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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 13:59
Amiens. Saint-Leu. Au Sourire d'Avril. 1972. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Saint-Leu. Au Sourire d'Avril. 1972. © Jean-Louis Crimon

Cher abonné aux petits hasards de l'existence,

Tu ne sais pas pourquoi cette photo te revient en mémoire aujourd'hui. Précisément aujourd'hui. Deux raisons au moins. Tu te souviens d'un commentaire laissé il y a déjà bien longtemps par un visiteur de ton album facebook. Pas n'importe quel visiteur. Un commentaire de ton ami de toujours, Richard Goldenberg. Un très beau commentaire que tu ne peux t'empêcher de relire:

" On dirait une scène d'un film italien des années 50 par exemple Giulietta Masina (Gelsomina) dans La Strada. Au premier plan, la joie de vivre, l'innocence, la grâce, la légèreté de l'enfance et derrière, les murs noirs annonciateurs du tragique de sa brutale destinée. "

La deuxième raison, c'est que ce Sourire d'avril est devenu roman. Roman signé Jacques Béal, qui sera dans une dizaine de jours, à la Bibliothèque Jean Giono de Cagny, l'invité de Michèle Biharé. Tu as dû prendre cette photo au début des années 70, dans l'autre siècle. En 1972, sans doute. Quand tu pars avec deux 36 vues pour une balade dans le vieux Saint-Leu, loin de l'amphi de Philo. Déjà, tu travailles l'image avec le texte. " Café Au Sourire d'Avril " devient la légende à l'intérieur de la photo. Comme un titre. Un titre de roman.

Le roman, Béal le publiera en 2012. 40 ans plus tard. Sous le titre Rendez-vous au Sourire d'avril. Aujourd'hui, le Café a disparu, mais il est éternellement vivant dans le roman qui met en scène un monde populaire qui n'est plus. Des personnes et des personnages d'un autre âge, mais qui, tous, exprimaient une vraie valeur humaine. Ce qui rend touchant et attachant, le roman de Jacques Béal.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 17:07
Amiens. 7 Sept.2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 7 Sept.2016. © Jean-Louis Crimon

Cher pauvre piéton perdu,

 

C'est une pratique qui t'étonne et qui t'insupporte. Une coutume urbaine devenue règle commune. Les cyclistes, - pas gâtés, c'est vrai, dans cette ville, côté pistes cyclables -, annexent sans détour et sans hésitation les trottoirs des piétons. Les trottoirs, dans cette ville, selon les rues, les quartiers, sont, - c'est encore vrai -, spacieux. Alors, les vélos déferlent, au mépris des vieilles dames et des vieux messieurs, au mépris des piétons de tous âges et même des enfants en bas âge. Ils foncent sur un espace très roulant, devant le piéton désabusé, bras ballants. Un piéton qui pense que le trottoir est pour lui, tout à lui. Même si, parfois, des automobilistes, tout autant expansionistes que les cyclistes, se garent aussi une roue ou deux sur la bordure de trottoir, mordant allégrement l'espace du piéton. Un piéton qui, un beau jour, se fera forcément renverser par un cycliste qui ne maîtrisera pas sa bécane. Absurde, non ? Inadmissible. Inacceptable. Le trottoir transformé en piste cyclable.

Sans passer pour un vieux grincheux, tu te murmures souvent entre les dents: mais que fait la police... municipale ?

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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 07:14
Contay. 11 Septembre 2016. © Jean-Louis Crimon

Contay. 11 Septembre 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher paisible mécréant,

Tu l'avais presque oublié. Enfin, pas vraiment. Tu le savais, comme on a connaissance d'une évidence. Au village, il y avait un Temple. Le Temple des Protestants. Toi, tu étais né côté catholiques et donc, tu allais à l'Eglise. Mais tes meilleurs copains étaient protestants. Il y avait aussi deux cimetières: le cimetière des catholiques et le cimetière des protestants. Dans ces deux manières de vivre et de mourir, tu avais senti, très tôt, que ce Dieu que tous voulaient unique et singulier était vraiment pluriel et multiple. De là, sans aucun doute, dès tes 7 ans, -l'âge de raison- un scepticisme qui ne te quittera jamais. Une distance réelle avec ces choses de la vie éternelle, ce Dieu tout puissant, et ce Credo qu'il fallait savoir par cœur. Toi, ton cœur était ailleurs. Au catéchisme ou à la Messe, tu t'évadais par la pensée pour échapper à la main mise céleste et à ses terribles châtiments.

Souvenir très présent ce matin, les taquineries dont tu es la cible de prédilection. Tes copains protestants ne sont pas protestants tout le temps. Leur humour n'est pas toujours très catholique.

A la question: Tu crois en Dieu ? tu leur réponds sans hésitation: J'en sais rien, mais, sûr, s'il existe, lui, il croit en moi !

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 13:47
Contay. Maison d'enfance. 11 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Contay. Maison d'enfance. 11 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher Contaysien,

 

Tu as 7 ans et tu l'aimes ta maison. Tendrement. Comme une personne. Tu la trouves belle. Sa forme. Sa structure. Ses fenêtres. Pourtant, il n'y a pas l'eau courante. Seulement une pompe dans la cour. Des murs en torchis et un grenier en terre battue. Un couloir étroit. La quitter, quitter le village, quitter la vallée de l'Hallue pour une autre vallée, la vallée de l'Ancre, fut un véritable arrachement. Mais tu n'as rien montré. Rien montré à ton père, rien montré à ta mère, rien montré à ta sœur et rien montré à ton petit frère. Tu  t'es seulement juré, l'année de tes 14 ans, l'année du déménagement, qu'un jour, tu écrirais. Tu écrirais pour que ta maison soit éternellement la vôtre. Qu'elle soit éternelle. De cette belle éternité éphémère des romans.

Septembre 2016. Tu es à nouveau devant chez toi, mais ce n'est plus chez toi. La maison n'est plus ta maison. Tu te retrouves face à tes 7 ans et, même si 60 ans de temps humain se sont écoulés, tu t'étonnes d'être dans la peau d'un vieux monsieur à qui l'on dit "vous". Tu n'oses pas dire pourquoi, dans ton coeur, tu habites toujours cette maison. Ses nouveaux habitants ne comprendraient pas. Te trouveraient bizarre. Elle n'est plus ta maison. Tu dois te faire une raison. Elle ne sera jamais plus ta maison.

Vraiment étrange, en partant, en tournant le regard, en tournant les talons, tu as eu la curieuse sensation que la maison te regardait t'éloigner. Qu'elle te chuchotait quelque chose comme... alors, tu m'abandonnes encore.

 

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 18:30
La Courneuve. Fête de l'Humanité. 10 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

La Courneuve. Fête de l'Humanité. 10 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher nostalgique de l'idée communiste,

30 ans au moins que tu n'avais pas mis tes pas dans les pas de ceux qui ne manqueraient pour rien au monde une Fête de l'Huma. Ta dernière Fête de l'Huma à toi, c'était dans l'autre siècle. Le vingt ou le vain. Milieu des années 80. Dans une France socialiste qui avait déjà choisi de pactiser avec les lois de l'Economie libérale. Union de la Gauche qui avait passé l'arme à gauche. Programme commun défunt. Socialistes arrivés à leur fin.

Ne sert à rien de refaire l'Histoire. L'Histoire a mal tourné. Ou plutôt ceux qui avaient le pouvoir d'infléchir le cours de l'Histoire, le cours des choses, ont trop tôt tourné le dos au sens de l'Histoire. L'Histoire a-t-elle un sens ? Oui, bien sûr, si l'on n'oublie pas, en chemin, que c'est l'homme qui donne le sens, qui donne son sens à l'Histoire. Tu déambules dans cet immense parc de La Courneuve à la recherche d'une idée neuve. Tu feuillettes l'Huma et tu t'arrêtes sur ce titre de la double page: L'humanité est le plus beau mot qu'on puisse employer.

Plus loin, une grande banderole des communistes de Morsang-sur-Orge affirme: NOTRE RéGLE D'OR: L'HUMAIN D'ABORD.

Tu marches et tu marches encore dans cet incroyable décor qui ferait penser - spécialités culinaires régionales à la clé - à un gigantesque Mac Do plein air, tant ça mange et ça boit, même si ça débat et ça déboit parfois, et soudain tu t'arrêtes devant une incroyable haie d'honneur d'anonymes qui piétinent au bord d'un immense tapis blanc déroulé comme un tapis rouge de stars de cinéma, mais ça n'est pas du cinéma. C'est du réel cruel. Sont imprimés des prénoms et des noms. Parfois un bref commentaire. Linceul symbolique pour ces morts sans sépulture autre que la Méditerranée et l'ombre des vivants rappelle l'ombre des disparus. Plus de 20.000 morts dans cette mer devenue le plus grand cimetière liquide de tous les temps.

Tu te souviens d'un slogan ancien, un slogan en forme d'équation mathématique, un slogan limpide comme une addition:

RÊVE + EVOLUTION = RÊVOLUTION

et tu te dis: Bordel, qu'est-ce qu'on attend ?

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 23:57
Paris. Radio France. 9 Sept. 2016. Studio 104. © Jean-Louis Crimon

Paris. Radio France. 9 Sept. 2016. Studio 104. © Jean-Louis Crimon

Cher vieux Ferréen ou Ferréiste,

Même si t'as pas l'adresse du pays de l'envers du décor, même si tu ne connais pas le facteur des territoires de la mort, tu te dis que ce soir tu dois vraiment écrire un petit mot à Léo, pour lui dire comme c'était beau. Tous ces musiciens classiques jouant "sa" musique, la musique de celui qui se voulait artiste de... Variétés mais qui savait si bien diriger une formation comme un vrai Chef.

Le Philhar pour saluer le vieil anar. Fontaine à la baguette et Benetti aux arrangements. Didier Varrod en chef de gouvernement. Le gouvernement des artistes, le seul qui vaille en ces Temps difficiles. Le Directeur de la musique et de la création culturelle, Michel Orier, génial instigateur de l'événement, aux anges, vraiment, devant pareil émerveillement. Un paquet d'étoiles dans les yeux comme dans les yeux des chanceux qui peuplent le Cent-Quatre, ce soir du 9 septembre de l'année 16 de l'An 2000.

Oui, tu dois quelques lignes, quelques mots, à ton vieux Léo, tu dois lui faire un signe, tu dois lui dire que même s'il a mis les voiles depuis 23 plombes, pas de danger que l'oubli nous plombe le coeur ou ce qu'il nous reste d'âme, lui dire que pour nous il est toujours présent, toujours vivant, qu'il continue... sa vie d'artiste.

Lui dire que la soirée était intitulée "Autour de Léo" et que Marie, la maman des trois enfants Ferré, Mathieu, Marie-Cécile et Manuela, était dans la salle. Qu'elle t'a reconnu et qu'elle t'a fait la bise en te disant, comme au bon vieux temps: Léo vous aimait bien, vous, le monsieur d'Amiens.

Tu dois lui dire encore à Léo qu'ils ont redit, - ça le fera marrer -, Léo Albert Charles Antoine Ferré, né le 24 août 1916 à Monaco, aurait eu 100 ans cette année et c'est pour ça que France Inter et Didier Varrod ont imaginé un si bel hommage, en direct du grand studio 104 de la Maison de la Radio avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France et une variété de chanteurs qu'on ne dit plus de... variétés.

Tu dois lui dire: Léo, vise un peu le programme ! Sûr que t'es cap', avec ou sans cape, de venir en chanter une petite, mon vieux Léo... incognito:

Requiem, Words, words, words, La mort des loups, Love, Muss es sein, Es muss sein, - Cela est, cela doit-il être ? - L’Amour n’a pas d’âge/Frères humains, La Mémoire et la Mer avec déjà la voix de Lavilliers, Paris canaille, Avec le temps, C’est extra, pour la partie symphonique, avant de revisiter le Léo rock, avec Romain Humeau et son groupe Eiffel, Bernard Lavilliers, Cyril Mokahiesh, Maissiat, Arno, Christian Olivier, Cali, alias Bruno Caliciuri, et Catherine Ringer qui, chacun à tour de rôle, donne voix aux titres les plus célèbres du grand Léo Ferré. Vise un peu, Léo, le plateau de choix pour te redonner voix.

Comme à Ostende: Arno, L'oppression: Romain Humeau, Nous deux: Cyril Mokaeish, La solitude: Tim Dup, C'est extra: Christian Olivier, le chanteur des Têtes Raides, Avec le temps: Maissiat L'affiche rouge: Cali, Pépée: Philippe Katerine, L'amour: Ala.NI, Le piano du pauvre: Catherine Ringer, Thank you Satan: Bernard Lavilliers.

Tu dois, - surtout n'oublie pas, lui dire et lui redire, à ce camarade des camarades, toujours et encore, bien haut et bien fort, bien fort et bien haut... Thank you, Léo

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 13:38
Amiens. 8 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. 8 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher hélléniste de quartier,

 

Pauvre mortel qui tutoie parfois l'éternel, tu croises le géant Atlas au coin de la rue et ça ne t'étonne même plus. Atlas, lassé du poids du monde, qui supporte sans peine le poids d'un petit balcon. Mission dérisoire. Maison étrange qui passe inaperçue. Rue minuscule. Qui plus est... en sens interdit. Tu rêves ou c'est dans la vraie vie ?

Mythologie grecque: le géant Atlas condamné par Zeus à soutenir la voûte céleste sur ses épaules. Atlas, frère de Prométhée et d'Epiméthée, fils du Titant Japet et d'Asia, l'Océanide Clyméné. Le géant Atlas qui participe, avec d'autres Géants, à la lutte contre les dieux. Après leur défaite, Zeus inflige à Atlas une insupportable condamnation: obligation sans fin de soutenir la voûte céleste sur ses épaules.

 

La vie d’Atlas est marquée par sa participation au onzième des douze travaux d’Hercule. Hercule propose à Atlas de prendre sa place pour lui permettre d'aller chercher les pommes d’or du jardin des Hespérides — trois jeunes femmes données par certaines légendes comme les propres filles du géant. Atlas accepte sans hésiter, croyant  trouver enfin l’occasion d’échapper à son châtiment de voûte céleste à porter éternellement. Mais, lorsqu'il revient avec les fruits, Hercule lui demande de reprendre un instant son fardeau, le temps de confectionner un coussin pour ses épaules. À peine le géant a-t-il accepté, tombant dans le piège, qu’Hercule disparaît avec les pommes.

 

Atlas ou pas, ce que tu fais dans la vie d'ici bas, fastoche ou fardeau, c'est pour... des pommes.

 

 

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 13:57
Amiens. Rue Albert Catoire. 7 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue Albert Catoire. 7 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher épistolier,

Perplexe, toi, l'infatigable écrivain de lettres, devant une telle invite: BOîTES AUX LETTRES. Boîtes aux lettres, certes. Mais où ? Où sont-elles ? Où est l'ouverture ? Où poster ta missive ? Pour être sûr qu'elle arrive ? Plein ciel. Pleins cieux. Poétique, mais hasardeux. Dans le tuyau. Pas très rigolo. Cruel le destin de l'épistolier égaré dans l'espace urbain.

Epistolier: Personne qui aime à écrire des lettres ou qui excelle dans l'art de les écrire. Banal. Classique. Pas très enthousiasmant.

Le féminin est plus évocateur, la forme épistolière plus familière. Sa sonorité plus attirante. Plus attractive. Une épistolière est une femme qui écrit des lettres. Certes, mais quelles lettres ! L'histoire littéraire française regorge, si l'on peut dire, de ces talentueuses faiseuses de lettres.

Au cours des siècles, de nombreuses correspondances féminines ont eu l'honneur de la publication. D'ailleurs, leurs auteur(e)s n'étaient pas ignorantes de la valeur littéraire de leurs écritures.

La plupart des critiques s'accordent à penser que ce qui caractérise les lettres de ces épistolières, c'est leur naturel. Madame de Sévigné a incarné cette qualité au point d’être considérée comme le modèle type de l’épistolière et un écrivain à part entière.

En 1669, paraissent les célèbres Lettres portugaises, présentées comme la traduction de cinq lettres envoyées par une religieuse portugaise à un officier français, celles-ci passent longtemps pour d’authentiques lettres dues à Mariana Alcoforado avant d’être définitivement classées par la critique moderne comme une œuvre de fiction littéraire attribuées à Gabriel de Guilleragues. Un homme.

La frontière entre le réel et la fiction s’efface volontiers entre littérature et correspondance. Surtout quand les romanciers vont vouloir faire de cette technique d’écriture un artifice littéraire qui sera le roman épistolaire. Très en vogue au siècle des Lumières. L'écrivain tente de persuader son lecteur qu’il a entre les mains une réelle correspondance, comme Jean-Jacques Rousseau avec sa Nouvelle Héloïse.

Parmi les plus célèbres des épistolières, pas facile de choisir aujourd'hui. Mériteraient toutes d'être à nouveau publiées et lues en ce siècle débutant où le vrai talent ne court pas les rues.

Où sont vos lettres et êtes vous donc, Juliette Adam, Jeanne d'Albret, Catherine de Bourbon ? Adélaïde de La Briche, Christine de Pisan, Isabelle de Charrière ? Hélisenne de Crenne, Madeleine des Roches, Françoise de Graffigny, Marie-Thérèse de Hongrie ? Ninon de Lenclos, Julie de Lespinasse, Françoise de Maintenon, Marguerite de Navarre, Mathilde de Flandre ? Juliette Récamier, Manon Roland, Madeleine de Sablé, George Sand, Madame de Sévigné ? Germaine de Staël, Sophie Volland ?

Ce soir, tu t'endors en égrenant le chapelet des prénoms et des noms de ces épistolières qui n'écriront plus jamais de lettres et auxquelles tu n'écriras pas davantage. Ou en rêve. Oui, en rêve, sûrement.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 20:57
Amiens. Rue de la République. 6 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Amiens. Rue de la République. 6 Sept. 2016. © Jean-Louis Crimon

Cher facteur de toi-même,

 

Pas besoin de flécher le nouvel emplacement de ta boîte aux lettres. Elle n'a pas changé d'emplacement ta boîte aux lettres. Aucune raison d'en changer d'ailleurs.

Flécher est un verbe singulier qui a le sens pluriel. C'est d'abord, bien sûr, jalonner de flèches. Pour indiquer le chemin, la route, la direction à suivre. C'est aussi atteindre d'une flèche. Pas seulement dans le tir à l'arc. C'est encore commencer à se développer, en parlant, par exemple, de la flèche de la canne à sucre. C'est enfin couvrir une femelle, chez le bélier.

 

N'être pas une flèche, c'est tout autre chose, c'est une autre histoire. Tu n'en parleras pas ce soir. Rien à voir avec la flèche de la cathédrale. L'argotique n'a rien à voir avec l'art gothique. Bon, ça, c'est pour tes lecteurs qui ont horreur des jeux de mots. Toi, tu adores le double-sens.  D'abord le double-son. Ça pimente l'existence. Ça pimente la conversation.

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 09:07
Paris. 41, Quai de la Tournelle. Sept. 2012. © Jean-Louis Crimon

Paris. 41, Quai de la Tournelle. Sept. 2012. © Jean-Louis Crimon

Cher libraire de rue,

 

Ce matin, te reviennent ces années pas si lointaines où tu étais Libraire de plein air. Bouquiniste devenu. De curieuses séquences t'arrivent, comme par intermittence. Flash-back d'une mémoire cinématographique. Arrêt sur image. Rituel en noir et blanc. Mais photo couleur pourtant. Début de semaine souvent.

De beaux mariés débarquent sur le quai. Comme pour égayer le décor. Main dans la main, à grands pas, ils fendent la ville, pour tu ne sais quelle campagne. De pub, ça va de soi. Destin de quadri. Rêve de quadra. De plus jeunes aussi. Mais si. Au Japon et en Chine, parait que ça fait très chic des photos de mariage à Paris. Très tendance. Pas convaincu ? On prend les... Paris.

Pardon, mariages bidon !, s'indigne ta voisine qui déteste ce romantisme de faussaires à coups de milliers d'euros. Les euros ne font pas forcéments les heureux.

 

Mariés pour de vrai. Mariés pour de faux. Toi, tu t'en fous. L'amour vrai n'est pas sans défaut. L'amour faux, ça semble si vrai. Pas vrai ? 

Ne dis pas que tu as ... tout faux !

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