Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 14:30

549973 10150677814014726 523076365 n

© Jean-Louis Crimon  

 

 

On me dit parfois trop bavard. Ce que je veux bien croire. Aujourd'hui, pas d'histoire: je me tais. Vous offre simplement cette image. Le silence... en option.

Partager cet article
Repost0
9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 09:03

546830 10150711588389726 318743523 n 

© Jean-Louis Crimon

 

 

 

Pèlerin d'un curieux pèlerinage. Pèlerin sans âge. Duvet blanc en guise de pèlerine.  Pèlerine dans le vent. Pèlerin du matin. Pèlerin du soir. Pèlerin du trottoir. Du matin au soir. En quête d'un endroit où s'asseoir. Où se poser. Où se reposer. Fatigué de déambuler dans la ville. Traîne-bitume. Marcheur éternel. Piéton inlassable. Etre à part. Invisible pour la plupart. Passant dérisoire. Père Noël improbable. Houppelande du no man's land. SDF. Sans Domicile Fixe. Sans toit. Pas sans foi. Pas sans loi. Pas sans foi ni loi. Même si le doute est compagnon de route.

Conte cruel qui commence toujours par Il était une fois. Histoire qui déraille on ne sait trop pourquoi. Homme qui raconte de bonne foi...

Qui se soucie de toi ?

Partager cet article
Repost0
8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:35

564537 10150719149634726 2022186490 n

© Jean-Louis Crimon

 

Vous n'allez pas me croire. Le tableau attire d'abord mon regard. Curieux tableau derrière le volet de fer en losanges. Mains gourmandes qui passent sous les bras pour s'emparer de ces seins qu'on imagine volontiers volumineux. Plantureux à souhait.

J'aimerais avoir ce tableau chez moi. Avoir à défaut d'être. A reculons, je m'éloigne de la fenêtre.

Deux personnages entrent dans mon champ visuel.

Dans la rue, deux personnes discutent ardemment.

Geste éloquent à l'appui des arguments.

Les mains de la femme blonde en écho aux mains du tableau.

Une pensée lubrique me traverse soudain l'esprit. Je devine les mots de la femme blonde. Ou je les invente pour vous:

- Tu vois, j'aimerais que tu me prennes les seins comme ça. A pleines mains.

Partager cet article
Repost0
7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 00:38

292512 10150708894309726 301795105 n

© Jean-Louis Crimon

 

Victor Hugo a écrit Choses vues. Pas la partie la plus connue ou la plus appréciée de son oeuvre. Ce qui, au fond, me déçoit et m'attriste. A ma façon, j'essaie d'écrire Choses vues. Sous forme de photos. On a coutume de dire Pas un jour sans une ligne. Depuis que je me suis remis à la photographie, je me dis Pas un jour sans une photo. Une photo. Une vraie photo. Une image qui dit quelque chose. Qui raconte une histoire. Qui pourrait être une chanson. Une nouvelle. Un roman. Une photo qui écrit. Une photo qui s'écrit. Une photo... graphie.

Bien sûr, pas question pour moi de tutoyer le talent de celui qui, à quatorze ans, s'était écrié Je veux être Chateaubriand ou rien. A côté de ce monstre littéraire, je suis définitivement poids plume. Poids plume dont la plume n'a pas de poids. En commun avec le grand Victor, pourtant, le goût des mots d'esprit, des mots de la rue, des coups de coeur ou des coups de gueule. La passion de la chose publique. De la République. Mais, je le sais, tant mieux, tant pis, mes indignations ou mes colères de papier, siècle vain ou vain et un, n'auront que peu d'intérêt pour la postérité. Aussi peu d'intérêt que le peu d'intérêt que leur portent mes contemporains.

Que mes Choses vues à moi restent en marge, comme celles du grand écrivain classique, ne me décourage pas. Mes Choses vues à moi sont, au départ, délibérément, volontairement, en marge. Entre l'essentiel et le dérisoire. Entre le dérisoire et le déroutant. Entre l'essentiel et les sans-ciel. Entre l'importun et l'important. Entre l'utile et le futile. Entre le bruit et le silence. Entre le faible et le fort. Entre le solide et le fragile.

 

Parfois une idée, comme une vie, du moins on le dit, ça ne tient qu'à... un fil.

Partager cet article
Repost0
6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 11:19

532796 10150719100234726 1085775287 n 

© Jean-Louis Crimon

 

 

 

Parfois, il ne se passe rien. Rien d'extraordinaire. Rien d'exceptionnel. La scène est banale. Incroyablement banale. Un homme se roule une cigarette. Il est assis sur son scooter. Le scooter, garé près d'un mur. Entre une fenêtre et une spirale rose. Des barreaux en fer forgé obstruent la fenêtre. Normal: c'est la fenêtre d'une chambre d'Hôtel. C'est écrit au-dessus.

Une spirale rose peinte sur le mur. Spirale nietzschéenne ou escargot en partance. Ce n'est rien. Vraiment rien. Ce n'est pas grand chose. Pas un passant que la scène n'arrête ou n'étonne.

Ce genre de séquence me fascine. Juxtaposition de signes anodins. Là est le vrai quotidien. Là se trouve la beauté simple du quotidien. Agencement imprévisible de signes anodins. Image vraiment extra-ordinaire. Composition de hasard.

Ce qui ne tient pas du hasard, c'est le regard. Le choix du regard. Là est le photographe.

Partager cet article
Repost0
5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 22:39

549227_10150694340544726_1737994707_n.jpg

© Jean-Louis Crimon

 

 

 

Le quai, un soir. Dégradé de gris sur Paris. Gris de mistigri. Soudain surgit cette gerbe de couleurs. Une 2 CV Paris Authentic remonte vers Saint-Michel. Une jeune femme, sac Shop Online, marche vers La Tournelle. Pas d'hésitation. Pas de tergiversation. Il me faut cette photo. Juste une question d'angle. De cadrage. D'instant. D'instant décisif. Pas le temps de fignoler. La vitesse de la bagnole ne permet pas qu'on fignole. La marche déterminée de la jeune femme non plus. Faut jouer gagnant. Faut jouer placé.

La photo, c'est le sens du placement. Simplement. Dans l'axe. Pas forcément chez... AXA.

Partager cet article
Repost0
4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 21:12

 

Un ouvrier parisien gagne 14000 euros par an. Un footballeur parisien gagne 14 millions d'euros par an. Combien d'années faudra-t-il à l'ouvrier parisien pour gagner le même salaire annuel que le footballeur parisien ? Combien d'années faudra-t-il à l'ouvrier pour gagner 14 millions d'euros ?

Vous ne savez pas ? Vous séchez ? Simple pourtant. Simple comme une division du niveau Ecole Primaire. Une division qui pourrait être donnée par mon Instituteur des années soixante.

14 000 000 : 14 000 = 1000.

Il faudra 1000 ans à l'ouvrier pour gagner 14 millions d'euros. Dix siècles. Quinze vies. Quinze vies pour gagner ce que Zlatan Ibrahimovitch, footballeur du PSG, lui, va gagner en... une année.

Nous vivons vraiment des temps formidables.

Panem et circenses.

Mille ans. Mille ans. Mille ans... ! Pour égaliser le salaire de l'avant-centre du PSG. Je veux dire pour égaler.

A moins que l'ouvrier ne signe à... Milan !

Mille ans ou... Milan ?

Milan ! Si l'ouvrier parisien est aussi... footballeur !

Egalisation. Balle au centre.

 

- Oui mais... Milan A C ou Inter ?  ou... Kundera ?

- Kundera ?

- Oui, Milan... Kundera !

Partager cet article
Repost0
3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 22:35

DSCN4414

                                                                                                                 © Jean-Louis Crimon

 

DOIT VIVRE. Deux mots d'une affiche pour la défense d'un Quotidien moribond. Affiche placardée sur la grand porte en bois bleu. Le ciel est bleu aussi. Juste à l'entrée du RER, comme s'il prenait l'air, l'homme renaît à la chaleur du soleil d'hiver. Lui et moi, on se connaît. De vue. On se croise. On se toise. On se parle. Un peu. Pas trop. Juste ce qu'il faut. On se sourit. Sans se connaître vraiment. On est devenu des familiers. On se salue dans la rue. Un bonjour, ça mange pas de pain. Pour le pain et, sans être devin, même pour le vin, une pièce, ce n'est pas rien. La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne. Vieille antienne que je tiens des anciens. Chacun doit y mettre du sien. Pour le reste, ne jamais oublier de faire un geste. Le geste. On a chacun, sur sa route, sur son chemin, un plus pauvre, un plus démuni. Lui donner ne nous rend pas plus pauvre. Lui donner nous enrichit.

Lui aussi... DOIT VIVRE. Même si, sublime provocation, le foulard de pirate qui couvre sa tête, exhibe des têtes... de mort.

Partager cet article
Repost0
2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 18:06

DSCF4524             © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

Dimanche 1er janvier. Premier jour de l'année. Près de Kunming. Tout au sud. Fin de journée. Une journée printanière. Kunming, Yunnan, la ville du printemps permanent. Rituel annuel, les Chinois sont allés, en famille, admirer cette montagne étrange qui a la forme d'une femme géante, allongée mollement au bord de l'eau. Balade incontournable. La longue et belle déesse est nue. Ses seins tutoient le ciel. La montagne semble se coucher doucement dans l'eau du Lac. Nul ne sait quel géant de terre et de pierres, la créature a poussé au fond de l'eau.

Au bord du Lac Emeraude, je pars en maraude. Comme photographe, je ne suis pas un chasseur. Plutôt un guetteur. Guetteur d'instant. Tout le temps.     

Vrais mariés ou simples mariés de pub, ils terminent près du lac leur séance photo. Shengbin et Shanshan, mes deux guides, sont un peu fatigués d'avoir trop marché. Ils cherchent un banc. La batterie de mon petit Nikon est à plat. J'ai trop photographié. Shengbin me propose gentiment son appareil. Je dis non. Je n'ose pas. Un appareil, c'est personnel. Mon ami Chinois voit mon désarroi. Il insiste. Cette fois, je dis oui

Cette photo, je la lui dois. Sans lui, sans Shengbin, sans  son boitier, elle n'existerait pas. Cette photo, elle me fait penser à une photo de Guy Le Querrec. Une mariée à la traîne, et sa traîne que le vent entraîne. Une photo des années 70. Superbe. Prise, je crois, devant un commissariat. Si mon souvenir n'est pas trop flou. 

Ma mariée à moi fait face au Lac Emeraude. Le marié s'est éloigné. Les photographes aussi. Il ne se passe rien. Plus rien. Je regrette de ne pas avoir dit oui à Shengbin plus tôt. Beaucoup plus tôt. Dommage.

 

Soudain, comme en voix off, ce geste adorable de la mariée : du bras gauche, légèreté exquise, elle soulève le bas de sa robe.

J'ai ma photo.    

Partager cet article
Repost0
1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 20:25

428122 10150580704379726 1818171805 n © Jean-Louis Crimon

 

 

 

 

Il  est le premier des professeurs. Elle exerce le dernier des métiers. Quatre mois que mes collègues et mes étudiants me l'affirment en coeur. De bon coeur. Moi, ça me fait mal au coeur. Chengdu, 2000 km au sud-ouest de Pékin. Université Normale du Sichuan. J'y enseigne le français. On m'appelle Laoshi. Professeur. Mais en Chine, je me sens perpétuel étudiant. Je veux comprendre. Comprendre comment on est passé ici de la Révolution Culturelle au pays du capitalisme rouge.  

Dans ce campus de 20000 étudiants, dès les premiers jours de l'automne, je me suis pris d'amitié pour les balayeurs. Pris d'amitié aussi pour Confucius.

Le soir, je vais souvent m'asseoir au pied de la grande statue du Grand Maître. Un Grand Maître de dix-huit mètres. Je le salue parfois par la fenêtre du bureau des professeurs. Du quatrième étage. Confucius est le premier des professeurs. La balayeuse exerce le dernier des métiers. 

Le pédagogue balaie les idées fausses. Il a un travail énorme. C'est qu'il y en a des idées fausses dans la tête des gens. Des idées fausses aussi dans la tête des étudiants.

Qui balaiera les idées fausses dans la tête de mes étudiants ? J'ai eu beau leur dire que mon père était jardinier. Que lorsque j'ai eu l'âge de travailler, il m'a dit, en riant : du balai !

M'a dit aussi, très sérieusement, qu'avant de critiquer les idées fausses des voisins, fallait d'abord balayer devant sa porte.

 

La balayeuse dessine des mots et des idées que le grand Sage ne sait peut-être pas déchiffrer. Des idées légères. Des idées qui ne pèsent pas lourd. Des idées au gramme.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de crimonjournaldubouquiniste
  • : Journal d'un bouquiniste curieux de tout, spécialiste en rien, rêveur éternel et cracheur de mots, à la manière des cracheurs de feu !
  • Contact

Recherche

Liens