Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 07:08

 

Son jour, c'est plutôt le dimanche. Son heure, après dix-huit heures. Souvent avant la fermeture. Elle arrive comme par surprise. S'arrête toujours à hauteur de la troisième boîte, celle où j'ai rassemblé les auteurs du dix-neuvième. Parfois, elle fait mine de s'intéresser à un ouvrage en particulier. Le feuillette ardemment. Le repose. Le reprend. N'en demande jamais le prix. Sourit si vous croisez son regard. Son regard, c'est beaucoup dire : elle le cache derrière de larges lunettes noires. Je n'ai jamais vu la couleur de ses yeux. Juste eu droit, deux ou trois fois, au son de sa voix. A chaque fois, elle se dit "pressée". Elle va au cinéma. Vers Saint-Michel. Rue Saint-André-des-Arts ? Je ne sais pas. Elle ne le dit pas. Elle entretient son mystère. M'a acheté, juste une fois, un livre des années soixante sur Paris, avec de belles illustrations. Pour son frère. Un cadeau d'anniversaire, a-t-elle précisé ce jour-là. C'était fin mai, début juin.

La dernière fois, il y a bien trois semaines, j'ai osé lui demander si le cadeau avait plu. Elle m'a répondu qu'elle n'en savait rien. Que son frère n'avait rien dit. J'en ai déduit qu'ils n'habitaient pas la même ville, qu'elle avait dû lui envoyer par la Poste et que le frère -le goujat- n'avait même pas cru bon de remercier sa soeur pour sa délicate attention. Mais au fond, je n'en sais rien, elle ne m'a rien dit. C'est une femme étrange. Pas une étrangère. Elle semble très Parisienne. Elle porte, l'été, une longue robe légère et colorée. Elle a les cheveux bruns et longs. Doit être assez grande puisque je ne lui connais que des chaussures plates, sans talons. Elle est toujours seule.

La dernière fois, je n'ai pas compris pourquoi, elle est venue directement vers moi. Ou c'est moi qui, me retournant brusquement, l'ai aperçue et inconsciemment ai marché dans sa direction. Je l'ai reconnue d'emblée. Elle a souri. Moi aussi. Ai-je tendu la joue ? Ou bien c'est elle qui est venue vers moi ? En tout cas, elle m'a fait la bise. A redit "je n'ai pas le temps, je suis en retard, je vais au cinéma !"

Elle a ajouté - je me demande bien pourquoi- " la prochaine fois, je vous emmène ! " J'ai raconté l'histoire à Julien, mon voisin. Il ne m'a pas cru. Même s'il trouve que je raconte bien. Cruel, comme souvent, il m'a dit " à mon avis, tu te fais ... un film ! "

C'est vrai que l'été s'en va à grands pas. Que déjà le ciel frissonne. Que c'est déjà bientôt l'automne. Et que la belle personne ne passe plus le dimanche soir, quai de la Tournelle.

Partager cet article
Repost0
31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 18:30

 

Les Femmes de Rimbaud, c'est le titre d'un joli petit livre de Jean-Luc Steinmetz. Ouvrage composé en Bodoni corps 11 par les Ateliers Graphiques de l'Ardoisière. Achevé d'imprimer par l'Imprimerie Floch à Mayenne le 16 août 2004. Pour le compte des éditions Zulma. La première édition de ce petit livre à la couverture bleue a été publiée en 2000. Professeur à l'université de Nantes, Jean-Luc Steinmetz aborde, tout au long de quelques 130 pages, un aspect sinon méconnu, du moins souvent délaissé, voire ignoré, par nombre de ceux qui ont écrit sur Jean-Arthur.

 

La préface, page 9 et page 10,  dit assez  bien l'angle choisi par Steinmetz. Elle donne vraiment envie de découvrir, ou de redécouvrir, ce Rimbaud entrevu côté femmes. Ecoutez plutôt:

 

"L'homosexualité de Rimbaud semble chose admise. Quant aux relations conflictuelles ou complices qu'il entretint avec sa mère ou ses soeurs, Vitalie et Isabelle, elles ont fait couler beaucoup d'encre. Peut-être trop ! Mais on a vite oublié que Rimbaud dans son oeuvre évoque à maintes reprises des femmes - et cela dans des termes qui sont loin d'être uniquement satiriques et négatifs; de même, il n'est pas dit que la présence bien réelle de femmes (ou de jeunes filles) n'ait pas marqué passagèrement certains temps de son existence.

 

" Le titre de ce livre est donc moins provocateur qu'il n'y paraît, puisque, loin de m'égarer dans des opérations romanesques douteuses, j'ai choisi d'observer avec rigueur aussi bien des figures féminines décrites ou suggérées dans les textes que les quelques vraies femmes que laissent deviner plusieurs documents (témoignages ou lettres).

" Si les "alertes fillettes" des premiers poèmes se dégradent vite en risibles "petites amoureuses", il n'en demeure pas moins que le Rimbaud communard dénonce "l'infini servage de la femme" et que ses Déserts de l'amour constituent un admirable carnet de jeune homme rêvant à des partenaires féminines, tout comme les poèmes en prose de ses Illuminations réinventent de fabuleuses entités de l'autre sexe.

 

"La vie de Rimbaud fut également aimantée d'énigmes à visages de femmes : "camarades", "mendiantes", mystérieuses rencontres - qu'elles aient pour nom Blanche, Henrika, la veuve de Milan ou Mariam l'Abyssine, autant de compagnes hypothétiques trop souvent passées sous silence par les spécialistes eux-mêmes.

 

"Les Femmes de Rimbaud ne souhaite pas détruire l'image bien connue du poète homosexuel, mais cherche à montrer que, loin d'être pour lui un objet de répulsion ou de mise à l'écart, la femme représenta une réalité (et une fiction) parfois attirante, parfois ironisée. Tenir compte de cette réalité tend à modifier la perception que nous avons de lui et permet de comprendre mieux ses contradictions, son projet, son existence."

 

Deux bonnes heures de lecture. Vrai bonheur. Le livre refermé, ça m'a donné envie de relire Première Soirée. Vous vous souvenez...

 

- Elle était fort déshabillée

Et de grands arbres indiscrets

Aux vitres jetaient leur feuillée

Malinement, tout près, tout près.

 

Assise sur ma grande chaise

Mi-nue, elle joignait les mains

Sur le plancher frissonnaient d'aise

Ses petits pieds si fins, si fins.

 

- Je regardai, couleur de cire,

Un petit rayon buissonnier

Papillonner dans son sourire

Et sur son sein, - mouche au rosier.

 

- Je baisai ses fines chevilles.

Elle eut un doux rire brutal

Qui s'égrenait en claires trilles

Un joli rire de cristal.

 

Les petits pieds sous la chemise

Se sauvèrent : "Veux-tu finir !"

- La première audace permise

Le rire feignait de punir !

 

- Pauvrets palpitants sous ma lèvre,

Je baisai doucement ses yeux :

- Elle jeta sa tête mièvre

En arrière : "Oh ! c'est encor mieux ! ...

 

" Monsieur, j'ai deux mots à te dire..."

- Je lui jetai le reste au sein

Dans un baiser, qui la fit rire

D'un bon rire qui voulait bien...

 

- Elle était fort déshabillée

Et de grands arbres indiscrets

Aux vitres jetaient leur feuillée

Malinement, tout près, tout près.

 

C'est beau, Rimbaud. Rimbaud célébrant le féminin. Malinement, tout près, tout près. Rimbaud célébrant reins beaux

 

Partager cet article
Repost0
30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 15:57

 

Quai : d'après le latin médiéval caiagium, calque de quayage, mot normanno-picard, du gaulois caio.

Quai : ouvrage de maçonnerie élevé le long d'un cours d'eau pour l'empêcher de déborder, pour retenir ses berges.

Quai : voie publique qui longe les berges d'un cours d'eau.`

Quai : ouvrage construit dans un port ou sur la rive d'un fleuve, qui sert à l'amarrage des navires, à l'embarquement et au débarquement des passagers, au chargement et au déchargement des cargaisons.

Quai : plate-forme le long de la voie ferrée, qui, dans une gare, sert à l'embarquement et au débarquement des passagers, des marchandises.


Ticket de quai : ticket qui autorise l'accès au quai mais non aux voitures. Epoque révolue. Objet très prisé des collectionneurs de titres de transport.

 

Le quai d'Orsay, le quai de Conti. Le quai de la Tournelle... quai préféré des bouquinistes.

 

Bouquiniste, de bouquin, marchand de livres d'occasion, en particulier, à Paris, le long des quais de la Seine.

 

Bouquin, vieux livre, du néerlandais boek, "livre".

 

Bouquiner : chercher de vieux livres. Fam. Lire

 

Avoir toujours le nez dans ses bouquins.

Partager cet article
Repost0
29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 18:01

 

Allons, camarade la vie, presse le pas. Non, ce n'est pas de moi. Mais je signe volontiers. Je reprends et je partage. Allons, camarade la vie, presse le pas. C'est de Maïakovski, je crois. Je traverse la rue. La phrase me trotte dans la tête. Ma marche nonchalante prend du rythme.

Allons, camarade la vie, presse le pas.

Partager cet article
Repost0
28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 16:57

 

C'est au début des années 80. Le tracé du Train à Grande Vitesse s'obstine à éviter ma ville. Samarobriva. Le pont sur la Somme. Le pays des Ambiens. Ambiens qui, une fois le "b" éludé, abandonné, donne Amiens. Les Ambiens. Les Ambiani. Les Celtes de mon pays dont le premier TGV de l'histoire récente de l'humanité, le Romain Jules César, règle le destin en une petite phrase, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules " nous arrivâmes chez les Ambiens qui se rendirent corps et biens."  En 54-53, - on comptait à l'envers en ce temps-là ! - l'homme bivouaque tout un hiver avec ses milliers de légionnaires sur les bords de Samara, avant de s'en aller s'embarquer pour l'Ile des Grands Bretons. Histoire sans doute de se becqueter des fischs and chips en troquant ses sesterces magnétiques.

 

Vingt siècles plus tard, très loin de leur rapide défaite des années 50, avant J-C (Jésus-Christ), contre J-C (Jules César), les gens de mon pays sont encore sinon défaits, du moins déconfits, face au tracé retenu par le gouvernement du Président J-C (Jacques Chirac). Pour une médiocre poignée de secondes, en vrai, quelques minutes, les soit-disants spécialistes de la grande vitesse ferroviaire affirment que "Paris-Calais-Londres" ne passe pas par Amiens et que "Paris-Lille-Bruxelles" n'y passera pas davantage. Arguments de mauvaise foi et argent de mauvais aloi. Jules César, lui 1er TGV, 1er Très Grand Vizir, avait choisi de passer par Amiens. Non pas par Ablincourt-Pressoir pour y vendanger des hectares de betteraves et y faire pousser une gare improbable.

 

Réunions, manifestations, pétitions, tergiversations, pendant des mois, Amiens fut en émoi. Elus et non élus, notables, et c'est notable, non notables, simples citoyens, anonymes des plus anonymes, construisent une incroyable mobilisation. Mais rien n'y fait. Une seconde fois, J-C pour J-C, l'Ambien sera défait. Amiens, ma ville, sera défaite. Pourtant, de guerre lasse, dans un ultime sursaut, et si je puis dire, avant de plier mes gaules, mon goût des jeux de mots rebelles me fait soudain lancer, dans une espérance folle et en désespoir de cause, une impensable provocation en forme de slogan. Slogan complétement délirant. Slogan à la hauteur de l'enjeu. Slogan aussi limpide qu'intrépide. Slogan dont le sens est tout entier dans le son. Slogan dont le sens s'imprime en toutes lettres. Passer à côté de cette liaison à Très Grande Vitesse, c'est, objectivement, passer à côté d'un développement économique certain, c'est courir le risque de végéter. Les élus n'ont pas voulu de mon slogan. Les militants non plus. Le TGV ne passe toujours pas par Amiens. M'est avis qu'il n'y passera jamais. Ah oui, j'oubliais, mon slogan, c'était : Sans TGV on va VGT.

Partager cet article
Repost0
27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 21:43

 

- C'est Françoise Arnoul ? 

La question est celle d'un homme au beau regard bleu qu'une longue femme brune tient tendrement par la main.

 

- Oui, monsieur, Françoise Arnoul, avec Christian Marquand !

- Nous Deux Film, n° 26, mensuel, 4 ème trimestre 1957, détaille l'homme que la photo fascine.

- Françoise Arnoul et Christian Marquand, dans Sait-on jamais ?

- Sait-on jamais ?

 

Françoise Arnoul, dans le rôle de Sophie, Robert Hossein joue Sforzi et Christian Marquand, Michel... avec cette superbe première phrase... Ecoutez plutôt la magie désuète des mots du roman-photo " Il est entré dans ce cinéma par hasard. Parce qu'il avait un peu le cafard, et qu'être ici ou ailleurs... Elle aussi y était venue pour tuer le temps. Elle se levait pour sortir, quand il est entré..."

 

Le décor est planté. Peu importe ce qui va suivre, monsieur, c'est la première phrase qui rend ivre.

 

- Vous savez, c'est étrange, Françoise Arnoul, je l'ai revue l'année dernière, dans un cimetère et des circonstances plutôt pénibles, un enterrement...

 

L'homme n'en dira pas plus. Il a l'air vraiment ému. Juste ces six mots donnés comme un cadeau : elle a toujours le même regard.

Belle confidence qui mérite le silence. L'homme s'en va, comme à regrets. Je manque une vente. Il pleut et il vente. La belle femme brune m'envoie un sourire comme un baiser. De loin, je murmure : ne changez rien, vous êtes très bien. Les deux, bientôt, ne font plus qu'un.

Le quai a toujours des offrandes incroyables, pour qui sait se montrer affable.

 

Entre deux fortes averses, le coeur à la renverse, dernier samedi d'août. L'automne déjà sans doute.

Partager cet article
Repost0
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 18:33

pap-amande.jpg

 

 

 

L'envie était trop forte. Pas le temps de prendre le temps de pousser la porte du bistrot d'en face. Pisser contre la balustrade. Très discrétement. Tellement tentant. Un jour où il pleut, pas si dégueulasse. Faut bien que ces choses-là se fassent. Manque de bol, trop beau pour être honnête, en mobylettes, la marée-chaussée qui caracole interpelle le vieux mariolle.  

- Monsieur, monsieur ! Vos papiers, s'il vous plaît !  

L'homme se réajuste, l'oeil presque paillard, se retourne vers les deux gaillards. Deux flics dont le plus grand exhibe son... carnet à souche ! Pas le moment de faire la fine bouche.
- Vous verrez quand vous aurez mon âge... Ces choses-là se maîtrisent pas comme à vingt ans !  

- Monsieur, âge ou pas, c'est un délit !  

- Me faîtes pas croire que ça ne vous arrive pas...  

- Oui, mais nous, on s'fait pas pincer !  

- Belle mentalité !  

Le grand flic écrit au stylo à bi......lle  "épanchement d'urine sur la voix publique" ... 80 euros !  

- Vous pourriez tenir compte de mon ancienne profession ...  

- Ah bon ...  

- Journaliste ! 

- Tentative d'intimidation... 

- Pas du tout !  

- Et alors ?  

- Ancien surnom de la profession ?  

- Je sèche !  

- Pisse-copie !  

- Et alors ?  

- Maladie professionnelle, monsieur le représentant de l'ordre public !  

- Vous voulez rire, allez, circulez et surtout... ne recommencez pas !  

 

L'homme s'en est allé. Honteux et confus, mais toujours affable. Jurant tout bas, comme dans la fable, qu'on ne l'y reprendrait plus. L'homme, bien sûr, c'est moi. L'homme de loi, de bon aloi, m'a volé ma recette de la journée.

 

Partager cet article
Repost0
25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 11:38

 

C'est comme ça. Il y a des jours comme ça. On se sent sec. Rien dans l'air du temps qui ne vous étonne ou vous accroche. Pas de paroles qui vous retiennent l'oreille. Pas de phrases à l'emporte-pièce. Pas de dialogues à la Prévert. Pas de répliques à la Audiard. Pas de morceaux d'histoires du trottoir. Pas de propos rigolos du métro. Métro. Mais trop. Mais trop de bruits. Pas assez de sens. Juste en passant sur le quai, un regard. Un beau regard. Un regard étrange. Un regard qui en dit long. Qui dit aussi: n'en parlez pas.

Partager cet article
Repost0
24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 17:55

 

Souvent le matin, quand il part, il dit : Je m'en vais chercher le soir. J'aime la phrase. La musique de la phrase. Elle est belle. Belle comme une phrase d'écrivain ou de poète, s'il avait pour écrire autre chose qu'une bêche ou un râteau. S'en aller chercher le soir, comme si on pouvait vraiment s'en aller au devant de lui, le soir. Comme s'il existait déjà quelque part, le soir, sans qu'on le sache et qu'on soit simplement sûr d'une chose : il faut se mettre en route pour marcher à sa rencontre.
C'est pour ça que chaque matin, très tôt, il se lève quand tout le monde dort encore dans la maison. Pour s'en aller au devant de lui, le soir. Pour ne pas le manquer. Car il faut marcher longtemps. Très longtemps, avant de le rencontrer, le soir. Alors, on lui tend la main, au soir, et on lui souhaite Bonsoir au soir, et on le ramène à la maison. Pour passer la soirée avec lui. Pour lui offrir un bon endroit pour la nuit, et lui souhaiter Bonne nuit au soir. Avant ça, bien sûr, à notre table, on l'inviterait à s'asseoir, le soir. Pour dîner avec lui. Pour une fois, on ne souperait pas en silence. On le ferait parler de sa journée à lui, le soir, et on lui parlerait de la nôtre aussi.

Je m'en vais chercher le soir. Il n'existe pas de plus belle phrase pour moi. Pour nous. Pour nous, les enfants des pauvres. Des pauvres hommes pauvres de la rue d'en bas. Qui sommes sur terre simplement pour ça. Pour se lever tôt chaque matin, très tôt, et se mettre en route, et s'en aller au-devant de lui, s'en aller chercher le soir. Jusqu'au dernier soir.

Ce soir-là, ce n'est plus nous qui le ramenons, le soir. Mais c'est lui qui nous emporte. Ce soir-là, c'est lui, le soir, qui nous dit Bonsoir ! Au soir de notre vie, c'est commme ça, lui, le soir, est toujours en vie. Le lendemain matin, un autre humain se lèvera et dira sans doute, sans vraiment savoir pourquoi : Je m'en vais chercher le soir. Alors, même nous morts, la vie pourra continuer. Sans cesse et sans fin. La vie, toujours en vie. Le soir, chaque soir, fidèle à sa vie de soir. Jusqu'à la fin des temps qui ne pourra être que la fin des soirs.

 

 

Rue du Pré aux chevaux. Le Castor Astral. 2004.

Partager cet article
Repost0
23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 19:42

 

Par ma fenêtre je ne vois que du gris

Du gris de ciel

Que cache par endroits du gris de murs

Du gris de murs

Où se profile parfois du gris de grues

Du gris de grues

Pour peindre encore du gris de murs

 

Et tout en bas

Du gris de gens qui passent

Et taches grises sur gris de rues s'effacent

 

Par ma fenêtre je ne vois que du gris

Du gris de ciel

Du gris de murs

Du gris de gens

Du gris de rues

Du gris de grues

Du gris de gris

 

Du gris de gris dans le gris du brouillard

Et le matin a l'air d'être déjà le soir.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens