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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 23:47

Tueuse d'hommes et d'énergies, c'est le sous-titre de l'article consacré à l'absinthe, dans le Magazine Encyclopédique de la Famille. "Je sais tout", n° 25 du 15 février 1907. Un article éloquant. L'absinthe qui rend fous les poètes, la fée verte célébrée par Verlaine et Rimbaud, tue aussi les ouvriers...

SUIVRA

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 14:16

 

Comme l'an dernier, l'après-midi a eu des accents de fête médiévale. La cathédrale a dû goûter ces chants de sa jeunesse. Les bouquinistes et les passants de la rive gauche ont eu droit aux prières chantées en latin de la procession mariale des fidèles de l'église voisine. L'Eglise Saint-Nicolas du Chardonnet. Chants liturgiques. Cantiques catholiques. En prime : insolite escorte policière pour une non moins insolite procession. Journée de l'Assomption, en l'honneur de la Vierge Marie. Vers 16 heures, les fidèles ont emprunté une partie du Boulevard Saint-Germain, la petite rue de Pontoise, une partie du quai de la Tournelle, puis le Pont de la Tournelle, enfin, par l'Ile Saint-Louis, ils ont cheminé vers Notre-Dame, en brandissant leurs chapelets. Image étonnante. Jour de fête pour des catholiques intégraux, voire intégristes..

 

Vendu seulement trois ouvrages, et même pas un vieux Missel ou un Pélerin des années 20. Alchimie, (Etudes diverses de symbolisme hermétique et de pratique philosophale) Nouvelle édition augmentée. 1978. Jean-Jacques Pauvert Editeur. Grammaire des immeubles parisiens  et La belle au bois dormant.

Julien, mon voisin de quai, s'étonne, en découvrant que les processionnistes s'en vont à contre-courant : " t'as vu, ils respectent pas les sens interdits, ces gens-là !"

Moi, pour le taquiner, je lui réponds : "les voies de Dieu sont impénétrables ! "

 

Julien reprend sa mélopée favorite sur le temps. Pas le temps qui passe. Le temps qu'il fait.  C'est emmerdant ce temps, c'est toujours incertain ...

Moi : te plains pas, il fait beau !

Lui : quand même, ils disent qu'il va faire beau et il pleut ! ils annoncent la pluie et il pleut pas. Je vais finir par porter plainte contre la météo.

Moi : oui, Julien, mais tout ça, c'est des problèmes de terriens très terre à terre. Ecoute plutôt les chants de ceux qui croient au ciel... C'est pas si mal le latin dans la rue, le latin quand il descend dans le Quartier-Latin.

Qui a dit : Paris vaut bien une messe ?

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 20:16

 

Paul et Virginie, Bernardin de Saint-Pierre. Comme un roman, Daniel Pennac. Mon ami Carla, Stephan Kiehl. Louis de Sancerre, Connétable de France, 1340-1403. C.M. Charpentier. De l'éperdu, Annie Le Brun. Les titres et les noms des auteurs des livres vendus cet après-midi.

 

Après-midi plutôt calme, peu de passants, mais toujours de nombreux touristes en quête du Pont de la Tournelle, de la Tour d'Argent, du Boulevard Saint-Germain, du Jardin des plantes, de l'Ile Saint-Louis ou de l'I.M.A., l'Institut du Monde Arabe. Le bouquiniste est souvent malgré lui un guide touristique bénévole de la ville de Paris.

Vers seize heures, une dame s'est arrêtée près de mes boîtes. Elle a engagé la conversation sur le temps, les gens, le siècle, l'époque. Son mari est resté légèrement en retrait. Nostalgie des années 60 et 70 bien affichée. A un moment elle a dit: en ce temps-là, on pouvait se parler simplement, spontanément. Et se sourire. Sans forcément se connaître.

La dame a trouvé que les temps avaient vraiment terriblement changé. Elle disait : vous voyez, ils parlent tous de communication. Communication, ils n'ont que ce mot-là à la bouche. Mais ils ont beau parler de communication, on ne communique plus.

Elle a conclu sa superbe tirade par ces mots:

"Aujourd'hui, même sourire à quelqu'un dans la rue, on a l'air ridicule !"

Je n'ai pas osé la désavouer. Son mari a acquiescé d'un signe de tête. C'est vrai, semblait dire l'homme, en donnant raison à sa femme : aller aujourdhui sourire à un inconnu, ou à une inconnue, vous risqueriez de passer pour un bargeot. Ou pour un séducteur décadent. Quelle époque vraiment.

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 13:16

 

Incroyable été. On nous a tellement bassiné avec la sécheresse que le ciel, pour se venger, nous envoie, chaque jour ou presque, des paquets de seaux d'eau et l'on redécouvre la beauté insolite d'expressions comme "it's raining cats and dogs", qui peut se traduire curieusement par "il pleut comme vache qui pisse",  "il pleut à seaux" ou "il tombe des cordes". On peut dire aussi "il pleut à verse",  "il vase". Je connais encore : "Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille." J'adore les expressions de l'eau quand elle pleut. Est-ce Verlaine qui a écrit :  "Il pleut sur la ville comme il pleure dans mon coeur " ? Verlaine ou Rimbaud ? Verlaine, je crois. Non, j'en suis sûr, c'est Verlaine. Ce serait même plutôt "Il pleure dans mon coeur, comme il pleut sur la ville"...

Tiens, cet après-midi, à l'abri de mon auvent de fortune, je vais relire Verlaine. Le doux bruit de la pluie...

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 22:36

 

"Les monnaies romaines, les monnaies gauloises, les monnaies grecques, le tétradrachmne à la chouette, avec ce beau profil de la déesse Athéna, cette monnaie que Socrate a sans doute tenu dans la paume de sa main..." L'homme est intarissable. Amoureux fou de l'esthétique des monnaies et des médailles. Il me l'assure : "autrefois, sur les quais, vous savez, les bouquinistes avaient des médaillers. Ils avaient de belles pièces. Aujourd'hui, Monsieur, c'est fini, c'est classé, dépassé, ils n'ont plus que des euros ! Triste à pleurer ..." 

Je l'invite à s'asseoir sur le banc. Le banc public qui nous sert, à Julien, mon voisin, et à moi, de salon. Un salon où nous tenons salon. Salon littéraire de plein air. Je décide de lui raconter l'histoire du Liard de France. Avec sa lettre X majuscule. X pour Amiens. Qui était, à l'époque, atelier monétaire du Royaume. Le liard qui, pour moi, vaudra toujours tous les milliards du monde.

 

"Je dois avoir 7 ou 8 ans. Pas davantage. Ce que j'aime surtout, c'est quand il casse, d'un coup de bêche, la motte de terre humide qu'il vient de retourner. Souvent il arrive qu'un objet nous arrête : une douille de balle, un éclat d'obus de la dernière guerre, ou parfois, et alors c'est fantastique, une vieille pièce, comme il aime à dire. Un sou troué d'avant-guerre. De quelle guerre, j'en sais trop rien. On est toujours avant-guerre. Même si chaque année, au Monument aux Morts, on affirme le contraire. La der des der, tu parles, promesse jamais tenue : au moindre prétexte, on remet le couvert. Avec une constante, quand même, soulignée par notre instituteur, qui a fait l'Algérie : ceux qui déclarent les guerres, aux autres, les font toujours faire.

"Les sous troués sont les moins intéressantes des découvertes monétaires. Parfois - ça arrive plutôt dans le jardin de monsieur le Curé, à côté du presbytère - c'est un Napoléon III de cinq ou dix centimes. A chaque fois, il gratte la pièce du bout de l'ongle et cherche à lire la date. Moi, j'attends, rêveur et impatient. 1855... ça a plus de cent ans. Cent ans !, s'exclame mon père, en reprenant sa bêche.

"Un soir, on a trouvé une petite pièce toute verte, pas très ronde. D'un côté, on devinait le profil d'un personnage aux cheveux longs. C'était écrit Liard de France, et il y avait un X majuscule en dessous. Les soirs de trouvailles, j'aurais ramassé des caillous et des racines de mauvaises herbes toute la nuit. Mon père le savait, qui disait toutes les cinq minutes : "On arrête dans un qaurt d'heure !" Il y en a eu de ces quarts d'heure à rallonge. Mon père travaillait jusqu'à nuit noire et jusqu'à plus voir. Soudain, il disait : Allez, assez pour aujourd'hui, on rentre !

"La pièce ? mon père me l'avait glissée dans la poche, bien sûr. C'était pour moi, pardi. Et l'on rentrait, heureux, main dans la main, lui, le père, et moi, l'enfant. Quand, le lendemain, l'Instituteur m'a certifié que la petite pièce verte datait du temps de Louis XIV, le Roi Soleil, j'ai trouvé ça vraiment extraordiniare. J'ai pensé à tous ceux qui avait tenu dans leur main, ou gardé dans leur poche, cette petite pièce, jusqu'à moi, et au premier qui avait dû la perdre. J'ai serré très fort, dans ma main, le Liard de France du temps des Rois. Pour la lettre X, l'Instituteur n'a pas su me dire ou je ne m'en souviens plus. Dans un coin de ma tête, pourtant, je me suis juré de ne jamais oublier le temps de la bêche et de la mauvaise herbe. Pour écrire un jour l'histoire de cette lettre X majuscule : étrange et belle inconnue de l'algèbre nocturne de mon enfance."

 

Le numismate n'a pas bougé. M'écoutant bouche bée. Assis comme un enfant sage auquel on raconte une belle histoire. En partant, il m'a dit : écrivez, monsieur ! écrivez ! vous êtes un écrivain !

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 14:24

 

Parfois, l'un d'entre nous, confie, discrètement "jeudi, c'est mon anniversaire !", ajoutant "je fais un pot, l'après-midi, devant mes boîtes ! Je t'invite ! " 

Sur huit mètres de trottoir, entre les passants qui font semblant de ne pas voir, on fait péter des bouchons de boissons pérignoniennes et l'on s'embrasse à l'ancienne. On se dit des mots d'amitié simple. Des mots d'amour vrai. Trente-six années sur le quai, tu imagines, c'est trente-six anniversaires fêtés comme ça, en plein air. Sous le soleil du mois d'août. Sous les nuages ou sous la pluie. Une voisine du Boulevard Saint-Germain, qui a gardé la main, a fait un clafoutis aux cerises et aux amandes. Délicieux. Les bulles du champagne pétillent dans des gobelets en plastique. C'est kitsch et magique. Dans la pleine page de la ville, dans la pleine page de la vie, le bouquiniste, assurément, je meurs si je mens, est à tout jamais dans la marge. Sans être barge. En retrait, en recul, témoin permanent, acteur discret, observateur attentif, et de temps à autre, observé par des passantes, intriguées, pour ne pas oser être intrigantes.

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 21:16

 

Tu rêves d'écrire. Tu veux écrire. Tu crois pouvoir dire, traduire, décrire, ou d'écrire, avec des mots le monde, ton monde. Note, prends des notes. Ne laisse pas les pensées, les idées, les songes, les rêves, les lubies, qui te traversent l'esprit, s'évanouir, à peine venues. Sinon, gare aux déconvenues.  Fixe dans l'instant. Le "plus tard" est souvent jamais,"plus jamais". Jamais ne revient la phrase comme elle vient. La première forme est souvent la meilleure. Garde-là dans un coin. De ta tête ou de ton pense-bête. La première formulation a toujours le ton. On ne le sait qu'après. Après toutes les autres tentatives. Peaufine, rabote, rature. Cent fois sur le métier, remets ton ouvrage. Boileau dixit. Soigne la chute et l'incipit. Parfois, arrache tout et recommence. Le style, on s'en balance. C'est ce qui reste à la fin. La toute fin. Quand tu as enfin réécrit, modifié, transformé, barré, raturé, effacé, tout ce qui était en trop. De trop. Ne jette rien. Reviens parfois aux premiers mouvements. Aux premières esquisses. Aux notes manuscrites arrachées. Au débuts raturés et reraturés. N'oublie pas ce que tu sais, ou ce que tu as vu, des manuscrits de Balzac et de Proust. Toujours et encore, et enfin, "lis tes ratures" ! C'est juste ça l'écriture.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 18:46

 

Je sais, la phrase la plus célèbre de toute la littérature française, la première phrase de la Recherche, la première phrase de Du côté de chez Swann, ce n'est pas "Longtemps, je me suis levé de bonne heure", mais "Longtemps, je me suis couché de bonne heure". Même si, paradoxe, au moment même où il commence son récit, le narrateur a plutôt pris l'habitude de s'endormir beaucoup plus tard. Dès le premier volume de la Recherche, publié en 1913, Marcel Proust nous offre le récit de son enfance à Combray. Swann, Charles Swann, pour encrage. Swann, encrage et ancrage à la fois. Charles Swann à qui Proust reconnaît devoir beaucoup : " La matière de mon expérience, laquelle serait la matière de mon livre, me venait de Swann." La suite du récit nous fera découvrir un autre personnage tout aussi important pour Proust, Odette de Crécy. Pour les premières lignes sur une fameuse première phrase, j'arrête ici.

 

Si "Longtemps, je me suis levé de bonne heure" n'est pas de Proust, c'est parce que c'est de Caloni. Philippe Caloni. L'homme de la voix chaleureuse et fraternelle d'Inter-Matin, au début des années 80. La première d'Inter-Matin a eu lieu le 6 décembre 1982. La dernière, je crois, le vendredi 2 janvier 1987. Quatre années bien pleines d'une teneur et d'un ton, fait de profondeur et de légéreté, qui sont ce que France-Inter a su faire de mieux.

Pour preuve, ces quelques lignes de la quatrième de couverture de ce livre paru chez Belfond, en novembre 1987.

"Tour à tour colérique ou inquiète, paillarde ou tendre, truculente ou grave, émouvante ou incrédule, désinvolte ou nostalgique, cette mosaïque de choses vues, vécues et entendues constitue l'itinéraire intellectuel et affectif d'un virtuose de l'information." Belle définition de ce que fut le style radiophonique Caloni.

Caloni qui de l'incipit de la Recherche osa faire un titre, son titre. Titre pertinent-impertinent. Titre contre-pied. Titre contrepoint. Titre de gloire de tous ceux qui, un jour, allez savoir pourquoi, sont devenus les voix du matin et qu'à la radio, on désigne sous le terme de "matinaliers".  Ces travailleurs de la nuit qui oeuvrent  pendant que les autres dorment pour donner, chaque matin, les nouvelles du matin.

Alors, sans pour autant dédaigner l'auteur de la Recherche, aujourd'hui, je veux vous inviter à (re)découvrir Caloni. Trop tôt disparu.

 

 Et ce soir, avant de vous endormir, pourquoi pas relire aussi ces premières phrases qui suivent la toute première phrase. Cette attaque insolite et inoubliable. Cette phrase des phrases, par laquelle toutes les phrases sont possibles. Longtemps, je me suis couché de bonne heure.

 

Non, ne pensez  pas : allez avoir l'envie d'écrire après ça ! Commencez simplement par lire ou relire. Par avoir envie de lire. Ou de relire.

 

Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire :"Je m'endors". Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais encore avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier;  il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalié de François 1er et de Charles Quint.

...

Quelquefois, comme Eve naquit d'une côte d'Adam, une femme naissait pendant mon sommeil d'une fausse position de ma cuisse. Formée du plaisir que j'étais sur le point de goûter, je m'imaginais que c'était elle qui me l'offrait. Mon corps qui sentait dans le sien ma propre chaleur voulait s'y rejoindre, je m'éveillais. Le reste des humains m'apparaissait comme bien lointain auprès de cette femme que j'avais quittée il y avait quelques moments à peine; ma joue était chaude encore de son baiser, mon corps courbaturé par le poids de sa taille. Si, comme il arrivait quelquefois, elle avait les traits d'une femme que j'avais connue dans la vie, j'allais me donner tout entier à ce but : la retrouver, comme ceux qui partent en voyage pour voir de leurs yeux une cité désirée et s'imaginent qu'on peut goûter dans une réalité le charme du songe. Peu à peu son souvenir s'évanouissait, j'avais oublié la fille de mon rêve."

 

On dit que Proust avait lu Matière et  Mémoire de Bergson en 1910. Bergson qui écrivait : "Un être humain qui rêverait son existence au lieu de la vivre tiendrait sans doute ainsi sous son regard, à tout moment, la multitude infinie des détails de son histoire passée."

 

La clef de la Recherche dans Matière et Mémoire, je n'y avais jamais pensé. 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 22:35

 

"Moi, depuis que je suis toute petite, les quais, c'est ma balade favorite !" Incroyable, mais vrai, Liliane Gauthier, 75 printemps cet été, est venue à pied de son vingtième natal. "Vous avez vu, Paris au mois d'août, c'est fouy'a personne dans les rues. Y sont tous partis ou quoi ? Notez, moi j'pars pas, mais ça m'gène pas !  si y m'laissent mon Paris pour moi toute seule, ça m'va !"

Quelle pêche, Liliane, et quelle gouaille. J'aime le quai pour ça, les rencontres qu'on y fait, les personnages. Les portraits. Les gueules. Les personnalités. Les tempéraments.

Ce qu'elle aime lire, Liliane ? Simple: tout sur la déportation et tout sur la religion. Ses deux domaines de prédilection. "Notez, je ne vous achéterai rien aujourd'hui, j'ai pas envie. Mais j'reviendrai vous voir. Y m'plait bien vot'magasin !"

 

Et Liliane de poursuivre son récit au pays du temps passé. De me raconter comment, enfant de 9 ans, avec la soeur de sa mère, sa tante, elle venait tous les dimanches, tantôt rive gauche, tantôt rive droite, se balader et rêver déjà "nostalgie". Pour Liliane, le Paris des quais, c'est le vrai Paris. Avec ou sans nostalgie. Jamais sans les bouquinistes des quais de Seine.

 

D'un pas alerte, Liliane s'en va. Cultivant son Paris-sépia. Cherchant sans doute quai de la Tournelle, avec les yeux d'une petite fille de 9 ans, une tante tant aimée qui ne reviendra pas.

 

" A dimanche prochain, monsieur ! Si Dieu le veut ! " 

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 22:35

 

"Chaque fois que je lis une page, je la déchire ! Comme ça, je sais où j'en suis." L'homme qui a prononcé cette phrase devant mes boîtes est un homme extraordinaire. Son prénom: Hacène. Merci Hacène, pour la vérité que tu assènes ! Je n'ose pas lire encore de cette façon, mais au fond, je sais que tu as raison. La vie ne procède pas autrement.

 

C'est vrai, non ? quand t'arrives au lendemain, la page d'hier ne te revient pas sous la main.

Jamais la page vécue ne revient sous nos doigts. Musset, je crois, l'a dit mieux que moi ! Musset ou Lamartine, peut-être.

 

" Le livre de la vie est le livre suprême,

Qu'on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix.

Le passage adoré ne s'y lit pas deux fois;

Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même

On voudrait revenir à la page où l'on aime,

Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts."

 

Pas mal, non ? Alors, question: Lamartine ou Musset ? Musset ou Lamartine ?

 

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