite fabrique de poteries de ménage. Sa fille Renée, fascinée par l'exposition d'Art Nouveau organisée à Amiens, en 1912, donnera l'impulsion décisive.

 

                                                                         303

Je me souviens de la lecture de Rase campagne de Francis Demarcy. Editions Vague Verte. Un roman où l'on se dit que l'écriture, c'est vraiment ce qu'il y de mieux à faire dans une vie.

 

                                                                         304

Je me souviens de ma balade préférée dans le vieux quartier Saint-Leu, entre le port d'Aval et le port d'Amont. Saint-Leu, cœur historique de la cité, et avant tout, pour toujours, Pont-sur-la-Somme, autrement dit, Samarobriva. En celte ou en gaulois.

 

                                                                         305

Je me souviens de Saint-Germain Coucou, fête ed'chès fous. Les jeunes gens du quartier Saint-Germain portaient des primevères à la boutonnière. Des coucous.

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 00:00
Amiens. Quai de la Somme. ESIEE. © DR.

Amiens. Quai de la Somme. ESIEE. © DR.

 

 

 

                                                                            296

Je me souviens, quai de la somme, de l'architecture surprenante de l'ESIEE. L' École supérieure d'ingénieurs en électronique et électrotechnique d'Amiens que tous les Amiénois ou presque appellent la "Soucoupe volante".

 
 

                                                                            297

Je me souviens du bibliothécaire de la Bibliothèque Municipale qui chuchotait en permanence ses conseils de lecture, avec une rare délectation. La délectation de celui qui sait toutes ces choses que vous, vous ne savez pas, et qui adore vous mettre sur la voie.

 

                                                                            298

Je me souviens de Bernard Douzenel, prof de lettres et d'arts plastiques, génial acteur du Carquois dans La Cruche cassée. Der zerbrochene Krug, comédie écrite en 1808 par l'auteur allemand Heinrich von Kleist.

 

                                                                             299

Je me souviens de L'Eclat de Verre, 73, Boulevard du Cange.

  

                                                                             300

Je me souviens de Théo Gosselin, étudiant photographe, et du conseil de son professeur de l'Esad, Ecole d'art et de design d'Amiens : Fais ton sac et pars faire le tour du monde. Redoutable conseil. Suivi à la lettre. Désormais, ce sont les photos de Théo qui font le tour du monde.

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 00:00
Amiens. Quartier Saint-Leu. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Quartier Saint-Leu. Janvier 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

 

                                                                           291

Je me souviens de l'Opération Jéricho.

 

                                                                           292

Je me souviens de "Comme l'eau qui goutte à goutte tombe du toit ", mon premier poème, en classe de troisième, avec cette "géniale allitération en t", -dixit ma prof de français, qui peinait à nous convaincre de l'intérêt des sifflantes du fameux "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes". Mon "gouttagouttetombedutoit" tutoyant l'incontournable racinienne prouesse en "s". Andromaque, Acte V, scène 5. Trop drôle.

 

                                                                            293

Je me souviens de mon ami Alain Cagnard me racontant, émerveillé comme l'enfant de 10 ans qu'il était alors, sa fascination pour le slogan publicitaire du Café Delaporte,14, quai de la Somme : "Autant boire ici qu'en face". Sûr, mieux vaut s'en jeter un, plutôt que d'aller se jeter dedans.

 

                                                                            294

Je me souviens des Bâtiments Bleus et de la Cité Brossolette.

 

                                                                            295

Je me souviens des noms des photographes du Courrier Picard  du début des années quatre-vingt : Jacky Almeda, Pierre Chardon, Gérard Crignier, Henri Duchêne, Roland Lécuyer, Bernard Tomasi, dit "Toto", et Claude Rawbone, le Chef du Service Photo.

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
27 septembre 2017 3 27 /09 /septembre /2017 00:00
Amiens. 25 Sept. 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 25 Sept. 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

 

                                                                             286

Je me souviens du jour où j'ai inventé le slogan le plus révolutio-ferroviaire qui soit : " Sans TGV, on va VGT."

 

                                                                              287

Je me souviens que Bernard Bocquillon signait souvent ses billets d'humeur et ses éditos BdB .

 

                                                                              288

Je me souviens - petit boulot d'étudiant proposé par le Crous -, avoir nuitamment agrafé aux feux rouges de toute la ville des affichettes du journal Détective sur le "Vampire vert d'Amiens".

 

                                                                              289

Je me souviens avoir passé deux heures en garde à vue à l'Hôtel de Police pour avoir photographié un agent en train de rédiger une contravention à une automobiliste mal garée. Une photo banale qui, pour moi, s'inscrivait parfaitement dans le cadre du stage que je suivais et dont le thème était "L'homme au travail". Le commissaire voulait me faire dire que j'étais un militant maoïste de La Cause du Peuple.

 

                                                                              290

Je me souviens d'Amiens capitale régionale, quand la région avait une identité, un nom, un centre, un cœur et de vrais poumons.

 

 

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0
26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 03:53
Amiens. Réderie de Printemps. Avril 2017. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Réderie de Printemps. Avril 2017. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

                                                                            281

Je me souviens d'un marché à réderies d'octobre où j'ai acheté un pied à coulisse et comment j'ai bluffé le vendeur en lui en expliquant le fonctionnement. Juillet, mon prof de Techno du Lycée Lamarck aurait été fier de moi.

 

                                                                             282

Je me souviens du "Bœuf sur le toit", route d'Abbeville, et d'un dîner d'après spectacle, avec Véronique Sanson et ses musiciens. Assis à sa droite, je me sentais un peu gauche.

 

                                                                             283

Je me souviens de L'Invention de la Picardie, revue inventée par Ivar Ch'Vavar, alias Pierre Ivart, né à Berck, poète immense, en picard ou en français.

 

                                                                             284

Je me souviens de l'Appel du 18 Juin. 18 Juin 1988. Marié par un Maire communiste et un Evêque Catholique. Pour le meilleur et pour le pire.

 

                                                                             285

Je me souviens  d'Amiens-Acheuléen et d'avoir prétendu, en bon Oulipien, que nos ancêtres préhistoriques se déplaçaient à vélo... silex.

 

 

 

 

 

© Jean-Louis Crimon / Le Castor Astral. 2017.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens