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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 00:01
Amiens. Septembre 2015. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Septembre 2015. © Jean-Louis Crimon

Cher toi,

Ciel bleu. Beau bleu. Juste ce qu'il faut de nuages pour casser la monotonie du paysage. Depuis peu, tu te surprends à prendre plaisir à faire des photos de ciels. Toi, le Terrien très terre à terre, tu commences à lever les yeux vers le ciel que tu n'appelles pas les cieux. Toi qui ne crois ni à Dieu ni à Diable, toi qui penses que nous sommes une erreur dans la mécanique céleste, tu découvres un bonheur indicible à prendre le ciel pour cible.

Plus tard, tu laisses dériver ton regard pour boire l'immensité du soir. Avant que la nuit ne l'engloutisse. Et tu te redis, - impératif décisif - avant que tout ça ne finisse: vivre chaque jour comme si c'était le dernier, chaque nouvel amour comme si c'était le premier.

Si jamais les nuages prennent soudain trop de place, si le bleu n'est plus assez bleu, regarde sur le trottoir d'en face, et passe... un coup de fil à l'union des peintres.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 00:01
Copenhague.  Nyhavn. 18 Mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Copenhague. Nyhavn. 18 Mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher,

Parfois l'image te dépasse, te double ou te trahit. Superbement. Edvard Munch ne doit pas être loin. Le pionnier de ce qu'on a appelé l'expressionnisme adorerait une telle captation.

Le cri saluerait sans doute une bicyclette en allée vers tu ne sais quelle contrée disloquée. Une telle déstructuration ne peut pas être seulement due au hasard. Il y a, -tu en es persuadé-, davantage de génie dans une oeuvre ratée, manquée, que dans une photo réussie. La photo parfaite semblerait ici bien fade à côté d'un tel ratage. Superflue ou superficielle. Ceci n'est pas un vélo, concèdes-tu dans un clin d'oeil à Magritte.

Le bougé du mouvement de la main pour accompagner la cycliste danoise qui pédale ardemment a sauvé le cadre. Ton cadrage est parfait. Mais, reconnais-le, tu es pour bien peu dans l'incroyable harmonie du mouvement ainsi... figé.

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 00:01
Copenhague. Nyhavn. La lumière du soir pastellise l'eau du canal. 17 mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Copenhague. Nyhavn. La lumière du soir pastellise l'eau du canal. 17 mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher Nyhavner,

 

Tu le sais depuis tes premières escapades scandinaves. Début des années 70. Hitch-hiker, liftare en suédois, auto-stoppeur. Huit à dix jours de bitume pour toucher au port. Les fossés d'autoroute à défaut de lits d'auberges de jeunesse et un bon bol d'air gazolisé au réveil, comme petit-déj. Fallait être un peu, beaucoup, frappadingue. Copenhague était à ce prix et Nyhavn, le nouveau port  aux allures de vieux port se gagnait de cette façon. Parcours autoroutesque souvent très dur, mais bonheur intense à l'arrivée. Dans ce qui était pour toi le plus bel endroit du monde.

Des journées entières de déambulation, sac au dos, dans la ville qui s'offre sans réserve, se terminaient toujours assis au bord du canal, les jambes pendantes. Storfadel à volonté pour étancher la soif. Rincer surtout les muqueuses empoussiérées. Deux ou trois jours de farniente, avant de prendre le bateau pour la Suède, Landskrona, en ce temps-là, bien avant le temps du pont Copenhague-Malmö.

Quarante et quelques années plus tard, les maisons de Nyhavn, faites de bois, de briques et de plâtre, ont toujours ce cachet extraordinaire de parfaites quadris de carte postale. On raconte que la plus vieille de ces maisons date de 1661. Faut dire que Nyhavn a été construit au cours du règne du Roi Danois Christian V, par des prisonniers de guerre suédois, durant la guerre dano-suédoise de 1658 à 1660. Les jeunes suédois qui viennent, dès les premiers rayons de soleil de fin mars, boire ici vin blanc et bières à volonté, ne savent pas que ce sont leurs ancêtres qui ont leurs ont construit cette berge du canal où ils viennent s'encanailler en plein air.

Autrefois, Nyhavn était renommé pour sa bière, ses marins tatoués et ses prostituées. La prostitution s'est déplacée dans la ville, mais la petite industrie du tatouage s'est maintenue et les bars à bière sont restés. Nyhavn a été longtemps une passerelle d'eau vers ce bras de mer nommé Öresund, qui sépare le Danemark de la Suède. La place Kongens Nytorv était le lieu de négociation des prises des pêcheurs.

Aujourd'hui, c'est sans conteste l'endroit le plus prisé de Copenhague pour s'attarder en terrasse en savourant autant le temps qui passe qu'un bon vin blanc. Tavernes et petits restaurants accueillent une jeunesse dorée, dorée surtout par le soleil, car des heures entières en plein soleil, sous un ciel sans nuages, vous confèrent en quelques jours le plus doux des bronzages.

Même si de longilignes suèdoises se font parfois pièger par la cruauté des sorcières du lieu - Andersen a tout de même habité ici pendant 18 ans - qui transforment leur teint laiteux du vendredi midi en rouge écrevisse le dimanche soir. A vouloir être trop belles trop vite, parfois les belles plantes sont trop... cuites.

Vitt vin och små smörgåsar med räkor, vin blanc et petits sandwichs aux crevettes roses, à l'ombre d'une terrasse aurait été plus judicieux -et surtout délicieux-, que de biberonner Tuborg ou Carlsberg à longueur de cannettes et de week-end.

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 00:01
Copenhague. Den lille havfrue. 17 mars 2016.  © Jean-Louis Crimon

Copenhague. Den lille havfrue. 17 mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher Nyhavner,

 

Ta lettre d'aujourd'hui risque d'être bien courte. La raison: tu ne comprends pas l'engouement des touristes pour la little mermaid, la lille havfrue, en danois, si tu préfères. La petite sirène. Tu ne sais plus si Andersen a souhaité vraiment tout ça. Ou si ce sont les Danois, pour lui rendre hommage, qui ont choisi d'installer, à cet endroit du port, sur son rocher, cette havfrue, littéralement demi-femme.

Tu te dis que ce soir, sans doute, tu vas devoir relire le célèbre conte de Hans-Christian. Tu essaieras de savoir quand ce conte-là a précisément été écrit ? Surtout à quel moment il se situe dans l'oeuvre Andersenienne, si tu t'autorises le néologisme.

Tu te souviens vaguement, - curieuse expression - du pitch, comme on dirait aujourd'hui. La petite sirène vit sous la mer auprès de son père, le roi de la mer, de ses cinq soeurs et de sa grand-mère. La coutume ou la loi prévoit que, lorsqu'une sirène fête ses quinze ans, elle a le droit de nager jusqu'à la surface pour découvrir le monde extérieur. Lorsque la petite sirène du conte atteint cet âge symbolique, elle remonte donc jusqu'à la surface de l'eau. Pas de chance, une violente tempête se déclenche à ce moment-là et un navire chavire. Le navire sur lequel se trouvait un Prince que la petite sirène a juste eu le temps d'apercevoir.

N'écoutant que son courage et, peut-être, son amour naissant, elle sauve le Prince d'une mort certaine et le dépose, inconscient, sur le rivage. Surgit alors une jeune femme à forme humaine. La petite sirène s'efface. Le Prince ouvre les yeux, découvre le visage de la jeune femme. Il pense que c'est elle qui l'a sauvé de la noyade.

Bon, après, disons que ça se complique. Tu crois te souvenir que la petite sirène ne comprend pas pourquoi les hommes ne sont pas capables, comme les sirènes, de respirer sous l'eau. Elle en parle à sa grand-mère qui lui explique que les hommes ont une durée de vie très courte, mais qu'ils ont -en compensation- une âme éternelle. La petite sirène, logique, veut elle aussi avoir une âme éternelle.

Tu perds le fil à ce moment-là et tu te dis que tu es quitte pour relire Andersen au plus tôt. Oui, tu dois. A ton âge, ça peut sembler curieux. Quoi que...

Tu te dis que s'il y avait aujourdhui encore des sirènes en Méditerranée, et si Andersen s'en revenait, un de ces jours prochains, faire un petit tour, au Royaume de Danemark et en Europe, peut-être qu'il écrirait un conte où la petite sirène sauve, qu'ils soient princes ou pas, les migrants qui se noient.

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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 00:02
Copenhague. La tombe de Hans-Christian Andersen. 17 mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Copenhague. La tombe de Hans-Christian Andersen. 17 mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Lettre à moi-même

Cher Danois de coeur,

Tu te souviens du temps où tu étais journaliste dans cette ville incroyable. C'était dans l'autre siècle. Ce siècle aux années mille neuf cents. Début des années 90. Mille neuf cent quatre vingt-douze. Jusqu'en quatre vingt-quinze.

Le midi comme le soir, la Bredgade est la rue que tu prends pour rentrer chez toi, à pied, sans trop flâner, mais sans vraiment te presser. Que tu reviennes de la piétonnière Stroget ou que tu sortes du plus vieux café de Copenhague, le Hvide Vinstue, juste en bas de Kongens Nytorv -textuellement la Nouvelle Place du Roi-, tu aimes remonter par le trottoir de droite de Bredgade, passer devant la vitrine de l'antiquaire-bibliophile, et t'y arrêter quelques instants pour lire sur des couvertures jaunies par le temps les titres des ouvrages en danois. Puis, tu continues ton chemin jusqu'à Sankt Annae Plads, là où se trouve la statue d'un Roi du Danemark à cheval, Christian X, je crois, le grand-père de Margrethe, l'actuelle Reine des Danois. Tu prends ensuite la première à gauche, Amaliegade, jusqu'au numéro 4, là où tu habites depuis deux ans et demi. La Rue Royale, disent les Danois.

C'est vrai qu'elle conduit à Amalienborg, la place du Château, le Palais où la Reine Margrethe et le Prince Henrik habitent à certains moments de l'année. Il n'est d'ailleurs pas rare - le Danemark est réellement un pays très démocratique -, de croiser la Reine ou le Prince dans la rue, comme de simples citoyens. Quand la chose se produit, un petit signe de tête et un sourire suffisent à se dire bonjour. Margrethe et Henrik continuent leur chemin et toi le tien. En France, on a coutume de dire "Le roi n'est pas mon cousin". Ici, au Danemark, tu avoues humblement, non sans une petite pointe de fierté: la Reine est ma voisine et le Prince est mon voisin. Ça fait sourire tes amis danois et rêver tes amis français. Toi, ça t'amuse... souverainement.

C'est en avril de ta dernière année à Copenhague que cette histoire t'est arrivée. Ce devait être un début de semaine. Un mardi ou un mercredi. A la mi-journée. A la vitrine de l'antiquaire-bibliophile, une curieuse paire de gants attire ton regard, des gants en cuir blanc, devenus sépia avec les années. Un petit texte en anglais indique que les gants ont appartenu à Hans Christian Andersen et qu'ils lui ont été retournés en juin 1875, peu de temps avant sa mort.

Près du petit carton où est frappé à la machine à écrire le texte explicatif en anglais, est indiqué le prix de la paire de gants: 8.000 couronnes danoises. Un peu plus de 7.000 francs français. Sans hésiter, te pousses la porte et d'emblée, confie à la propriétaire des lieux, ton vif intérêt pour la chose.

" - Qu'en ferez-vous ? dit-elle. Vous n'y songez pas ? Et puis sont-ils vraiment authentiques ? Notez, je pense qu'ils le sont, mais enfin, c'est insensé. Un Français acheter 8.000 couronnes les gants du plus célèbre des Danois ? Et pour quoi faire ?

- Madame, je vais vous dire pourquoi.

- Pas question, ça doit rester au Danemark. Ça doit être acheté par un Danois, ou par le Musée Andersen à Odense. Mais vous, qu'en ferez-vous ?

- Madame, si vous me le permettez, si vous me laissez parler, je vais vous expliquer pourquoi.

- Bon, si vous y tenez... "

La dame s'asseoit derrière son bureau, dans l'arrière-boutique, et t'invite à prendre place en face d'elle. Tu reprends: quand j'aurai fait l'acquisition de cette paire de gants, je rentrerai chez moi, dans mon appartement, à Amaliegade, je m'installerai à ma table de travail. Délicatement, je sortirai les gants de leur emballage de carton, et je les passerai...

- Vous êtes fou, monsieur !

- Non, madame, je les passerai et je me mettrai à ma machine à écrire, une machine à écrire danoise, madame, acheté au marché aux puces d'Israël Plads, avec un clavier non pas de vingt-six lettres, comme dans l'alphabet français, mais de vingt-neuf lettres, avec les trois voyelles danoises, æ, å et ø...

- Vous êtes fou, monsieur.

- Non, madame, passionné, simplement passionné.

- Vous êtes bizarre, si vous n'êtes pas fou. "

Après un court silence, tu poursuis : Madame, avec les gants de Hans Christian Andersen, si je me mets au clavier de ma machine à écrire danoise, je composerai, j'en suis sûr, les nouveaux contes d'Andersen, ceux qu'il écrirait aujourd'hui, si cent-vingt ans plus tard, -il est mort en 1875, n'est-ce pas ? et nous sommes en 1995- si cent vingt ans plus tard, il revenait se promener à Nyhavn, dans les tavernes du vieux port de Copenhague.

- Monsieur le Français, vous n'y pensez pas !

- Bien sûr que si, madame la Danoise, au-delà de l'achat des gants portés -peut-être- par le conteur le plus célèbre au monde, j'affirme un projet littéraire d'une grande envergure : la réécriture dans le langage de cette fin de vingtième siècle des histoires écrites, au dix-neuvième, par Hans Christian !

- Comment ça ?

- Très simple, donnez-moi le premier des contes de Hans Christian Andersen qui vous vient à l'esprit...

- La Petite Fille aux allumettes !

- Que diriez-vous de La Gamine au briquet ? Un autre titre, madame ?

- La Bergère et le Ramoneur.

- Je ferai La Meuf et le Chauffagiste. Un dernier titre, madame ?

- Les Habits neufs de l'Empereur.

- Simple, ce sera Le Nouveau costard du Président ! "

Sacrilège, sacrilège, s'exclame cette fois vraiment en colère la Bibliophile de Bredgade. Joignant le geste à la parole, elle te montre la porte: sortez d'ici avant que je n'appelle mon mari. Ou la Police. Un Français n'a pas le droit de faire de pareilles choses avec les gants de notre Andersen national.

...

C'était il y a 20 ans et un peu plus, mais tu revis la scène comme si c'était avant-hier. La Boutique de l'antiquaire-bibliophile n'existe plus. Elle est devenue un magasin de prêt-à-porter. Ce qui n'est pas très grave. C'est dans l'air du temps. On porte plus volontiers les fringues que les idées. Ce qui te chagrine davantage, c'est de ne pas savoir où sont passés les gants d'Andersen et surtout qui a bien pu les acheter ? C'est ce que tu es allé lui dire, aujourd'hui, devant sa tombe. Vingt ans plus tard, tu ne te pardonnes pas encore de ne pas lui avoir "sauvé" ses gants.

Il ne fallait pas hésiter. Tu le sais bien depuis le début. C'est même une vérité première: la vie ne prend pas de gants avec les hésitants.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 00:02
Copenhague. 15 Mars 2016. 15:50. © Jean-Louis Crimon

Copenhague. 15 Mars 2016. 15:50. © Jean-Louis Crimon

 

Cher  Københavner,

 

Te revoilà Copenhaguois. Pour quelques jours qui pourraient être quelques mois. Tu a pris un peu de distance avec ton terroir de naissance. T'as une belle tiote vie, comme aiment à dire tes amis de Picardie. Ici, tu te sens vraiment "chez toi". Les yeux fermés, tu déambules dans les rues de ce quartier dont tu as été l'un des habitants pendant près de trois ans. Tu repasses dans la rue qui a été la tienne, Amaliegade, la rue qui conduit au Château, là où habitent, une bonne partie de l'année, Margrethe II, Danmarks Dronning, et le Prince Henri, son mari Français. En passant, tu jettes un regard attendri en direction de cet appartement sous les toits qui a été  le tien. Tu en fais le tour sans aucune hésitation.

Tu t'étonnes des capacités incroyables de la mémoire, et tu t'émerveilles à chaque seconde des prouesses de cet ordinateur neurophile qui te tient lieu de cerveau.

Tu salues Kierkegaard. Søren Kierkegaard, qui marche à grands pas, légèrement voûté, sur la place Kongens Nytorv. La nouvelle place du Roi. Tu te diriges vers Bredgade, là où tu as failli acheter, au milieu des années 90, cette paire de gants en cuir blanc, devenus sépia avec les années, propriété de Hans-Christian Andersen, le célèbre auteur de contes mondialement connus.

Ce matin, tu as décidé d'aller te recueillir sur la tombe de ces deux grands hommes qui ont influencé profondément le sens de ta vie. Ils sont enterrés dans le même cimetière. Assistens Kierkegaard. Tout le monde ne le sait pas, le nom du philosophe Danois, considéré comme le père de l'existentialisme, signifie très précisément cimetière. Mot à mot: jardin d'église. Kierke: Eglise et Gaard: Jardin. L'existentialisme est un courant philosophique qui considère que l'être humain forme l'essence de sa vie par ses propres actions. Des actions strictement humaines qui ne sont pas prédéterminées parc des doctrines théologiques, philosophiques ou morales. L'existentialisme considère chaque personne comme un être unique, maître de ses actes, de son destin et des valeurs qu'il décide d'adopter. Dès le début, tu as su pourquoi tu étais, tu es et tu serai, à tout jamais, existentialiste. Entre Sartre et Kierkegaard. Entre Jean-Paul Sartre, existentialiste athée, et Søren Kierkegaard, existentialiste chrétien, tu construirai ton destin.

 

De Nyhavn, où tu te trouves, pour rejoindre Assistens Kierkegaard, il faut prendre Gothergade et ensuite Nørrebrogade. Trois kilomètres en parfaite ligne droite. Ciel bleu sans aucun nuage. Temps frais et vivifiant. Une bonne petite marche. Pour bien commencer la journée. Soren et Hans-Christian comme compagnons de route. Fantastique, non ? Te change de... Xavier Bertrand et de ses... Hauts-de-France !

Vus d'ici, ne sont que minuscules monticules ridicules.

 

 

 

 

Danois : københavner

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 00:01
France 2. Capture d'écran du 20 heures. 14 Mars 2016. © Jean-Louis Crimon

France 2. Capture d'écran du 20 heures. 14 Mars 2016. © Jean-Louis Crimon

 

Cher Picard. ..bafoué, trompé, trahi, mais pas encore...  soumis,

 

Tu te dis que -peut-être- tu pourrais désormais refuser de payer tes impôts à ce Conseil Régional qui méconnait à ce point ton nom...

Tu te dis que -peut-être- tu pourrais demander le nom, le statut, les budgets, le contrat, la mission, de la boîte de Commu/niquation qui a travaillé sur le sujet "HAUTS-DE-FRANCE" et - qui sait ?- ses liens de parenté éventuels avec des officines style... Bygmalion / Big millions...

Tu te dis que dans "communiquer", tu le sais bien, il y a "niquer", donc qu'il y anguille sous roche et paquets de thunes dans la poche...

Tu te dis que tu as jusqu'au 1er Juillet pour contester tout à fait légalement, dans toutes les Assemblées représentatives, Françaises ou Européennes, cette forfanterie devenue forfaiture...

Tu te dis qu'il y a, au bas mot, 100 jours, pour battre en brèche celui qui a mis la Picardie sur la brèche, 100 jours pour fédérer, pour confédérer, pour assembler, pour rassembler, pour vaincre et convaincre, et mettre à genoux le petit caporal et son armée de branquignoles, avant qu'on ne leur chante la... carmagnole...

Tu te dis que c'est l'histoire croquignole d'un petit monsieur, Monsieur Tout Petit, qui se rêvait Trés Grand, et qui voulait se construire un Pays qui serait à sa taille : Les HAUTS-DE-FRANCE, c'est ce pays-là, Monsieur Tout Petit, tout petit, petit... pas seulement des os, surtout du cerveau...

Tu te dis que tu vas lui envoyer ce message, par mail,sms ou texto, pour qu'il comprenne bien la raison de ta colère: 

 

" Car ce que vous avez fait, Monsieur, c'est tout petit, vraiment tout petit. Très petitement minable. Pitoyable. C'est d'une petitesse, d'une bassesse rarement atteintes au pays des êtres vils et lâches qui passent leur vie à se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas et, une fois aux affaires, c'est à dire au pouvoir, se révèlent tels qu'ils sont: des menteurs, des tricheurs, des casseurs, des fossoyeurs, des bandits, des voyous, des escrocs. Monsieur, c'en est trop. "

 

Tu te dis que Victor Hugo s'était fendu d'un sacré pamphlet contre Napoléon III, qu'il détestait, et qu'il l'avait intitulé, son pamphlet: "Napoléon le Petit", alors, sans être Hugo, tu te dis : yes, en avant, go... pour flinguer -en mots et en idées- Bertrand le Petit, qui le mérite amplement aujourd'hui, Monsieur Tout Petit...

 

Tu te dis que ce n'est pas toi qui a déclenché les hostilités et que tu ne fais que te défendre face à la violence d'une agression que ni les Espagnols, ni les Allemands, qui ont pourtant guerroyé souvent sur tes Terres, n'auraient osé imaginer: l'EFFACEMENT DU NOM est une attitude d'une indignité qui n'a pas de nom...

Tu sais, de bonnes sources, que le nom "HAUTS-DE-FRANCE" doit être  validé par le Conseil des Ministres avant le 1er Juillet...

Tu te dis que le "hold-up" qui se solde par un "putsh", ce n'est pas la démocratie, et tu en appelles à la Cour Européenne des droits de l'Homme... Tu y feras condamner Monsieur Tout Petit pour abus de pouvoir et consultation d'à peine 1% des 6 millions d'habitants du "Nord Pas-de.Calais Picardie"... Elle est là aussi l'escroquerie, la malversation, la tromperie...

Tu te dis que si le Président de la République consent au principe du référendum pour l'aéroport de Nantes, il pourrait très bien renvoyer aux urnes l'ensemble des électeurs du Grand Nord pour choisir leur nom, oui, leur identité... ça doit pouvoir se faire en démocratie, mais oui...

Tu te dis que les électeurs de la Grande Région "Nord Pas-de-Calais Picardie" pourraient ainsi se prononcer, en toute liberté, en leur âme et conscience, sur ce qu'ils souhaitent, ce qu'ils veulent, pour ne pas se faire imposer par un malfrat, un mal appris, un malhonnête, un nom à vous mettre "cul-par-dessus-tête"... parce que HAUTS-DE-FRANCE, ça fout des hauts le coeur, ça fait gerber...

Tu entends déjà les moqueries des chansonniers Parisiens:

 

" Monsieur Bas-du-cul se rêvait Haut-de-France

  Monsieur Bas-de-Plafond,

  Vous touchez le fond,

  Epargnez-nous la souffrance

  De passer pour des petits cons..."

 

 

Tu te dis que quelqu'un va se lever et dire: J'en appelle à l'insurrection culturelle !

 

Tu te dis que si ce quelqu'un ne se lève pas, tu vas te persuader que c'est peut-être à toi d'endosser le rôle et tu vas le faire et le proclamer toi-même: on n'efface pas, comme ça, pour les lubies d'un âne bâté, 1000 ans d'Histoire ! 

Tu te dis que tu vas désormais l'appeler Monsieur Tout Petit, petit, et que tu vas t'adresser à lui de cette façon, en lui disant: vous prétendiez vouloir remettre la Région au travail, mais vous venez de mettre en évidence votre superbe incompétence: vous ne savez même pas trouver un titre à votre ambition et un nom à une Région... Démission ! Démission ! 

 

Monsieur Tout Petit, vos Hauts-de-France font rire la France entière, à commencer par les Hauts-de-Seine,

Monsieur Tout Petit, la trace que vous laisserez dans l'Histoire sera minuscule et dérisoire,

Monsieur Tout Petit, sachez que vous agacez même dans le passé. Pour preuve, Jean de La Fontaine est sorti de son apparente torpeur pour réveiller sa grenouille qui en a marre de vos grenouillages...

En bon picard de Château-Thierry, La Fontaine s'est fendu d'un remake de sa fable pas très affable, mais demandez-vous qui est le plus coupable ? Apprenez cela une fois pour toutes, Monsieur Tout Petit: 

Au pays de la satire, celui qui un peu trop se la péte finit par prendre perpéte !

 

Vise un peu: le talent de La Fontaine est loin d'être moribond, il te reprend balle au bond:

 

 

Un petit crapaud courtaud lorgna un Pays tout neuf

Qui lui semblait tout à fait à sa taille

Lui qui n'était pas plus gros qu'un petit oeuf

Se fait envieux, s'étend et s'enfle et se travaille

Pour égaler le Pays en grosseur,

Disant: "Regardez bien, ma France, ma soeur !

Est-ce assez ? dites-moi ! n'y suis-je pas déjà ?

- Nenni ! - M'y voici donc ? - Point du tout ! -M'y voilà ?

Né dans le bas de l'Aisne, tu n'y penses pas !"

Le fat s'enfle si fort qu'il en explosa.

 

Le monde politique est rempli de gens qui ne sont pas très sages,

Le moindre petit bourgeois se rêve grand seigneur,

Tout petit Président de Région se rêve Président tout court,

Mais taille ou cerveau, Monsieur Tout Petit, vous êtes un peu... court !

 

 

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 00:01
Amiens. L'heure du (non) choix. 13 Mars 2013. © Jean-Louis Crimon

Amiens. L'heure du (non) choix. 13 Mars 2013. © Jean-Louis Crimon

Chère Picardie trahie,

 

Puisque tu ne peux pas choisir, puisque tu ne veux pas choisir, puisque choisir serait cautionner un non choix, puisque choisir serait accepter la tombe où le fossoyeur Bertrand voudrait que tu tombes, puis que HAUTS-DE-FRANCE te donne des hauts le coeur, puisque HAUTS-DE-FRANCE te fait gerber, puisque à HAUTS LE COEUR, tu préfères, de loin, HAUTS-LES-COEURS, te reste à te servir de ce qui est ta seule richesse: les mots, les sons et les chansons...

Clin d'oeil à Paul Eluard, pour échapper au traquenard, pour fuir le piège goguenard, pour en finir avec les voeux du petit monsieur prétentieux, ce poème en fausse prose et en vers libres, libres surtout d'avoir des rimes, pour dire non à ce nom qui ne rime... à rien.

 

 

         De profondis

 

Pour tes chemins de traverse

Juste avant le temps de l'averse

Pour le coeur à la renverse

                                    Ecris ton nom... Picardie

 

Dans le dégradé de gris

Qui mystifie le mistigri

N'en déplaise aux aigris

                                     Ecris ton nom... Picardie

 

Pour ton enfance à l'envers

Fausse prose ou vrais vers

Plein soleil ou jour de pluie

                                      Ecris ton nom... Picardie

 

Pour ces années en allées

Par les chemins, par les allées

Ces larmes que le ciel essuie

                                      Ecris ton nom... Picardie

 

Pour la sagesse des gens d'ici

Pour ce que tu as réussi

Pour tous tes échecs aussi

                                       Ecris ton nom... Picardie

                             

Parfois l'hiver ciel de cendre

Neige trop belle ou trop tendre

On ne monte que pour descendre

                                       Ecris ton nom... Picardie

 

Pour le peu de temps que ça dure

Pour tout ce qu'il faut qu'on endure

Pour la bourrasque et la froidure

                                       Ecris ton nom... Picardie

 

Pour le peu qu'il en reste

Pour Amiens la trop modeste

Pour la beauté du geste

                                       Ecris ton nom... Picardie

 

Pour dire non à ces Hauts-de-France

Pour ne pas être la sous France

Pour dire non à l'humiliation

                                       Ecris ton nom... Picardie

 

Pour hier et aujourd'hui

Pour la mer et puis la pluie

Pour ne pas mourir en Bertrandie

                                       Ecris ton nom... Picardie

 

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 00:01
PICARDIE, Pierre Mac Orlan. Amiens. 13 Mars 2016.  © Jean-Louis Crimon

PICARDIE, Pierre Mac Orlan. Amiens. 13 Mars 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher Picard... qui en a marre... du traquenard,

 

Tu te dis que tu dois écrire à Monsieur Bertrand, tu sais, le petit assureur de Saint-Quentin, Aisne, PICARDIE, petit assureur qui ne manque pas d'assurance pour tailler un costard à son ancien ami Sarkozy, l'ancien président de la République. Qui l'a pourtant fait Ministre. Amitié sinistre. Faux frère.

Tu te dis que tu dois écrire à Monsieur Bertrand, tu sais, celui qui veut effacer à tout jamais le beau nom de PICARDIE des cartes et des livres de géographie. Celui qui gagne la grande Région et qui perd le nord, sitôt arrivé au pouvoir. Pas la bonne boussole le déboussolé !

Tu te dis que tu dois écrire à Monsieur Bertrand, tu sais, ce Monsieur Bertrand qui doit son élection à une bonne partie d'électeurs de PICARDIE, ce Monsieur Bertrand qui a fait une bonne partie de son parcours professionnel et politique, à Saint-Quentin, Aisne, PICARDIE.

Tu te dis que tu dois écrire à Monsieur Bertrand, tu sais, cet ingrat débordant d'ingratitude, ce candidat à la présidence de la nouvelle Grande région qui te baise la gueule en beauté: " Portez vos suffrages sur mon nom et, en remerciement, je vous... efface... le vôtre ! "

 

PICARDIE out, PICARDIE exit ! qu'est-ce que vous en dites ?

 

Vraiment, tu dois écrire à Monsieur Bertrand, tu sais, celui qui a raflé la mise dans le "Nord Pas-de-Calais Picardie", et qui non content d'avoir planqué son tee shirt UMP/ Républicains sous la banière Pierre de Saintignon, Socialiste, décide - unilatéralement - du nouveau nom du pactole. Quelle arnaque quand même, le petit teigneux Bertrand sous le placide de Saintignon, et vlan dans le maquis du maquignon !

Vraiment, tu dois écrire à Monsieur Bertrand, tu sais, le Bertrand de Saint-Quentin, Aisne, PICARDIE, qui a battu aux dernières élections le Pierre de Saintignon, Monsieur Bertrand qui entend donner à la nouvelle grande Région un nom facilement traduisible en Anglais.

Pourquoi pas... PICARDIE ? En anglais, ça peut s'écrire et se dire... PICARDY.  

 

Vraiment, tu dois écrire à Monsieur Bertrand qui n'a jamais lu Mac Orlan. Pierre Mac Orlan, de son vrai nom Pierre Dumarchey, né en 1882, à Péronne, Somme, PICARDIE. Ami d'Apollinaire et de Dorgelès. Roland Dorgelès né à Amiens, Somme, PICARDIE. Pierre Mac Orlan, né à Péronne où Béranger, Pierre-Jean de Béranger, le père de la chanson moderne, a vécu une partie de son enfance. Péronne, Somme, PICARDIE. Mac Orlan, romancier et auteur de chansons aussi. Comme Béranger, son aîné.

 

Hauts-de-France, Nord-de-France,Terres-du-Nord, tu réalises que le nom de cette nouvelle Région risque d'être décliné partout, dans tous les domaines, et même - qui sait ? - en littérature...

Tu imagines que si l'on suit la logique de Monsieur Bertrand, eh bien, le roman de Mac Orlan, faudrait aussi changer son titre et ça donnerait :

 

Pierre Mac Orlan, HAUTS-DE-FRANCE

Pierre Mac Orlan, NORD-DE-FRANCE

Pierre Mac Orlan, TERRES-DU-NORD

 

Franchement, ça ne tient pas la route à côté de.... Pierre Mac Orlan, PICARDIE !

 

Même la chanson de Montand, tu sais, celle où il parle des roses de Picardie, pareil, idem, même chose, le passage devient HAUTS-DE-FRANCE, NORD-DE-FRANCE ou encore TERRE-DU-NORD, t'en veux encore, des roses Hauts-de-France, des roses Nord-de-France, des roses Terre-de-France, tu comprends peut-être un peu mieux le ridicule de la situation, avec cette idée de supprimer, à tout jamais, le beau nom de PICARDIE.

 

"Dire que cet air nous semblait vieillot, Aujourd'hui, il me semble nouveau, Et puis surtout, c'était toi et moi, Ces deux mots ne vieillissent pas... Souviens-toi, ça parlait de la PICARDIE, et des roses qu'on trouve là-bas, Tous les deux amoureux, Nous avons dansé Sur les roses de ce temps-là... "

Tu imagines le bide, le désastre, le plantage, si Yves Montand se mettait à chanter, sur l'idée de Xavier Bertrand:

 

" ça parlait des HAUTS-DE-FRANCE et des roses qu'on trouve là-bas..." 

" ça parlait du NORD-DE-FRANCE et des roses qu'on trouve là-bas..."

" ça parlait des TERRES-DU-NORD et des roses qu'on trouve là-bas..."

 

 

Vraiment, tu dois écrire à Monsieur Bertrand pour lui rappeler cette vérité première: nommer, désigner, donner un nom, c'est un acte très fort, très symbolique. Déterminant pour l'avenir. De grâce, Monsieur Bertrand, laissez ça aux poètes, aux philosophes, aux paysans, aux gens de la terre, qui savent ce que nommer veut dire, oui au peuple, mais surtout pas aux... POLITIQUES qui ne savent rien sur pratiquement tout et qui voudraient nous faire croire qu'ils savent tout sur tout.

Car enfin, Hauts-de-FranceNord-de-France,Terres-du-Nord, ça ne peut pas être le nom d'une Région, tout juste des marques d'endives, de pommes de terre ou de betteraves ! et vraiment tu dois dire à Monsieur Bertrand que si nous en sommes les meilleurs producteurs, nous ne sommes pas réductibles à ce que nous produisons.

Vraiment, tu dois dire à Monsieur Bertrand que la Picardie, Terre d'Histoire, est entrée dans l'Histoire, et depuis fort longtemps, et que si jamais Bertrand y entre, ce sera comme le nom du fossoyeur. Le fossoyeur de la Picardie. Franchement, à la place de Monsieur Bertrand, tu y réfléchirais à deux fois.

 

Vraiment, tu dois absolument écrire à Monsieur Bertrand pour lui donner un petit conseil, un conseil "régional" puisque ça concerne la Région: "Ne touchez pas au mot PICARDIE, ce serait non seulement une infamie, mais surtout votre première grande faute... politique." Une faute majeure.

Oui, tu dois lui écrire ça, à Monsieur Bertrand, car tu lui dois un aveu, à ce Monsieur Bertrand, un aveu vraiment sans à priori: jusqu'à présent, tu le trouvais presque... sympathique.

 

PICARDIE out, PICARDIE exit ! qu'est-ce que vous en dites ?

Hauts-de-FranceNord-de-France,Terres-du-Nord,

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 00:01
Amiens. Août 2015.  © Jean-Louis Crimon

Amiens. Août 2015. © Jean-Louis Crimon

 

Cher Picard... disant,

 

Avu d'el pleuve qu'alle n'in finit point d' tcherre

Pis en' vielle ramonchlée à ch'coin d'sin fu

Qui conte, pis qui raconte s'n'histoère

Avu des mots qu'on n'comprind mie pu... "

 

En ce matin de pluie douce sur le jardin, te reviennent ces paroles d'une chanson rêvée et écrite au début des années soixante-dix. Quand les Picards que vous étiez, après les Occitans, les Basques ou les Bretons, se voyaient très bien chanter eux aussi leur langue, même baptisée à tout jamais dialecte. Les mots de ta Tante Laure t'étaient alors revenus d'un coup, d'un seul, leur musique avec. Ces sonorités particulières que les trouvères du Nord ont fait si bien chanter dans la langue d'oïl, aussi belle, quoi qu'on en dise, que la jolie langue d'oc, chantée et enchantée, elle, par les troubadours du Sud. Troubadours et bardes des années soixante-dix portaient noms Claude Marti, Joan-Pau Verdier, Allan Stivell et Gilles Servat, mais les trouvères eurent du mal à se trouver. Le dialecte picard, trop proche du français, ne leur a sans doute pas facilité la tâche. Cela dit, les quelques chansons crées à cette époque semblaient plutôt attachantes. Prometteuses. Mais parfois, la vie ne tient pas ses promesses. Marc Monsigny, Patrick Séchet, Dominique Moisan, Philippe Boulfroy, que sont vos chansons devenues ? Un long jeu ou deux, 33 tours et puis s'en vont.

En français, pour ceux qui n'auraient pas complétement décrypté la premère strophe de ta chanson picarde:

 

" Avec de la pluie qui n'en finit pas de tomber

Puis une vieille recroquevillée au coin d'son feu

Qui conte, puis qui raconte son histoire

Avec des mots qu'on n'comprend même plus... "

 

 

Pour celles et ceux qui aimeraient approfondir le sujet, un petit ouvrage vient de te passer dans les mains: La Littérature de l'Oise en Langue Picarde, du 12ème siècle à nos jours. Ouvrage publié en 2005 par l'Office Culturel Régional de Picardie. L'auteur, François Beauvy, né à Sarcus, dans l'Oise, a toujours vécu dans le Beauvaisis et a découvert, enfant, Philéas Lebesgue, l'immense poète de La Neuville Vault, en Pays de Bray picard.

En moins de 120 pages, François Beauvy retrace le parcours et le contexte des oeuvres d'une vingtaine d'écrivains picards de l'Oise. Il nous fait notamment découvrir Hélinand de Froidmont et Philippe de Remi, sire de Beaumanoir. La date de naissance Philippe de Remi n'est pas précisément connue, mais on sait qu'il est mort en 1265. Philippe de Remi est l'auteur de poèmes divers, de Fatrasies, de Jehan et Blonde et de la Manekine. Hélinand de Froidmont était, lui, l'ami de Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, et d'Henri de Dreux, évêque d'Orléans. On sait de lui que, trouvère devenu, il se produit dans les théâtres, sur les places publiques, dans les écoles et à la cour du roi. Poète connu et admiré,il décide pourtant de tout quitter pour se retirer à l'abbaye cistercienne de Froidmont, à quinze kilomètres à l'est de Beauvais, en lisière de la forêt royale de Hez. Devenu moine, il reste silencieux pendant plusieurs années avant d'écrire Les Vers de la Mort. Long poème, composé de 1194 à 1197, que François Beauvy définit comme "l'oeuvre vigoureuse et exceptionnelle, d'un homme d'environ trente-cinq ans qui a choisi de vivre dans une abbaye cistercienne marquée par la réforme de saint Bernard". 

Hélinand de Froidmont vivra vieux pour son époque, au-delà de soixante ans, peut-être même jusqu'à presque soixante dix-ans. Il serait mort en 1237.

 

Tu te prends à rêver que Xavier Bertrand et ses conseillers régionaux en feraient jusqu' à lundi leur livre de chevet. Lundi 14 Mars 2016, ils doivent choisir le nom de la nouvelle Région "Nord Pas-de-Calais Picardie"... et ça pourrait - sait-on jamais ? - leur donner des... idées.

 

 

 

 

 

 

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