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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 20:08

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© Jean-Louis Crimon                                                                                     Paris. 2012.

 

 

"Menteur comme un arracheur de dents". Je me demande bien d'où vient l'expression ? Peut-être que les ancêtres des chir-dents, les chirurgiens-dentistes, ne disaient pas toujours la vérité sur la douleur ou la souffrance qui allait être liée à leur intervention. Une dent qu'on arrache, -et à l'époque sans anesthésie- ça doit faire mal. En clair, ils devaient dire "ça n'vous fera pas trop mal" et, en fait, le patient, enfin plutôt l'impatient, devait déguster un max. De là l'expression "menteur comme un arracheur de dents". Mon interprétation vaut ce qu'elle vaut, mais je pense, comme on le dit familièrement, qu'elle tient la route. Jusqu'à preuve du contraire.

"On ment matin et soir !" C'est la toute dernière expression répertoriée dans le domaine de la dénonciation du mensonge. La formule vaut ce qu'elle vaut, mais elle mérite - à première vue- une destinée comparable à celle de l'arracheur de dents. "On ment matin et soir", certes, mais attention "danger !", une telle formule peut laisser supposer, si "on ment matin et soir", que rien n'interdit de dire la vérité ...  le midi. Drôle, non ?

L'auteur de la trouvaille n'a sans doute pas pensé à cette éventualité-là. Le menteur qui "ment le matin, ment le soir", ne ment peut être pas en continu. Ne ment peut-être pas, tout au long de la journée. Donc, peut dire "vrai" le midi. L'après-midi. Sinon, il aurait fallu dire "on ment du matin au soir". Ce qui n'est pas tout à fait la même chose, et ce qui n'a pas -soulignons-le- tout à fait le même sens. "On ment du matin au soir" , ce qui n'a rien à voir avec "on ment  du soir au matin" ! Là, c'est clair. Enfin, sauf la nuit. En même temps, si on ment "du soir au matin", qu'est-ce qui interdirait de dire la vérité ... durant la journée, tout au long du  jour ? A l'inverse, si "on ment du matin au soir", on peut dire la vérité ... la nuit. La nuit, je sais, tous les chats sont gris.

 

Conséquence : la formule "On ment matin et soir" n'a pas forcément la force de l'historique "Menteur comme un arracheur de dents". Il y a fort à parier que l'énonciateur, pour ne pas dire le "dénonciateur", n'est lui-même, pas un amateur en matière de mensonge. Le problème, c'est que la formule n'est pas celle d'un anonyme menteur du coin de la rue ou du bout du quai. Elle est celle de notre Président. Oui, celle de notre Président de la République. Qui, lui, nous a menti, -on le sait bien- régulièrement, quotidiennement, pendant ... cinq ans. Moralité : à menteur, menteur et demi !

Problème : doit-on craindre les conséquences des mensonges à venir ou est-il temps de sanctionner les mensonges du passé ? C'est à présent toute la question du présent. Je ne suis pas complétement sûr de la réponse, mais -sans mentir-  j'ai déjà ma petite idée.

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 19:25

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© Jean-Louis Crimon                                                                   Paris. 41, Quai de la Tournelle.            

 

 

Bizarre sensation de renaître. Fini le nez à la fenêtre. Redoux salutaire après les grands froids. Presque agréable de se retrouver dehors. Même si le vent du nord n'est pas d'accord. Guère nombreux pourtant sur le quai. Soit dit en passant, tout aussi peu de passants. Alignement monotone de boîtes étrangement muettes. Bouquinistes en grève ? On se le demande. De Saint-Michel à La Tournelle, une dizaine à peine. Leurs boîtes tendent leurs couvercles comme de vieux oiseaux verts qui claquent du bec. Bouquinistes téméraires à braver un ciel pas franchement menaçant, tout juste incertain. Cela pour le décor.

Soudain, presque divin, débarquent, d'on ne sait où, trois promeneurs qui prennent le temps de s'arrêter à hauteur de vos boîtes. Lumineuse éclaircie dans une après-midi trop grise. Echange de sourires. Puis regards qui se croisent, se dévisagent et se reconnaissent sans se connaître. Quelques mots alors. On parle. On se parle. Du temps qu'il fait. Du temps qui passe. De la présidentielle. Des présidentiables. Présidentiables qui se saoûlent de projets, de programmes. De valeurs. Leurs valeurs ne sont pas les nôtres. Les valeurs sûres. Celles de la littérature. Les livres sont ivres. De joie.

Un homme pressé s'arrête. Se plante en face de Dante. Dante en trois volumes. Dans une excellente traduction. Celle de Jacqueline Risset. Flammarion. Combien ? Quarante euros les trois. Je prends. J'emporte. Depuis le temps que je la cherche, cette édition. Une homme heureux rentre chez lui, son Dante en trois, sous le bras. Son Dante en trois acheté en moins de deux. 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:24

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© Jean-Louis Crimon                                                                                                      Paris.

 

" Il n'y a plus guère de doute. On y est presque. C' est presque sûr. Cette fois, on y est." Petites phrases anodines. En apparence seulement. Ponctuation de début de soirée. La radio ronronne ses infos dérisoires.  Incertitude insoutenable. Suspens convenu. Entretenu. Faux suspens. Vraie mise en scène. Jeu de l'attente. Attente d'un évènement qui n' en est pas un.  Officialisation  du "non évènement" programmée dans la grand messe audiovisuelle. La déclaration de candidature. Le Président sortant à nouveau candidat. Candidat à quoi ?  A sa réélection. A sa succession. C'est fait. On le savait. On s'en doutait. Fortement. Maintenant, on le sait. Officiellement.

 

Au bistrot du coin, à l'arrêt de bus, les conversations vont bon train. Chacun s'efforce de se montrer, sinon convaincant, du moins convaincu. Convaincu d'avoir choisi le bon camp. Le camp du bon candidat. Celui qui vient de dire qu'il veut rempiler. Amusant. Amusant et attristant à la fois.

 "Oui, j' suis candidat à l'élection présidentielle".  Et le "sortant", heureux de sa "sortie" d'expliquer : "ne pas solliciter à nouveau la confiance des Français, ne pas être candidat, ce serait un abandon de poste". Métaphore du capitaine d'un navire pris dans la tempête, qui ne lâche pas la barre. Explication à nouveau : le Président en place a plus de devoirs que de droits. Méthode Coué exhibée comme une bouée.

 

 Société du spectacle. Mise en scène. Posture et imposture. Fin du suspens. Le Président sortant brigue un deuxième mandat. Pour réussir tout ce qu'il a manqué pendant cinq ans. Problème : pas vraiment d'idées nouvelles. Pas d'idées neuves. Pas d'ambition nouvelle. Une seule idée. Une idée centrale. Martelée comme un leitmotiv. Une idée tellement inattendue : redonner la parole au peuple français par le référendum.

Le premier référendum portera sur le chômage et  les chômeurs. L'indemnisation des chômeurs soumise à référendum, voilà, en effet, une idée qui va faire fureur. Une idée ré-vo-lu-tio-nnaire.

Explication : "Les grands arbitrages seront tranchés par le peuple français. Chaque fois qu'il y aura blocage, je ferai trancher le peuple français."

Idée lumineuse ! Mais pourquoi donc ne pas l'avoir fait plus tôt ? Un référendum sur le bouclier fiscal ? Un référendum sur la réforme des retraites ? Obligation pour les chômeurs d'accepter l'emploi qu'on leur propose après une période de formation. Sanction du refus de deux offres d'emploi dites "raisonnables".

 

Sinon, même discours, mêmes mots, mêmes phrases. Mais pas d' enthousiasme. Au contraire, comme une réelle fatigue. Une grande lassitude. Comme si, en dépit des mots, se révèlait une évidente résignation. Il y va. Il y va, parce qu'on le pousse à y aller, mais manifestement, il n'a pas envie d'y aller. Bilan plus lourd que les projets. Déclaration de candidature. Officialisation.

 

Au fond, maintenant, davantage qu'en début de soirée, on peut le dire : on y est presque. La fin d'un règne. La fin d'une illusion. Le masque est tombé.

Le slogan "La France forte", emprunté à VGE,  aura-t-il le succès de "La Force tranquille" ?

Annoncée depuis trop longtemps, l'annonce officielle a fait "flop" !

 

Une phrase qui se voulait une critique sans concession des adversaires passés ou à venir, a soudain résonné comme un aveu :"Des hommes politiques qui promettaient le rêve, ça se termine toujours en cauchemar." Politologues assermentés, journalistes spécialisés, commentateurs attitrés, personne ne l'a remarqué, personne ne l'a souligné. Curieux, n'est-ce pas, comment, parfois, en parlant des autres, on parle souvent de soi.  Souvent, c'est  "celui qui le dit, qui l'est ".

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 21:37

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© Jean-Louis Crimon                                                                           Paris. Quai de la Tournelle.                               

 

 

Ces derniers jours, on a pu reprocher au bouquiniste de se prendre pour un éditorialiste. C'est oublier bien vite que le bouquiniste est aussi un citoyen. Un citoyen qui écoute et qui pense. Qui réfléchit. Qui écoute les conversations de l'arrêt de bus, ou du bout du quai. Qui écoute la radio. Qui prend part aux discussions du comptoir comme aux discours du bistrot. Un citoyen qui lit. Les journaux, les gratuits ou les payants, même si ça n'est pas toujours payant. Les livres, les romans. Qui regarde, - très rarement -, la télévision. Un citoyen qui peut avoir des idées et même des opinions. Oussia et doxa, comme disait Platon. Le bouquiniste, pour être Sisyphe bitumé, condamné au quai, n'en est pas pour autant à la rue, en ce qui concerne les questions d'actu. D'ailleurs, pour le meilleur, un billet d'humeur, vu du quai, serait providentiel pour décrypter les rituels du rendez-vous présidentiel. Qu'on en soit ou non au départ convaincu, ça donnerait un peu d'air aux éditos convenus des grandes avenues des grands journaux ou des grandes radios. Vous vous dites, je le sens bien, des bouquinistes comme ça, y'en a pas des masses, oui mais je vous réponds : le bouquiniste n'est pas un citoyen à la ramasse.

Du coup, en faisant du rangement, je suis tombé aujourd'hui sur des anciens numéros du "Parapet", le journal des bouquinistes des années 2003-2005. Beau moment de rêverie. C'était bien écrit. Bien documenté. Un amour de petit canard. Un vrai journal. Un papier double-page m'a fait gamberger une bonne partie de l'après-midi. Son titre : "Le festival des bouquinistes du Saint-Laurent ". Oui, absolument. Des bouquinistes Québécois. De quoi vous laisser coi ! Je me suis pris à rêvasser à ... je ne sais quoi ... Une édition 2012 qui prendrait la mer ... et l'océan ... Un partenariat ... De la Seine au Saint-Laurent ... De Saint-Malo et de Jacques Cartier à Québec et à Montréal ... En passant par Copenhague, Stockholm, Oslo, Helsinki ... Rome et Florence... Saint-Péterbourg et Moscou, ... Ulan-Bator et Pékin ... Pourquoi pas ? et alors, des bouquinistes, inventer ... l'Internationale !

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:00

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© Jean-Louis Crimon                                                                                               Amiens.

 

 

 

Ce matin encore, la voix de la radio a redit qu'il fallait que je reste chez moi. C'est incroyable comme elle sait être persuasive. Huit jours au moins que ça dure. Elle commence toujours de la même façon : "Quand on est exposé au froid... notamment pour les personnes âgées ... ou pour les personnes atteintes de maladies chroniques..."

Ma maladie chronique à moi, l'hiver, c'est la couette. Coûte pas cher à la Sécu, ma couette ! L'allusion à mon âge ne me plait pas trop, mais, bon, c'est son habitude à la voix de la radio. Elle parle aussi de" risques et de danger" et conclue toujours de la même façon sa radiophonique leçon : " Restez chez vous autant que vous pouvez !"

 

Heureusement, le prévisionniste de la météo nationale a, lui, redit, que la période des grands froids allait s'achever demain, mardi. Au plus tard mercredi. Il n'a rien dit pour la Syrie. Je sais, le temps, la météo, c'est important. Essentiel comme info. Mais quand même, la Syrie mérite aussi son printemps. Tu mélanges tout, m'a dit ma raison raisonnable. C'est vrai que j'adore les glissements de sens. En période hivernale surtout. Les glissements de sens, ça manque pas de sel, non ?

 

Autre message sponsorisé à la radio, qui, lui, mange pas de pain, mais qui m'empêche de manger le mien tranquillement, un truc marrant, faussement anodin. Arrivé sur l'antenne, comme ça, un beau matin. Sans qu'on y prenne garde. En même temps que celui sur "les dangers du froid en hiver". En même temps ou presque.

 

"Tout le monde connaît la rougeole et pourtant la rougeole est de retour". Là, me dites pas qu'il y a pas une vraie volonté politique derrière une phrase pareille. Un message codé. La rougeole, voyons ! "Cette maladie qui donne des plaques rouges sur tout le corps" ! Vous n' voyez pas ? Le retour de la rougeole ? Non ? Vraiment pas ? Bon, puisqu'il faut tout vous dire, je vais vous mettre, comme on dit, les points sur les "i" ! Mélenchon, la Grèce... ça ne vous dit rien ?

Mélenchon, la Grèce ? ...  Le retour de la "rougeole"... Vous y êtes, cette fois ! Le retour de la rougeole, ça y est ! Vous comprenez pourquoi, à la fin du message en question, ils incitent les 15/30 ans à aller se faire vacciner ? C'est pour éviter ... l'éruption. Pour la Grèce, c'est trop tard, on parle déjà d'une "forte poussée de fièvre".

La "vaccination", mais oui ! contre les idées subversives de la "rougeole" ... !  La vaccination, pour éviter la... Révolution ! Sont forts, quand même, ceux qui nous gouvernent. Même si ce genre d'information, à moi, ça me donne des ... boutons !

Mais j'y pense, faut p't 'être alerter le CSA . Pourquoi le CSA ?

Simple. Evident. Normal. Logique. Pour recours à l'emploi d'un message subliminal dans une campagne publicitaire. En période de campagne présidentielle, ça mérite ... carton rouge !

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 23:36

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Relire La République. Seul mot d'ordre. Seul chemin. Pour Athènes. Pour l'Union Européenne. Pour une véritable Union Européenne. Pour l'Italie aussi. Pour le Portugal encore. Pour l'Espagne. Pour la France, très bientôt. Relire La République. Tant qu'il est temps. Tant qu'il est encore temps. Avant que la colère populaire n'embrase tout.

Que le Roi devienne philosophe ou que le Philosophe soit Roi.  C'était joliment pensé. Parfaitement réfléchi. Simplement dit. Vingt-cinq siècles que la chose a été clairement formulée. Enoncée. Dialoguée. Définie. Les "affaires de la Cité" bien en ordre dans la sphère du "politique". Les règles du jeu, un jeu sérieux, bien écrites.

Vingt-cinq siècles plus tard, qu'en avons-nous fait ?

Partout, ou presque, les sophistes sont au pouvoir. Sophiste : personne qui tient des raisonnements faux qui ont l'apparence du vrai. Sans jamais avoir rien compris à l'enseignement de Socrate, les "nouveaux philosophes" des annéees soixante-dix ont l'âge de boire la ciguë. Ils sont devenus des idéologues. A la solde des gouvernants. Désormais tout de noir vêtus. Pour creuser la tombe du peu qu'il reste des idées des Lumières, faussaires et fossoyeurs s'entendent parfaitement. Sophistes et banquiers se croient à table pour des siècles. Aux yeux de l'Histoire, leur règne se comptera en secondes. 

Ce soir, Athènes est en flammes. La police lacrymogène les manifestants. Arrête les incendiaires. Question : qui sont les véritables pyromanes ? 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 20:55

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© Jean-Louis Crimon                                              Paris. Avenue du Président-Kennedy. 2013.

 

 

 

 

Temps glacial sur le pays des droits de l'homme. Les immigrés et les chômeurs soumis à référendum. Autrement dit, dans le contexte actuel, à la vindicte populaire. Froid polaire. Période de glaciation au pays des droits de l'homme. Des droits de l'homme et du citoyen. Un référendum. Quel grand projet ! On se demande où il va chercher tout ça, le petit locataire du Palais. Diviser pour régner. C'est connu, mais la ficelle est un peu grosse. Un référendum sur les droits des chômeurs, non pas vraiment, plutôt sur les devoirs des chômeurs. Leurs obligations. Un référendum sur les droits des immigrés, non pas vraiment, plutôt sur les non-droits des immigrés. Le droit de cotiser, le droit de payer des impôts, mais, bien sûr, pas le droit d'exprimer quoi que ce soit sur la destination ou l'utilisation des cotisations et des impôts.

A propos du comportement politique de Napoléon III, Victor Hugo avait écrit "Napoléon le Petit ". Après cette monumentale stupidité du Président sortant, quel Victor Hugo du siècle XXI, écrira " Nicolas le Petit" ?

Pas de malentendu. Pas d'ambiguité. Dans l'histoire, ou dans l'Histoire, ce n'est pas le principe du référendum qui est en cause, c'est la question que l'on pose. Surtout la façon dont on la pose. Sinon, le recours au référendum, au fond, pourquoi pas ? Par exemple, on pourrait, dans un pays vraiment démocratique, soumettre à référendum les attributions, les compétences, les pouvoirs, de l'homme politique au pouvoir. On pourrait imaginer un référendum pour "encadrer" la fonction présidentielle. Un référendum sur les droits et les devoirs du Chef d'Etat. Sur les droits et les devoirs du Chef de l'Etat. Les devoirs du Président de la République. Les obligations du Président. Les interdits aussi. Les interdictions. Pour dire au Président de la République ce qu'il n'a pas le droit de faire. Ce qu'il n'aura jamais le droit de faire. Chiche.

 

Nous sommes en démocratie, non ?

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 13:54

 

 

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Entendu à la radio, dans le journal de 13 heures : "La Grèce n'en finit pas de s'enfoncer dans la crise". Je me demande quel journaliste courageux osera un jour dire à l'antenne :"Les responsables de la crise n'en finissent pas d'enfoncer la Grèce". Je ne sais pas qui le dira mais je sais quand. Le jour - pas si lointain- où  ce sera, en France, que l'on annoncera, sans rire et sans larmes : baisse programmée de 22 % du salaire minimum et coupes sombres dans le montant des retraites. Ce jour-là, il sera trop tard pour aller manifester à Athènes.

J'ai une autre question pour aujourd'hui : comment accepter qu'une Europe aussi peu démocratique maltraite à ce point un pays qui a inventé l'idée même de démocratie ?

UE, Banque Centrale, FMI, Zone euro, vous n'avez pas le droit de vous comporter comme des bandits. Il faut que cela soit dit. Pas le droit de mettre à genoux le peuple de Socrate et de Platon. Pas le droit d'humilier à ce point les enfants de Mélina Mercouri ou de Mikis Théodorakis.

Euro : monnaie unique ou monnaie inique ? Si, pour la réponse, vous êtes sceptique, interrogez mes amis Grecs et leur situation ... "drachmatique".

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 17:37

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© Jean-Louis Crimon                                                                           Paris. Quai de Montebello.

 

 

 

Le bleu du ciel n'a pas duré longtemps. Très vite, le gris a tout repris. Il y a des jours comme ça. Faut faire avec. Le quai est triste. Sans passants. Ou presque. Désert. Normal, c'est l'hiver.  "Libraire de plein air", soit, mais pas de "plein vent." Vent de nord-est, celui qu'on déteste. Alors le bouquiniste ferme ses boîtes. Part sans demander son reste. La journée est modeste. Quelques mots, une petite pièce, pour celui qui fait la manche. Près du métro. Le froid, c'est curieux, parfois, ça amène un peu de chaleur dans le coeur des gens. Indifférents la plupart du temps. Au sort de celui qui vit dehors. Celui que le froid taraude et qui rêve de maraude.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 11:37

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© Jean-Louis Crimon                                                                                     Paris. Février 2012.

 

 

 

 

Depuis mon retour, -quatre bons mois d'absence-, j'ai du mal avec la France. Mon pays me semble bien étrange. Ce qui se dit me dérange. J'écoute la radio. Je lis les journaux. L'Europe à toutes les sauces. L'Europe désormais référence suprême. L'argument. On dicte aux Grecs et aux Italiens ce qu'il faut faire. L'austérité comme unique perspective. Baisse des salaires, diminution des pensions. En vertu de quels critères ? La dette ? La crise ? La défense de la zone Euro ? Sinistre avenir, terriblement injuste. Toute une vie de travail réduite à néant par la médiocrité des gouvernants. Qu' attendent les Français pour aller manifester à Athènes et à Rome ? Solidarité avec les Grecs et les Italiens. L'Europe de la finance et des banquiers n'est pas mon Europe. Ma seule Europe : l'Europe des poètes et des philosophes. Celle qui voit le jeune Hegel planter un arbre de la liberté pour saluer  la Révolution française. Pas celle de Merko. Pas celle de Sarko. Sarko et Merko dans un bateau, c'est pas mon scénario...

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