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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 00:51
Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher chasseur de symboles,

 

Il y a des jours où tu as le sentiment que ça ne tourne pas très rond. Pourtant, en apparence, tout tourne. Pas forcément comme sur des roulettes. Mais, tu le sais, et pourtant, elle tourne, la planète.

Avec le temps, tu as de plus en plus l'envie de jouer ça en roue libre. Tu as parfois l'impression que tout est fait pour te mettre des batons dans les roues. D'être la cinquième roue du carosse. Tu aimerais alors pouvoir tout reprendre à zéro. Tentation de réinventer la roue. Deux catégories chez tes contemporains, ceux qui te saluent en te disant: ça marche et ceux qui te disent: ça roule. Dans les deux cas, paroles pour te rouler.

Une seule solution, fuir en démarrant sur les chapeux de roue.

Roue de bicyclette, roue de voiture, roue de rosace, que de roues dans ta besace... Normal au fond. Côté roues, tu en connais un rayon.

 

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 10:02
Paris. Saint-Michel. Juin 2013 © Jean-Louis Crimon

Paris. Saint-Michel. Juin 2013 © Jean-Louis Crimon

Cher gentil mécréant,

Echelle providentielle pour monter au ciel. Dieu t'offre ce bel escabeau. Pour gravir Notre-Dame. D'abord t'arracher au macadam. Vue surréaliste dans ce décor urbain. Elévation soudaine. Arrachement salutaire aux turpitudes quotidiennes. Aux peines urbaines. Bénédiction Urbi et orbi.

Pour ceux qui ne sauraient pas, L'Ascension, fête chrétienne, célébrée quarante jours après Pâques, marque la dernière rencontre de Jésus avec ses disciples après sa Résurrection, son élévation au ciel et la fin de sa 1ère présence sur Terre car il a dit y revenir pour rétablir définitivement la Paix. L'Ascension symbolise un nouveau mode de présence du Christ qui n'est plus présent physiquement dans le monde visible, mais présent à travers ses Sacrements. Elle annonce également la venue de l'Esprit-Saint dix jours plus tard et la formation de l'Eglise à l'occasion de la fête de la Pentecôte. Pour les Chrétiens, elle préfigure la vie éternelle.

Le Jeudi de l’Ascension est jour férié dans plusieurs pays. On le célèbre chaque année entre le 30 avril et le 3 juin pour le calendrier grégorien. Cette année, c'était le jeudi 5 mai et l'an prochain, ce sera le 25 mai.

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 13:33
Amiens. Rue Delpech. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher rêveur impénitent,

 

Parfois, en plein midi, tu te dis que l'endroit n'est pas le contraire de l'envers. A l'envers de l'endroit, on voit la vie différemment. Trompe-l'oeil superbe et sidérant vertige sidéral.

Être tête en l'air. Sans être trop terre à terre. Ton tête à tête avec toi-même n'est pas aussi absurde. Boire à la renverse une rivière curaçao en guise d'apéro. Glaçons blancs dans le bleu.

Qu'à celà ne tienne, à... la tienne !

 

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 13:16
Paris. Juillet 2013. © Jean-Louis Crimon

Paris. Juillet 2013. © Jean-Louis Crimon

Cher piéton photographe,

 

Tu adores ce genre de face à face. Ce genre de confrontation. De surgissement. Fin de marché. C'est l'été​. Une femme fait ses emplettes. Flâne sans raison. Passe et repasse. Faussement lasse. Sans doute va-t-elle revenir sur ses pas. Tu l'imagines. Tu le supposes. Tu l'envisages.

Difficulté: figer le rythme sans tuer le mouvement. Arrêter l'instant sans anéantir la souplesse du moment. Ne pas effacer la grâce de la femme celluloïde. Lui préserver son élégance. Comme la Parisienne distraite, elle affiche une jolie nonchalance.

Question, laquelle des deux s'exclame: Où avais-je la tête ?

 

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 00:57
Paris. Pont de Grenelle. 2014. © Jean-Louis Crimon

Paris. Pont de Grenelle. 2014. © Jean-Louis Crimon

Cher cadreur,

 

Tu penses que c'est la seule certitude qui vaille. Le sens du cadre. Le sens du décentré aussi. Du contre-point. Esentiel côté cadreur. Pour fuir la symétrie. Contre-point mélodique dans la musique de la photo.

Prendre celui qui prend. Prendre le photographe en train de prendre. Ne pas se tromper d'angle. Photo au second degré. Photo de la photo. Photo au carré, même si elle se présente rectangle.

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 03:13
Amiens. Rue Delpech. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Delpech. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

Cher vélocipédiste,

 

Tu le sais, ou tu l'as su, si tu ne le sais plus. L'aventure commence au coin de la rue. Photo cadeau, une fois de plus. Sublime ou subliminale. Réaliste ou surréaliste. Clin d'oeil ou coin d'oeil.

Cadre en deuil. Roue avant qui fout le camp. Vélo inerte. Roue avant qui déserte. Spad escapade.

C'est la roue qui te chambre.

 

Toi, piéton devenu, tu comptes tes pas. Tu te dis tout bas:  La roue tourne...

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 15:00
Amiens. Rue Laurendeau. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Laurendeau. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher méta/photographe,

A trop chercher les instants, ta quête s'égare, le temps te joue des tours et l'image se joue de toi. Ton siècle 21 déraille. Tes années 2000 se font flash back. Ton grand angle, même 35 mm, se fait gros plan. Cadre serré. Comme une photo des années cinquante. Dans l'autre siècle. Fracture temporelle. Boubat, Doisneau, Cartier-Bresson traversent la rue avec toi.

Une tasse de lait sur un appui de fenêtre, tu ne pensais plus ça possible. Mieux que tous ces jeux vidéos où tu dois nourrir, chaque jour, des animaux virtuels qui n'ont de familier que le nom. La langue qui lape le lait est une vraie langue. Le chat, un vrai chat. La petite fille à la fenêtre n'en revient pas.

Un vrai chat, c'est fascinant. Rien à voir avec un Tamagotchi.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 01:11
Amiens. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 7 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher papivore,

 

Va savoir pourquoi, au réveil, cette phrase te traverse la tête, tourne comme en boucle, et te revient comme un boomerang ?

"Chaque fois que je lis une page, je la déchire. Comme ça, je sais où j'en suis." L'homme qui t'a un jour balancé cette phrase est pour toi à tout jamais un homme extraordinaire. Son prénom: Hacène. Ce jour-là, tu t'en souviens très bien, tu lui as rétorqué: Merci Hacène, pour la vérité que tu assènes. Tu n'as jamais pu lire de cette façon, mais au fond, tu le sais bien, c'est Hacène qui a raison. La vie ne procède pas autrement.

 

C'est vrai, non ? quand t'arrives au lendemain, la page d'hier ne te revient pas sous la main.

Jamais la page vécue ne revient sous nos doigts. Musset, tu sais, l'a dit mieux que toi. Musset ou Lamartine. Soudain, en ce début du mois d'août, tu as comme un doute.

 

" Le livre de la vie est le livre suprême,

Qu'on ne peut ni fermer ni rouvrir à son choix.

Le passage adoré ne s'y lit pas deux fois;

Mais le feuillet fatal se tourne de lui-même

On voudrait revenir à la page où l'on aime,

Et la page où l'on meurt est déjà sous nos doigts."

 

Pas mal, non ? Alors, question: Lamartine ou Musset ? Musset ou Lamartine ? Lamartine, voyons. Sûr, c'est Alphonse, l'auteur, et pas Alfred.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 00:45
Paris. Saint-Michel. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. Saint-Michel. 2012. © Jean-Louis Crimon

Cher chasseur d'instants,

 

Tu le sais, le plus souvent, il ne se passe rien. Rien d'extraordinaire. Rien d'exceptionnel. La scène est banale. Incroyablement banale. Un homme se roule une cigarette. Il est assis sur son scooter. Le scooter, garé près d'un mur. Entre une fenêtre et une spirale rose. C'est la spirale qui n'est pas banale. Des barreaux en fer forgé obstruent la fenêtre. Normal: c'est la fenêtre d'une chambre d'Hôtel. C'est écrit au-dessus.

Une spirale rose peinte sur le mur. Spirale nietzschéenne ou escargot en partance. Ce n'est rien. Vraiment rien. Ce n'est pas grand chose. Pas un passant que la scène n'arrête ou n'étonne.

Ce genre de séquence te fascine. Juxtaposition de signes anodins. Là est le vrai quotidien. Là se trouve la banale beauté simple du quotidien. Agencement imprévisible de signes anodins. Image vraiment extra-ordinaire. Rencontre de hasard. Choix du regard.

Ce qui ne tient pas du hasard, c'est le regard. Le choix du regard. Là est le photographe.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 00:05
Amiens. Rue de la Barette. 5 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue de la Barette. 5 Août 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher claviste altruiste,

 

Tes pas pianotent le pavé de la vieille ville. Là où les mots des murs ont la vie dure. Les mots des murs pour dire les maux de derrière les murs. Avant que les murs ne soient complétement mûrs. Juste à savoir tendre l'oreille. Décoder ce que le mur murmure.

Sur le clavier de la ville, chacun apporte sa touche. Un mot te touche. Une phrase fait mouche. Parfois les mots prennent la mouche. La phrase fait la fine bouche. Le quartier a l'air louche. Le soir, le soleil botte en touche. A la fin, tout le monde se couche. Citadins de passage ou de souche.

Message à double sens. Pour cogner l'esprit des cogneurs. A trop taper, tu fais des FAUTES de FRAPPE. Cours privé de dactylographie ou vengeance de petite frappe. Une phrase comme un slogan. Un slow gant. De... boxe.

Rue de la Barette, t'es pas si mal barré.

 

 

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