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2 juin 2018 6 02 /06 /juin /2018 22:01
Amiens. Le Cirque. Juin 2018. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Le Cirque. Juin 2018. © Jean-Louis Crimon

 

 

- C'est le Cirque !

- Je sais bien, c'est le Cirque. Je le connais bien. Il habite dans mon quartier. Ou moi dans le sien.

- Vous ne voulez pas comprendre. Quand je dis "C'est le Cirque !", je ne parle pas du Cirque !

- Z'allez pas en faire un Cirque !

- Je ne dis pas "C'est LE CIRQUE ! Je dis "c'est l'cirque !" Nuance ! 

- Nuancez, nuancez...

- C'est l'cirque, c'est l'cirque, me prenez pas pour un clown...

- ? ? ?

- C'est l'bordel, quoi, avec leurs travaux qui n'en finissent pas !

- BHNS, BHNS !

- BHNS, BHNS ? 

- Bus à Haut Niveau de Service !

- Bus à Haut Niveau de Sévices, oui, plutôt !

- Sévices, comme vous y allez !

- Sévices, oui, monsieur, car la ville nous fait souffrir ! nous persécute !

- La ville n'y est pour rien, elle souffre aussi, et peut-être plus que nous...

- La ville, traduisez… la municipalité !

- La municipalité, comme vous y allez…

- Oui, monsieur, parfaitement ! La municipalité ! Les élus, si vous préférez ! Autrement dit, pour être très clair et très précis : ceux qui nous gouvernent aujourd'hui ! et qui se croient tout permis !

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 19:42
Un père et son fils au jardin. 1952. © Juliette Crimon.

Un père et son fils au jardin. 1952. © Juliette Crimon.

 

La photo a plus de soixante-cinq ans. L'homme à la bêche, c'est mon père. Le petit môme avec son petit seau, c'est moi. Je dois avoir moins de trois ans. Deux ans et demi, sans doute. Mon père doit avoir la trentaine. Né en 1922, le 16 Mai 1922, si la photo date de 1952, mon père a tout juste... trente ans.

Selon le geste, la façon de tenir le manche de l'outil, je crois que nous plantons des pommes de terre. Chez nous, en Picardie, les pommes de terre, se mettent en terre, quand la terre a cessé d'être trop froide. Ce doit être avril ou début mai. C'est ma mère qui prend la photo. Elle a eu, d'instinct, l'idée de poser un genou en terre pour être au plus près de l'action. Ce qui évite d'écraser les personnages. Comme on le fait quand on prend la photo, debout, l'appareil à hauteur des yeux. Le petit enfant que je suis se trouve soudain grandi. A côté du géant qu'est le père. Le petit enfant devient un personnage important dans l'image. Tout est dans le cadrage. Les petites chaussures blanches et les chaussettes de l'enfant se retrouvent au premier plan, comme la terre et les souliers du père. Manque juste un regard. Mais le profil du visage du père est parfait. La minceur et l'élégance de l'homme, la façon dont les mains du travailleur manuel se saisissent de l'outil, ont la saveur exquise des images en noir et blanc des films d'autrefois. Cette perfection imparfaite du flou des instants que corrigera plus tard la netteté de la mémoire. 

 

Souvent, je pense à mon père, au temps où nous plantions des pommes de terre et au temps où on faisait le tour du village, en quête de travaux à faire. Mon père était le meilleur bêcheur à la ronde. Un jardin à faire, on lui faisait signe. Chaque soir de la semaine, il y avait un jardin différent à entretenir. Ne restait que le dimanche, pour notre jardin à nous.

 

Je relis Verlaine avant-centre. Chapitre 10. Page 117. J'aime beaucoup ce passage. Tout est dit et rien n'est dit. C'est beau et triste à la fois. Mais ce qui me rend triste éternellement, c'est de ne pas savoir si mon père a pu le lire avant de mourir ou pas. Si ça l'a fait sourire ou pas.

 

"Mon père pince la corde du cordeau comme une corde de guitare. Il tend l'oreille, écoute le son de la corde. Si l'accord est parfait, la corde bien tendue, on peut tracer la route, puis semer. Mon père laisse glisser les graines entre le pouce et l'index. Il ne faut pas semer trop dru. Mon père le sait. Il dit : qui sème trop dru récolte menu. Ensuite, on dame le sol avec le dos du râteau. Ça dessine de petits traits verticaux tout au long de la ligne semée. C'est beau à regarder comme un tableau de peintre abstrait. Un tableau peint au cordeau et au râteau, à même la terre. Dieu, s'il existe, sûr, c'est un esthète qui apprécie la peinture de mon père. En fait, mon père ne jardine que pour exposer les oeuvres qu'il ne prend pas le temps de peindre sur la toile et qu'il crée à fleur de terre, l'espace d'un dimanche matin, juste avant la messe."

 

 

Verlaine avant-centre. Le Castor Astral. 2001. © Jean-Louis Crimon 

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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 00:05
 Paris. 41, Quai de la Tournelle. Août 2010. © DR

Paris. 41, Quai de la Tournelle. Août 2010. © DR

 

 

Le quai de la Tournelle a ses familiers. Ses habitués. Ses fidèles. Souvent, deux ou trois fois par mois, un vieux professeur s'arrête à  hauteur de mes boîtes et prend plaisir à s'attarder dans le coin des livres de philosophie. Je le laisse fouiner à sa guise. Il adore prendre son temps. Je respecte sa quête silencieuse. Parfois, il rompt rapidement le silence. A propos d'un titre ou au sujet d'un auteur. Les petits "Que sais-je" des Presses Universitaires de France sont souvent prétexte à de belles discussions. Le vieux professeur a la nostalgie pédagogique. Il partage son savoir en même temps que ses souvenirs. Il adore Platon et vénère Socrate. L'autre jour, il m'a retracé les grandes lignes de la vie de Platon. La rencontre avec Socrate. La mort de Socrate. Bio express, mais passionnante. A vous donner envie de relire tout Platon. L'intégrale des dialogues. Toutes les oeuvres de Platon sont des dialogues. Sauf l 'Apologie de Socrate et les Lettres. C'est Socrate qui mène le jeu dans la plupart de ces dialogues. Ces dialogues sont de véritables petites comédies et le caractère des interlocuteurs de Socrate est à chaque fois habilement brossé, voire même parodié. Tourné en dérision. Dérision toute philosophique.

Platon est né à Athènes, probablement en l'an 427 av.J.-C. Platon appartient à une famille noble. Platon reçoit l'éducation physique et intellectuelle des jeunes gens de son époque. En 407 se produit l'évènement capital de la vie de Platon, un évènement qui vous change une vie : la rencontre avec Socrate. Socrate a alors 63 ans. Platon est âgé de 20 ans. Platon va suivre les leçons de Socrate pendant huit ans. Peu après la chute des Trente, les Trente Tyrans, Socrate est accusé par trois délateurs de ne pas croire aux dieux de la cité et de corrompre la jeunesse. Socrate est condamné à mort. Il refuse de s'évader et boit la ciguë en 399. Par peur d'être inquiété et poursuivi comme "élève du philosophe", Platon quitte Athènes et se réfugie dans une ville voisine : Mégare.

 

- Arrêtez, Professeur, je sens que je m'égare !

- Amusant, jeune homme ! Vous ne saurez donc pas la suite aujourd'hui ! Tant pis pour vous !

Craignant d'avoir fâché mon adorable interlocuteur, je le persuade que vraiment cette histoire de la rencontre de Platon et de Socrate me passionne autant que lui. Que j'aimerais être capable d'écrire sur le sujet. Pas un ouvrage de philo, non. Je n'en suis pas capable. Pas non plus un essai. Plutôt un roman.

Le vieux professeur semble, non pas déçu, mais désemparé. Il ne me suit pas. Pas du tout. Je le sens comme perdu.

 

A la fin, je lui dis : ça y est, Professeur,  je l'ai mon idée. Une belle idée. Une vraie idée de roman. Avec un titre. Un bon titre. Le titre, c'est "Socrate s'est évadé". Vous rendez-vous compte, monsieur le professeur de grec ancien, ce qui se serait passé si Socrate avait accepté de s'échapper. Comme un de ses disciples le lui avait proposé. Si Socrate n'avait pas bu la ciguë. Le sort de la philosophie en eut été changé, non ? Le sort du monde pareillement. L'avenir de la démocratie aussi. Vous n'êtes pas d'accord ? Non, ne qualifiez pas d'absurde, mon raisonnement par... l'absurde.


Le vieux professeur est resté de longues minutes sans dire un mot. Perplexe, vraiment. Puis il m'a dit : faites-le, monsieur. Ecrivez-le. Ce roman insolent, ça peut être drôle. Mieux: précieux. Il faut parfois revisiter les vieux mythes. Tordre le cou aux idées reçues. Même en matière de philosophie.

J'ai souri. Le vieux professeur m'a souri aussi. Il est parti avec son petit Que sais-je au titre, pour lui, appétissant : "Platon et l'Académie". Jean Brun. PUF. 1960.

 

On fait de belles rencontres, n'est-ce pas, sur le quai ? On y tient de beaux dialogues. On y partage de beaux projets. Pleins d'idées. De belles idées. Des idées pleines d'idées...

Que sais-je encore ? 

 

 

"Journal du bouquiniste". 2011. © Jean-Louis Crimon 

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30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 10:58
France Culture. Journal de 22 heures. Saison 2008 / 2009. © DR

France Culture. Journal de 22 heures. Saison 2008 / 2009. © DR

 

Au départ, je suis professeur de philosophie. Maître Auxiliaire. A cette époque - (1977-1978) - à la fin de chaque cours, je lance à mes élèves cette fausse boutade, vrai principe de vie : " Entre Être et Avoir, ne vous trompez jamais d'auxiliaire, et vous pouvez me croire, moi qui suis Maître Auxiliaire ! "

 

Le 1er Juillet 1979, je deviens journaliste. Georges-Louis Collet, le Rédacteur-en-Chef historique du Courrier Picard, m'accueille dans son bureau de la rue Alphonse Paillat, et me met d'emblée à l'aise : "Paraît que vous savez écrire, montrez-nous ce que vous savez faire et surtout sentez-vous libre ! Je vous engage pour les deux mois d'été." Deux mois extraordinaires qui décidèrent de ma nouvelle vie. Deux mois qui durèrent près de quatre ans. Mille et un papiers sur mille et un sujets. L'apprentissage au quotidien, dans tous les sens du terme, du fascinant métier d'écrivain de reportages ou de chroniques. Ensuite, ce sera la radio, Radio France Picardie - un micro pour écrire avec la voix - puis France Inter et Copenhague, ESP au Danemark, Envoyé Spécial Permanent, pour tutoyer pendant trois ans les pays scandinaves et les pays baltes, et la Russie aussi, via Saint-Pétersbourg. Puis retour en Picardie pour diriger cette Radio qui m'avait, dix ans plus tôt, accueilli comme pigiste. Enfin, France Culture, où je boucle cette année 2009 l'aventure commencée en 79, en présentant, chaque soir à 22 heures, du lundi au vendredi, le journal de la nuit. 

 

De ce périple de 30 ans au pays des Médias, je garde deux ou trois certitudes et une foultitude de questions. Pour faire court - la règle du métier - je me borne ici aux certitudes :

 

Un : je confesse un faible définitif pour un journalisme qui dérange, qui prend l'actualité à contre-pied, qui rebondit, qui choisit et qui sait dire non aux sirènes de la Com', la Communication, souvent brouilleuse et embrouilleuse de pistes.

Deux : je suis pour un journaliste à la fois observateur, interprète et narrateur de la réalité. Sans jamais oublier cette réalité première : les faits sont têtus et ne se soumettent qu'à la question.

Trois : pas de pertinence sans impertinence, regard critique oblige. Avant de vous tirer ma révérence, je suis - définitivement - pour un journalisme irrévérencieux.

 

Quant à la recherche de la vérité, la quête et l'enquête, choisir là encore les chemins humains : non pas "couvrir" mais "découvrir", non pas "assurer la couverture", mais prendre le parti de "la découverte". Enfin, pour la sacro-sainte objectivité, ne jamais oublier que nous sommes tous des sujets, et que nous ne produisons rien d'autre que du "subjectif".

Moralité : cette objectivité journalistique que certains voudraient nous imposer est un leurre, une illusion. La vérité de la Presse ne sera jamais une vérité scientifique, d'ailleurs toute relative elle aussi, mais une vérité humaine, c'est à dire toujours imparfaite et toujours à parfaire. 

Résolument, je persiste et je signe : je suis à tout jamais pour l'imparfait du subjectif. 

 

Jean-Louis Crimon, carte de presse n° 45785. 

 

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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 16:56
Saint-Souplet-sur-Py. Marne. Début des années 1980. © Juliette Crimon

Saint-Souplet-sur-Py. Marne. Début des années 1980. © Juliette Crimon

 

 

Quand je regarde les mains de mon père

Je me dis que ces mains là

Sont toutes les leçons de philosophie

Que je cherchais en vain dans les livres…

 

Quand je regarde les mains de mon père

Je me dis qu'elles sont aussi

Le prix des peines acceptées

Et des révoltes contenues

 

Parfois je les vois deux poings forts

Capables de frapper la tête des gouvernants

 

Mais quand je regarde les mains de mon père

Je vois que les poignets sont encore rouges

Des chaînes qu'il lui a fallu porter

Et je  me demande sans comprendre

Pourquoi il n'aspire qu'à se taire

Et comment il a pu tant accepter

 

Je sens qu'au fond de moi la révolte gronde

Je sais pourquoi je veux la fin du vieux monde

 

Alors que mon père me pardonne

De ne pas seulement rêver de liberté

 

Alors que mon père me pardonne

S'il apprend qu'un fils d'esclave s'est révolté.

 

 

Jean-Louis Crimon

(La chanson amère)

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 09:44

 

 

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Paris. Rue Gros. Octobre 2012.                                                                  © Jean-Louis Crimon                  

 

 

 

 

 

Feuille qu'automne endeuille

Vivants que mort effeuille

 

De vie à trépas

La faux n'hésite pas

 

Attention au faux pas

C'est son dernier repas

 

Cruel destin de feuille

Que vent trop froid accueille

 

Succombe au moindre écueil

Pour dormir sans cercueil

 

Qu'importe la saison

Mort a toujours raison

 

La mort toujours emporte

La vie qui prend la porte

 

       

Jean-Louis Crimon 

(La Chanson amère)

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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 14:43
Just Fontaine et Roger Piantoni. Coupe du Monde de 1958. © Jean-Louis Crimon

Just Fontaine et Roger Piantoni. Coupe du Monde de 1958. © Jean-Louis Crimon

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C'est L'Est Républicain qui, le premier, a donné l'information. Samedi 26 Mai 2018, à 15h25 : Roger Piantoni, partenaire de Raymond Kopa et Just Fontaine à la Coupe du Monde de 1958, est mort ce samedi, à l'âge de 86 ans, à l'Hôpital de Nancy. 

 

J'ai voulu relire tout de suite le petit mot qu'il m'avait adressé à la parution de Verlaine avant-centre. "Il me semble que vous êtes gaucher ! Est-ce que je me trompe ? "

Roger Piantoni s'était trompé, mais à moitié seulement, puisque ma mère, elle, était gauchère. De l'apprendre, ça l'avait fait sourire, le Pianto.

Dans la foulée, j'ai voulu relire les premières pages de mon petit roman rémois. Où Kopa, Piantoni, Fontaine, mon père et moi, on jouait la Coupe du Monde de 58.

 

 

Verlaine avant-centre, page 17 :

"Le bonheur de la victoire est de courte durée. En un instant, mes coéquipiers redeviennent de simples arbres fruitiers, et le grand stade de mes exploits un verger paisible. Ma mère a toujours les mots qu'il faut pour interrompre mes rêveries d'après-match : Piantoni, t'as fini ? Ton père t'attend pour aller tondre chez Debrie."

 

Verlaine avant-centre, page 20 :

" Ce soir, à nous deux, mon père et moi, on va jouer la Coupe du Monde. On sera Fontaine, Kopa et Piantoni. Et Pelé, et Garrincha, et Gilmar aussi. Ce soir, on révise le premier but de Fontaine. Mon père fait le passeur. Moi, je suis le marqueur. D'abord, on répète le mouvement, ensuite, on le joue vraiment. Kopa, Kopa-Piantoni, Piantoni-Fontaine... Tir de Fontaine. A côté. Je fais aussi le commentaire du match. Mon père a les bras en l'air. La foule des supporters nous applaudit. Les feuilles des arbres en frémissent. 

" Ça sent l'herbe fraîchement coupée. Après le match, on ira s'asseoir en haut du talus près de la rivière, les jambes dans le vide. Ce sera beau. On écoutera le bruit de l'eau qui joue dans les pierres. On regardera le soir qui vient à notre rencontre. Je me dirai : un jour, c'est sûr, je serai footballeur. "

Ce samedi 26 Mai 2018 m'a fait penser à un autre 26 Mai, le 26 Mai 2001. Qui était aussi un samedi. J'ai compris, samedi pour samedi, que Piantoni et mon père, son premier supporter, étaient morts le même jour. A 17 années de distance. "C'est pas banal", aurait forcément dit ma mère, devant pareille coïncidence, si elle n'était pas morte, elle aussi, il y a quatre ans déjà.  

Kopa en mars de l'an dernier, Piantoni en mai de cette année. Mon père en 2001, ma mère en 2014. L'ami Béal fin 2017. Sans oublier Joseph, Jacques ou Jean-François. Trop de morts autour de moi, même si, dérisoire revanche, mes mots dans mes romans les rendent éternellement… vivants. 

 

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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 00:28

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Paris. Nov. 2012.                                                                                               © Jean-Louis Crimon                                                                                          

  

 

 

Jour de semaine ou dimanche,

Pas facile de faire la manche,

Tu tends ta tasse à c'ui qui passe,

Mais c'est du vent que ça ramasse...

 

C'est cruel, parfois, les passants,

Surtout quand ils ne sont "pas sans",

Ça joue l'absent ou l'air hagard,

A peine si ça te donne... un regard,

 

Toi, t'es là, propre et modeste,

T'attends juste un petit geste,

T'aimerais qu' ça vienne sans demande,

C'est pas une vie la quémande...

 

L'autre passe, les yeux droit devant,

Des fois qu'il craquerait en te voyant,

Par terre, et que, sans mentir,

Sans te donner, pourrait pas... partir

 

C'est drôle la vie, ça tient à rien,

Y'a pas longtemps, tu t'en souviens,

T'étais passant, et pas sans rien,

La vie, tu vois, ça va, ça vient…

 

 

                         Jean-Louis Crimon

                         (La Chanson amère)

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 21:43
Paris. Vitre du RER. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Vitre du RER. 2012. © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

 

Je sens bien que la fin est proche

Je sais bien que la mort s'approche

Ma vie n'en fait même pas reproche...

 

Faut bien que ça s'arrête un jour

Ça ne peut pas durer toujours

C'est écrit dès le premier jour...

 

Tout ça n'a pas beaucoup de sens

Pourquoi une telle existence

Qui se solde par notre absence...

 

On vient sans l'avoir demandé

Ça se joue sur un coup de dès

Et l'on s'en va sans décider…

 

 

                          Jean-Louis Crimon

                          (La Chanson amère) 

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 10:53
Saint-Malo. Mai 2018. © Jean-Louis Crimon

Saint-Malo. Mai 2018. © Jean-Louis Crimon

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