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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 21:15

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Chine. Chengdu. Chenglong. Octobre 2011.                                                  © Jean-Louis Crimon 

 

 

Un jeune homme. Une jeune femme. Jeu de dames. Cases noires. Cases blanches. Damier. Jeu de Dame ou Dame de coeur. Dame de coeur et son Cavalier. Cavalier ou Chevalier. Chevalier servant. Dame de coeur servie. Amour en vie. Amour qui fait envie. Damier ou Echiquier. Jeu de dames ou jeu d'échecs. Souffler n'est pas jouer. Tel est pris qui n'a pas vu qu'il pouvait prendre. Apprendre à prendre. Pour ne pas se faire prendre. Faut savoir ou faut comprendre.

Aller à Dames. Perdre sa Tour. Coucher sa Reine. Echec au Roi. Alternance de cases noires et de cases blanches. Avec ou sans revanche.

Métaphore de l'existence.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 09:51

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Paris. Septembre 2012.                                                                             © Jean-Louis Crimon 

 

 

 

Se retournant, dans un demi-sourire, presque timide, elle dit : Por favor. Prière délicate. Demande discrète. Prière de ne pas la photographier. Por favor. S'il vous plaît. Justement, il me plaît. Ou plutôt, elle me plaît. La photo me plaît. La personne que vous êtes me plaît. Votre façon de survoler le trottoir. Cette démarche souple, féline. Légère. Aérienne. Vos couleurs. La robe longue. Le mouvement de la robe. Le sac. Les couleurs de votre sac. L'allure d'ensemble. Por favor. S'il vous plaît. Laissez-moi arrêter cet instant. Bel instant. Simple et beau. Simplement beau.

 

Elle a souri. S'en est allée. Abandonnant l'image... Sans s'abandonner vraiment. Por favor... Fausse pudeur. Semblant de pudeur. Pudeur simulée ou vraie pudeur. Qu'importe. La photo est un petit bonheur.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 18:44

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Paris. 2012.                                                                                                  © Jean-Louis Crimon

 

 

Ce soir, le balayeur semble à son aise. En partance vers un ailleurs meilleur. Se rejoue, dans sa tête, ou dans son coeur, des fleuves impassibles. Des rêves d'Italie. Des rêves d'eau. Le geste léger. Tout en souplesse. Glisse son embarcation à fond plat sur une mer de bitume.

Paris soudain devient Venise. Dans la lumière grise que la Seine tamise. Mais pas de pot, la Seine n'est pas le Pô. Ce n'est pas sa moindre lacune. La Sérénissime a les siennes. Venise a sa lagune. Ce soir, le balayeur s'imagine chanson vénitienne.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 20:43

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Amiens. Picardie. 2012.                                                                           © Jean-Louis Crimon 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 21:21

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Paris. Quai de la Tournelle.                                                                        © Jean-Louis Crimon 

 

 

Beau bleu de ciel. Beau bleu de ciel bleu. Beau bleu de ciel bleu dans les yeux. Bleus. Des feuilles d'or sur les branches des arbres. Belle journée d'automne. Demain, l'hiver frappe à la porte. Selon le prévisionniste météo, dix degrés de moins sur le paletot. Surtout pour ceux qui se lèvent tôt. De 14 degrés, on passerait à 4 petits degrés. Si c'est vraiment vrai, a dit mon voisin, de quatorze à quatre, pour aller sur le quai, on va pas se battre.

Une dernière fois, ou presque, jolie fresque, de belles passantes jouent les élégantes. Certaines offrent leurs épaules au soleil qui les frôle. Encore un peu d'été dans l'automne.

Deux gamins en skate squattent d'un coup le trottoir. Deux turbulents. A ne pas avoir la langue dans la poche. L'un des deux stoppe pile face à l'endroit des Poches.

- Liliane est au Lycée ? vous l'avez ? 

- Liliane est au lycée ?

- Oui, c'est écrit par un Grec !

- S'rait pas plutôt... L'Iliade et l'Odyssée ?

- Ah, ouais, c'est p't'êt' ça !

- Vérifie le titre, mon gars, et reviens me voir quand tu seras sûr de toi ! Je te le mets de côté jusqu'à lundi !

 

Le métier de bouquiniste est parfois homérique. Homérique. A la fois héroïque et comique.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 14:11

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Paris. Octobre 2012.                                                                                   © Jean-Louis Crimon 

 

 

J'aime la ville. Les images de la ville. Temps de pause et temps de pose. La pause et la pose. Manière dont on se pose. Façon dont on se repose. Avant de repartir au turbin. Qui n'est pas de tout repos. Turbin urbain. Turbine. Parfois, faut comprendre, on lambine.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 19:41

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Paris. Octobre 2012.                                                                                  © Jean-Louis Crimon                           

 

 

C'est comme ça. On les regarde à peine. S'en donnent, pourtant, de la peine. On ne les voit pas. Ou si peu. Ils construisent la ville. Ils portent des habits de couleurs. Mais à nos yeux, ils sont transparents. Clowns dérisoires de la perpétuelle mise en scène urbaine. Pour les promotteurs, la bonne aubaine. La chose dure des semaines, des mois, des années.

Un jour, ils démontent le décor. Inversent les rôles. S'en vont installer ailleurs leur châpiteau de tôles. Le cirque continue. Sans eux.

Ailleurs, ils partent écrire une histoire semblable. Des centaines, des milliers de mètres cubes de sable, du ciment, du béton, de la ferraille. La vie duraille. Sans que ça déraille. Le tour est bien rodé. Comme sur un coup de dés. A l'horizon, déjà, sur ciel d'azur, du siècle, les nouvelles masures. De nouveaux immeubles. Pour que le citadin soit bien dans ses meubles.

Un beau matin, à nouveau, ils plient bagage. Démontent les échafaudages. S'en vont poursuivre ailleurs le voyage. Emportent tout sur leur passage. Font place nette. Ne laissent rien derrière eux. Pas le moindre morceau de ferraille. Le moindre boulon. Le moindre clou. Sauf un. Un seul.

Le clou du spectacle.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 21:39

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Paris. Octobre 2012.                                                                                © Jean-Louis Crimon

 

 

La pause. Le break. Breakfast, même. Repas frugal. M'est égal. L'ouvrier s'est isolé. Sans dire un mot. Sans parler. Sans avoir besoin de parler. Manger seul, en silence, on se répare mieux. Déjeuner dehors. Déjeuner en paix. Travaux dans la ville. Grands travaux. Grands travaux dans la grande ville. Plus d'un an déjà. L'ensemble prend tournure. Les étages sont en place. Le bruit. C'est le bruit qui agace. Qui fatigue.

Assis à même le sol. Jambes allongées. Pour mieux se détendre. Matinée pénible. Souffrance indicible. Vie d'ouvrier. Dans le dos, la balustrade. Les barrières. Dans le dos, l'affiche. Les affiches. L'Europe en chantier. S'en fout un peu, l'ouvrier. Lui suffit, son chantier à lui.

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 02:12

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Paris. Octobre 2012. Envoi de Baffie. Un mec à baffer.                                  © Jean-Louis Crimon

 

 

L'autre soir, Aux Ondes, une petite dame d'un certain âge écrivait avec application sur l'envers de la nappe en papier. Des pensées. Ses pensées. J'aime écrire. J'aime lire. Tenez, lisez moi ça. Compte-tenu de la proximité de la Maison de la Radio, je m'attendais au dernier Echenoz. Au dernier Modiano. Non, elle me sort le dernier Baffie. Dictionnaire drôle de A à Z. Des pensées. Des pensées pas sottes. Très drôles, m'assure la petite dame. La petite dame se prénomme Marie-Claude. Baffie lui a fait une belle dédicace. Une dédicace pleine page. Enfin, la signature de Laurent Baffie prend bien la moitié de la page. 
Sur la Couv', Baffie en habit d'Académicien. Logique, tous les jeudis après-midi, c'est connu, les Académiciens se mettent au... Dictionnaire. Baffie, lui aussi, s'est attelé au Dictionnaire. Le sien, forcément, se veut hilarant. Il a, paraît-il, lu 70000 mots, en a retenu 500. Cinq cents définitions très Baffiesques.

"Il est beau, il est beau, mon dico", a écrit l'auteur, sur son compte twitter@lolobababa. Le dictionnaire drôle de Baffie. De A à Z. Editions ZERO. Pardon, éditions KERO. Le dictionnaire drôle. Pas si drôle, au fond.

 

Trois définitions, au hasard, parmi les moins ratées. Ou, si vous préférez, parmi les plus réussies :

Enterrement : dernière sortie en boîte.

Escargot : limace qui a accédé à la proporiété.

Adolescence : période pendant laquelle on prend son pied avec sa main.

 

Donc, la petite dame des Ondes avait Baffie dans son sac. Avec une vraie dédicace de l'auteur. Baffie. Pas Echenoz. Pas Modiano. Modiano, justement, je l'ai écouté à la radio. Bel entretien avec François Busnel. Busnel, le bonheur de chaque soir. Le nouveau Chancel. Modiano n'est pas le client idéal, en interview. Sa difficulté, à l'oral, à construire de vraies phrases, est notoire. L'homme Modiano, au micro, on le sait, on le craint, est incapable ... d'aligner trois mots. Trois mots qui se suivent qui ont du sens. Qui font sens. Ce qui n'enlève rien à son talent d'écrivain. Sa plume, elle, n'hésite pas. Notez, ce soir-là, à l'oral, effet Busnel ou pas, le Modiano, je l'ai trouvé plutôt très à l'aise et plutôt bon. Assez drôle, même. Plus drôle que Baffie.

Modiano raconte dans cet entretien avec Busnel, un truc incroyable. Dans sa jeunesse, pour se faire un peu d'argent, il a fait des faux. De faux envois. De fausses dédicaces. Récemmment, d'ailleurs, il a eu le bonheur, la joie, le plaisir, de voir réapparaître, chez un Libraire Bibliophile, un de ses faux. Vrai ! Modiano a revu l'un de ses faux ! Présenté et vendu comme un vrai. Un Mauriac.

Marie-Claude, aux Ondes, elle, toute fière de sa dédicace de Baffie, n'en sait rien. N'a sans doute jamais lu Mauriac. Moi je donnerai cher pour un faux envoi de Modiano. Modiano, faussaire, quand il était ado. 20 ans, à ce temps-là, c'était encore l'adolescence. Adolescence : période pendant laquelle on prend son pied avec sa main. Exactement Modiano ado. S'appliquant à imiter l'écriture et la signature de Mauriac. Adolescence. Adulé sens.

Même pas raconté l'histoire à Baffie. Trop sûr de ce qu'il m'aurait rétorqué : j'm'en branle !

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 16:23

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Paris. 20 octobre 2012. Pont de Grenelle.                                                      © Jean-Louis Crimon

 

 

Ces deux-là n'ont pas signé d'appel à la rébellion. N'ont pas pétitionné sur la planète internet. Ne causent pas dividendes, taxations de plus-values ou liberté d'entreprendre. N'ont jamais entendu parler du Mouvement des Pigeons qui leur est passé largement au-dessus. N'en sont toujours qu'à se nourir, comme nous autres, avec les miettes. N'entendent rien au débat rentiers ou créateurs d'entreprises. Le rentier mieux loti que le créateur qui prend des risques, ça les laisse indifférents. Ce en quoi, tout comme nous, ils ont tort. Ignorent qu'aux uns, on interdit le découvert, mais qu'aux autres on a permis, pendant des années, les achats à découvert. Véritable bluff bancaire. Ignorent encore que dans ce pays, on continue de taxer davantage le travail que les plus-values.

Pour l'instant, on ne parle pas du sort des moineaux. Des piafs. J'en connais des piafs. Des piafs qui piaffent... d'impatience. Qui pensaient vraiment que le changement, ça allait être maintenant.

Les privilèges, les niches fiscales et tout le reste, même si on crève la dalle, on en a... soupé. Nous, les moineaux, les vrais, on claque du bec. Va falloir qu'un jour vous le sachiez. Sinon, ça va chi... !

Pour se réconforter, et garder un tant soi peu de bonnes manières, juste avant l'hiver, un petit coup d'oeil sur de vrais beaux salaires. Comme quoi, le mérite, dans ce pays de la sacro-sainte LIBERTé-EGALITé-FRATERNITé, est toujours récompensé. Que le partage est vraiment équitable.

Petit coup d'oeil sur le salaire annuel de quelques gros oiseaux. Histoire de voir où sont les beaux profits. 


Pierre Mariani, Patron de la Banque Dexia, a gagné 1 million 809 411 euros.

Frédéric Oudéa, Patron de la Société Générale, a gagné 4 millions 350 000 euros.

Jean-Paul Chifflet, Patron du Crédit Agricole, a gagné  1 million 805 731 euros.

Baudouin Prot, Patron de la BNP Paribas, a gagné 2 millions 713 015 euros.

François Pérol, Patron de la Banque Populaire-Caisse d'Epargne, a gagné 1 million 606 000 euros.

Laurent Mignon, Patron de la Banque Natixis, a gagné 2 millions d'euros.

 

Au fait, Monsieur Natixis, vous me remboursez quand les 2000 euros que vous m'avez volés, il y a déjà un paquet d'années ?

 

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