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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 09:48

 

Il passe entre les mains des bouquinistes des ouvrages souvent très semblables. A un petit détail près. Suffit d'avoir l'oeil. J'ai chez moi plusieurs exemplaires de La Jument verte, célèbre roman de Marcel Aymé. Publié chez Gallimard, en 1933, la Jument  vaut dès le départ à son auteur un incroyable succès: il y a ceux qui adorent et qui saluent un comique ironique et un humour rabelaisien et ceux qui s'indignent devant  le texte d'un auteur quelque peu "licencieux".  La Jument, roman. Or, sur une réédition tardive, du dix-neuf juillet 1957, très semblable aux précédentes et annoncée 347e édition, sous le titre La Jument verte, est imprimé, de façon fautive, le mot nouvelles. La page 5, qui reprend exactement la mise un page de la couverture, indique pourtant roman. Il y a donc contradiction flagrante entre la couv', la couverture, et sa reprise en page intérieure.

Question : est-ce l'erreur, la négligence, d'un ouvrier du livre distrait ou le clin d'oeil voulu d'un auteur facétieux ? Marcel Aymé voulait-il, en 1957, que sa Jument verte de 1933 soit désormais présentée comme un recueil de nouvelles, et non plus comme un roman ? Thèse peu probable. Les ouvrages fautifs - combien d'exemplaires ?- ont-ils, pour la plupart, terminé leur carrière au pilon ? Combien ont survécu ? J'en possède au moins un. Preuve de l'épreuve fautive. Bienvenue aux lecteurs curieux qui feront, ou qui ont déjà fait, cette découverte insolite !

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 13:44

 

Dagerman est un nom propre formé de deux noms communs. Deux mots suédois. "Dager", qui signifie "jour" et "man", qui veut dire "homme". Deux noms communs pour donner naissance à un homme hors du commun. Dagerman, étymologiquement sans doute, "journalier". Journalier, non pas dans le sens moderne de "quotidien", mais plutôt "journalier", homme qui vend, de ferme en ferme, au jour le jour, sa force de travail. Dagerman peut signifier aussi "homme de jour", sinon "homme du jour",  et pourquoi pas, poétiquement, en tout cas pour moi, "homme-jour" ?

Homme-jour tourmenté par les papillons de nuit, ces idées sombres et noires qui tournent autour de vous, comme ces coléoptères nocturnes que la lumière attire. Homme-jour, homme-lumière, Dagerman a l'écriture lumineuse. Il faut tout lire de lui, L'Enfant brûlé, Le Serpent, L'Ile des condamnés, Dieu rend visite à Newton, Ennuis de noce, Les Wagons rouges, Le Froid de la Saint-Jean, Notre plage nocturne. Il faut lire surtout, traduit du suédois par Philippe Bouquet et publié chez Actes Sud, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Texte court, écrit par Dagerman en 1952,  à peine dix pages, texte dense empli de fulgurances, texte essentiel autant que le pourrait être une version scandinave d' Une saison en Enfer. A ceci près que pour Dagerman, c'est toute la vie qui est absurdité. L'Enfer n'y dure pas qu'une saison.

L'attaque, le premier paragraphe, de ce texte-testament, en moins de cent-cinquante mots, s'imprime, dans ma déprime, comme en écho au Mythe de Sisyphe de Camus, même si Camus concède, ou feint de concéder, "Il faut imaginer Sisyphe heureux". Camus-Dagerman, quelle belle rencontre cela aurait pu être ! Dagerman a -t-il lu Camus ? Camus a-t-il lu Dagerman ? Dagerman a-t-il entendu parler de Camus ? Se sont-ils un jour croisés, sans le savoir ou en le sachant ? J'aimerais savoir.

En attendant, je relis:

"Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n'ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d'où je puisse attirer l'attention d'un dieu : on ne m'a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l'athée. Je n'ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m'inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n'était pas, lui-aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m'atteindrait moi-même car je suis bien certain d'une chose : le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier."

Dagerman, l'homme-jour, qui écrit aussi, sept pages plus loin, "Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j'aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n'est pas l'étalon qui convient à la vie."

 

Un jour, l'homme-jour a choisi la nuit. Stig Dagerman s'est donné la mort. Un jour de l'année 1954. De ce jour-là aussi, notre besoin de consolation est impossible à rassasier.

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 15:11

 

Moi, j'veux lire tout Zola. Elle a dit ça comme ça. Comme elle aurait pu dire, chez l'épicier du coin de la rue, moij'veux tout le gorgonzola ! Lire tout Zola. Pas de quoi en faire un fromage, je sais. Mais ça m'a surpris. Sidéré. A son âge. 25 ans à peine. Dans cette époque épique qui n'a plus rien d'épique, comme aurait dit Ferré. Elle aurait pu dire, j'veux lire tout Houellebecq ou j'veux lire tout Beigbeder, ou encore comme ce familier de La Tournelle moi, j'veux lire tout Zemmour ! A qui j'ai répondu j'préfère la façon d'écrire de Nolleau !

Elle aurait pu dire aussi, tout de go, j'veux lire tout Christine Angot ou, notons, j'veux lire tout Nothomb. Mais elle a dit j'veux lire tout Zola. J'en reviens pas. La prochaine fois, sûr, je lui demande pourquoi.

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 22:57

 

Je pense qu'elle a dû arriver de la petite rue de Pontoise. Subrepticement. Enfin discrètement. Vraiment, je ne l'ai pas vue. Tout de noir vêtue. Elle s'est plantée devant moi et m'a dit tout à trac. Un truc à vous foutre le trac. "Monsieur, nul ne connaît ni le jour, ni l'heure..." J'ai fait mine de ne pas comprendre. Elle a remis ça. Comme convaincue d'une mission vis à vis de moi. D'un message à me transmettre. Elle a redit "Nul ne connaît ni le jour, ni l'heure". Je lui ai répondu "Oui, je sais, mais ce jour-là, j'espère que je serai à jour, et que je serai à l'heure !"

Elle a tourné les talons. Noirs. Fait tourner sa robe. Noire. M'a jeté un regard. Noir.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 21:42

 

Mon voisin, enfin, mon voisin depuis huit jours, je l'aimais bien. Je le trouvais original. Sympa. Problème: vient de me dire qu'il aimait pas Renaud. Oui, rien que ça. C'est vraiment con. Moi, Renaud j'adore. L'insolence. L'humour. La dérision. La provocation aussi. Tout me plaît chez Renaud. Mon voisin a le jugement lapidaire de ceux qui savent. Mélodies affligeantes. Textes au premier degré. Faux loubard. Joue des personnages. En plus, il chante faux. C'est vrai, mon voisin chante juste. Enfin, mon voisin chante pas. Enfin, s'il chantait, sûr, il chanterait juste. Mais qu'est-ce que ça veut dire "chanter juste" ? Renaud, il voulait juste chanter. Il a chanté. Il chante. Son métier, c'est "chanteur" ou c'était "chanteur". Chanteur, la raison sociale du poète. Villon, y chantait juste ? Rutebeuf, y chantait juste ? Verlaine, y chantait juste ? Rimbaud, y chantait faux ?

C'est dommage, j'ai pas envie de me fâcher avec mon voisin, mais là, vraiment, ça me gonfle. En plus, mon voisin, il a un avis sur tout. Enfin, il a surtout un avis.

Pour preuve, cet après-midi, mon voisin a aussi dit : Gainsbourg, c'est pas un chanteur. Il avait pas la voix. Mais quand même, a-t-il ajouté, il a fait une oeuvre intéressante.

A la fin, mon voisin m'a dit : moi, j'aime Juliette. Il a ajouté "ça, c'est de la chanson !"

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 14:07

 

Vendredi, souvent bredouille. Surtout quand y'a la pluie qui mouille. Les devantures. Les couvertures. Le mauvais temps, souvent, c'est l'embrouille. Sous les auvents, ça s'abrite, ça s'agite, ça te demande le couvert et le gîte. En prime, ça te taxe, discret, un livre ou deux, dans le sac ou le panier. 

Toi, t'as rien vu venir. Le type s'en est allé. Manque juste un livre dans le présentoir. Là, juste à l'endroit où il s'est positionné. Un beau livre, à trente euros. Ce soir, ton voleur se prend pour un héros.

Toi, tu alignes les zéros : t''as perdu ta journée. 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 21:13

 

- Moi, un bouquin, c'est fait pour être lu !

- Oui, mais...

- Un livre ancien, s'il est réédité en Poche, ça me suffit, j'm'en fous des éditions originales !

- Oui, mais...

- Pas de mais, monsieur, ce qui compte, c'est le texte !

- Lire un beau texte dans une belle édition...

- Puisque j'vous dis qu'je m'en tape, monsieur !

- Une édition contemporaine de l'auteur ...

- Et alors ?

- Une édition parue du vivant de l'auteur, que l'auteur a peut-être tenue dans ses mains...

- Et alors, ça change quoi ?

- Une belle édition avec un envoi de l'auteur ...

- Un envoi ? Vous voulez dire une dédicace ?

- Un envoi autographe signé, oui... un e a s, quoi !

- Mais, monsieur, j'm'en tape des dédicaces... quand j'pense qu'au Salon du Livre, Porte de Versailles, en Mars, y'en a qui font la queue par centaines pour avoir la griffe de l'Auteur ... Non, monsieur, trop peu pour moi ! Moi, c'qui compte, j'vous l'dis, et j'vous l'redis, c'est le texte. En Poche, ça me suffit, ça m' va très bien !

 

Quel dialogue ! Quelle santé ! Quelle pêche ! Moi et mon romantisme décadent des envois rares et précieux, je peux fermer mes boîtes pour aujourd'hui. C'est l'été depuis hier, mais mon client m'a rhabillé pour l'hiver !

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 00:11
Rue du Pré aux chevaux. Le Castor Astral. 15 Déc. 2003. © Jean-Louis Crimon
Rue du Pré aux chevaux. Le Castor Astral. 15 Déc. 2003. © Jean-Louis Crimon

Rue du Pré aux chevaux. Le Castor Astral. 15 Déc. 2003. © Jean-Louis Crimon

 

 Je ne sais vraiment plus quand, précisément, l'idée m'est  venue. Au troisième ou quatrième titre sans doute. Une forme de classement comme une autre. Aussi originale qu'inattendue. Rassembler dans une même bibliothèque tous les romans qui portent des noms de rue en titre. La rue cases-nègres de Joseph Zobel, dédié "A ma mère, domestique chez les blancs et A ma Grand'Mère, Travailleuse de plantation, et qui ne sait pas lire", Editions Jean Froissart, 1950, a dû être le premier de ces romans au nom de rue. Rue du Havre de Paul Guimard, Editions Denoël,1957, le deuxième. La Rue du Chat-qui-pêche, de Jolàn Földes, Editions Albin Michel,1937, le troisième. Le principe de la collection était né. Sont arrivés ensuite, au gré des achats sur les quais de Seine ou dans les réderies de Picardie, petites brocantes de villages, Rue des petites daurades de Fellag, Rue Saint-Vincent de Pierre Mac Orlan et La Rue de Francis Carco. Puis Rue de la Sardine de John Steinbeck, Rue des Boutiques Obscures  de Patrick Modiano, Rue des Archives  de Michel del Castillo et Dans la Rue d'Aristide Bruant, recueil de Chansons et Monologues, desseins de Steinlein. Sans oublier La Rue de Jules Vallès. Paris, 1866. Achille Faure, Libraire-Editeur. 23, Boulevard Saint-Martin, 23. Envoi de Vallès en prime.

 La Chronique de la rue aux moineaux de Wilheim Raabe, Editions Montaigne,1931, fait aussi partie de cette réunion insolite, où les noms de rue se répondent sur des couvertures de livres. J'y ajoute encore Rue de la Liberté, Dachau 1943-1945, d'Edmond Michelet, Seuil, 1955. Sans oublier cet essai publié dans la collection Archives Gallimard, 1979, Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle, présenté par Arlette Farge. Enfin, Les Rues de ma vie, de Bernard Frank, Le Dillettante, 2005. La liste serait trop longue à énumérer ici. Sauf pour en faire - et pourquoi pas ? - un incroyable poème à la Prévert.

 Les hasards de l'existence, et surtout les hasards de l'existence professionnelle, m'ont fait prendre, pendant plusieurs années, pour un travail de nuit, une toute petite rue du seizième arrondissement de Paris. Une rue qui, pour moi, avoua, dès les premiers pas, un fantastique pouvoir romanesque. J' eus beau résister pendant la première année et une bonne partie de la deuxième année, je dus bientôt me rendre à la raison: c'était à moi qu'incombait la tâche d'écrire Rue du Pré aux chevaux. J'ai longtemps hésité avec une autre rue tout aussi intéressante du même quartier, une rue du temps où le seizième avait encore des airs de campagne: Rue des Pâtures, mais le pouvoir poétique des chevaux l'emporta.

Rue du Pré aux chevaux a rejoint désormais la petite bibliothèque où sont les romans aux noms de rues. Pour y vivre une bonne partie de sa carrière de livre. Dans mon village, quand celui qu'on n'ose plus appeler garde-champêtre depuis qu'on l'a baptisé "conseiller communal", a lu mon roman, il est allé trouver le maire en lui proposant d'appeler Rue du Pré aux chevaux la rue sans nom qui s'en va vers les marais, pas très loin de la maison de mes parents. L'idée a plu et il a plu aussi beaucoup le jour de l'inauguration. Fanfare municipale, Monsieur le Maire et ses conseillers, une bonne partie de ses administrés, le député de la circonscription, et même un prêtre en soutane de la paroisse voisine, étaient de la fête et la rue du Pré aux chevaux fut baptisée, républicaine, mais sans être trop païenne.

Depuis, ma mère me téléphone souvent tôt le matin pour me dire "je viens d'ouvrir les volets et je vois, au loin, le panneau de la Rue du Pré aux chevaux, ça me plait bien !

Moi, je lui dis: tu vois, maman, c'est la preuve, s'il en fallait une, que la littérature, ça peut changer la vie ! Une rue du seizième arrondissement de Paris,  transplantée dans un village de Picardie, grâce à un petit roman publié au Castor Astral. Comme tu dirais, ma mère, c'est pas banal.

 

© Jean-Louis Crimon

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 17:36

 

Des bouquinistes musiciens, j'en connais quelques uns. Jouent pas tous dans des boîtes. Boîtes à musiques. Boîtes à chansons. Comme disaient autrefois les québécois. Des bouquinistes, diseurs, chanteurs, acteurs. Des bouquinistes toujours prêts à la teuf. Capables de faire un boeuf. Du quai Montebello à la Tournelle, de ciao bello à tu la pousses ta ritournelle. Le grand Bernard à la guitare. Le petit Jacky à la batterie. Se souvient parfaitement du solo esquissé pour le beau Serge, dans Requiem pour un con. Le beau Pierre, son alter ego, au saxe. Chiche, les mecs, ce soir, c'est "Faites de la musique". Bas les bâches, montez le son. On transforme les boîtes de bouquinistes en boîtes à chansons.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 17:23

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© Jean-Louis Crimon                                                             Scène Champêtre. Emmanuel Bellini.  

 

 

Gager un objet, un bijou, un tableau, un livre précieux, c'est parfois le lot du bouquiniste. S'il a trop acheté, pas assez vendu. S'il a un besoin immédiat de liquidités, c'est la solution la plus simple. Enfin, apparemment. Oui, en apparence seulement. Faire l'expérience de l'attente dans cette salle aux allures d'embarcadaire, de l'attente avant qu'on vous appelle au guichet, et, trois heures plus tard, de l'attente à la caisse, est en tout cas très formateur.

J'avais chez moi un tableau avec lequel je vivais en bonne harmonie depuis pas mal de temps. Un tableau qui, je le pensais vraiment, me rapporterait au moins mille euros et un sursis momentané. Mon tableau, intitulé "Scène Champêtre", représente des moissonneurs au travail. L'un d'eux, fatigué sans doute, se repose. Il est allongé dans l'herbe, les mains derrière la nuque. Les autres ne jouent plus énergiquement de la fourche. La journée est finie. La charrette est pleine. Un des moissonneurs indique au cheval le chemin du retour. Des tons verts et jaunes très Van Gogh. C'est un tableau de Bellini. Emmanuel Bellini (1904-1989). C'est un beau tableau, acheté à Cannes, il y a deux ou trois ans, chez un antiquaire. Deux mille euros. Un beau prix pour un beau tableau. Le problème, c'est que l'expert de "Ma Tante" en jugera autrement. Alors que pour moi, le tableau est parfait, le commentaire de l'expert, à la ligne "Réserve sur état" indique: défectueux, éclats au cadre, manques. Commentaire suivi d'un sigle que je ne connaissais pas encore: PRTU. Entre parenthèses, le sigle est traduit: Parties Rayées Tachées Usées. Je n'en crois pas mes yeux, mais je n'ai pas la force de contester cet assassinat en règle. Le pire est à venir. A la ligne Estimation, avec entre parenthèses à nouveau, limite garantie dommages, je lis 300 euros. Mon Bellini, mais oui, acheté à Cannes, 2000 euros, est estimé par un expert de chez "Ma Tante" 300 euros. 300 euros ! 300 euros, en vertu desquels, "Ma Tante" me créditera après plus de trois heures d'attente, l'attente chez "Ma Tante", un bon slogan, de...150 euros !
Montant du prêt, mais oui, pour avoir gagé mon Bellini : 150 euros. Date d'échéance: 20 juin 2012. Autrement dit, j'ai un an pour racheter mon tableau. Un an pour retrouver mon Bellini. Au prix où "Ma Tante" me l'a pris, je ne vais pas traîner. Dès la semaine prochaine, je vais le racheter. Je vais leur reprendre. Ces gens-là ne connaissent rien à l'art et rien à la valeur des choses. Je vais le reprendre, mon Bellini et je vais le proposer à Maître Besch, Commissaire-Priseur à Cannes. 45, La Croisette. Maître Besch, oui, pour sa célèbre vente du 15 Août, au Martinez. Lui, au moins, saura la valeur, la vraie valeur, de mon Bellini.  

 

© Jean-Louis Crimon

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