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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 17:11

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Paris. Drouant. 7 novembre 2012.                                                                 © Jean-Louis Crimon 

 

 

Incroyable cohue. Attroupement des grands jours dans la rue. Depardieu qui passe et qui arrête sa moto. Parle de la victoire d'Obama. Le Clezio qui sort du Renaudot. Les petites vieilles et les petits vieux du quartier qui piaffent d'impatience devant le buffet : aujourd'hui, c'est gratuit. Ici, on sait recevoir. Faut juste le savoir. Les riverains ne manqueraient l'évènement pour rien au monde.

Un tel engouement pour la littérature, ça n'arrive qu'une fois par an. C'est chez Drouant. Pour le rituel annuel du Goncourt. Engouement pour la littérature, pas sûr. Pour les images surtout. Qu'il faut absolument montrer dans les 13 heures respectifs. Pour les sons, les propos recueillis aussi. Les photos des magazines et des quotidiens. Canal +, BFM, France 2, France Info, Euope, RTL, ça bouscule sec pour s'imposer, ça cadre, ça s'engueule, ça perche dans tous les sens, côté sondiers, et ça se fait même... incendier.

Le sermon sur la chute de Rome, Actes Sud, c'est le roman de Jérôme Ferrari. Le Goncourt de cette année. Le plus prestigieux des prix littéraires. Ferrari a remporté le match contre Deville, déjà primé, par 5 à 4. Le roman : deux amis décident de mettre un terme à leurs études de philosophie pour ouvrir un bar en Corse. Ils rêvent de faire de ce lieu le meilleur des mondes possibles. Mais c'est l'enfer qui s'installe au comptoir... Pour le bonheur des journalistes en manque de matière, Régis Debray, l'un des dix, parle très bien d'Histoire et de métaphore... Fait l'éloge de la métaphore dans le roman primé. Puis s'en retourne au déjeuner donné en l'honneur du lauréat. Laissant sur leur faim les poseurs de questions.

Prof de philo à Abou Dabi, l'avion et le décalage ont mis Ferrari dans un état second. C'est lui qui le dit. L'entrée chez Drouant a été pour le moins sportive. "J'en ai perdu ma casquette", lâche dans un large sourire le portier du célèbre restaurant. Le lauréat reste zen. Reconnait, sans peine, avoir vécu une matinée un peu tendue. Etre dans le dernier carré, forcément, on se dit qu'on a une chance. Une chance sur quatre. Son roman ? une réflexion sur la condition humaine. Une fable philosophique sur les espérances déçues et la fragilité des empires. Rome détruite par les barbares et le sermon de Saint Augustin pour garder espoir. En 410 de notre ère. Citation du sage qui devient exergue et phrase d'ouverture : "Le monde est comme un homme, il naît, il grandit et il meurt...


Déconcertante, vraiment, la question d'une journaliste, perdue derrière la meute de ses consoeurs et confrères :

- Vous pourriez nous faire un sermon, maintenant ?

La réponse du Goncourt ne manque ni d'humour, ni d'allant :

- Ce serait élégant, par rapport au titre, mais ça dépasse mes capacités actuelles !

 

Reste la quatrième de couverture, pour en savoir davantage. C'est l'Editeur qui parle : "Jérome Ferrari jette, au fil d'une écriture somptueuse d'exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d'échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies."

Plus simplement, le roman de Ferrari se veut une réflexion sur l'homme et l'âme humaine. L'homme qui, sans cesse, détruit ses rêves. Comme s'il n'avait, à sa portée, d'autres moyens, que de détruire pour à nouveau construire et... continuer à rêver. 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 18:17

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Paris. Octobre 2012.                                                                                   © Jean-Louis Crimon 

 

 

Rien n'arrête celui qui arrête l'instant. Photo compulsive. Incisive. Décisive. Besoin impérieux d'arrêter, de fixer, le temps. A tout moment. A chaque instant. Nécessité vitale. Fatale. Irrépressible. Volonté d'enrayer le flux destructeur du temps. Temps qui passe et qui fait que nous passons. Même les passants. Même la passante, avenue du temps qui passe. Nous ne sommes que des passants. Passion furieuse. Labo... rieuse.

Avec ce paradoxe congénital : comment arrêter l'instant sans tuer le mouvement ? Ou bien : comment opérer le mouvement qui s'opère dans l'instant ? Sans tuer l'instant.

Soudain, la photo s'impose.  Quid du mouvement dans l'instant arrêté ? Et si l'instant qu'on arrête continuait à... marcher.    

Heureusement, sauvé ! L'instant est sauf ! Le flou nous sauve. Le flou qui est signe du mouvement, signe la photo. La photo du mouvement.  Du mouvement arrêté et restitué. Dans son... mouvement.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 20:34

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Paris. Octobre 2012.                                                                                 © Jean-Louis Crimon  

 

 

Dialogue avec moi-même :

 

- Elle, c'est Elle !

- Tu la connais ?

- Pas le moins du monde !

- Comment sais-tu que c'est elle ?

- Elle, c'est Elle !

- Alors, tu la connais !

- Ni des lèvres, ni des dents !

- On doit dire : ni d'Eve, ni d'Adam !

- Oui, je sais, mais j'préfère "ni des lèvres, ni des dents", c'est plus excitant !

- Comment peux-tu dire une chose pareille d'une fille que tu ne connais même pas !

- Fastoche, c'est écrit en toutes lettres, sur le mur, juste en face !

- T'es malade ou quoi ?

- Pas du tout ! Je sais lire, c'est tout !

- Vraiment malade, comme mec ! Obsédé !

- Modère tes propos, s'il te plaît !

- Non ! Pas question ! J'maintiens : obsédé ! Tout ça pour la prendre en photo !

- Tu sais, c'est une question d'oeil ! de regard ! de vision !

- Dis que je suis bigleux !

- Parfaitement, tu vois que dalle ! Tu vois que couic !

- Et toi, forcément, tu vois ce que les autres ne voient pas ? 

- Parfaitement ! C'est le rôle de l'artiste ! La preuve : Elle, C'est Elle !

- A la fin, tu m'énerves ! Tu m'gonfles ! Balance là ta vanne à deux balles ! Ton mot à deux euros !

- Un peu de respect pour l'artiste, Môssieur !

- J'attends !

- Sur le mur, légèrement sur la gauche, au-dessus de la belle silhouette féminine...

- J'vois rien !

- Trois lettres...

- T'arrêtes avec ton scrabble de ville !

- Trois lettres, que j'te dis !

- J'vois pas !

- Alors, amène-toi, j'vais te mettre le nez dessus !

- Bon, me brutalise pas !

- Là, tu les vois ?

- Ouais, mais j'pige pas...

- T'es vraiment long à la détente ! Trois lettres... en jaune... sur fond bleu...

- L C L, oui, et alors ?

- Bon, c'est mort, t'es trop nul ! L C L, bordel, Elle C'est Elle ! ELLE C'EST ELLE ! ELLE, C'EST ELLE !

- C'est bien c'que je pensais : t'es atteint d'une maladie grave, un truc genre don de double vue !

- Mais si c'est un don, voyons, c'est un cadeau. Un cadeau de ouf', espèce de pouf' ! 

 

C'est comme ça qu'a pris fin le dialogue avec moi. Un autre moi. Cet autre moi. Qui me met souvent hors de moi. Un "moi" vraiment pénible. Toujours à la traîne. Toujours à la ramasse ! Heureusement que je suis là pour l'éveiller un peu. Pour lui apprendre à voir. Pour lui apprendre à... ouvrir les yeux.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 20:33

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Paris, 4 novembre 2012. Cinéma Saint-Germain.                                          © Jean-Louis Crimon  

 

 

C'est un dimanche matin pluvieux de novembre. Un temps de Toussaint à Saint-Germain. Un temps d'automne à garder la chambre. Dehors, résigné, le balayeur pousse son caddie de feuilles mortes. Au Bonaparte, qui donne sur la grand-place, la dame qui vient d'entrer semble frigorifiée. Dialogue savoureux avec le garçon :

- J'aimerais un petit crème...

- Taille unique en crème !

- Alors une noisette, ça suffira.

J'adore les conversations faussement anodines quand, dehors, le vent fouette la pluie chagrine. Prix du petit noir au Bonaparte -taxes et service compris- 3 euros 30. A la vitre du temps qui passe, s'écoule volontiers le quart d'heure que j'ai d'avance. Je laisse près de ma tasse le compte juste des pièces. Sans pourboire puisque le service est compris. Je me lève et je salue le garçon. Dehors, la pluie hésite à redoubler ou à s'effacer. Je m'engouffre dans le hall du Saint-Germain.

Ils sont une bonne trentaine à se retrouver au cinéma du 22 rue Guillaume-Apollinaire. Pas très loin du métro Saint-Germain-des-Prés. Pour le séminaire de Yann Moix. Entrée libre et gratuite. Aujourdh'hui : le parti pris de Ponge. Invité : Philippe Sollers. Texte de référence L'huître. Qu'on peut lire sur le grand écran. Pratique une salle de cinéma pour y tenir séminaire. L'écran accueille superbement l'écrit. Plus tard, une superbe photographie de Francis Ponge prendra la place du poème..

De Ponge, je l'avoue, je n'ai pas lu grand chose. En ai soudain un peu honte. Le cageot, Le savonL'huître... Des textes qui m'ont toujours déconcerté. Dérouté. Faute d'avoir vraiment lu Le Parti pris des Choses. Survolé. Médiocrement parcouru. Sur Ponge, avoir fait l'impasse. Sûr que Yann Moix me dirait, consterné : ça me dépasse !

 

Derrière-moi, ça bavarde. Dans mon dos, morceau d'anthologie :

- Salut, tu es là ? Comme il y avait pas mal de cheveux blancs, de dos, je ne te reconnaissais pas...

- Ah, bon !

- Qu'est-ce que tu as pris ? Un chocolat ?

- Non, un cachou !

- Tiens, essuie-toi, tu t'en es mis partout. C'est pas très propre !

 

Devant moi, à droite :

- Culinairement parlant, il eût mieux valu manger plus tôt...

 

C'est étrange, les gens chuchottent comme à l'église. Banalités de ceux qui sont venus pour écouter. Ecouter Yann Moix et Sollers. Philippe Sollers.

Onze heures dix, Yann Moix vient d'arriver.

- Bonjour ! Pas d'inquiétude. On attend juste Philippe Sollers qui nous rejoint dans trois minutes. Il est déjà là.

Soupir de soulagement dans la salle. Yann Moix reprend : Qu'est-ce que je fais ? Je meuble un peu... sur ce séminaire qui n'a pas encore eu lieu... En fait, j'ai fait Proust la semaine dernière, mais nous n'y reviendrons pas. Sur Proust, on a l'impression que tout a déjà été dit... Sur Ponge, au contraire, tout est à faire...

Bon, je suis content que vous soyez-là... Il y a déjà plus de monde dans cette salle-là que pour "Astérix", hier soir !

Dans la salle, quelqu'un dit : c'est réconfortant.

Enfin Sollers arrive. Yann Moix le salue comme il se doit. Lui avoue tout ce qu'il lui doit. Commence alors le long cheminement de Moix. Réflexion ponctuée de citations. Riche réflexion. Avec une certaine hauteur de vue. Ou de vues.

Moix et Sollers ont réussi leur prestation. Chacun sa mi-temps. Sans mi-temps. D'abord Moix pour une métaphysique de Ponge. Qui passait par Heidegger et Péguy. Même si, pour Sollers, Heidegger aurait suffit. La parenté Péguy/Ponge n'a semble-t-il, pas été tout à fait du goût de Sollers. Moix a poursuivi son approche.

Peu avant midi, une grincheuse lance : ça suffit !  c'est Sollers qu'on veut entendre ! Moix ne se laisse pas dérouter. Moix poursuit sa route. Belle progression. Exigeante. Ardente. Ardue aussi. Avant de passer le micro à son illustre invité. Philippe Sollers. Pour une lecture commentée de Ponge. Commentée. Comme hantée. Par le souvenir de Ponge. Sollers a connu Ponge. Sollers a invité Ponge à l'Ile de Ré. Sollers a mangé des huîtres avec Ponge. Sollers a parlé de l'homme Ponge. Un homme modeste. Presque pauvre. Qui déjeunait parfois d'un morceau de sucre. Emouvante leçon. Emouvante leçon de... choses. Sollers parlant de Ponge et de son énergie solaire... Le soleil, la putain rousse. Belle énergie solaire. Belle énergie Sollers !

Alors Sollers nous met en orbite. La planète Ponge nous est enfin visible. Accessible. L'érotisation de Ponge. Le mot touche la chose. La chose est touchée par le mot. La lecture de L'oeillet. Ponge, entre Littré et Linné. Entre l'homme du dictionnaire, l'herbier des mots, et l'homme qui nomme les choses de la nature, les plantes. Le soleil placé en abîme. Le soleil, ni la mort, ne peuvent se regarder fixement.

Au fond, le meilleur parti à prendre, recommandation de Ponge dans Proèmes : "considérer toute chose comme inconnue et reprendre tout au début".

Sollers parlant de Ponge, la salle buvait ses paroles et moi j'étais là, comme une é/ponge.

Treize heures déjà. Merci au tandem Moix/Sollers. Tous deux d'excellents Pongistes. Sans petite balle jaune, et surtout sans filet. Mission accomplie. Dans la salle, nous sommes nombreux à n'avoir qu'une seule envie. Une envie de Ponge. Relire Ponge. Relire Le Parti pris des Choses. Sans parti pris.

Pour ça, Moix/Sollers, merci.

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:12

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Paris. Rue Gros. Octobre 2012.                                                                       © Jean-Louis Crimon                  

 

 

Feuille qu'automne endeuille

Vivants que mort effeuille

 

De vie à trépas

La faux n'hésite pas

 

Attention au faux pas

C'est son dernier repas

 

Cruel destin de feuille

Que vent trop froid accueille

 

Succombe au moindre écueil

Pour dormir sans cercueil

 

Qu'importe la saison

Mort a toujours raison

 

La mort toujours emporte

La vie qui prend la porte

 

       Crimon  (La Chanson amère)

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 21:18

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Paris. 2012. Rue de Rennes.                                                                     © Jean-Louis Crimon   

 

 

"Le bonheur est une idée neuve". Saint-Just ! C'est juste ! Mais qui s'en souvient ? Très exactement: "Le bonheur est une idée neuve en Europe". Le bonheur, une idée neuve, tu parles !

Aujourd'hui, le bonheur, c'est relou. Preuve : l'idée neuve, ça se relooke. La pub' te vend le nouveau chic. Etre heureux, c'est à la mode. Ont plus qu'à aller se rhabiller les sans-culottes. 

Révolution, je suis morgan' de toi !

Etre heureux, c'est le nouveau chic. Manière de faire dire à l'époque : le bonheur, le vrai, on s'en tape, c'est du toc. Etre heureux, c'est mieux, parce que c'est chic. Etre heureux, c'est le nouveau chic. Le nouveau chic, variante du bonheur.

Etre heureux, la nouvelle mode. La mode, c'est son métier, joue la nouveauté. Le registre de la nouveauté. La nouveauté, variante dégradée de l'idée neuve. La nouveauté, forcément passagère. L'idée neuve, durable. Même si, pour le bonheur, les temps sont durs. Même si, par les temps qui courent, le malheur a la vie dure.

Saint-Just n'en reviendrait pas. Son idée neuve a été relookée. Nouveau chic. Formule faussement choc. Le bonheur est une idée neuve, c'était d'une autre tenue. Passée à la postérité, la célèbre affirmation du Conventionnel n'avait rien de conventionnel : elle incarnait le génie de l'époque révolutionnaire. La formule se trouve dans le Rapport sur le mode d'exécution du décret contre les ennemis de la Révolution. Rapport présenté et défendu par Saint-Just le 13 ventôse An II, traduisez le 3 mars 1794. Ce Rapport sur le mode d'exécution du décret contre les ennemis de la Révolution devait permettre l'adoption des Décrets de ventôse. Pour légaliser - IMPENSABLE DE NOS JOURS - le transfert aux miséreux des biens confisqués aux "ennemis de la Révolution". Il s'agissait de procéder à une gigantesque redistribution de la richesse nationale. En ce temps-là, on ne lésinait pas. On ne chipotait pas. Le bonheur était de bon aloi. Pour le permettre, on refaisait la loi.

Deux siècles plus tard, elle a bien changé la France. Ce sont les patrons qui manifestent et qui protestent. Les petits comme les grands. Qui se plaignent. Pensez-donc, on leur rend la vie trop dure. Ils ont un mal fou à rester riches. Tout juste si dans leur aveuglement, ils ne prennent pas les pauvres à témoin. Tout juste si, pour préserver leurs biens, ils ne leur demanderaient pas, aux pauvres, un petit coup de main. 

Etre heureux, désormais, c'est tendance. C'est à la mode. La pub' ne recule devant rien. Slogan incroyable. Digne des Incroyables. Déroutant. Bien dans l'air du temps.

Le bonheur est une idée neuve. Saint-Just, oublie tout ça ! Tu ne la reconnaîtrais pas ta France. Le nouveau chic, nuance, c'est le bonheur... en apparence.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 00:49

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Paris. 31 octobre 2012.                                                                                © Jean-Louis Crimon

 

 

C'est un problème philosophique. Comment traduire le mouvement par la photographie ? Instant du mouvement et mouvement de l'instant. La question est aussi : comment rendre compte du mouvement dans l'instant arrêté ? Ou bien : comment la photo peut arrêter un instant et, pour autant, ne pas tuer le mouvement. Le mouvement qui s'opère dans l'instant ? Dans cet instant.

Quand le photographe arrête l'instant, le mouvement se fige dans une netteté exemplaire. Comme s'il n'était pas dans la réalité. Comme s'il n'était plus dans la réalité. L'instant, hors du temps, devient parfait. Trop beau pour être vrai. L'instant semble irréel. L'instant, dans la réalité, ça bouge. Sur la photo, c'est figé. Cette fois, exploit : j'ai réussi à traduire le mouvement. Mais, à raison, on me dira : votre photo est floue.

Problème, c'est justement le flou qui est signe du mouvement.

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 23:37

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Paris. 31 octobre 2012.                                                                             © Jean-Louis Crimon                                                                              

 

 

Je sais, ce n'est pas vraiment la Tour de Babel, mais la tentative, ou plutôt la tentation  de l'escabeau, j'ai trouvé ça beau. Dérisoire et ambitieux à la fois. Pardon : dérisoire et ambitieux à la... foi. Plus près de toi mon Dieu est un vieux cantique qu'on nous forçait à chanter autrefois. Pardon : autre foi...

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 08:17

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Paris. 2012. Bruno.                                                                                    © Jean-Louis Crimon 

 

 

Premiers froids.  Première gifle de l'hiver. Histoire de nous ramener au réel. Le réel, c'est quand il gèle. Quand ça pèle. Alors, on prend conscience. De la dureté des temps. De la froideur des nuits. C'est vrai, on avait oublié. Pourtant, celui qui dort dehors... dehors, il y dort aussi en été. Je sais, l'été, c'est pas pareil. C'est connu : La misère au soleil...

Dormir dehors. Mourir de même. La radio t'annonce le premier mort de l'hiver. A peine si ça t'étonne. On est encore en automne. Mourir dans la rue. Mourir sur le trottoir. Comme si c'était naturel. Normal. Banal. Les vendanges de la mort. Chaque année, la même rengaine. Quand le froid dégaine, dehors, c'est mortel. Le froid est un bandit cruel. Le bandit n'est pas manchot. L'oubliez pas, vous qui êtes au chaud.

Pensez à ceux qui ont froid. Qui meurent de froid. Tellement que, parfois, souvent, ils en meurent vraiment. Pensez à ceux qui vivent et s'endorment dehors. Ceux que l'hiver embrasse. Baiser de la mort. Sur des lèvres déjà bleues. Des lèvres déjà froides. Pour n'avoir pas trouvé un peu de chaleur. De chaleur humaine. Chaleur d'autres lèvres. Chaleur d'une bouche. Bouche à bouche salvateur. Du bout des lèvres, ils vous l'avouent : leur malheur, c'est d'abord manque de chaleur.

Unique réconfort de celui qui vit dehors : la chaleur... d'une bouche... de métro.                                                                           

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 21:15

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Chine. Chengdu. Chenglong. Octobre 2011.                                                  © Jean-Louis Crimon 

 

 

Un jeune homme. Une jeune femme. Jeu de dames. Cases noires. Cases blanches. Damier. Jeu de Dame ou Dame de coeur. Dame de coeur et son Cavalier. Cavalier ou Chevalier. Chevalier servant. Dame de coeur servie. Amour en vie. Amour qui fait envie. Damier ou Echiquier. Jeu de dames ou jeu d'échecs. Souffler n'est pas jouer. Tel est pris qui n'a pas vu qu'il pouvait prendre. Apprendre à prendre. Pour ne pas se faire prendre. Faut savoir ou faut comprendre.

Aller à Dames. Perdre sa Tour. Coucher sa Reine. Echec au Roi. Alternance de cases noires et de cases blanches. Avec ou sans revanche.

Métaphore de l'existence.

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