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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 22:00

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© Jean-Louis Crimon                                   Amiens. 9 Juillet 1981. Saint-Leu. Bras de la Somme.

 

 

 

 

Le gamin a sauté. J'ai appuyé. C'est l'été. Il fait chaud. Très chaud. Temps de l'argentique. Ce n'est qu'au développement que je me suis aperçu de ma "réussite". Une part de chance. Une part d'anticipation. Un bon coup d'oeil. Un sens du cadre. La photo. 

Les avant-bras se sont déjà enfonçés dans l'eau. La tête est comme posée à la surface. Aucune onde ne témoigne de son contact avec l'élément liquide. C'est magique. Une fraction de seconde trop tôt et il n'y a rien. Rien d'intéressant. Une fraction de seconde plus tard et il n'y a plus rien. Plus rien d'intéressant. La photo, c'est cet intervalle dans du temps qui dévale. C'est un instant arrêté dans du temps qui file. C'est la vie qui défie la vie qui défile.

 

A part ça, c'est aujourd'hui la Saint-Fiacre. Je me souviens d'un grand oncle, grand plaisantin, qui aimait à faire, chaque année, avec une voix à la Louis Jouvet, sa rituelle plaisanterie très datée : C'est aujourd'hui la Saint-fiacre, si vous avez un Fiacre parmi vos proches, ne ratez pas le coche !

On riait de bon coeur à l'ombre des tilleuls de la grand place. Plus par habitude que pour le trait d'esprit. Qui était, d'année en année, un peu trop...  téléphoné.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 07:23

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 © Jean-Louis Crimon                                                        Amiens. Juillet 1981.  

 

 

 

Le geste est d'une éloquence rare. Le balai presque menaçant. Très explicite. Du balai ! A la porte ! Attitude qui a le mérite de la clarté.

Pourtant, le slogan du magasin d'à côté pouvait laisser espérer une autre issue. Une gentille invitation. Il n'en est rien. Il n'en sera rien. L'échafaudage ne permet pas davantage d'échafauder un projet plus ambitieux.

 

- Pas de problème, au revoir Monsieur.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 09:55

 

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© Jean-Louis Crimon                                                                  Paris, Grand Palais. Avril 2010.  

 

 

 

 

La mort m'attend, comme une vieille fille

Au rendez-vous de la faucille 

Pour mieux cueillir le temps qui passe...

 

Les mots de la chanson de Jacques Brel dans la tête depuis ce matin...  Pour mieux me rappeler, sans doute, que l'éternité de l'instant ne pèsera que peu de poids à... l'instant de l'éternité.

 

Je repense à cette photo du Grand Palais. L'année où était montrée, pour la première fois, une photo inconnue de Rimbaud. Photo contestée. Mais considérée comme l'une des dernières photos de Jean-Arthur, négociant en armes devenu. Photo sépia.

Pendant longtemps, il ne se passe rien. Les visiteurs processionnent jusqu'à la photo censée représenter Rimbaud.

Commentaires à voix basse comme dans un petit sanctuaire. Silence recueilli. Photos permises mais sans flash.

Soudain, tout bascule. Instant magique. Le gardien de l'endroit où est exposée cette photo inédite, s'approche de l'encadrement de la porte. Prend appui sur son bras gauche. Symétrie presque parfaite avec la mort de l'affiche entrevue par l'autre ouverture. Scène incroyable. Mimétisme absolu. La mort. La vie. Côte à côte.

J'ajuste. Juste le temps d'un instant. Le gardien relève la tête et me regarde. Je crains le pire. J'ai vu la photo avant de la prendre. Je cadre l'ensemble et je détourne ostensiblement mon regard vers le squelette de l'affiche. Histoire de laisser croire au gardien que de lui, je me fiche. Que mon intérêt est ailleurs. Histoire de brouiller les pistes. Cette fois, je prends. Le son du Leica ne me trahit pas. Travail d'artiste.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 22:01

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© Jean-Louis Crimon                                           Copenhague. Juillet 2009. 

 

 

 

Un trio de danseurs au soleil de juillet.

Deux humains stupéfaits.

Interloqués.

Figés.

Paradoxe du mouvement.

 

Je me souviens très bien de ce moment. Je viens juste d'arriver à Copenhage. Pour quelques jours. Assis en terrasse, je laisse mon regard balayer l'espace. Une petite place pavée dont j'ai oublié le nom.

C'est calme. Presque désert. Sûr, les Danois sont en vacances... En France !

 

Mon regard se fixe sur le trio de pierre. Ou de bronze. Je n'ai rien bu. Pas encore touché à ma bière. Ils dansent. Je les vois danser. C'est incroyable, vraiment, ce mouvement des danseurs.

La statue danse.

Un couple s'arrête. Un homme, une femme. Deux touristes. Stupéfaits. Sidérés. Subjugués. La magie opère. Je sors mon boîtier. Je cadre. Je prends. Une image. Une seule.

 

J'adore quand la photo restitue le mouvement de ce qui, objectivement, ne bouge pas. Tout en figeant ce qui, habituellement, est en marche.

 

Danseurs... endiablés.

Humains... statufiés.

 

J'adore quand la vie s'inverse.

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26 août 2012 7 26 /08 /août /2012 13:04

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© Jean-Louis Crimon                               Chengdu. Université Normale du Sichuan. Déc  2011.

 

 

 

 

Paris au mois d'août. Trois personnes sur un banc. Une femme et deux hommes. La femme lance la discussion. C'est assez inattendu. Parfois presque beau. Entre Beckett et Queneau. A donner envie de relire En attendant Godot et Zazie dans le métro.

 

- Une conversation, c'est comme une partie de ping-pong, si personne ne renvoie la balle...

- La conversation sur le temps qu'il fait, le temps qui passe, le temps passé... trop peu pour moi !

- La discussion, c'est autre chose...

- Pour moi, c'est la même chose !

- Pas du tout, la discussion, c'est examiner des points de vue, des opinions...

- Ce ne serait pas plutôt opposer des arguments, sur un sujet donné, sur une question...

- C'est plutôt, pour moi, étudier, peser des arguments...

- De la discussion jaillit la lumière...

- Sauf quand ce sont des échanges à batons rompus...

- Quand on passe du coq-à-l'âne...

- Pas facile de converser avec vous, mes amis !

- La conversation, c'est ça, ça ne se discute pas !

 

Retour au point de départ. Vraiment curieux. On tourne en rond. Trois monologues. Trois convictions. Pas facile pour eux trois de s'entendre. Pas facile déjà de s'écouter. La femme reprend son idée de départ:

 

- Une conversation, c'est une partie de ping-pong : si personne ne renvoie la balle, on risque de s'ennuyer...  

 

Je m'éloigne du banc des débats. J'en sais assez. Je laisse à leurs échanges égoïstes ces curieux pongistes. Je repense à une vraie petite balle orange qui, ailleurs, ponctue vraiment les heures de conversation. En cours de français.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 08:16

DSCN0188    © Jean-Louis Crimon

 

 

La fascination qu'exerce la capitale de la France m'étonnera toujours. Les touristes en sont, chaque jour, des preuves touchantes. Agaçantes parfois. Excessives souvent. Qu'ils viennent du bout du monde, du Japon, de Chine, de Mongolie, de Nouvelle-Zélande et d'Australie, ou qu'ils viennent d'Italie, de Grèce ou d'Espagne. D'Allemagne, du Danemark, de Suède ou de Norvège. Quelquefois de Finlande. De Russie. Qu'ils viennent de partout ou de  nulle part, et même de l'Hexagone, ils sont admiratifs, contemplatifs et, par trop, laudatifs. Excessifs. J'aime Paris, bien sûr. J'adore Paris mais j'aime toutes les autres capitales aussi.

J'aime Rome, Barcelone et Madrid. J'aime Athènes. J'aime Oslo. J'aime Stockholm et Copenhague. J'aime Londres et Amsterdam. J'aime les villes. J'aime toutes les villes. Les Capitales comme les minuscules. Les petites comme les grandes. Leur façon de dire un pays, un peuple, une culture. Une manière de vivre et de... mourir. J'aime la façon dont certains d'entre nous, les artistes, y écrivent leur vie, leurs oeuvres, et y laissent leurs traces. Avant de céder la place.

J'ai ces jours-ci quelques beaux livres sur Paris. Loin des grands albums tout en couleurs, le plus agréable n'est pas le plus cher, mais il est le plus cher à mes yeux. Toutes les photos sont en noir et blanc. Son titre: Paris vu par les peintres. Editions de Varenne, 1951. Adorable balade qui invite à une vraie promenade sur les lieux où les tableaux sont nés. Avant de devenir oeuvres de musée. Amusant, pour moi, de pouvoir mettre ses pas dans les pas de ces grands-là. Qui bien avant nous, sont passés par là.

Amusante redécouverte d'une création amusée. Avant d'être "à musée" ! Car ceux-là n'étaient pas des "tristes", même si ce n'est pas toujours gai la vie d'artiste.


Le Pont-Marie de Durey.


Le Quai Saint-Michel d'Utrillo.


Le Boulevard Montmartre de Pissaro.


Saint-Médard et Rue Mouffetard de Jongkind.


Le Pont de la Tournelle de Levrel.


Le Quai de la Tournelle de Thévenet.


Le Quai des Grands-Augustins de Brayer, l'hiver avec ses boîtes de bouquinistes fermées.

 

Page 12, sourire attendri pour la fin de la Préface de S. Pairault: "Malgré son nom masculin, Paris est une femme. Et c'est bien comme une femme que ses peintres l'ont aimé: une femme unique et diverse, changeante et immuable, jamais "ni tout-à-fait la même ni tout-à-fait une autre" comme la bien aimée dont rêvait Verlaine à vingt ans."

 

"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime..."

 

Tiens, ce soir, je relis Verlaine...


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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 08:25

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© Jean-Louis Crimon                                                             Paris. Février 2012.                     

 

                             

 

Silhouette: nom féminin. (de Silhouette, contrôleur général des Finances).

 

1/ Contour, lignes générales du corps; allure. Avoir une silhouette élégante.

2/ Forme générale ou dessin se détachant d'un fond et qui donne les contours schématiques d'un être, d'un objet.

3/ Forme générale aux contours vagues. Distinguer au loin des silhouettes.

 

Silhouetter: verbe transitif. Litt. Dessiner en silhouette.

 

Se silhouetter: verbe pronominal. Litt. Apparaître en silhouette; se découper, se profiler.  (Petit Larousse Illustré.2000)

 

Au fond, en photographie comme en littérature, tout est affaire de définition. Définition: Enonciation de ce qu'est un être ou une chose, de ses caractères essentiels, de ses qualités propres. Définition: degré de finesse d'une image.

 

Silhouette: nom féminin. (de Silhouette, contrôleur général des Finances).

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 07:05

 

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© Jean-Louis Crimon                Chengdu. Université du Sichuan. Campus. Déc 2011.

 

                                                                                                 .        

                       

C'est un des beaux moments des activités dirigées. Un exercice aussi pêchu et physique que le badminton. Le badminton des mots et des phrases. Il y a d'excellents volleyeurs. Des volleyeurs de mots et d'idées.

Avec la classe des grands débutants en français de l'Université Normale du Sichuan, à Chengdu, je fais régulièrement, depuis fin septembre, deux à trois fois par semaine, en guise de "training intellectuel et linguistique", ce petit jeu qui repose sur un grand sac. Un grand sac très mystérieux.

Un sac dans lequel, sur des petits morceaux de carton, découpés dans des emballages, j'ai écrit à la main une multitude de mots : des noms, des adjectifs, des verbes, des sujets, des compléments. Les étudiants, en groupe de deux ou trois, le plus souvent, mais aussi parfois, à leur demande, en solo, plongent une main plus ou moins distraite ou experte dans mon sac à malices. Ils en ressortent, selon les jours, selon mon humeur, mon humour, ou selon ma générosité, trois ou cinq mots. Vous l'avez deviné ou compris d'emblée: avec les mots, il faut faire des phrases. Avec les phrases, parfois, un vrai petit texte. Un vrai travail de création très... créatif.

Ce sont des étudiants et des étudiantes formidables: en deux mois et demi de français, une cinquantaine d'heures de cours par semaine, en deux mois et demi de "français intensif" donc, ils sont capables de sortir des phrases d'un excellent niveau. Tant sur le plan de la construction syntaxique que sur le plan du "sens", pour ne pas dire de la "portée poétique" ou même "philosophique" de la phrase.

Au cours de l'avant-dernière séance, mi-décembre, deux étudiantes, Sophie et Juliette, de leurs prénoms français, avaient péché dans le sac à malices, les mots "AMIS", "BATEAU", "Je", "ARC-EN-CIEL" et "POMMES DE TERRE". Pas mal, non, comme tirage au sort ?

Vous voulez savoir quel sort mes deux étudiantes ont réservé à cet étonnant tirage au sort ? En dix minutes chrono !

Eh bien, sans tarder, je vous livre leurs phrases, dignes d'étudiants Français pratiquant leur langue maternelle depuis toujours:

 

"Nous sommes deux bons AMIS, mais nous avons des idées très différentes. Quand je rêve de prendre un BATEAU pour les vacances et quand JE te parle d' ARC-EN-CIEL, tu me parles de la qualité des POMMES DE TERRE ! "

 

Pas mal du tout, non ? Joli texte. Beau contenu. Superbe rédaction. Pour des étudiantes qui ne parlaient pas un mot de français le 10 septembre dernier.

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 08:01

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© Jean-Louis Crimon                                                                                            Paris. Février 2012.       

 

 

Dans la grisaille du matin gris, un homme tout en gris, face à un rideau de fer gris. Tout est gris autour de lui. Les grosses mailles grises du rideau de fer gris. Cotte de mailles d'un siècle toujours prêt à guerroyer. Pull géant tricoté à grandes aiguilles grises. Gris le trottoir. Gris les murs de la boutique où des travaux se font dans la lumière grise. Les vêtements de l'homme sont gris. Pour être en harmonie avec la poussière. Grise, comme chacun sait, la poussière.

 

Je me souviens d'un poème écrit au tout début des années 70. Sur le campus, plutôt gris, où j'habitais, il y avait de grands travaux de construction. De grandes grues grises, girafes mécaniques, s'en allaient brouter les gris nuages. De mémoire, et à grands traits, ce poème d'un étudiant en philo de vingt ans. L'étudiant que j'ai été. Dans le campus tout gris d'une ville à l'époque plutôt grise.

 

Par ma fenêtre, je ne vois que du gris,

Du gris de ciel

Que cache par endroits du gris de murs

Du gris de murs

Où se profile parfois du gris de grues,

Du gris de grues

Pour peindre encore du gris de murs.

 

Et tout en bas,

Du gris de gens qui passent,

Et taches grises sur gris de rues s'effacent.

 

Par ma fenêtre, je ne vois que du gris

                                            du gris de ciel

                                            du gris de murs

                                            du gris de gens

                                            du gris de rues

                                            du gris de grues

                                            du gris de gris

 

Du gris de gris dans le gris du brouillard

Et le matin a l'air d'être déjà le soir.

 

Comme on dit, - c'est banal, c'est cliché -, ce texte n'a pas pris une ride. On ne peut pas en dire autant de son auteur.

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 00:03

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 Paris. 15 Novembre 2011.                                                                    © Jean-Louis Crimon 

 

 

Compagnon de bar et d'infortune. Compagnon de bar où se barre toute ta tune. Homme-oiseau qui décolle et s'envole vers ces pays d'Absurdie. Mendiant qui jamais ne mendie. Funambule fêlé de son câble. Comprimé déprimé sécable. Damoiseau paumé chez pôle emploi. Manouvrier des chantiers du futur. Roi de la biture...

Compagnon des Pierrots tristes sous la lune. Amuse-gueule des Dieux des comptoirs célestes. Etoile noire qui cherche la lumière. Etoile noire à des années-lumière. Piéton perdu des autoroutes d'insomnie. Somnambule qui déambule jusqu'au petit matin...

Petit matin. Petit Martin. Petit Martin chagrin qui chagrine d'aller au chagrin. Evadé du siècle 21. Echappé d'une toile de Chagall. Ou de Braque, ça m'est égal. Mitan de braque. Niaiseux génial. Faiseur d'embrouille. Roi de la débrouille. Couche-tard levé trop tôt. Pilier de bistrot. Infatigable parleur jamais aphone. Roi du microphone. Goûteur en carafe. Testeur du Palais. Faut en prendre de la bouteille. Au diable, les damnés du goulot...

Homme-oiseau qui confond la frasque et la fresque. Homme-tableau vivant, tu y es presque. Homme-tirelire qui sans arrêt décaisse. Pour le bonheur de ceux du tiroir-caisse. Homme-oiseau et Damoiseau. Oiseau-Lyre. Oiseau-Lyre et Roi Lear. Mais oui, Monsieur William... Shakespeare...

Sans sommeil qui n'a pas son pareil pour vous servir, l'été, à quatre heures du mat', un soleil vermeil, Passerelle des Arts, quand le ciel flamboie, et que le dernier bar nous broie... Noctambule nyctalope... C'est la vie la salope...

Martin, mon copain, mon camarade, mon alter ego, roi du tout à l'ego. Rêveur perso et solidaire. Prolo de l'usine à bière. Mousse à frimousse. Muscadet du métro Cadet. Poète dérisoire. Chanteur des rizières. Sancerre au dessert. Toujours entre être et avoir. Quelle heure peut-il être ? L'heure de l'abreuvoir...

Frangin de Rutebeuf et de Villon. De Verlaine et de Jean-Arthur. Marinier de l'Est. Déleste. The last. Ballast. Bouffon du bitume. Marcheur impénitent. Traînard goguenard. De goguette en traquenard. Baladin des deux rives. Champion des dérives. Un mot, un seul, et tu arrives...

Tu souffles, rue Soufflot. T'as le tournis, Quai de la Tournelle. Tu tournes le dos devant le tournedos. T'as la dalle et tu bectes que dalle. T'es blanc comme un linge. Arrête de faire le singe. Poire ou mirabelle. Boire de plus belle. Dans l'eau de la Seine, se mire le désespoir du mirliton qui mirlitonne sa chanson. Une blanche, rue Blanche, et je sais, c'est pas fin, une fine, Place Dauphine...

 

Martin, assez déconné, ce soir, c'est ma tournée, je t'offre ce vrai refrain d'une fausse chanson. Chanson à boire ou à déboire. Deux vers, patron, dont la nuit ne verra pas le fond. Deux vers qui m'ont traversé la tête, en traversant le pont. Deux vers cassés en quatre, mais on va pas s'battre:

 

Tu sais bien qu't' as beau

traîner de bar en bar,

Il est encore trop tôt

pour être en retard.


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